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Wednesday, December 8, 2021

Capella Abominationum

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du sixième mercredi après Samhain et je m'éveille tout zinzinulant d'alacrité.

J'ai rêvé que je sortais avec une jeune Espagnole appelée Cinépimastie et que je donnais son nom à une ligne de cravates de coupe classique et cossue.

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Cheth vel Vallum Abiegni sub figurâ CLVI, versets 11 à 14.

11. For if thou dost not this with thy will, then shall We do this despite thy will. So that thou attain to the Sacrament of the Graal in the Chapel of Abominations.

Commentaire : Fais ce que voudras n'est pas facultatif.

J'écrivais, l'année dernière, à ce sujet :
"Celui qui accepte, le Destin le porte, celui qui refuse, le Destin le traîne" — D'où < If Will stops and cries Why, invoking Because, then Will stops & does nought > (AL 2, 30) : le Trog qui ugly cries vers le Ciel en demandant "POURQUOI ????" me rappelle feue ma grand'mère, qui me demandait "pour quoi faire ?" à chaque fois que je sollicitais une rallonge d'argent de poche et à qui je répondais invariablement : "pour payer des prostituées mineures". C'était le bon temps.
12. And behold ! if by stealth thou keep unto thyself one thought of thine, then shalt thou be cast out into the abyss for ever ; and thou shalt be the lonely one, the eater of dung, the afflicted in the Day of Be-with-Us.

Commentaire : Je rappelais, l'année dernière, que "c'est de ce phénomène que procèdent les fameux "pétages de plombs" des vedettes de niveau régional" : quand Jamel Debbouze pique sa crise, c'est sa façon à lui de proclamer : "Les médias français ont dit que j'étais une star, donc j'aurais dû, ce matin, au réveil, n'être brusquement plus arabe, ni manchot, et avoir Léonardo DiCaprio dans mon miroir !!!"

Ce syndrome, — qui, au plan initiatique, est celui du Frère Noir, de Morgane, de Saruman, etc. — est, au plan religieux, celui qui entraînait, parmi les singes tenant lieu de clercs aux Chrétiens, ces querelles constantes au sujet de la définition de la nature de DIEU, d'autant plus interminables que la nature en question est Aïn, c'est-à-dire précisément Ce-qui-précède-toute-possibilité-de-définition.

(Notez que la seule disputation religieuse véritablement cool, celle qui oppose Conan le Cimmérien et son compagnon Subotai dans Conan le Barbare, est finalement résolue par le Nouvel Æon : Conan révère un dieu de guerre et de vengeance absolument intraitable ; Subotai révère le Ciel infini ; et leur ennemi, Thulsa Doom, révère le Serpent primordial — Qu'ils acceptent tous trois la Loi de Thélème, et ils révèreront conjointement Nuit, qui est le Ciel infini (AL 1, 64), Hadit, qui est le Serpent primordial (AL 2, 22), et Ra-hoor-khuit, qui est un dieu de guerre et de vengeance absolument intraitable (AL 3, 3).)

Pour ce qui est du Jour de Be-with-Us, que les Anciens appelaient Ragnarök, j'ai déjà donné l'exposé définitif à ce sujet.

13. Yea ! verily this is the Truth, this is the Truth, this is the Truth. Unto thee shall be granted joy and health and wealth and wisdom when thou art no longer thou.

Commentaire : Dès que j'entends un mot en iste, je sors mon .44 Magnum Smith & Wesson Model 629 Classic 6.5".

Quiconque se définit par un mot de cet ordre, abîme sa joie, sa santé, son compte en banque, et c'est drôlement bien fait pour ce sale trog hystérique chanci de carences affectives.

Un Thélémite ne se laisse pas restreindre, ainsi que le prouve à l'évidence l'incident fameux que ma cousine Abigaïl se plut à me rappeler naguère de la façon suivante :
"Cette soirée très élégante durant laquelle un nabot affublé de pieds en dedans et de lunettes énormes s’était écrié, à l’une de tes remarques : « Mais ! mais ! mais ! vous êtes raciste ?!? » – Ton épouse lui avait joyeusement répondu à travers la salle : « A 50% ! Je l’ai surpris hier se masturbant devant une vidéo de Nicki Minaj. Sa queue était dure comme du bois ! Il n’est raciste qu’au-dessus de la ceinture »… Sensation prolongée dans l’assistance, comme on disait au XIXème siècle…"
14. Then shall every gain be a new sacrament, and it shall not defile thee ; thou shalt revel with the wanton in the market-place, and the virgins shall fling roses upon thee, and the merchants bend their knees and bring thee gold and spices. Also young boys shall pour wonderful wines for thee, and the singers and the dancers shall sing and dance for thee.

Commentaire : Littéralement mon existence au quotidien, jusqu'à la fermeture des marchés en plein air.

Citez-moi un seul point de ce programme dont le covidisme ne soit pas l'ennemi avoué : gains, sacrements, jeux coquins avec femmes légères, fleurs coupées, cash money, gastronomie, alcool, concerts et strip-clubs.

J'écrivais, il y a deux ans :
Invariablement, si le Principe de Résurgence permet que la Magie ne quitte jamais le monde, les pirates, attirés par sa Lumière comme autant d'anophèles paludiques, tablent sur les mesquines petites trouilles de l'homme pour qu'à chaque fois, Luther succède à Alexandre VI, Gambetta à Napoléon III, le Crash pétrolier au Summer of Love et Greta Thunberg à Britney Spears. La fête est finie est leur cri de guerre.

Or, il suffit à l'homme de renoncer aux trouilles en question pour que son kolkhoze albanais redevienne l'Abbaye de Thélème et que la fête dure à tout jamais.
Zemmour doit donc, à présent, solennellement promettre de faire enfermer Anthony Fauci avec un caribou en rut et, dans une expérience de pénologie d'avant-garde, de jeter la clé.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 16° ♐︎ : ☽︎ in 14° ♒︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.





Précédents commentaires sur ce péricope :

Wednesday, August 18, 2021

Ye shall be free

« Chaque femme devrait avoir un Homme comme Sir Shumule à demeure et à son service. On devrait le placer dans une cage en verre, et l'en sortir pour ses besoins intellectuels et érotiques, afin de satisfaire le haut comme le bas, et ensuite le boucler à nouveau. SS a une œuvre fantasmatique à accomplir. » — Emma La Luce
Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le premier mercredi après la fête pour la première nuit, et nous célébrons la greater feast de Roderic Borgia, le Pape Alexandre VI.

J'ai relu, cette nuit, les quatre tomes du Borgia Manara-Jodorowsky, le Journal de Johann Burckhardt et le tout premier hommage rendu par moi, en 2009 e.v., au saint immense dont nous faisons mémoire :
Je ne me console pas d’avoir laissé passer le 18 août sans porter aux nues Alexandre VI, mon héros, mort ce jour-là il y a cinq cent six ans…

J’ai, en effet, une admiration sans borne pour Rodrigo Borgia, génie politique, héros du stupre et patron des arts qui, haïssant le christianisme, imagina de l’abolir d’une manière originale : en devenant Pape :)

Il y parvint, et les onze années de son pontificat furent un lumineux retour à la normale au milieu de la nuit chrétienne, un intermède sensuel et coloré duquel sortit la Renaissance — Alexandre VI ne vécut que pour la beauté, l’orgie et l’amour de ses enfants (deux d’entre eux, César et Lucrèce, sont les plus hautes définitions de l’être humain que la terre ait portées à ce jour).

