jeudi 22 juillet 2021

Chostakovitch en juillet

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le quatrième jeudi après les feux de Litha et l'on vient de me faire parvenir cette remarque :
Sire, vous écrivez "Les Charybde et Scylla de la condition féminine sont la Bonniche (la « femme modeste » [Cf. AL 2, 52]) et la Roulure (la « femme déchue » [Cf. AL 3, 43]) : or, le christianisme exige ces écueils : l’épouse doit être « modeste » et la maîtresse « roulure » – jamais une femme n'a le droit de se conduire en femme."

Vous oubliez que, dans la société occidentale, c'est pratiquement toujours la femme elle-même qui se conduit délibérément comme une roulure tant qu'elle a des enfants en otage et devient ensuite une bonniche quand elle a vieilli, de peur d'être envoyée à la réforme. Comme disaient nos grands-parents, "la femme devient dévote quand le diable ne veut plus d'elle". Ce n'est pas (plus) le christianisme le problème, vous le savez bien, mais au contraire les "droits des femmes" du monde postchrétien.
Ma foi, ami, j'ai déjà lu plus sot sur le sujet... 

Mais cette notion de "post" vous égare : nous sommes en période intermédiaire, entre deux Aeons, d'où l'apparence de chaos, les femmes trogs qui zappent, comme vous dites, de traînée snowbunny à ménagère vanilla, et l'anxiété sexuelle des "jeunes mâles blancs", qui consacrent à poster d'illisibles cuistreries hargneuses sur les forums d'Histoire le très peu de temps qu'ils ne passent pas à furieusement se branler devant Blacked.com. 

J'écrivais en 2010 e.v. :
L’extermination économique, les mortifications ethno-masochistes et les années de siphonnage des énergies rebelles par le golem Le Pen font que la France exsangue ne se débat même plus – le peuple vit dans un genre de désespoir tranquille – ou, plutôt, étant donnée l’état d'agitation constante où il est maintenu – d’hyperkynésie complaisante.

« Eh, croule donc, société ! » comme disait Des Esseintes. Tout ce qui nait doit mourir, toute mort est ferment de vie et, personnellement, je trouve encore des raisons de me réjouir dans la putréfaction marécageuse et soviétique où nous dégoulinons.
Et c'était dix ans avant le corona hoax !!!

Désormais, ami, faites comme nous, Thélémites : foutez-vous en ! ainsi qu'il est écrit < For these fools of men and their woes care not thou at all > (AL 1, 31) – Prenez la vie et les femmes à la hussarde, ainsi qu'il est écrit < lust, enjoy all things of sense and rapture > (AL 2, 22) – Et mieux, soyez polygyne, – pardon, polyamoureux, – bref, comme moi, ayez un harem, ainsi qu'il est écrit < Ye shall gather goods and store of women > (AL 1, 61) : il s'en trouve toujours une dans le tas qui ne soit pas d'humeur trop chiante, et la rivalité les stimule.

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 5, versets 37 à 40.

37. First falls the silly world; the world of the old grey land.

Commentaire : J'ai du sang de Des Esseinte, de Sardanapale et de Despote russe dans les veines – Aussi, le premier Cycle de l'existence après la feast for fire, celui que les Mages appellent "Cycle infernal", où le tout jeune individu tente de saisir le mode d'emploi de l'espèce humaine, me fut-il particulièrement surréaliste.

Grâce à DIEU, le syndrome de Peter Pan m'a préservé de toute velléité d'abaissement aux contingences de la "turpide et servile cohue du siècle" et mon gigantesque aspect physique, de toute possibilité de fonte dans le nombre – Puis ce fut l'Initiation, qui extrait irrévocablement l'être d'exception de la multitude – Et, désormais, notre Abbaye, qui a été spécifiquement conçue pour être inaccessible aux "vagues de la médiocrité humaine".

Grâce à DIEU, la vieille lande grise m'est terra incognita.

38. Falls it unthinkably far, with its sorrowful bearded face presiding over it; it fades to silence and woe.

Commentaire : Selon Sir Aleister, le < douloureux visage barbu > qui préside aux destinées de la vieille lande grise est celui de "Jésus".

A ce sujet, tout le monde croit que la virulence de mon antichristianisme, – que dis-je ? de mon antéchristianisme, – est née de quelque mesquine rancune due aux évènements par moi narrés ainsi :
[Divonne-les-Bains:] Mon amour pour ce hameau de rentiers, dont le mètre-carré est le plus cher de France, ne vient pas seulement de ce qu’on y croise peu de pauvres — il vient d’une idylle de jeunesse, de ma passion pour une sublime divonnaise, élève à Ferney-Voltaire, que je venais retrouver chaque week-end, et avec qui j’épuisai en quelques mois toutes les possibilités qu’offre l’érotisme humain en fait de lieux d’ébats, d’innovation, de postures, d’adjuvants et de perversions… Je suis à peu près certain que nous détenons plusieurs records mondiaux… Il n’existe, en tout cas, à ma connaissance, rien que nous n’ayons fait : les plus chevronnés tantristes font figures d’époux amish en comparaison, et tout Marc Dorcel d’aimable bluette… Puis, un beau matin, ma partenaire me signifia qu’estimant avoir exploré avec moi tout ce que la luxure avait à offrir, elle était heureuse de procéder, sans remord, au mariage catholique auquel elle aspirait avec un garçon connu aux JMJ — et que je pouvais disposer ; je restai donc penaud, avec l’impression pas vraiment gratifiante d’avoir été six mois un godemiché vivant.

