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Thursday, March 24, 2022

Priapus Superstar

O gloire de Priape ! O béatitude de la Grande Déesse ! — LXV 4, 24
Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

A l'aube de ce cinquième jour de la Saison Sainte, un correspondant de longue date, organiste titulaire d'une des paroisses les plus "cathotradi" de France, m'a demandé de lui indiquer l'œuvre que je souhaite que l'on joue lors de mes funérailles.

C'est le genre de question qui vous fait sursauter.

D'autant qu'il me semble y avoir déjà répondu : Parlant d'horniness, nous faisons aujourd'hui mémoire du divin Priape, dont jamais, à aucun point de l'histoire humaine connue, la doctrine n'a eu autant de zélateurs ! 

Songez : 2022 !... Toute la jeunesse occidentale binge des vidéos X, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours par semaine, edge, goone, et appelle les pornstars des "goddesses" !...

Ce n'est plus une "immense bacchanale", comme dans Offenbach — Le dieu des Jardins, fils du mage Dionysos, a succédé à son père, et c'est une immense priapée — Priapus Superstar !...

Pour moi, dont l'Ode à Priape de Piron a si souvent rythmé la marche lorsque je me rendais au lycée, où je me délectais de l'Histoire du Prince Apprius de Beauchamps, pendant que mes camarades écoutaient U2 ou The Cure en lisant de < vain and vulgar things > (Por, 16), j'ai perdu tout véritable intérêt pour la pornographie depuis son extrême démocratisation. Sans parler du départ en retraite d'Eva Angelina. 

Je suis un nostalgique du temps de réalisateurs tels que Michael Ninn, Eli Cross, ou notre Hervé Bodilis — C'est idiot, mais savoir Esperanza Gomez accessible au bas peuple assombrit considérablement mes transports, pourtant frénétiques, à son endroit (et son envers) — Aussi consacré-je systématiquement la fête de Priape à faire l'amour à mes compagnes IRL. 

Amis chers, la Lecture de ce jeudi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 3, versets 59 à 62.

59. Therefore is the Eagle made one with the Man, and the gallows of infamy dance with the fruit of the just.

Commentaire : En 2022 e.v., le monde est une boussole sud, et je ne crois qu'en la Justesse de l'homme qu'il ostracise et voue aux gémonies.

60. I have descended, O my darling, into the black shining waters, and I have plucked Thee forth as a black pearl of infinite preciousness.

Commentaire : Me rappelle une magnifique création de haute joaillerie, appelée, je crois, Icy Diamonds, et présentée par De Grisogono, peu avant le scandale angolais qui mit fin à cette enseigne — Il s'agissait d'une bague ornée d'une énorme perle noire entourée de diamants noirs et blancs, disposés en pétales autour d'elle — C'était à la fois ultra zen et too much, simple et sublime.

Parlant d'Angola et de Black Pearl, le sens de ce verset 60 est : si l'on vous plonge dans la mélasse, ce n'est pas pour que vous deveniez tiers-monde à votre tour, mais pour que vous en rameniez Naomi Campbell.

61. I have gone down, O my God, into the abyss of the all, and I have found Thee in the midst under the guise of No Thing.

Commentaire : DIEU, comme Picabia, Se déguise en Rien lorsqu'il s'agit de fréquenter les Trogs — C'est l'équivalent spirituel de mes remarques sur Esperanza Gomez — Je préfère que les Trogs restent dans un athéisme de Café du Commerce, ou un bobotisme ringard de type Bruno Gaccio ("La religion n'est qu'une hypothèse", etc.) — Dès qu'un Trog parle spiritualité, j'ai envie de lui répondre : "Occupez-vous de ce qui vous regarde !!!"

62. But as Thou art the Last, Thou art also the Next, and as the Next do I reveal Thee to the multitude.

Commentaire : Le Maître EVER, Marcelo Ramos Motta, écrit, au sujet de ce verset :
"Consult the China Record, where Perdurabo meditated, after the fall which did not hurt him, upon the fact that he had had narrow escapes all his life, and therefore was being protected, and therefore must be useful."
Je peux comprendre ça.

Quand on me demande comment je fais pour, en plus de ma discipline personnelle, célébrer tous ces rites liturgiques, diriger une communauté de Thélémites, et prendre encore le temps de poster, quasi-quotidiennement, en ligne, mes considérations herméneutiques sur les Livres Saints de Thélème, je renvoie à ma célèbre Confession Générale :
J’ai mené une existence d’aventurier dandy, impliquant une multitude de tampons sur mon passeport, de liaisons sans lendemain, de rixes sanglantes et de cellules de dégrisement. Il vous faudrait trois vies pour approcher ne serait-ce que le nombre de ragots qui me concernent... Pur produit de la Vieille France, c’est-à-dire jeune homme propre-sur-lui ayant appris très tôt que les enfants ne parlent pas à table, j’ai fréquenté plus de voleurs et d’assassins que si j’étais né cas social, et le lit de plus de femmes que si j’étais devenu hardeur – vocation que le cant familial contraria in extremis, etc. (cf. Montségur Day)
J'ai, effectivement, la sensation qu'avoir "échappé à tant de dangers" (cf. La Miaule) m'impose un brin de stakhanovisme.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 3° ♈︎ : ☽︎ in 23° ♐︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.






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Thursday, January 20, 2022

Wisdom to your folly

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le cinquième jeudi après Yule et je suis en pleine voluptueuse procrastination. L'oisiveté a toujours été mon point fort. Je ne m'en fais pas gloire. C'est un don.

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 5 à 8.