Il fut un somptueux mécène et le monde lui doit, en outre, deux suprêmes bienfaits : avoir fait libérer des cachots de l’Inquisition le cabaliste Pic de la Mirandole, un des plus brillants érudits qu’ait engendré l’humanisme — et avoir fait pendre l’agitateur Savonarole, une des plus nuisibles vermines qu’ait suppuré le christianisme…

Je dois à mes ancêtres, collectionneurs acharnés, de dormir dans un lit ayant appartenu aux Borgia du XIVème siècle — mais, évidemment, c’est quand je n’y dors pas que j’aime à me souvenir qu’Alexandre en personne y a peut-être honoré lui aussi ses maîtresses…

Cela dit, je recommande totalement la visite de la tour Borgia au Vatican : comme Alexandre ne croyait qu’aux dieux dignes de ce nom, elle est entièrement ornée de fresques représentant les Mystères de l’Ancienne Égypte — en plein Vatican ! :)

Quel sublime symbole de l’œuvre du Pape antichrétien qu’une tour élevée à la gloire d’Horus et des Sages d’Héliopolis, au cœur de cette Cité dérobée à la France par un nain régicide pour payer ses complices, et devenue l’emblème de leur non-religion !

D’autre part, comme, après la mort du pontife, le répugnant Jules II fit, en haine envieuse de son glorieux prédécesseur, fermer cette tour — qui ne fut réouverte qu’au début du XXème siècle, sur ordre de Léon XIII — l’ambiance, la « charge », toute l’atmosphère de l’époque y demeurent intactes : on se retrouve téléporté en plein Quintecento, dans la vibration vivante de la Renaissance — et l’on s’attend réellement, au détour des salons, à voir surgir Lucrèce, Machiavel, Michel-Ange, et Alexander Pontifex Maximus soi-même… Mémoire éternelle !!!
Friedrich Nietzsche, autre saint gnostique, identifiait Alexandre VI à la vie elle-même, c'est-à-dire à Hadit, comme il est écrit < I am Life > (AL 2, 6) :
Le christianisme surmonté à son siège même... La vieille corruption, le peccatum originale, le christianisme, n’était plus sur le siège du Pape ! Il était remplacé par la vie, le triomphe de la vie, le grand oui à l’égard de toutes les choses hautes, belles et audacieuses !... (L'Antéchrist, 61)
<... yet therefore is the knowledge of me the knowledge of death > : je me souviens d'avoir répondu, à la question "Si vous étiez un poison, quel poison seriez-vous ?" :
La Cantarella, que les Borgia utilisaient pour se défaire des gêneurs. J’admets toutes les turpitudes, tant qu’elles ne sont pas vulgaires.
Alexandre VI, guilgoul du prêtre des princes, a dit en mourant : "Le songe se dissipe...", et on a tort de l'interpréter toujours comme un équivalent de "La fête est finie" — Oui, le pontificat Borgia est la seule rémanence onirique qu'aient issue les ténèbres de l'Æon des Poissons — mais moi j'entends l'ultima locuta du Pape comme un cri de triomphe, que dis-je ? un cri de guerre, à l'heure de l'inquisition woke et de la dystopie covidiste : Le songe se dissipe = Je suis celui dont le christianisme n'est pas parvenu à censurer les rêves.

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 7, verset 34 à 37.

34. Come, let us no more reason together; let us enjoy ! Let us be ourselves, silent, unique, apart.

Commentaire : Le cher Rodney Orpheus a publié, en 2013 e.v., un texte indispensable, intitulé Thelemic Orthodoxy, reproduit par Thelemic Union en 2017 e.v., et qui s'achève ainsi :
When I say to you: “Do what thou wilt shall be the whole of the Law” I am literally saying “You get to do your thing your way and I don’t get to tell you what that should be”. The Book of the Law even tells us that in two different ways just in case we didn’t get it the first time:

“There is no law beyond do what thou wilt”.

You do not get to add more stuff to this. All that stuff Serious Thelemites keep telling you about the right and wrong interpretation of it? All they are showing us is that they haven’t even understood those basic eleven words of one syllable each: Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

Thus the real “Orthodox Thelema” is both simple, and completely individual. The only way that you can truly follow “the Thelema of Aleister Crowley” is by each of you taking it and making it your own Thelema, and living your life in your way. That’s the only “orthodox” Thelema that there is, or can be. It’s all the rest of that stuff being preached at you that isn’t orthodox.
35. O lonely woods of the world ! In what recesses will ye hide our love ?

Commentaire : De même que s'exhiber, — avec pour alibi la plage, la mode ou TikTok, peu importe — est ce qu'il y a, sexuellement, de plus stimulant pour la femme, — car le propre de Nuit est la Manifestation (AL 1, 1), — l'idée de truc-secret-(inavouable)-que-l'on-fait-en-cachette-(interdit) est ce qu'il y a, sexuellement, de plus stimulant pour l'homme — car le propre de Hadit est la Dissimulation (AL 2, 1).

D'où le paradoxe éternel : c'est de nos étreintes les plus fugaces que nous conservons le souvenir le plus durable.

Je vous ai raconté comme, en 2008,
au cours d’une garden party chez nous, je m’étais retiré dans une dépendance pour écrire. L’une des invitées, très jolie, très brune et carrément pompette, vint frapper au carreau. Je la fis entrer. Elle plaqua ses lèvres contre les miennes, darda une langue vigoureuse, ouvrit ma chemise, tâta ma poitrine, caressa mon dos, défit ma ceinture et me régla mon compte en cinq sec.

Le jour suivant, je fus présenté à monsieur L-J (personnage influent), ainsi qu’à son épouse : ma visiteuse de la veille.

Elle et moi conservâmes d’irréprochables poker faces, bien que la surprise fût un peu pétrifiante.
Eh bien, ce souvenir n'est pas seulement très coquin, très exquis, mais le meilleur commentaire sur AL 2, 1 que je connaisse.

36. The forest of the spears of the Most High is called Night, and Hades, and the Day of Wrath; but I am His captain, and I bear His cup.

Commentaire : Traduisons : DIEU (the Most High) est la sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et qui règne sur le monde, i.e. Nuit X Hadit = Ra-hoor-khuit.

Au plan le plus bas de l'horizontalité (forest of spears = guerre = Sentier de פ), l'idée de Nuit, c'est-à-dire de l'Ain Soph béni, s'appréhende by Night (nous, Français, avons cette bénédiction d'avoir le nom de la Déesse Suprême dans notre vocabulaire le plus usuel, mais, du coup, la nuance signifiant "le Trog ne ressent l'Infini que quand il dort" passe un peu à l'as) ; l'idée de Hadit, c'est-à-dire du Yod béni, s'appréhende par la frayeur "panique", la peur de l'occulte (Hadès, litt. "l'Invisible") ; l'idée de Ra-hoor-khuit, l'Attribut melekh ha‑olam, i.e. la toute-puissance de DIEU sur les affaires terrestres, ne s'appréhende qu'en cas de rétribution karmique violente (Day of Wrath, voir Zephania 1, 14-18 dans la Torah : ce qui caractérise le Trog, c'est de s'enorgueillir des bontés que le ciel a pour lui, et de n'avoir de religion que lorsque le même ciel lui tombe sur la tête.)

Or l'Initié voit les gens de ce niveau de conscience comme l'officier colonial (Captain), se trouvant à "l'étage supérieur" (I bear His cup = ATU XI = Sentier de ט), voit les Bushmen — < on the low men trample > (AL 2, 24) par la force des choses, puisque ce sont tes voisins du dessous.

(Notez que la nuit dissimule, comme il est écrit < the night shall cover all > (Cordis 1, 24), < Thou art a little white rabbit in the burrow Night > (LLL 1, 14), < There rest, under the canopy of night > (LLL 4, 15), etc. ; que Hadès signifie "l'Invisible" ; et que Zephania צְפַנְיָה signifie "DIEU est caché" — Pour les Trogs, en effet, le Divin, c'est-à-dire la Vie (AL 2, 6), a les traits de Hel, — déesse sadique des matons, des tièdes et des épargnants médiocres, — dont le nom signifie "Cachée" : c'est la patronne du conformisme et des écœurantes masses standardisées, d'où < Hell : Let it be that state of manyhood bound and loathing > (AL 1, 41-42) 
— l'enfer, c'est une publicité GAP.)

