dimanche 26 mars 2023

Sappho sur les Rochers


Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le Septième jour de la Saison Sainte (Thelemic Holy Season), durant lequel se médite traditionnellement le Mystère du Sentier de ע, c'est-à-dire du grand dieu Pan.

Le Grand Pan, par Gustave Moreau

Ce qui, soit dit en passant, ne laisse pas de me rappeler qu'on se scandalise encore régulièrement, dans mon courrier, de ce que le Classic Shumule intitulé Cour secrète des Roués (2009) soit illustré par le Pan de Milo Manara...

Le Grand Pan, par Milo Manara

A ce sujet : le billet en question traite de magazines X, de cyber-cafés, de sex-shops et de la Voile Rouge.

Simple curiosité : y a t-il (sans googler quoi que ce soit) un seul ressortissant de la Gen-Z qui ait une idée de ce que sont ces quatre choses ?

Anyway, c'est la Saison Sainte : n'oubliez pas d'exclusivement vous divertir.



2. Even as on the resounding wind-swept heights of Mitylene some god-like woman casts aside the lyre, and with her locks aflame as an aureole, plunges into the wet heart of the creation, so I, O Lord my God !

Commentaire : Puissiez-vous être fasciné
 par la recherche de la vérité, – qu’il s’agisse d’Initiation, de philosophie ou d’énigmes familiales, – comme Sappho par le Soleil !

Puissiez-vous fouiller sans scrupules ! Eplucher les anciens livres ! Sonder les cœurs ! Cuisiner les témoins ! 

3. There is a beauty unspeakable in this heart of corruption, where the flowers are aflame.

Commentaire : Avez-vous jamais noté une sorte de picotement fantôme à l'intérieur de votre poitrine ? Pas étonnant : nombre d'impulsions - magiques, artistiques, sexuelles - sont retenues prisonnières en vous - elles doivent être identifiées, libérées, puis transformées en actions concrètes.

En fait de Sappho, vous êtes encore sur les rochers.

Entrez vigoureusement, d'un grand coup de reins égoïste, dans ce que le Docteur Papus, de sainte mémoire, appelle votre phase panthéiste.

Commencez à vivre dans un poème de saint William Blake, une toile de Khnopff, de Gustave Moreau, de Böcklin, contemplant les myriades de déités qui animent le paysage autour de vous. 

Comme si vous aperceviez brusquement (cf. HP et Giussepe Bergman de Milo Manara) des sabots fourchus aux pieds d'un employé du centre social où vous avez vos habitudes :  l’irruption de la Magie, c'est-à-dire le déchiquetage, par les dieux de Thélème, de la toile d’araignée géante que le dieu de la vieille lande grise a tissée autour de vous et baptisée « quotidien »

4. Ah me ! but the thirst of Thy joy parches up this throat, so that I cannot sing.

Commentaire : Une fois engagé dans l'Œuvre, il n'est plus temps d'essayer d'impressionner quiconque par une attitude légère, pétillante et digne. 

Votre succès ne viendra que si vous êtes, non seulement avide de transpirer, mais également prêt à laisser les gens voir à quel point vous suez. 

Entraînez-vous ! Insistez ! Montrez à quel point vous vous inquiétez !

5. I will make me a little boat of my tongue, and explore the unknown rivers. It may be that the everlasting salt may turn to sweetness, and that my life may be no longer athirst.

Commentaire : Saviez-vous, radieux pays de Thélème, que Pantagruel est, à l'origine, le nom du démon de la Soif ?

J'écrivais, à ce sujet :
La plupart du temps, je m’en tiens à des choses simples, telles que contempler mes très balladuriens ciseaux à cigares, comme s’ils étaient de fabuleux saphirs. Ils sont si propres, si lisses, si vierges de toute souillure, si parfaitement inutiles aux yeux du vulgaire… Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime... (Too Much, 2012)
Mais aussi : 
Je m'interrogeais ce matin sur le fait que l'homme ne puisse survivre à trois jours sans eau, alors que c'est, magiquement, l'Elément de la Coupe (le calice à boire jusqu'à la lie), générationnellement, celui des boomers, astrologiquement, celui du Cancer, etc.

Est-ce à dire que la capacité de nuisance des malvenus est indispensable à la perpétuation de l'existence sur Terre ? Aurions-nous solutionné la question du mal et répondu à l'interrogation qui hante les âmes bien-nées depuis l'aube des temps: "Mais pourquoi n'extermine-t-on pas tous les Heathen une fois pour toutes ?!?"

Considérant ce principe de base que le fait d'ingérer quelque chose transmet, au consommateur, les vertus de la chose en question, je me suis aperçu que l'Eau était porteuse de trois Pouvoirs éminents :

1. La non-hystérie, puisque l'Eau recherche constamment son niveau : < ye shall be as ye are, & not other > (AL 2, 58).

2. La capacité à ne jamais se détourner de son Vrai Vouloir, puisque l'Eau trouve toujours la faille dans la paroi et que sa marée monte, inexorable, aussi indifférente au zillionair megayacht qui la sillonne qu'au petit enfant qu'elle noie  : < ye shall turn not back for any > (AL 3, 46). 

3. La responsiveness to change (voir mon commentaire sur Cordis 5, 22), puisque l'Eau, cette Protée, prend systématiquement, exactement la forme des circonstances nécessaires à sa mission, qu'il s'agisse de remplir un verre ou de tsunamiser le tiers-monde : < A King may choose his garment as he will > (AL 2, 58).

Le Heathen, auto-illusionné, grégaire et psychorigide, — i.e. dépourvu, donc, des trois vertus de l'Eau, — est, effectivement, un zombie, comme il est écrit : < These are dead, these fellows; they feel not. > (AL 2, 18) (Let Them Eat Magick, 2021)

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Sappho sur les Rochers, par Gustave Moreau

Beau dimanche à tous.

Love is the law, love under will.

☉︎ in 5° ♈︎ : ☽︎ in 6° ♊︎ : ☉︎ : Ⅴⅰⅹ.






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