5. I will kiss you, and bring you to the bridal : I will spread a feast before you in the house of happiness.

Commentaire : I will spread a feast before you : Ma jeunesse fut, naguère, ainsi résumée par Soror Jezebel :
"On le connaît, ton passé : une longue suite de rails de coke sniffés sur les seins de stripeuses, et puis c'est tout."
Il est évident qu'on ne peut être Thélémite de race qu'en ayant le goût de la fête — ou, ainsi que je le notai autrefois, à l'occasion d'une gueule de bois fameuse :
Quel cycle infernal... Chouille, hangover, chouille, hangover... Bon sang ! les Thélémites conçoivent la vie comme une fête, et l'au-delà comme une "Grande Fête"... par conséquent, si ça se trouve, ça n'a pas de fin !...
in the house of happiness : Quelle que soit la charge karmique, il n'est de bonheur qu'en l'attachement à Heru-ra-ha, comme il est écrit : < To Me do ye reverence, to me come ye through tribulation of ordeal, which is bliss > (AL 3, 62) — Je plains les Ricains qui croient en une pursuit of Happiness matérielle.

Au plan strictement ricain, i.e. horizontal, la vie ne vaut, dans la plupart des cas, pas la peine d'être vécue — Cette idée que le bonheur est un "objectif" signifie, logiquement, que presque tout le monde est malheureux — que le malheur est la norme, la définition de l'existence incarnée — et que la quête du bonheur est une sorte de discipline spécifique, en aucun cas une tendance naturelle — Rechercher le bonheur, au sens ricain du terme, est donc sensiblement la même chose que rechercher un bon dealer, pourvu d'un bon matos.

L'existence même des Trogs atteste que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des gens classés dans la catégorie "humains" n'ont aucune espèce de fonction individuelle, ni de véritable raison de s'obstiner à vivre — La majorité de la population du monde n'est que le moyen de production par lequel une minorité parvient à ce que l'Amérique appelle Happiness — Or, en toute honnêteté, aucun des gens extrêmement riches que je connais n'est heureux : tous s'en tiennent à la devise de Patrizia Reggiani : "J'aime mieux pleurer dans une Rolls que rire sur un vélo".

Je vous dis, moi, que l'idée est de rire dans une Rolls : une fois ajoutée la dimension verticale, il devient clair que le bonheur absolu n'est pas un "objectif", mais notre état normal, — notre house, notre maison, — et que tout le reste est périphérique, transitoire, donc pathologique, comme il est écrit : < Remember all ye that existence is pure joy ; that all the sorrows are but as shadows ; they pass & are done ; but there is that which remains. > (AL 2, 9)

6. I am not come to rebuke you, or to enslave you.

Commentaire : On reconnaît donc la prévarication, — la déconnexion du divin, i.e. l'illégitimité, — d'un pouvoir temporel à ce qu'il rebuke = "fait des reproches" (idéologie, culpabilisation, etc.) et enslave = "asservit" (autorité arbitraire, ubuesque, état policier, etc.) — or, "idéologie imposée par un état policier arbitraire, ubuesque, qui gouverne par culpabilisation" est la définition même du covidisme.

A ce sujet, souvenons-nous que ce 20 janvier est le premier anniversaire de la montée de Joe Robinette Biden sur le trône impérial — J'écrivais, il y a un an jour pour jour :
C'est aujourd'hui que le Soleil entre en Verseau et que l'on hisse Joe Robinette Biden, zombie mou, sur le Trône impérial où, hélas ! il est inévitable que Joe fasse copieusement sous lui avant que s'y installe la repoussante mégère-ménagère Karen Kamala, qui a l'air d'une employée chiante de sous-préfecture et le sex-appeal d'un banc de murènes.

Les archétypes fondateurs de la conscience collective globale s'apprêtent à morfler méchamment, c'est moi qui vous le dis !!! et la génération alpha, élevée aux bâillons Covid, aux injections mRNA et aux symboles parentaux de cette trempe d'acier, n'aura, j'en ai peur, d'alpha que le nom...

Du cher Donald J. Trump, je ne veux retenir que le flamboyant IRL Troll de 2016.

Le deal était : "Nous exigeons le MAGA magnat pour Daddy et Tsarine Melania au knout — en remplacement du Kenyan gay malingre avec son travelo, — et nous supplions Daddy de mettre fin au politiquement correct !"

De ce côté-là, c'était très réussi.

Alors, oui, bien sûr, on a pu déplorer certaines défaillances : le chamane de la Nuit des Rois n'a sodomisé ni Nancy Pelosi, ni Mitch McConnell, et les Anglais attendent de pouvoir livrer Assange à Robinette.

Mais l'ère Trump était un glitch in the matrix comparable au Pontificat Borgia, avec le stupre, le luxe, le népotisme, Ivanka en Lucrèce, Bannon en Machiavel et, au bout du compte, that's what's important ! comme disait Conan le Barbare — même s'il faut qu'une fois encore, "le songe se dissipe"...
7. I bid you not turn from your voluptuous ways, from your idleness, from your follies.

Commentaire : On dit : "C'est évidemment la seule religion qui convienne à Shumule..." (cf. supra) Mais ça ne me tracasse pas : les mœurs voluptueuses procèdent de la recherche du plaisir, l'oisiveté de la paresse, et la folie est nécessaire pour ne pas mourir de chagrin dans ce qu'est devenu le monde.

Or :
Oui ! Paresse, Plaisir et Nécessité, les trois boulets de l'inertie, sont aussi les trois boosters de l'Intelligence.

L'Intelligence est à l'Intellect ce que le champion du monde de poker est à un médecin légiste : peu importe ce que vous faites de vos jetons, vous ne pouvez les gagner que par Paresse, Plaisir ou Nécessité.