37. Fear me not with my spearmen ! They shall slay the demons with their petty prongs. Ye shall be free.

Commentaire : Impossible, en août 2021 e.v., de ne pas voir dans ce verset une allusion à la Doctrine de la Lance de Bambou (principe selon lequel un peuple déterminé peut vaincre n'importe quel ennemi, même s'il ne dispose que de moyens rudimentaires et si l'ennemi, lui, est suréquipé), conçue par le Japon durant la Seconde guerre mondiale, et lourdement raillée par les ricains après Hiroshima, jusqu'à ce que le Nord-Viêt-Nam en fasse l'irréfragable démonstration à leurs dépens — démonstration renouvelée cette semaine par l'Emirat islamique d'Afghanistan, qui a ridiculisé la "première puissance militaire mondiale" avec des kalachnikovs dépassées et des pickup trucks Toyota.

Arnold Schwarzenegger dit "Screw your freedom" ; les Livres Saints disent : < Ye shall be free. >

Amen.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.


- ☉︎ in 25° ♌︎ : ☽︎ in 0° ♑︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Du Liber VII (7, 34-37) (2020)

Monday, January 4, 2021

La Céleste Lance et les Quatre Joyaux

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

J'ai fait, la nuit dernière, un sort au foie gras truffé, avec une merveilleuse confiture d'oignons au cumin et un Pinot Gris vendanges tardives, tout en échangeant OL avec un New-Yorkais, stéréotypiquement MAGA — c'est-à-dire du genre à avoir salué, en 2017, les manifestations de Charlottesville comme "l'acte de naissance véritable de la nouvelle droite" et à prétendre aujourd'hui avoir "toujours dit" qu'elles en avaient été les funérailles...

Conversation un peu lourde (les Zoomer alt-right ne s'expriment que par mèmes) au cours de laquelle j'ai, néanmoins, pu évoquer différents articles du Dictionnaire Philosophique, — tant il est vrai que, selon ma formule inlassable :
J’aime bien citer Voltaire devant mes copains ricains, parce qu’ils croient que Voltaire est une marque de climatiseurs.
N'empêche : rien ne permet de mesurer la frayeur qu'inspire à l'homme le concept d'Æon, 
— rien ne permet de mesurer la propension humaine à se faire une réalité immémoriale, définitive, de choses récentes et transitoires, — comme un anglo-saxon qui appelle weird tout ce qui ne correspond pas aux standards culturels de l'Amérique des années 50.

Evidemment, je lui ai répété que ces standards n'ont eu cours, sur Terre, qu'aux USA (moins de deux siècles d'existence) de l'an 1944 e.v. à l'an 1964 e.v., et qu'il a fallu, pour qu'ils apparaissent, que lesdits USA : 1. s'attribuent, au terme d'une guerre mondiale, la victoire de l'URSS sur le Troisième Reich, 2. lâchent deux bombes atomiques sur les civils japonais, 3. créent l'ONU et en obtiennent le droit, "as good as gold", d'imprimer des billets de banque à l'envi ! — Voilà, pour le coup, une série d'événements anormaux et weird !

Or la ridicule Amurka de Bobbit n'est que l'aberration très momentanément engendrée par cette situation.

Je comprendrais, à la rigueur, que, n'ayant pas d'Histoire, les Américains voient, dans cette période, ce qu'ils ont de moins pire en fait d'"Âge d'Or" — mais se référer à l'"american pie" comme à la norme du genre humain les rend, en effet, particulièrement tartes.

(NB : Britney Spears a très drôlement décrit ce phénomène.)

Amis chers, la Lecture de ce 4 janvier, jour oraculaire du mois d'octobre, est le Liber B vel Magi sub figurâ I, versets 7 à 10.

7. With the Wand createth He.

Commentaire : La Lance que je porte durant la Messe Gnostique est une naginata de deux mètres, spécifiquement forgée pour moi par un artisan français observant rigoureusement la méthode japonaise traditionnelle, et que j'ai faite ensuite orner des quatre pierres précieuses — un diamant, un saphir, un rubis et une émeraude.

Notre grand ami G. m'a demandé, hier, si la légère courbe de cette arme superbe ("céleste", a t-il dit) ne dérogeait pas au symbolisme liturgique, "puisque la Lance représente la rectitude, la droiture".

Je lui ai répondu < With the Wand createth He >, en expliquant que la Lance est, au plan magique, une "super-baguette", i.e. le pouvoir créateur à son plus haut degré — non pas la rectitude, mais l'érection : courbée, elle n'en est que plus réalistement priapique.

J'ajoutais que, la rectilinéarité euclidienne n'existant pas dans l'univers, une lance sans courbure représente un mensonge — en plus d'une grave défaillance personnelle, puisque la ligne droite est, avant tout, la distance la plus courte d'un point à un autre — Or un attribut phallique ne doit pas être court... 

Les Anciens considèrent qu'un Temple auquel on parvient par un chemin droit est une insulte envers le Divin et l'Initiation, laquelle nécessite patience et efforts. (NB : Saviez-vous que cet Arcane — on ne peut parvenir au Temple par la grand'route car les bandits la surveillent — a été soigneusement préservé par les bâtisseurs de cathédrales durant la parenthèse chrétienne et que c'est pourquoi l'allée centrale d'une église dévie toujours ?)

8. With the Cup preserveth He.

Commentaire : Le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) résume le message de l'As de Coupes par : < Bois autant que la Marquise de Brinvilliers ! >

L'allusion est aux effroyables séances de waterboarding stoïquement endurées par la célèbre parricide.

Mais le conseil de Sir Aleister prend une saisissante profondeur lorsqu'on sait que Marie-Madeleine Dreux d'Aubray, Marquise de Brinvilliers, était guilgoul d'Ankh-af-na-khonsu — une des nombreuses incarnations de tikoun qui succédèrent au faux pas commis par le prêtre des princes en tant que pape Alexandre VI Borgia.

(D'où, évidemment le viol subi enfant, la contrainte aux rapports incestueux, le nom indissociable de l'idée de poison — la cantarella aussi est à base d'arsenic... — et l'éclatante lumière spirituelle émanant de la suppliciée, que le peuple a, instantanément, contre toute attente, reconnue et acclamée comme une sainte.)

"Bois autant que la Marquise de Brinvilliers" signifie donc "Bois le calice jusqu'à la lie" — N'importe quel parieur un peu chevronné sait qu'en boxe, il faut toujours miser, non sur le plus puissant frappeur, mais sur le meilleur encaisseur, qui gagne invariablement.

9. With the Dagger destroyeth He.

Commentaire : Pourquoi la Dague et non la traditionnelle Epée ?

Parce que la Troisième arme magique se rapporte à Ziu, le reality check, l'acte de contrition.

Il est écrit : < God is exceeding great > (Ara 4, 1) — la grandeur divine est insondable et c'est précisément pourquoi Ziu a tant de pouvoir.

Peu importe le niveau où vous êtes tombé — quand bien même ce serait les derniers bas-fonds de la < great sad city > (Cordis 6, 36), < Let not the failure and the pain turn aside the worshippers > (Cordis 5, 51) : avec très peu d'effort, vous pouvez transformer même la pire impureté en mérite : la dague de l'assassin en épée chevaleresque — Tout est dans l'Invoke Often et le refus d'abandonner : < go on, go on, in my strength & ye shall turn not back for any ! > (AL 3, 46).