C’était le bon temps :)
Il n'en est rien : la < croyance crapuleuse > appelée christianisme, a pour idole le plus petit dénominateur commun (comme l'Islam a pour idole le djihad, i.e. le parasitisme par la violence, etc. Notez que le Judaïsme mitnagued est < crapulous creed > parce qu'il idolâtre le din, la Rigueur (AL 3, 53) : c'est la vieille histoire du rabbin qui, rentrant chez lui à l'improviste, trouve sa femme au lit dans les bras d'un amant, et dit: "Rachel, Rachel... On commence comme ça et on finit par fumer chabbat..."), le christianisme, dis-je, en tant que culte du lowest common denominator (donc, au final, du bas-de-gamme et de la mort, d'où la vénération de l'image du cadavre d'un paria), ne peut coexister avec moi : il m'est ce que l'eau est au chat ou, pour reprendre l'imagerie chrétienne, ce qu'un bénitier est au diable.

39. We to silence and bliss, and the face is the laughing face of Eros.

Commentaire : J'ai jadis écrit d'une célèbre œuvre d'art :
Je viens de faire effectuer une copie parfaite du chef-d’œuvre de Courbet, l'Origine du Monde.

Ce tableau est, selon moi, le plus génial de tous les temps.

Courbet a tout compris... la source originelle... Eros Primogenos... L'éros primordial... Tout vient de là et y retourne... tout est là...

L'écriture est, comparativement à la peinture, ce que la mosaïque est à la symbologie, et je me sens bien à plaindre d'être obligé de broder des phrases sans fin pour esquisser les contours des vérités premières que Courbet nous fait saisir, par intuition synthétique, en une seule image.

Le plus taciturne des maitres magiciens est un blablatant ratiocineur par rapport à l'artiste qui peut exprimer, d'une image toute simple, crue, primitive, les plus quintessentiels mystères de l'existence et du Divin. En vérité, c'est l'artiste qui est un maître magicien.
40. Smiling we greet him with the secret signs.

Commentaire : AM, qui a un beau cul quand elle est en colère, et qui a été franc-maçonne avant de rejoindre l'OTO, m'a dit ce matin que le seul tuilage REAA qu'elle ait jamais trouvé cool est celui rapporté dans ma légendaire extravaganza
Le jour [pour moi de donner une conférence  sur l'ésotérisme des runes devant les membres de la Loge « Rose Écossaise »], de grand matin, je décidai d’emmener avec moi tous les membres du Cheshire Club. Nous fîmes l’essentiel du trajet en vaisseau spatial mauve, et la fin en pédicab. Or voici qu’aux portes de la Loge, un angoissant barbu refusa que je m’introduisisse, arguant d’un problème de « tuilage » (sic) !! Je lui dis : « Bonjour, je suis Sir Shumule, je vous croyais maçons et non couvreurs. » Il répliqua: « Sir qui ? Jamais entendu parler. Je n’ai pas d’invitation à votre nom », mais je fondis en larmes dans un bouquet de lys Acapulco et l’homme retrouva subitement mon bristol. (J’ai, depuis, fait cadeau de ce carton au diable de Tasmanie du cher Guillaume, car je suis Sir Shumule, et n’ai donc nul besoin d’invitations d’aucune sorte. Ce diable de Tasmanie s’appelle «Drak », mais je l’appelle « Effervescence ». Nous sommes amis :D)

Une fois chacun des membre de notre Club dûment enregistré, comme il était quinze heures, je décidai de nous faire tous courir à l’aéroport afin de nous envoler pour la Tunisie, où nous prîmes le thé. Puis nous revînmes à la Loge, à temps pour y entendre la conférence qui précédait immédiatement la mienne, et dont le thème (« Un grade insolite des Loges de Perfectionle Grade de Prévôt et de Juge Irlandais ») m’avait frappé par sa funkitude.
Notez qu'en fait de funk, je n'écoute ce matin que Chostakovitch. J'ai tendance à aimer l'introspection en mode mineur en été et Britney Spears en hiver. J'ignore si c'est de la Maât où si, selon l'immortelle parole du cher docteur B***, notre médecin de famille, lorsqu'il découvrit qu'en dépit de mon ahurissant cubage alcoolique, mon foie demeurait intact et rose, je suis "un monstre de la nature"... 

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.


- ☉︎ in 29° ♋︎ : ☽︎ in 6° ♑︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Le visage rieur d'Éros (2020)

2 commentaires:

  1. Un "monstre de la nature", je ne sais pas mais un monstre de génies, ça c'est sûr.
    Alu

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  2. Merci Sir. Absolument prodigieux (et "je l’appelle « Effervescence »" me tue de rire à chaque fois).

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