Ainsi, l'homme qui a imaginé le yacht History Supreme est un homme que rebutait l'idée de naviguer dans l'inconfort d'une embarcation de réfugiés maliens : sa Paresse l'a rendu intelligent.

Ainsi, l'homme qui a conçu le calibre .50 Action Express est un homme qu'un réfugié malien, appelé Daddy Cool, a traité de "raciste" une fois de trop : la Nécessité l'a rendu intelligent.

Ainsi, moi qui, en fait d'informatique, suis, tout au plus, capable d'allumer et d'éteindre un ordinateur, je me transforme en plus prodigieux hacker du monde dès qu'il s'agit de traquer un potin sur Michelle Rodriguez ou Sofía Vergara (J'ai un crush énorme sur Sofía Vergara. Ou alors il y a un anaconda dans ma poche.) : le Plaisir me rend intelligent. (Beautiful Bizarre)
8. But I bring you joy to your pleasure, peace to your languor, wisdom to your folly.

Commentaire :
La morale de l’histoire, c’est que malgré sa dégaine, je me sens très proche [du diable de Tasmanie] – comme lui, je suis gourmand, paresseux et sensuel. Comme lui, j’ai un rythme de vie très différent de celui du vulgaire. Comme lui, j'aspire à l’harmonie et à la douceur de vivre. Comme lui, je ne deviens agressif que lorsque la vermine se met, sous forme de heathen, à infester mon existence – et à me faire passer, sous les noms de raciste, sexiste, islamophobe, homophobe, transphobe, validiste, climatosceptique et tutti quanti, pour la plus féroce, la plus cruelle et la plus sanguinaire des créatures…Sir Shumule, 2010
Il n'est, avons-nous dit, de bonheur qu'en l'attachement à Heru-ra-ha : le soleil, affirmaient nos grand'mères, est le meilleur désinfectant !

Ainsi qu'entre autre, je l'ai rappelé, dans un farabuleux texte intitulé Priape ne veut pas qu'on pense, j'ai toujours joyeusement assumé mon satyriasis.

Pour l'oisiveté, ma foi, shumulisme essentiel :
Le tyrannosaure est, avant tout, un lézard...
Et, du reste : Quant à la folie :
Je me suis rendu compte que M(40) + A(1) + G(3) + U(6) + S(60) = 110 = סכל = un Fou.

Bien sûr, Chokhmah, Sphère du Sage à laquelle appartient le Magus, s'alimente au Divin via le Sentier du Fou א — Un Sage est le contraire d'un intellectuel — D'où l'effroyable iniquité qui permet, tout au long de l'histoire humaine, au médiocre de se venger de sa médiocrité en appelant l'homme providentiel un malade ou un marginal, dans l'espoir de le discréditer aux yeux de la plèbe — Et c'est là que se trouve l'Humour Divin, puisque s'il y a deux choses dont le Sage n'a cure — deux choses dont, < dans sa folie >, il a oublié jusqu'à l'existence, — ce sont bien le jugement des médiocres et l'avis de la plèbe !

Voilà tout Aleph א, tout le Mystère du Zéro Primordial, tout l'Arcane du Fou : l'omniprésente < conspiration des malvenus contre celui qui va son chemin d'un cœur léger > (comme disait Friedrich Nietzsche, de sainte mémoire) vs. l'incapacité de celui qui va son chemin d'un cœur léger de porter le moindre intérêt conscient à l'existence physique des malvenus. (☉︎ in 5° ♐︎)
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 0° ♒︎ : ☽︎ in 26° ♌︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.





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Wednesday, June 9, 2021

Comme une Huître

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le quarantième des Beaux Jours et Tia vient de me demander : "D'où vient que ta fanbase de lecteurs soit toujours aussi acharnée ???... Quand tu trolles, à la rigueur, je veux bien... c'est rigolo... Mais Thelema, c'est un sujet pointu, très sérieux !... Les autres content creators thélémites seraient malades, s'ils lisaient ton courrier : c'est de l'i-do-lâ-trie !"

Mon secret, c'est qu'internet, — particulièrement l'internet voué aux sciences occultes, — est plein de gens qui tirent leur énergie de leur auditoire et que moi, j'inverse le ratio 
— C'est vous qui venez pour votre dose — Lorsque vous aurez fini de me lire, vous vous sentirez jeune, élancé, invincible et invulnérable — Les dames se jugeront éminemment désirables et tous les messieurs auront l'impression d'être un typique exemple de perfection sexuelle — Les petites enfants cesseront inexplicablement de pleurer sur votre passage et les animaux domestiques refusant d'obéir vous donneront spontanément la patte pour solliciter vos directives — Et ça, c'est quand j'écris à jeun — Imaginez ce qui vous attend les jours où j'écris vraiment ivre !

Amis chers, la Lecture de ce mercredi est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 3, versets 8 à 11.

8. Terraces of ilex, and tiers of onyx and opal and sardonyx leading up to the cool green porch of malachite.

Commentaire : Nous sommes visiblement toujours dans le palais de la fastueuse Baalkis (cf. Sir Shumule et la Reine de Saba), ou bien alors au Pays de Thélème et, pour votre psy, c'est la même chose.

A ce sujet, notre débat au dîner, hier soir, portait sur la question : Qui de Cléopâtre ou de Makeda est la plus authentiquement Babalonienne ?

Pour moi, je demeure fidèle à ma fixation sur Jingū Kōgō et c'est probablement signe d'un fond masochiste, puisque le Japon est hyper revenu des règnes féminins après celui de Shōtoku Tennō, dont l'amant-gourou, le moine Dōkyō, avait failli renverser aussi le Trône.