Un principe de base de la vie mystique est que minimiser sa propre gloire (remplacer l'épée par la dague) maximise celle de DIEU — Quiconque, en revanche, s'alimente à l'admiration des hommes fait partie des < purse-proud penniless ones that stand at the door of the tavern and prate of their feats of wine-bibbing > (Cordis 4, 11) : il est comme une vedette du show-biz, i.e. un monarque sans droit divin, dont la légitimité est toujours sujette à caution et à chaque instant révocable.

Ce type de gloire est comme la harissa : < Your torture increaseth as ye drink, yet still ye drink > (Cordis 4, 6) — Mais lorsque l'homme fuit les honneurs (renonce, en matière de force rouge, à l'épée glorieuse, se contentant d'une dague, dissimulée sous le manteau), il maximise la gloire divine : l'"art pour l'art" ne s'appelle pas gratis pro deo pour rien — Cet homme atteint, comme tous les grands Sages, une gloire infiniment plus impactante, car de nature divine : < Come up through the creeks to the fresh water; I shall be waiting for you with my kisses. > (Cordis 4, 6) — Une gloire dont personne ne songera seulement à examiner le bien-fondé et devant laquelle le monde s'inclinera tout naturellement — une gloire hors d'atteinte, comme il est écrit : < Bury me unto Thy Glory, O beloved. > (LLL 5, 43)

10. With the Coin redeemeth He.

Commentaire : Mon Maître bien-aimé avait l'habitude de dire, pour illustrer le principe qabalistique selon lequel "arriver tout en bas, c'est se retrouver tout en haut" : < La femme occidentale n'est capable que de manger devant la télévision et de dépenser l'argent de son mari ; or c'est à l'intérieur d'elle qu'on fait les plus beaux enfants. >

Amis chers, soignez ce Dixième Jour hors du temps : c'est votre mois d'octobre — et octobre, c'est la Maât 
— l'Imentet Neferet, séjour des Bienheureux !

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 14° ♑︎ : ☽︎ in 20° ♍︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰ.

Tuesday, August 25, 2020

Du 21ème Æthyr

Friedrich Nietzsche, prophète de choc et philosophe au marteau, dont le 25 août est la Grande Fête

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Nous lisons dans le LIBER XXX AERUM vel Saeculi sub figurâ CCCCXVIII : < I say : O thou ape that speakest for Him whose name is Silence, how shall I know that thou speakest truly His thought ? And the muttering continues : Nor speaketh He nor thinketh, so that which I say is true, because I lie in speaking His thoughts : Je dis : "Ô singe qui parle pour Celui dont le nom est Silence, comment saurai-je que tu énonces véritablement Sa pensée ?"  Et le marmonnement continue : "Il ne parle ni ne pense, de sorte que ce que je dis est vrai, puisque je mens en énonçant Ses pensées." > (VV 21, § 19)

Le Maître Therion commente ainsi ce passage : < L'idée est que la Vérité peut être établie par réfutation d'une fausseté > et rien ne saurait être plus absolument raccord avec la présente Grande Fête de Friedrich Nietzsche, « celui qui anéantit le mensonge » !!!

Il me revient d'avoir écrit, en 2009 e.v., dans mon Hommage à saint Alexandre VI et à saint Friedrich Nietzsche à l'occasion du cent neuvième anniversaire de la mort de ce dernier :

Le plus célèbre admirateur d’Alexandre VI – qu’il identifiait à la vie elle-même – est, bien évidemment, Friedrich Nietzsche, dieu de la sagesse, mort il y a cent neuf ans aujourd’hui – Je ne sache pas qu’il y ait, dans cette chère vieille purée de langue française, rien d’assez laudatif pour exprimer le bien que je pense de lui.

Le plus simple serait encore de le citer – Mais que citer ? Inutile de ressasser les fondamentaux : tout le monde a bien intégré, j’espère, que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, qu’il faut vivre dangereusement et qu’un héros doit être libre… Pas la peine d’y revenir…

Moins connu : savez-vous quelles furent les dernières paroles conscientes de Nietzsche ? – « On fait parfois de la Magie… » – J’aime que cet Avatar de Thoth ait conclu son cheminement spirituel sur le mot de Magie.

Et savez-vous quelle fut la dernière phrase qu’il écrivit ?... la cristallisation, le résumé, l’ultime précipité de son œuvre ?... sa signature, en somme ?... – « J’anéantis le mensonge » – Je crois qu’il s’agit là, non d’un au revoir, mais, bien au contraire, d’une proclamation d’identité – comme tous les dieux, Nietzsche se présente avec, en guise de nom, une Formule qui annonce sa fonction dans l’univers… Anéantir le mensonge… Car, passées les private jokes et les formules lapidaires, c’est bien cela que fut son Grand Œuvre : anéantir le mensonge judéo-chrétien…

Théon le Sage, père de la céleste Hypatie, déplorait en son temps qu’on n’eût pas combattu le christianisme par la philosophie plutôt que par les supplices : la moindre disputation entre néo-platoniciens et moines pouilleux eût instantanément démontré l’absurdité des doctrines chrétiennes et sauvé l’humanité, au lieu que les supplices, transformant des clochards psychotiques en héros, émurent la populace et suscitèrent des prosélytes … Nietzsche a donc fait, à la fin de l’ère chrétienne, ce qu’on aurait dû faire aux débuts de celle-ci – et il a vengé le Martyr d’Hypatie...

« Le chrétien, faux jusqu’à l’innocence, surpasse le singe, et de loin – eu égard au chrétien, une fameuse théorie des origines de l’humanité devient pure amabilité…

« Quand on place le centre de gravité de la vie non dans la vie, mais dans « l’au-delà » - dans le Néant – on enlève du même coup tout centre de gravité à la vie […] Tout ce qui, dans les instincts, est bienfaisant, propice à la vie, promesse et garant d’avenir, éveille alors la méfiance. Vivre de telle sorte qu’il n’y ait plus de sens à vivre, voilà ce qui devient alors le « sens » de la vie… A quoi bon le sens social, la gratitude envers nos origines et nos devanciers, à quoi bon travailler ensemble, se faire confiance, œuvrer pour quelque bien commun, et ne pas le perdre de vue ?... Ce ne sont là qu’autant de « tentations », autant d’écart hors du « droit chemin »… « Il n’est besoin que d’une chose… » : que chacun, en tant qu’ « âme immortelle » soit l’égal de chacun, que dans la totalité des êtres, le « salut » de chaque individu puisse prétendre à une signification éternelle, que des petits cagots aux trois quart fous aient le droit de s’imaginer qu’en leur honneur les lois de la nature puissent être constamment violées – […] C’est à cette déshonorante manière de flatter la vanité personnelle que le christianisme doit sa victoire : par là, il a précisément gagné à sa cause tous les ratés, tous les révoltés, tous les laissés pour compte, toute la lie, tout le rebut de l’humanité… […] Le poison de la doctrine des « droits égaux pour tous » - c’est le christianisme qui l’a répandu le plus systématiquement. De tous les recoins les plus dissimulés de tous les mauvais instincts, le christianisme déclare une guerre à outrance à tout sentiment de respect et de distance entre l’homme et l’homme, c'est-à-dire à la seule condition qui permette à l’homme de s’élever et de s’épanouir. Du ressentiment des masses, il a su forger son arme principale contre nous, contre tout ce qu’il y a de noble, de joyeux, de magnanime sur terre. […] La mentalité aristocratique est ce qui a été miné le plus souterrainement par le mensonge de « l’égalité des âmes ». Et si c’est de croire aux prérogatives du plus grand nombre qui fait des révolutions et en fera encore – c’est le christianisme, n’en doutons pas, ce sont les jugements de valeur chrétiens que toute révolution transpose dans le sang et le crime. Le christianisme est un soulèvement de tout ce qui rampe au sol contre tout ce qui a de la hauteur…

« Ce don proprement génial de s’affubler de « sainteté » - à s’y tromper soi-même – jamais égalé, cette contrefaçon de mots et d’attitude élevée au niveau d’un art, cela n’est pas dû au hasard de n’importe quel talent individuel. C’est affaire de race. Dans le christianisme, conçu comme l’art de mentir pieusement, c’est tout le judaïsme, toute une préparation rigoureuse, toute une pratique juive plusieurs fois séculaire, qui atteint à l’ultime maîtrise. Le chrétien, cette ultima ratio du mensonge, c’est encore le Juif, encore trois fois le Juif […] Des petits super-Juifs, mûrs pour tous les asiles d’aliénés, ont retourné les valeurs en fonction d’eux-mêmes, comme si le chrétien était le sens, le sel, la mesure et le jugement dernier de tout le reste… Cette calamité ne fut rendue possible que parce qu’une forme apparentée et ethniquement parente de mégalomanie avait déjà vu le jour : la mégalomanie juive…

« Le chrétien n’est qu’un Juif de confession plus ouverte…

« On ferait bien de mettre des gants lorsqu’on lit le Nouveau Testament. Le contact de tant de malpropreté en fait presque une obligation. Comme fréquentation, nous choisirons les « Premiers Chrétiens » aussi peu que les Juifs polonais… Le « Premier Chrétien » est, de par son instinct le plus élémentaire, un rebelle contre tout ce qui est privilégié – il vit, il lutte toujours pour « l’égalité des droits »… A y regarder de plus prés, il n’a pas le choix… tout autre principe de sélection, par exemple en fonction de la sincérité, de l’esprit, de la virilité et de la fierté, en fonction de la beauté et de la générosité de cœur, appartient tout simplement « au monde » - c’est le mal en soi… Moralité : chaque parole que prononce un chrétien est un mensonge, chaque action qu’il fait une imposture instinctive…

« Ai-je besoin de dire que dans tout le Nouveau Testament apparaît une seule figure qui mérite d’être honorée ? C’est Pilate, le procurateur romain. Prendre au sérieux une querelle de Juifs – voilà qui est au-dessus de ses forces. Un Juif de plus ou de moins – quelle importance ?... Le sarcasme aristocratique d’un Romain devant lequel on abuse effrontément du mot « vérité » a enrichi le Nouveau Testament du seul mot de valeur qu’il contienne, et qui, à la fois, le critique et le réduit à néant : « Qu’est-ce que la vérité ? » »
(L'Antéchrist)

B - Sir, tu as déclaré : « Nietzsche est mon Jiminy Cricket, mon life coach et mon conseiller conjugal », mais ci-dessus, pardon ! il n'est pas très woke... on le classerait même problématique aujourd'hui...

S - Tant mieux ! J'ai également dit qu'être nietzschéen, c'est « faire partie des inclassables », mais va expliquer ça à des milléniaux, tenant de la cancel culture, qui, pourtant, se piquent de non-binarité... Nietzsche, en bon natif de la Balance, était homme de Maât, c'est-à-dire de Justesse : il évolue par delà le philo et l'anti. S'il reprochait aux Juifs d'avoir inventé le christianisme, il disait pis que pendre des antisémites – non, certes ! par virtue signalling, mais par aversion innée pour ce que l'antisémitisme, – en tant que haine systématique envers un groupe considéré, à tort ou à raison, comme privilégié, – comporte de servile et donc de chrétien...

B - Il a des mots vraiment durs pour les Juifs dans son premier ouvrage...

S - Oui, mais ils s'adressent aux Juifs du début du christianisme – Dans Aurore, Nietzsche écrit : « Les ressources spirituelles et intellectuelles des Juifs d’aujourd’hui sont extraordinaires […] Tout Juif trouve dans l’histoire de ses pères et de ses ancêtres une mine d’exemple du sang-froid et de la ténacité les plus inébranlables au milieu de situations terribles, des ruses les plus subtiles pour tromper le malheur et le hasard en en tirant profit ; leur courage sous le couvert d’une soumission pitoyable, leur héroïsme […] surpassent les vertus de tous les saints […] Ils n’ont jamais cessé eux-mêmes de se croire voués aux plus grandes choses, et les vertus de tous les êtres souffrant n’ont jamais cessé de les embellir […] Et cette abondance de grandes impressions accumulées que constitue l’histoire juive, cette abondance de passions, de vertus, de décisions, de renoncements, de combats, de victoires de toutes sortes – à quoi devrait-elle aboutir, sinon finalement à de grands hommes et à de grandes œuvres intellectuelles ? »

Dans Par delà le Bien et le Mal, en réponse aux mesures prises par l'Allemagne contre l'immigration juive : « "Pas un Juif de plus ! Portes closes pour les Juifs, avant tout à l’Est et aussi en Autriche !" Tel est le vœu instinctif d’une nation dont le type ethnique est encore faible et indécis et qui craint qu’une race plus forte ne vienne l’effacer ou l’éteindre. Or les Juifs constituent sans aucun doute la race la plus forte, la plus résistante et la plus pure qui existe actuellement en Europe ; ils savent s’imposer même dans les conditions les plus dures grâce à de mystérieuses vertus qu’on voudrait maintenant qualifier de vices, grâce surtout à une foi décidée qui n’a pas à éprouver de honte en présence des idées modernes. »

Sa soeur Elisabeth ayant épousé un antisémite militant, Nietzsche lui écrit, en 1887 : « Tu as commis là une grosse bêtise – tant vis-à-vis de toi que de moi-même ! Le fait que tu te sois associée à un dirigeant antisémite témoigne d’une attitude si étrangère à mon propre mode de vie que je me sens plein de colère ou de mélancolie… Je me fais un point d’honneur de me sentir absolument propre et sans ambiguïté par rapport à l’antisémitisme, c'est-à-dire opposé à lui, ainsi que je le suis dans mes écrits […] Pour parler aussi franchement que possible, ce parti (qui n’aimerait que trop pouvoir utiliser mon nom !) m’inspire du dégoût […] et le fait que je sois incapable de faire quoi que ce soit pour lutter contre, et que dans tout feuillet de correspondance antisémite on utilise le nom de Zarathoustra m’a déjà rendu malade à plusieurs reprises. »

B - Donc, aucune différence entre le concept nietzschéen de Surhomme, le concept juif de Tsaddik, et le concept gnostique de Saint ?

S - Aucune. Du reste, l'EGC a canonisé Nietzsche et, – les plus authentiques nietzschéens étant, de nos jours, invariablement juifs, – le Rav Arieh Leib Weifish lui donne le titre de Nietzsche Ha-Qadosh ("Nietzsche le Saint") : les craintes du guilgoul de Dionysos qui écrivait « J'ai une peur terrible d’être canonisé... Je ne veux pas être un saint, je préfère être un pantin » (Ecce Homo, Fatalité, 1 §1) étaient fondées.

Zekhouto taguen alenou ! Mémoire éternelle. Ainsi qu'à mon bien-aimé grand-père qui m'offrit, à l'occasion de mon quinzième anniversaire, une splendide édition de Par delà le Bien et le Mal, que je feuillète rituellement – et désormais (est-ce l'âge ou la conjoncture ?) de plus en plus nostalgiquement – chaque 25 août.

Love is the law, love under will.

 ϣ. ☉︎ in 2° ♍︎ : ☽︎ in 28° ♏︎ : ♂︎ : Ⅴⅴⅰ.