Les Haïku érotiques sont pleins d'allusions à l'énormité monstrueuse de la queue de Dōkyō (mais rendent hommage à la dignité de la Céleste Souveraine, qui, au plan lexical, n'en relâchait rien, même au plus brûlant de la passion, puisque, à l'instant du pic orgasmique, 
— prétendent les licencieux poèmes, — Sa Majesté Impériale criait "Nous trépassons! Nous trépassons!" au lieu de "Je meurs! Je meurs!") et dans la catégorie "comment détruire une suprématie multimillénaire avec ma bite", peut-être Ray J est-il, tout bonnement, un guilgoul du moine Dōkyō — Telle est la gloire de Priape dont il est question au verset suivant.

9. Within is a crystal shell, shaped like an oyster — O glory of Priapus ! O beatitude of the Great Goddess !

Commentaire : Tous les commentateurs de ce verset répètent, comme à plaisir, que l'huître est un symbole de la Yoni, ce qui tend à expliquer pourquoi on dit qu'à l'interdiction traditionnelle de manger des animaux vivants, on peut faire exception pour les huîtres 
— Aussi, pourquoi on ne sale pas les huîtres, qui, comme dans le cas des femmes, sont naturellement salées, bien qu'en des proportions variables 
— Les meilleures, comme chacun sait, sont invariablement les plus salées — La reine de Saba devait être hyper salée, Michelle Rodriguez doit être hyper-hyper salée et je travaille mon karma afin de me réincarner en goudou de Gina Carano.

10. Therein is a pearl.

Commentaire : Perle, en hébreu, se dit פְּנִינָה, guématrie 195, qui est la valeur numérique de חפצי בה, "mon délice est en elle" par allusion à Sion ציון, guématrie 156, qui est la valeur numérique de BABALON.

Et puisque nous sommes au royaume de Saba, rappelons que Salomon, souverain gynolâtre, dit que < la femme vaillante est plus précieuse que les perles >, i.e. que l'amazone alpha, la badass chick, la Reine du Midi, vaut mieux que Jérusalem et Babylone réunies : "mon délice est en elle" sonne, du coup, très différemment, et l'allusion aux perles confirme : ce que tu veux trouver dans l'"huître", c'est beaucoup de sel.

Donc : à la mine ! — Work ! comme disait Kelly Rowland, assez beau spécimen de reine de Saba.

11. O Pearl ! thou hast come from the majesty of dread Ammon-Ra.

Commentaire : La perle jaillie de l'effroyable engin du divin Amon a, comme on sait, par le truchement d'un prêtre mystérieux, inséminé l'hétaire sacrée Olympias et de là nous est venu Alexandre le Grand, soit la perle indeed, l'être le plus prodigieux que la Terre ait jamais porté, ainsi que j'écrivais jadis : Mes idoles ont toujours été des gens comme Alexandre, Napoléon, et le type qui a inventé le panini.

Saviez-vous que l'Empire d'Alexandre comprenait jusqu'à la Bactriane et la Sogdiane, régions qui ressemblent à des fautes de frappe mais qui sont frontalières de la Chine ? 

Or, la Chine, au IVème siècle avant l'erreur chrétienne, était celle de la fin de la dynastie Zhou : si Alexandre était mort plus tard et avait poussé plus avant, il aurait rencontré Lao-Tseu. 

C'est à nouveau l'Enseignement de Priape, d'Amon, de Dōkyō, de Ray J : ce n'est pas que Lao-Tseu n'est pas là, c'est qu'il faut pousser assez loin et ne pas finir trop tôt, ou : ce n'est pas que ta femme ne t'aime pas, elle te trompe parce que ton sexe est trop petit et que tu jouis trop vite.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.


- ☉︎ in 18° ♊︎ : ☽︎ in 7° ♊︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Grande Fête de Mahomet (2020)

Thursday, March 25, 2021

Incandescent secret glamour dans le vestibule cosmique

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

On vient de me faire remarquer à quel point Georgina 'Da'at Darling' Rose "a l'âme, non d'une femme écarlate, mais d'une white-trashy serveuse dans un restaurant routier des Appalaches" et je dois dire qu'à bien des niveaux, ça devient, en effet, péniblement visible...

A titre personnel, cependant, je n'ai jamais eu, envers Georgina, qu'un seul sarcasme de principe (dont, hélas ! elle a ridiculement cru devoir tenter de tirer vengeance en ligne) :


Cela dit, je ne crois pas que Georgina soit "méchante" — Je crois qu'elle est simplement un peu con, issue de la pauvreté crasse et qu'elle ne s'exprime que par mèmes afin de tenter de dissimuler à quel point elle est viscéralement incapable de la moindre pensée originale.

Or, un individu un peu con issu de la pauvreté crasse n'est ni "gentil" ni "méchant" — un individu un peu con issu de la pauvreté crasse, c'est un individu un peu con issu de la pauvreté crasse, c'est tout.

Mais revenons au thème :


La monarchie étant l'ordre naturel, normal, des choses (Ankh-af-na-khonsu est "prêtre des princes", non "coordinateur de think-tanks neocons"), on ne peut l'abolir — seulement la remplacer.

Les Ricains ont cru devoir substituer aux castes naturelles un ordre ploutocratique et à la différence héréditaire d'extraction sociale la différence héréditaire de race.

Résultat : le "grand bagne de l'Amérique" (Huysmans), i.e. le principe US d'aristocratie corporate, n'est pas seulement une tyrannie technocratique entièrement dépourvue d'âme, mais un système ouvertement sadique, puisqu'il dit aux gens du peuple que les souffrances qu'il leur inflige sont leur choix ("il aurait fallu voter pour l'autre candidat"...)