Tuesday, August 18, 2020

Commentaire sur Liber VII (7, 38-41)

Sa Sainteté le Pape Alexandre VI Borgia, d'éternelle mémoire, dont le 18 août est la Grande Fête

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Cours sur Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium Sub Figurâ VII, Chapitre 7, Versets 38 à 41, donné à l'occasion de la Grande Fête du Pape Alexandre VI, le premier mardi après la fête pour la première nuit du Prophète et son Épouse.
Love is the law, love under will.
 ϣ. ☉︎ in 25° ♌︎ : ☽︎ in 16° ♌︎ : ♂︎ : Ⅴⅴⅰ.

Friday, February 21, 2020

TO ME est l'antidote à ME TOO


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
La Stèle de la Révélation, à l'Orient du Temple, dit que tout ce que nous réalisons au plan initiatique est inclus dans l'Infini et, par conséquent, éternellement nôtre ; la Tombe, à l'Occident du Temple, dit que tout ce que nous réalisons au plan matériel est voué au déclin et, par conséquent, transitoire.

De même, la Prêtresse (AL 1, 62), ceinte d'une épée, est une gaine qui épouse la forme du génie du prince et en fait jaillir la lumière intérieure, au lieu que l'apostate (AL 3, 43), ceinte d'un sécateur, est un chastity tube à tout jamais stérile.

On peut me coller des amendes insensées pour sexe non-consensuel, on ne peut me prendre ma Huð : notre Amie C**** l'affirme, qui ne se trompe jamais : « Quand Ankh-af-na-Khonsu était Pape de Rome, il est mort en disant 'le songe se dissipe' et cela signifiait : 'Ils n'ont pas pu briser mes rêves'. »

Gardez toujours à l'esprit que Boleskine, occupée par des Trogs, a brûlé conformément aux Prophéties (AL 3, 34), ce qui a permis à des Thélémites de la reconstruire et de la mettre à disposition de tous les Thélémites du monde.

(Cours dédié à Fr. τέλειος — may be granted unto him the fulfilment of his True Will, yea, the fulfilment of his True Will.)

Bon et heureux Cœur de Semaine à tous et à toutes.

Love is the law, love under will.

ϣ. ☉︎ in 2° ♓︎ : ☽︎ in 5° ♒︎ : ♀︎ : Ⅴⅴ.

Monday, December 16, 2019

Du sacrifice rituel de jeunes enfants

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Nous lisons dans le Livre de l’Étoile Rubis, verset 22 : < Il sacrifiera un jeune enfant sur l'autel, et le sang couvrira l'autel d'un parfum semblable à celui des roses. >
On sait que, dans les Livres Saints, le sacrifice humain est une métaphore et désigne, en réalité, une opération de Magie sexuelle — ce qui fit jadis ironiser Sir Aleister sur l'état d'aliénation d'une société qui admet que l'on tue des bébés, mais non que l'on parle de sexe.

Vous me direz qu'à l'ère d'internet, ce débat sonne un peu rétro, et vous aurez tort. Le sécateur de Hel a deux ciseaux, comme tous les sécateurs : un pour déviriliser (#MeToo), un pour faire avorter les mamans (#MerciSimone). N'oubliez pas : Thoughtcrime et Sexcrime vont, eux aussi, toujours de pair : Weinstein et Assange tombent au même moment, mais le stupide manichéisme Disney par lequel on vérole, depuis près d'un siècle, ces dieux innocents que sont les enfants (Disney ! Voilà le sacrifice à Moloch !) vous empêche de faire le lien.

"Nous abolirons l'orgasme", dit O'Brien.
Ce qui doit réjouir les mânes de Marcus Eli Ravage et navrer celles de George Orwell, c'est que ce programme "fasse aujourd'hui sens", comme écrit la propagande officielle dans son ignorance de la langue française.

Je veux dire : à peine internet donnait-il libre accès à toutes les formes de X, que surgissait un mouvement No Fap. Le plus antijuif de tous les sites "dissidents" publie désormais des "Sermons du Dimanche" ultra-puritains où le lecteur est exhorté, au nom de Jésus, à renoncer à la proximité des femmes et (comme dirait Marcus) il ne remarque même pas la contradiction.

J'écrivais en 2009 :

Tout érotisme est contrerévolutionnaire. Ce qui caractérise la montée des [fans de Big Brother] au pouvoir, c'est la proscription de l'érotisme, et son confinement dans les recoins obscurs, honteux. Sauf quand il s'agit de faire du racolage démagogique. Mais les tronches de ces gens-là disent assez leur nature de remèdes contre l'amour... La vermine chrétienne a fait un "péché" de l'impulsion qui nous donne la vie, les communistes faisaient la chasse aux "vipères lubriques" (avec raison : il n' y aurait pas eu de mai 68 sans la fermeture des bordels en 46). L'homme blanc doit aujourd'hui choisir son destin : c'est Alexandre VI ou Savonarole. Il n'y a pas d'autre option. Personnellement, j'ai choisi. Et c'est pas Savonarole. La beauté, la joie, la liberté, qui sont les adjuvants nécessaires à l'érotisme, sont contraires à l'abrahamisme même : le seul vrai rempart contre Big Brother, c'est la Voile Rouge.
Enfin ! Rémunérer un service sexuel en France est, depuis, devenu illégal, comme, du reste, le fait de dépenser plus de mille euros en liquide : nous qui — donc — tenons, à juste titre, la sexualité pour le Sacrement Suprême, devons nous réjouir qu'engager une escort soit insurrectionnel : cela justifie le Langage chiffré des Livres Saints et mon érémitisme : qu'ai-je à faire, grands dieux ! d'un monde où il est plus risqué d'engager une fille pour la nuit que d'annoncer que ma religion prescrit le sacrifice de jeunes enfants ?

Love is the law, love under will.

ϣ. ☉︎ in 24° ♐︎ : ☽︎ in 18° ♌︎ : ☽︎ : Ⅴⅴ.

Sunday, December 8, 2019

Simon le Magicien FTW

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Le célèbre pari entre Simon le Magicien et l'apôtre Simon-Pierre est toute l'histoire spirituelle de l'Occident : l'opposition entre "la Chapelle des Abominations", — c'est-à-dire la lecture magique du monde, selon laquelle < La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers >, — et l’Église chrétienne, — c'est-à-dire la lecture abrahamique du monde, merveilleusement décrite par Marcus Eli Ravage, selon laquelle la Nature, intrinsèquement mauvaise, doit, pour sa rédemption, être transformée en kolkhoze albanais non-fumeur.

Il est dit que Simon-Pierre a gagné son pari : le globalisme néocons succède à l'internationale communiste qui succède à l'universalisme républicain qui succède au catholicisme romain — mues successives du même ténia.

Invariablement, si le Principe de Résurgence permet que la Magie ne quitte jamais le monde, les pirates, attirés par sa Lumière comme autant d'anophèles paludiques, tablent sur les mesquines petites trouilles de l'homme pour qu'à chaque fois, Luther succède à Alexandre VI, Gambetta à Napoléon III, le Crash pétrolier au Summer of Love et Greta Thunberg à Britney Spears. La fête est finie est leur cri de guerre.

Or, il suffit à l'homme de renoncer aux trouilles en question pour que son kolkhoze albanais redevienne l'Abbaye de Thélème et que la fête dure à tout jamais.

Love is the law, love under will.

ϣ. ☉︎ in 16° ♐︎ : ☽︎ in 1° ♉︎ : ☉︎ : Ⅴⅴ.

Tuesday, October 8, 2019

Priape ne veut pas qu'on pense

Je reçois d’Anonyme cette pétillante boutade :

« Je savais que l’église gnostique avait canonisé Nietzsche, Frédéric II, Alexandre VI, Rabelais, etc. Je trouvais logique que SS ait été ordonné dans cette église. Mais depuis j'ai vu qu'elle avait aussi canonisé Priape et j'ai compris qui était son véritable Saint Patron. »

Comme il est facile, Ami, de se gausser, de loin, du vieil érotomane blanchi sous le harnais… Mais ne vous gênez pas ! Mon front ne sait plus rougir… J’ai raconté, dans tous les sens, mes débordements libidineux – mon perpétuel satyriasis – les frénésies de ma turgescente turbulente jeunesse – mon ahurissante collection de kinks – et je vous dirai, quelque jour, l’origine du surnom « Sans-les-Mains »…

Même le Dictionnaire des Droites Subversives reproduit un texte où je signale que « Michelle Rodriguez fait de ma queue une fonction autonome ». Avouez tout de même. Dans un monde post-Weinstein, je suis une excroissance honteuse. Je fais tache sur l’ère milléniale en poussant un râle de volupté.

(Notez bien : j’aimais mieux quand on qualifiait les gens de mon espèce – si tant est qu’il s’en trouve – d’ « obsédés », de « prédateurs », de « pervers polymorphes »… L’épithète « dalleux » fait penser à « galeux ». C’est très désobligeant.)

Mais baste ! Oui, Priape est un saint de l’Église Gnostique Catholique (fête le 24 mars). Vous êtes-vous seulement demandé pourquoi, Gribouille, avant que de saisir l’occasion de railler la sexualité compulsive de Shumule, c’est-à-dire de vous moquer d’un infirme ?

Vous me répondrez : « Fastoche : l’érection constante du fils de Dionysos (autre saint gnostique) fait de Priape, – comme Pan (autre saint gnostique) et Khem (autre saint gnostique), – une heureuse personnification du culte phallique, dont Richard Payne Knight (autre saint gnostique) a démontré qu’il est à l’origine de tous les cultes : il fallait bien que les Crowleyens eussent leur propre version du Frey nordique, des Tikis tahitiens, des Kamis japonais protecteurs des carrefours… »

Le pire, c’est que vous n’aurez pas tout à fait tort, en plus...

J’ai moi-même écrit :

« Sir Richard Payne Knight a démontré jadis que toutes les religions du monde procèdent d’un culte phallique initial, qui n’a, dans son principe, rien d’agraire, ni de freudien – En voici la raison : les Initiés classent les conditions indispensables à l’existence humaine selon la traditionnelle nomenclature élémentaire – l’Esprit (i.e. la fusion des opposés, c'est-à-dire l’union sexuelle), la Terre (l’incarnation), l’Air (la respiration), l’Eau (question de survie immédiate) et le Feu (l’énergie contenue dans les divers types d’aliments). Tout cela est très logique. Mais, si le sexe est, évidemment, la condition première à l’existence, alors la toute première condition à l'existence est l’érection : la condition indispensable à la condition indispensable à la survie de l’espèce est que l’homme bande : au commencement était la gaule. (On pourrait aisément en conclure à la phallocratie et au patriarcat, s'il ne fallait que quelqu'un suscitât la gaule en question – devons-nous en déduire qu'« au commencement était Michelle Rodriguez » ??? – mais je digresse.) Voilà pourquoi la seule constante absolue, dans les religions naturelles, est la vénération du phallus érigé, qui – des obélisques égyptiens aux menhirs celtes, en passant par les lingams de l’Inde – ne consiste pas à déifier les organes génitaux, mais à représenter l’origine des choses, i.e. le Divin, sous sa forme la plus primordiale – donc sa forme la plus pure – donc sa forme suprême. Par adaptation, les gens du peuple ont, partout et toujours, regardé le symbole ithyphallique comme le grand signe bénéfique – celui qui éloigne le malheur. Et, de même que les Italiens portent une corne priapique autour du cou pour chasser le mauvais œil, les Wotanistes portent le marteau de Thór (talisman dont chacun aura remarqué qu’on peut y voir autre chose qu’un marteau), afin de conjurer les forces hostiles à l’harmonie du monde. »
Destination Ragnarök (2011).

En fait, la clé de la canonisation du dieu des Jardins se trouve dans le fameux proverbe : Priape ne veut pas qu’on pense.

Au sens littéral, cet adage fait évidemment référence au principe par nous résumé ainsi : « l'homme qui ratiocine ne peut ni bander, ni rire, ni invoquer : déportez les intellectuels ! »

Mais on peut aller plus à fond encore, en prenant la chose à l’envers :

Il est écrit dans nos Livres Saints : < thought is evil : la pensée, c’est le mal > (LLL 1, 32). Or, la moindre cagole de village n’ignore pas que l’homme qui bande ne pense plus. En ce sens, la pulsion érotique est comme le yoga : un moyen de mettre fin à l’oscillation mentale.

D’où les kinks, dont nous parlions : s’il va hormonalement de soi qu’un homme est stimulé par le passage d’une « blonde à forte poitrine », il advient – thème admirablement traité par Barbey d’Aurevilly dans son farabuleux chef-d’œuvre Une Vieille Maîtresse – que des morphotypes improbables nous embrasent, nous obsèdent, révélant ce que les Anciens Chants des Sages du Nord appellent « la haine de Loki pour Heimdall » : libido (Heimdall, qui fonde le peuple blanc par inadvertance via des dérapages adultérins dus à sa nature de queutard insatiable, représente, évidemment, l’instinct de continuation de l’espèce) et activité mentale (spécialité de Loki) sont inconciliables : c’est pourquoi Heimdall et Loki s’entretuent à Ragnarök : il leur est impossible de coexister.

(Je me souviens, par ex, de la première fois que j’ai vu un portrait de la culturiste Nathalie Foreau : mon cerveau me disait « cette femme n’en est plus une, elle est absolument difforme » pendant que ma queue me disait « je suis une batte de base-ball louisville-slugger de 42 pouces en alliage. »)

La Magie enseigne : toute peur cache un désir, tout désir est l’érotisation d’une peur (= Heimdall le Chaud Lapin et Loki l’Inverti se chamaillent devant Bifröst). Il est bien connu que les déviants sexuels internés d’office sont des gens dont les fixations consistent en des « éblouissements » volontaires, au moyen de fantasmes (« tournoyants comme la ronde des lutins un 2-août ») qui symbolisent leurs traumas et ont pour fonction d’empêcher que ceux-ci remontent, sous leur forme originale, à la conscience : histoire éternelle de l’enfant choqué par l’apparente cruauté de l’existence et qui devient sadique ; de l’enfant battu qui devient masochiste ; de l’écolier bullied par les rustauds du coin qui devient gay passif pour homo-macho en tenue de motards : il s’agit non seulement de rendre le souvenir tolérable, mais de le rendre jouissif.)

Vous me direz : qu’y a-t-il, grands dieux ! de saint dans ce bestiaire ?!