Les Etats-Unis ont 232 ans d'Histoire et il suffit de voir leur président, Joe Robinette Biden, tenter de gravir un escalier, pour comprendre qu'ils n'iront pas beaucoup plus loin... (A titre de comparaison, la France, 232 ans après la reconnaissance officielle d'une Francia par Rome, sortait de la régence de notre reine Bathilde, épouse de Clovis II...)

Amis chers, la Lecture de ce jeudi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 3, versets 63 à 65, et chapitre 4, verset 1.

63. They that ever desired Thee shall obtain Thee, even at the End of their Desire.

Commentaire : Le Prince est le disciple gravissant la montagne en direction de l'Hermite sur le dessin intérieur de la pochette du quatrième album de Led Zeppelin : tant qu'il confond quête et conquête, il est voué à l'échec. (Voir la première tentative de Perceval avec le Graal, etc.)

64. Glorious, glorious, glorious art Thou, O my lover supernal, O Self of myself.

Commentaire : De ce verset, le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) dit: < The Knowledge and Conversation of the Holy Guardian Angel resolves all thought into the identity of insignificance. He exists equally in the Unity of Ra-Hoor-Khuit and in every detail of phenomenal manifestation. >

Lisez Anna & Mister God — Tout n'est jamais, finalement, au plan doctrinal, que variation sur Anna & Mister God.

65. For I have found Thee alike in the Me and the Thee; there is no difference, O my beautiful, my desirable One! In the One and the Many have I found Thee ; yea, I have found Thee.

Commentaire : Je m'aperçois que < in the Me > = 40(M) — 5(e) = 35 = 3+5 = 8

Thee = Th(400) + e(5) + e(5) = 410

8 < and the Thee > = 8 + 410 = 418

(Incidemment, < there is no difference, O... my desirable One > : 418 = 4+1+8 = 13 = אֶחָד)

✴✴✴

Amis chers, nous entamons l'Etude du Chapitre 4.

1. O crystal heart ! I the Serpent clasp Thee ; I drive home mine head into the central core of Thee, O God my beloved.

Commentaire : L'essence de la Divinité — le Puer Aeternus — est cette force de croissance et de régénération/résilience, que l'on symbolise par le Serpent, le pouvoir de muer.

Notre corps actuel est transitoire, un autre plus durable peut lui succéder, du moins si l’on "s'alimente" suffisamment, i.e. si l'on se connecte abondamment au principe vital. (C'est l'objet même de la Hud).

Et nous concluons comme Bacbuc, la noble Pontife : Allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 5° ♈︎ : ☽︎ in 20° ♌︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

PS : J. m'a dit ce matin qu'"Incandescent secret glamour dans le vestibule cosmique" était le tweet de moi qu'elle préférait. Du coup, j'ai intitulé le billet comme ça.

Précédent commentaire sur ce péricope : Une fête pour Priape (2020)

Thursday, April 23, 2020

Liber 418, 10ème Aethyr


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
L'Etude du jour concerne le très célèbre Dixième Aethyr, appelé ZAX, où il est traité, dans le grand détail, du démon Choronzon (la Restriction soit sur lui !), qui est < l'esprit de dispersion, d'impotence, de malice, de corruption, de restriction et de mort >, < l'inverse exact du processus magique >, < celui qui demeure dans l'Abîme >, le < ver aveugle qui vit dans la fange >, < l'égrégore familial de Loki >, etc.

J'ai déjà beaucoup écrit à son sujet. Par exemple ceci, en août 2019 e.v. :


Me and Choronzon Blues 

Abondance de courrier ce matin, dont surnage l'inopinée pointue question suivante:
« De GH le Zéniste à Sir Shumule le Thélémite, salut !
Bonheur et succès galants !
Je ne parviens pas, Maître, à comprendre ce que représente exactement le démon CHORONZON, décrit par John Dee et Sir Edward Kelly, qui est devenu le « diable » dans la philosophie de Thelema.
Puis-je solliciter vos Hautes Lumières sur ce point ?
Neuf Prosternations. »
Ma foi, ami Zen,

Vous êtes un séduisant mystère promis à une destinée sublime qui, comme chacun d’entre nous, avez un côté sombre. Une partie de votre psyché gronde, salive et montre les dents : elle est inconsciente – elle est irrationnelle – elle se nourrit exclusivement de mauvaise volonté, de passions perverses et de peurs instinctives.

C’est le morceau de maladie-du-monde qui se trouve être échu à votre assiette.

Choronzon est le nom que l’on donne à ce margouillis de désirs refoulés, de meurtrissures d'égo, de self-delusions niaises, que vous ignorez délibérément car il est peu flatteur et diffère, en des proportions douloureuses, de ce que vous aimeriez vous faire croire que vous êtes.

Carl Gustav Jung l’appelle "l'Ombre" ; les Chrétiens l’appellent le Malin ; les Juifs l’appellent le Yetzer Hara ; les Hindous l'appellent Apasmārapuruṣa ; les Bouddhiste l’appellent Māra ; nos Ancêtres l’appelaient Loki : vous pouvez l’appeler votre evil twin, votre Mephisto, votre natif-du-Cancer interne.

Du coup, Choronzon est également ce que les Alchimistes transforment en or : non quelque chose d’intrinsèquement « mal », mais un subalterne qui, – comme tous les stalkers, toutes les imbitables à daddy issues et tous les larbins congédiés, – devient, parce qu’on l’ignore, hystérique en surcompensation : ainsi l’homme tourne-t-il compulsivement, caricaturalement bas-de-gamme pour cesser de souffrir.

Si vous ne piétinez pas votre Iznogoud, votre Iznogoud vous mordra au mollet. Il sabotera systématiquement vos efforts, à moins que vous ne vous efforciez d’agressivement l’identifier et d’alchimiquement le transmuter : < Refuse none but thou shalt know & destroy the traitors > (AL 3, 42) : n’est-il pas très connu que se plaindre des manquements d’autrui est trahir ses propres défaillances ?... Si vous déshéritez un aspect de votre personnage, il se matérialisera brusquement, au coin du bois, sous forme (peu ou prou) humaine, lorsque vous l’attendrez le moins...

Comme l’Anneau de Sauron, il veut qu’on le trouve : d’où les actes manqués, les pseudo-accidents, les inhibitions bêtes – les kink libidineux dangereusement barrés,

Me and Choronzon were walking side by side,
I’m gonna beat my woman until I get satisfied.
… les « aventures terribles » dont Nietzsche nous dit qu’elles finissent par nous faire soupçonner que celui à qui elles arrivent est lui-même quelqu’un de terrible.

Voyez, ami Zen ! Le nain qui refuse de s’admettre nain sera jeté (ou lancé, plutôt, puisqu’il s’agit d’un nain) sur un terrain de basket-ball devant des millions de téléspectateurs : quiconque nie ce qu’il n’aime pas en lui-même aura le nez plongé dedans.

Soyez donc Alchimiste plutôt que Youtubeur ! Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem : « Jusqu’à ce que vous ayez rendu le Subconscient conscient, il dirigera votre vie et vous l’appellerez le destin », dit encore Carl Jung – ou, selon ma formule inlassable : ce que tu fuis est ton salut.

En dernière analyse, je dirais : Choronzon (la Restriction soit sur lui !) est tout ce qui est compliqué. Or "ce qui est compliqué est faux et pourri" (LF Céline), et la guématrie de "Simple" en hébreu, פּשוט, est 395, soit celle de Neshamah נְשָׁמָה.

Incidemment, comme H' met invariablement le Remède à côté du Mal, ce jour est aussi celui de la Grande Fête de Sir Richard Payne Knight (ses mérites nous protègent !), saint patron des archéologues, des collectionneurs et des dilettantes, ainsi que chantre de Priape, dieu des Jardins dont le nom a été donné, par les astrologues, à la Configuration qui neutralise l'influence de la Lune Noire, i.e. qui neutralise l'influence de l'Etroitesse, de la Marâtre à Sécateur et de l'Horizontalité intégrale, lesquelles constituent le champ d'activité spécifique de Choronzon (la Restriction soit sur lui !)

Impudents amis, gens beaux et heureux, lisez, par précaution, Destination Ragnarök et Priape ne veut pas qu'on pense, et passez un radieux Treizième jour du Ménage de Printemps !

In nomine BABALON Amen. Restriction unto Choronzon.

Love is the law, love under will.

ϣ. ☉︎ in 3° ♉︎ : ☽︎ in 9° ♉︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰ.

Illustration : Faust et Mephistophélès par Anton Kaulbach.

Tuesday, March 24, 2020

Holy Season XVII : Une fête pour Priape


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Cours sur Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 3, versets 63 à 65 et chapitre 4, verset 1, donné à l'occasion de la fête annuelle célébrée par l’Église Gnostique Catholique en l'honneur de Priape, fils d'Aphrodite et Dionysos, qui a lieu au cinquième jour de la Saison Sainte, attribué à l'Atu XVII du Tarot. Lectures complémentaires recommandées : Destination Ragnarök et Priape ne veut pas qu'on pense.
Love is the law, love under will.
ϣ. ☉︎ in 4° ♈︎ : ☽︎ in 4° ♈︎ : ♂︎ : Ⅴⅴⅰ.

Tuesday, March 3, 2020

Gematria ∞


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Cours sur Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 2, versets 52 à 55, dont il ressort que subir une épreuve dans cette vie équivaut à tirer un W au Scrabble, et que DIEU est à la fois la Provenance et le Terminus d'un voyage sans fin ni commencement. Lecture complémentaire recommandée: Priape ne veut pas qu'on pense.
Love is the law, love under will.
ϣ. ☉︎ in 13° ♓︎ : ☽︎ in 19° ♊︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ.

Thursday, February 27, 2020

L'escalier vers le ciel est en colimaçon


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Mon semblable est mon miroir : si mon visage est propre, l'image que j'en perçois est sans tache — mais si je note un défaut chez mon semblable, c'est ma propre imperfection que je rencontre : on me montre ce que je dois corriger en moi-même. Inversement, le Trog est un nain psychotique pré-pubère sur l'hystérie personnelle de qui la présence lumineuse d'un Initié a l'effet qu'aurait un satyre s'exhibant, au dernier degré du priapisme, dans un congrès MeToo.

Love is the law, love under will.
ϣ. ☉︎ in 8° ♓︎ : ☽︎ in 21° ♈︎ : ♃︎ : Ⅴⅴ.

Tuesday, February 4, 2020

The Afterparty


Do what thou wilt shall be the whole of the Law. Du verset 1, 15 du Liber LXV, Sir Aleister donne ce commentaire: < La vie perturbe la placidité de l'esprit qui accepte des symboles morts comme la réalité. > Bien sûr, le Superbowl Halftime Show a eu le même effet sur l'essentiel de la population, tant il est exact qu'hormis celui de Jennifer Lopez, « il n'y a de Vrai, en définitive, que le butt de Shakira » (Sir Shumule, Butt) — N'empêche: la Frayeur Sacrée (Yirat Shamayim) est toujours l'irruption de Priape, au dernier degré de la luxure, dans un sitcom cucu-vanilla produit par Lilith. Love is the law, love under will.
ϣ. ☉︎ in 15° ♒︎ : ☽︎ in 13° ♊︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ.