J’y arrive. Au-delà de l’aspect psycho-affectif, la Qabale attribue la Sphère de Yesod (= les parties génitales de l’homme + son subconscient) à la Lune, c’est-à-dire à l’affolante et fantomatique réflexion, au cœur des ténèbres, de la lumière du Soleil (Sphère de Tipheret = le cœur de l’homme + sa conscience), qui, elle-même, est la contraction de la Lumière divine infinie (Sphère de Kether = la fontanelle de l’homme + sa supraconscience) : en clair, la libido d’un homme révèle son ipséité, donc sa divinité, sous un masque. Or c’est comme dans le théâtre Nō : plus la divinité est puissante, plus le masque est impressionnant. D’où, axiome : à gens exceptionnels, mœurs exceptionnels, qui me fit écrire jadis :

« Moi, j’admets tout… La scatophilie de Jean-Paul Belmondo, la zoophilie de Jeanne Moreau, Proust ne pouvant jouir qu’au spectacle de rats s’entredévorant… le nombre invraisemblable de fois que Maurice Chevalier dut se rendre aux urgences pour se faire extraire une bouteille de champagne du rectum… les diamants qu’Arthur Meyer, fondateur du Gaulois, glissait dans le sien, avant de les y faire chercher par sa maîtresse, la comédienne Alice Regnault… Max Jacob se faisant défoncer, de grand matin, par les forts des Halles, avant d’aller dire son chapelet sur les marches de la basilique du Sacré-Cœur… Victor Hugo arrêté pour exhibitionnisme au bois de Boulogne, et ayant, à l’égard de sa petite-fille, plus d’attachement qu’il n’appartient à un grand-père… tout cela est fantastique, parce que c’est la Vie qui pulvérise l’image d’Épinal ou le sitcom américain, c’est-à-dire l’Idole… Voilà le Humor of the Gods, qui est le véritable Hammer of the Gods. » – Butt (2014)

Et voilà pourquoi Priape est un saint.

Maître Therion dit : < L’acte d’amour, même s’il est, dans sa forme, avec un cheval, comme Caligula, avec une foule, comme Messaline, avec un géant, comme Héliogabale, avec une grenouille, comme Néron, avec un monstre, comme Baudelaire – même si, avec Sade, il tire son excitation du sang ; avec Sacher-Masoch, du fouet et de la fourrure ; avec Yvette Guibert, d’un gant ; ou s’il est fou des nouveau-nés, comme E.T. Reads dans Punch ; si l’on s’aime soi-même au point de dédaigner tous les autres, comme Narcisse ; si l’on s’offre sans amour à l’amour de tous, comme Catherine ; si l’on trouve le corps si vain que l’on enferme son désir dans son âme, faisant de sa vie, en imagination, une spinthéropie incessante, comme Aubrey Beardsley – peu importe le moyen. Bach a sa manière, Keats la sienne, Goya la sienne. La fin est tout : que, par l’acte, quel qu’il soit, l’on adore, aime, possède et devienne NUIT. > (New Comment on AL 1, 52).

Amen. L’occasion de conclure par cette pieuse éjaculation, dont nous espérons qu’elle touche Anonyme : < O gloire de Priape ! O béatitude de la Grande Déesse ! > (Cordis 4, 24).




Bénédictions endiablées.

- Sir Shumule, ☉︎ in 14° ♎︎ : ☽︎ in 14° ♒︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ.

Illustration : ATU XI par Milo Manara

Tuesday, September 3, 2019

Among the Living

Réjouissez-vous avec moi, beaux génies qui hantez ce blog !

Pour la première fois depuis l’an 2008, j’ai officié, dimanche, en tant que prêtre, lors de la Messe Gnostique, et c’était prodigieux !

L’équivalent liturgique, dirais-je, de retrouvailles physiques archi-passionnelles avec un sublime amour de jeunesse qui serait demeuré, onze années durant, purement et fiévreusement épistolaire !

On le sait : l’Esprit, trop longtemps comprimé, jaillit, dans ces cas-là, en puissantes rafales ! Il couche tout devant Lui et Il en met partout !

ΧΑΙΡΕ ΦΑΛΛΗ ΧΑΙΡΕ ΠΑΝΦΑΓΗ ΧΑΙΡΕ ΠΑΝΓΕΝΕΤΟΡ AΓΙΟΣ AΓΙΟΣ AΓΙΟΣ ΙΑΩ ! C’était vraiment bien !

A part ça, je suis content parce qu’on me pose des questions sérieuses :


Cher Sir, prince et hiérophante,
« La religion est un abat-jour posé sur la Lumière de la Vérité (c'est-à-dire, précisément, sur l'expérience de l'Immanence du Divin dans le monde, i.e. l'expérience de l'Unité cachée derrière la multiplicité affolante des phénomènes) », avez-vous dit. Très heureuse que vous ayez retiré, dans ce beau billet, presque tous les abat-jour. Vous êtes fait pour la pleine lumière.
Mes questions: combien de temps s’écoule-t-il entre deux incarnations et garde-t-on le même sexe lors de tous ses passages sur terre ?
In LVX.
Deborah

Now then, the deceased, Ankh-af-na-khonsu has gone forth by day in order to do everything that pleased him upon earth, among the living.

Cara Soror,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

Savez-vous qu’il est dit du prénom Déborah (דְּבוֹרָה, littéralement : Abeille) que, puisqu’il peut s'entendre דבור ה, soit Discours de ה, et que la lettre ה représente Nuit, son sens profond est Discours de Nuit, c’est-à-dire Premier Chapitre du Livre de la Loi ?

Aussi, qu’il termine la formule magique ABRAHADABRA (
הברכה דברה), qui est elle-même le fin-mot de toutes les formules magiques, comme il est écrit < The ending of the words is the Word Abrahadabra > (AL 3, 75) ?

Pour le reste, nul n’ignore que l’étude des lois de la métempsychose constitue ma passion dominante : prenons par exemple, Amie, puisque vous thélémisez, le cycle d'Ankh-af-na-khonsu,
prêtre thébain de Mentu aux temps extrêmement troublés de la transition de la Troisième Période Intermédiaire vers la Basse époque, initié dans les temples, parvenu aux plus hauts degrés de la hiérarchie religieuse et militaire, celui dont tout Thélémite se reconnaît l’élève.

Il est dit d’Ankh-af-na-khonsu – qui fut fils de Bes-na-maut I et de Ta-nech la Sage, donc petit-fils d’Iryiri, 3ème prophète de Amun, et épousa Neskhons I, fille de Hoormat, Grand Trésorier de Pharaon – qu’il eut pour réincarnations successives : Ko Hsüan, plus grand thaumaturge de Chine, auteur du Classique sur la Pureté, disciple du fameux magicien Tso Tzhu à l’époque des Trois Royaumes ; Asteris, hétaïre sacrée du Temple du Soleil d’Agrigente en Sicile ; un certain Marcus, citoyen romain ordinaire ; Sa Sainteté le pape Alexandre VI Borgia, pontife romain extraordinaire ; Sir Edward Kelly, complément ténébreux au lumineux John Dee ; Joseph Balsamo, comte de Cagliostro, ténébreux et lumineux en un ; Eliphas Levi (Alphonse-Louis Constant), le grand Adepte ; Maître Therion (Aleister Crowley), le grand Mage.

Entre la mort d’Ankh-af-na-khonsu et la naissance de Ko Hsüan, il y a neuf siècles : entre la mort d’Eliphas Levi et la naissance d’Aleister Crowley, il y a cent trente-quatre jours.

Les « retours » semblent, en effet, d’un point de vue incarné, totalement sporadiques, et n'ont aucune fréquence humainement quantifiable, parce que les dimensions suprasensibles – les mondes supérieurs – ne sont, comme on dit en Qabale, « pas affectés par la Chute », i.e. ils ne sont pas déterminés, contrairement aux dimensions sensibles, par le rapport à la matière dont procède l’espace-temps.

Pour ce qui est des sexes, le cas d'Asteris nous confirme qu’une âme peut s’incarner at will en homme ou en femme, mais qu’il est, généralement, très difficile à un individu de se rappeler les existences accomplies dans le genre opposé à celui qui est présentement le sien (Asteris, par exemple, fut révélée durant la Neuvième Opération de l’Opus Lutetianum et non par les méthodes traditionnelles de récollection des vies antérieures).

Amie Discours-Céleste, puissiez-vous imprimer assez violemment la pellicule de cette existence pour vous souvenir, jusque dans dix mille ans, du temps où vous étiez Deborah !

Love is the law, love under will.

Bénédictions endiablées.

- Sir Shumule

Gnostic Priest par Asa Medhurst