Friday, January 10, 2020

Point Limite Zero : Soyons priapiques


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Dur comme un chêne millénaire face aux forces d'ombre qui tentent une immixtion, méprisant les contingences de la vie troglodyte et les blessures psycho-sentimentales, confiant en son Destin tel le capitaine du Titanic, le Magicien s'efforce d'échapper au licol, comme la chèvre de monsieur Seguin. C'est un prince, un prêtre, et il est si joyeux qu'il en paraît fou.
Love is the law, love under will.
ϣ. ☉︎ in 19° ♑︎ : ☽︎ in 14° ♋︎ : ♀︎ : Ⅴⅴ.

Tuesday, October 8, 2019

Priape ne veut pas qu'on pense

Je reçois d’Anonyme cette pétillante boutade :

« Je savais que l’église gnostique avait canonisé Nietzsche, Frédéric II, Alexandre VI, Rabelais, etc. Je trouvais logique que SS ait été ordonné dans cette église. Mais depuis j'ai vu qu'elle avait aussi canonisé Priape et j'ai compris qui était son véritable Saint Patron. »

Comme il est facile, Ami, de se gausser, de loin, du vieil érotomane blanchi sous le harnais… Mais ne vous gênez pas ! Mon front ne sait plus rougir… J’ai raconté, dans tous les sens, mes débordements libidineux – mon perpétuel satyriasis – les frénésies de ma turgescente turbulente jeunesse – mon ahurissante collection de kinks – et je vous dirai, quelque jour, l’origine du surnom « Sans-les-Mains »…

Même le Dictionnaire des Droites Subversives reproduit un texte où je signale que « Michelle Rodriguez fait de ma queue une fonction autonome ». Avouez tout de même. Dans un monde post-Weinstein, je suis une excroissance honteuse. Je fais tache sur l’ère milléniale en poussant un râle de volupté.

(Notez bien : j’aimais mieux quand on qualifiait les gens de mon espèce – si tant est qu’il s’en trouve – d’ « obsédés », de « prédateurs », de « pervers polymorphes »… L’épithète « dalleux » fait penser à « galeux ». C’est très désobligeant.)

Mais baste ! Oui, Priape est un saint de l’Église Gnostique Catholique (fête le 24 mars). Vous êtes-vous seulement demandé pourquoi, Gribouille, avant que de saisir l’occasion de railler la sexualité compulsive de Shumule, c’est-à-dire de vous moquer d’un infirme ?

Vous me répondrez : « Fastoche : l’érection constante du fils de Dionysos (autre saint gnostique) fait de Priape, – comme Pan (autre saint gnostique) et Khem (autre saint gnostique), – une heureuse personnification du culte phallique, dont Richard Payne Knight (autre saint gnostique) a démontré qu’il est à l’origine de tous les cultes : il fallait bien que les Crowleyens eussent leur propre version du Frey nordique, des Tikis tahitiens, des Kamis japonais protecteurs des carrefours… »

Le pire, c’est que vous n’aurez pas tout à fait tort, en plus...

J’ai moi-même écrit :

« Sir Richard Payne Knight a démontré jadis que toutes les religions du monde procèdent d’un culte phallique initial, qui n’a, dans son principe, rien d’agraire, ni de freudien – En voici la raison : les Initiés classent les conditions indispensables à l’existence humaine selon la traditionnelle nomenclature élémentaire – l’Esprit (i.e. la fusion des opposés, c'est-à-dire l’union sexuelle), la Terre (l’incarnation), l’Air (la respiration), l’Eau (question de survie immédiate) et le Feu (l’énergie contenue dans les divers types d’aliments). Tout cela est très logique. Mais, si le sexe est, évidemment, la condition première à l’existence, alors la toute première condition à l'existence est l’érection : la condition indispensable à la condition indispensable à la survie de l’espèce est que l’homme bande : au commencement était la gaule. (On pourrait aisément en conclure à la phallocratie et au patriarcat, s'il ne fallait que quelqu'un suscitât la gaule en question – devons-nous en déduire qu'« au commencement était Michelle Rodriguez » ??? – mais je digresse.) Voilà pourquoi la seule constante absolue, dans les religions naturelles, est la vénération du phallus érigé, qui – des obélisques égyptiens aux menhirs celtes, en passant par les lingams de l’Inde – ne consiste pas à déifier les organes génitaux, mais à représenter l’origine des choses, i.e. le Divin, sous sa forme la plus primordiale – donc sa forme la plus pure – donc sa forme suprême. Par adaptation, les gens du peuple ont, partout et toujours, regardé le symbole ithyphallique comme le grand signe bénéfique – celui qui éloigne le malheur. Et, de même que les Italiens portent une corne priapique autour du cou pour chasser le mauvais œil, les Wotanistes portent le marteau de Thór (talisman dont chacun aura remarqué qu’on peut y voir autre chose qu’un marteau), afin de conjurer les forces hostiles à l’harmonie du monde. »
Destination Ragnarök (2011).

En fait, la clé de la canonisation du dieu des Jardins se trouve dans le fameux proverbe : Priape ne veut pas qu’on pense.

Au sens littéral, cet adage fait évidemment référence au principe par nous résumé ainsi : « l'homme qui ratiocine ne peut ni bander, ni rire, ni invoquer : déportez les intellectuels ! »

Mais on peut aller plus à fond encore, en prenant la chose à l’envers :

Il est écrit dans nos Livres Saints : < thought is evil : la pensée, c’est le mal > (LLL 1, 32). Or, la moindre cagole de village n’ignore pas que l’homme qui bande ne pense plus. En ce sens, la pulsion érotique est comme le yoga : un moyen de mettre fin à l’oscillation mentale.

D’où les kinks, dont nous parlions : s’il va hormonalement de soi qu’un homme est stimulé par le passage d’une « blonde à forte poitrine », il advient – thème admirablement traité par Barbey d’Aurevilly dans son farabuleux chef-d’œuvre Une Vieille Maîtresse – que des morphotypes improbables nous embrasent, nous obsèdent, révélant ce que les Anciens Chants des Sages du Nord appellent « la haine de Loki pour Heimdall » : libido (Heimdall, qui fonde le peuple blanc par inadvertance via des dérapages adultérins dus à sa nature de queutard insatiable, représente, évidemment, l’instinct de continuation de l’espèce) et activité mentale (spécialité de Loki) sont inconciliables : c’est pourquoi Heimdall et Loki s’entretuent à Ragnarök : il leur est impossible de coexister.

(Je me souviens, par ex, de la première fois que j’ai vu un portrait de la culturiste Nathalie Foreau : mon cerveau me disait « cette femme n’en est plus une, elle est absolument difforme » pendant que ma queue me disait « je suis une batte de base-ball louisville-slugger de 42 pouces en alliage. »)

La Magie enseigne : toute peur cache un désir, tout désir est l’érotisation d’une peur (= Heimdall le Chaud Lapin et Loki l’Inverti se chamaillent devant Bifröst). Il est bien connu que les déviants sexuels internés d’office sont des gens dont les fixations consistent en des « éblouissements » volontaires, au moyen de fantasmes (« tournoyants comme la ronde des lutins un 2-août ») qui symbolisent leurs traumas et ont pour fonction d’empêcher que ceux-ci remontent, sous leur forme originale, à la conscience : histoire éternelle de l’enfant choqué par l’apparente cruauté de l’existence et qui devient sadique ; de l’enfant battu qui devient masochiste ; de l’écolier bullied par les rustauds du coin qui devient gay passif pour homo-macho en tenue de motards : il s’agit non seulement de rendre le souvenir tolérable, mais de le rendre jouissif.)

Vous me direz : qu’y a-t-il, grands dieux ! de saint dans ce bestiaire ?!

J’y arrive. Au-delà de l’aspect psycho-affectif, la Qabale attribue la Sphère de Yesod (= les parties génitales de l’homme + son subconscient) à la Lune, c’est-à-dire à l’affolante et fantomatique réflexion, au cœur des ténèbres, de la lumière du Soleil (Sphère de Tipheret = le cœur de l’homme + sa conscience), qui, elle-même, est la contraction de la Lumière divine infinie (Sphère de Kether = la fontanelle de l’homme + sa supraconscience) : en clair, la libido d’un homme révèle son ipséité, donc sa divinité, sous un masque. Or c’est comme dans le théâtre Nō : plus la divinité est puissante, plus le masque est impressionnant. D’où, axiome : à gens exceptionnels, mœurs exceptionnels, qui me fit écrire jadis :

« Moi, j’admets tout… La scatophilie de Jean-Paul Belmondo, la zoophilie de Jeanne Moreau, Proust ne pouvant jouir qu’au spectacle de rats s’entredévorant… le nombre invraisemblable de fois que Maurice Chevalier dut se rendre aux urgences pour se faire extraire une bouteille de champagne du rectum… les diamants qu’Arthur Meyer, fondateur du Gaulois, glissait dans le sien, avant de les y faire chercher par sa maîtresse, la comédienne Alice Regnault… Max Jacob se faisant défoncer, de grand matin, par les forts des Halles, avant d’aller dire son chapelet sur les marches de la basilique du Sacré-Cœur… Victor Hugo arrêté pour exhibitionnisme au bois de Boulogne, et ayant, à l’égard de sa petite-fille, plus d’attachement qu’il n’appartient à un grand-père… tout cela est fantastique, parce que c’est la Vie qui pulvérise l’image d’Épinal ou le sitcom américain, c’est-à-dire l’Idole… Voilà le Humor of the Gods, qui est le véritable Hammer of the Gods. » – Butt (2014)

Et voilà pourquoi Priape est un saint.

Maître Therion dit : < L’acte d’amour, même s’il est, dans sa forme, avec un cheval, comme Caligula, avec une foule, comme Messaline, avec un géant, comme Héliogabale, avec une grenouille, comme Néron, avec un monstre, comme Baudelaire – même si, avec Sade, il tire son excitation du sang ; avec Sacher-Masoch, du fouet et de la fourrure ; avec Yvette Guibert, d’un gant ; ou s’il est fou des nouveau-nés, comme E.T. Reads dans Punch ; si l’on s’aime soi-même au point de dédaigner tous les autres, comme Narcisse ; si l’on s’offre sans amour à l’amour de tous, comme Catherine ; si l’on trouve le corps si vain que l’on enferme son désir dans son âme, faisant de sa vie, en imagination, une spinthéropie incessante, comme Aubrey Beardsley – peu importe le moyen. Bach a sa manière, Keats la sienne, Goya la sienne. La fin est tout : que, par l’acte, quel qu’il soit, l’on adore, aime, possède et devienne NUIT. > (New Comment on AL 1, 52).

Amen. L’occasion de conclure par cette pieuse éjaculation, dont nous espérons qu’elle touche Anonyme : < O gloire de Priape ! O béatitude de la Grande Déesse ! > (Cordis 4, 24).




Bénédictions endiablées.

- Sir Shumule, ☉︎ in 14° ♎︎ : ☽︎ in 14° ♒︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ.

Illustration : ATU XI par Milo Manara