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Thursday, January 19, 2023

Unutterable Joy (Whom the gods love die young)

À l'ensemble du Club 27.

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.


Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 1 à 4.

Et, dans le cadre de notre inlassable séquence nostalgie, je me rappelle avoir, il y a un an, dû répondre vertement, lors de ce péricope, à un furibond, teigneux, vindicatif lecteur de Bretagne — Souvenez-vous : 

Je reçois, à l'instant, le courrier d'un Breton, qui me reproche longuement d'avoir écrit Autopsie du Golem (texte où j'expliquais, dix ans avant tout le monde, que Jean-Marie Le Pen était un comédien cabot de basse extraction sociale, casté par Grossouvre et Attali pour le rôle d'Emmanuel Goldstein, et non un candidat réel), et conclut, avec, il me semble, un tantinet trop de dignité blessée :
"Je reproche à Zemmour ses propos sur les enfants handicapés ; que reprochez-vous à Jean-Marie Le Pen ?"
Facile : d'être breton — Il me semble que, quand on vient d'une région où même les filles s'appellent Yann et où les communes portent des noms tels que Pleumeur-Bodou, c'est précisément comme quand on a un enfant handicapé : la moindre des choses, c'est de se faire tout petit.

Je me hâte d'ajouter que j'ai ramené de mes (nombreux) séjours dans le massif armoricain, outre un léger ras-le-bol des cirés jaunes, une inexplicable passion pour la Bretagne — Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire :
Normalement, il faudrait détester la Bretagne.

Déjà, rien que le nom : breizh. Je suis infiniment sensible au langage et breizh, c’est comme le bortsch, tu ne m’en feras pas manger.

Dans le peuple, les Bretonnes sont comme des Irlandaises, en plus rosses. Les Bretons sont tous des skippers burinés par les embruns ; ils portent des marinières sans référence à Jean-Paul Gaultier, et n’ont que deux expressions : hostile (maxillaires tendus – c’est leur mode de veille, leur physionomie ordinaire) et fier (maxillaires toujours tendus, mais les sourcils remontent vers le front – cette expression s’emploie exclusivement dans le cas où Alan Stivell entonne Tri Martolod.)

Chez les seniors, on trouve l’inévitable pêcheur sans âge, infiniment ivrogne, qui parle le dialecte d’une peuplade dont il est le seul membre. Sa femme est invariablement un vieux polichinelle complètement voûté, qui marche sur sa coiffe bigouden en allant au village.

Et puis pour ce qui est de pleuvoir, il pleut.

Las ! expliquez ça comme vous pouvez : je raffole de la Bretagne. (Sir Shumule, 
Totalement à l'Ouest, 2009)
— The end of sorrow is come, 19 janvier 2021.

Mais le 19 janvier est un jour un peu spécial... Je notais, dans mon Registre Magique, il y a deux ans :

"Aube est une temurah de Beau et c'était particulièrement observable dans le parc, ce matin.

"J'ai donné le Signe du Silence, pour empêcher qu'une pensée intrusive ne trouble, si peu que ce soit, mon émerveillement.

"Tout est là.

"Au plan blanc, les ratiocinations parasites vous font perdre votre Voie.

"Au plan rouge, la laideur, en pensée ou en acte, crée une effroyable disharmonie entre œuvre humaine et œuvre divine.

"Au plan noir, le monde est dans l'état que l'on sait, parce que la corruption spirituelle, intellectuelle et politique a fini par permettre à de vagues peuplades d'opprimer de grands peuples.

"Comprenez que, comme disaient nos aïeux, « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a » et qu'il est idiot d'en vouloir au termite de faire crouler l'arbre séculaire — c'est une droite ligne de Paul de Tarse à Pfizer.

"Le christianisme est l'injection qui a tué vos Sages et vous a neutralisé au plan magique — la république est l'injection qui a tué vos seigneurs et vous a neutralisé au plan religieux — le communisme est l'injection qui a tué vos bourgeois et vous a neutralisé au plan culturel — le globalisme est l'injection qui a tué votre lignée et vous a neutralisé au plan ethnique — le mRNA est l'injection qui va tuer jusqu'à votre ADN et vous neutraliser au plan génique.

"Le point positif, — comme disait ce militant « refugees welcome », après que les subsahariens qu'il avait clandestinement fait entrer en France eurent forcé sa porte et violé sa femme, — c'est qu'a priori, ils n'iront pas plus loin..."

Mais baste ! — Au texte :

1. I fly and I alight as an hawk : of mother-of-emerald are my mighty-sweeping wings.

Commentaire 2021 e.v. : J'ai rêvé, cette nuit, qu'un milan d'or veillait sur moi, ce qui est merveilleusement synchrone, et j'en accepte l'augure, bien que l'or soit, évidemment, beaucoup moins rare que la mother-of-emerald (prasiolite).

Commentaire 2022 e.v. : Le mother-of-emerald s'appelle, en français, la prasiolite, ou le quartz prase, et tout le monde trouve ça moins chic, parce que prase dérive du grec πράσον, qui signifie "poireau".

Cela renvoie, évidemment, au légendaire texte de moi intitulé Les Fées ont des Bottes (Dazed and Confused in Lugnasad), dans lequel je rapportais avoir dû, — à la demande d'une fée, — répondre, dans une perspective strictement paganisante, à la question "La vie est-elle un légume imparfaitement cuit ?"

Soit, pour le plaisir, la première partie du texte en question : 
Je m’alcoolisais, le soir du 1er août, en compagnie du célèbre Fix. Nous avions passé le début de la nuit à broyer du homard dans un restaurant mode, puis migré sous les chapiteaux corinthiens et ioniques d’un palace décadent, où, installés au bar, absolument désert, nous nous enivrions de cocktails anciens : Double D, Moscow Mule et Baltimore Eggnogg.
Abrutis par l’action combinée de l’alcool et du sucre, nous eûmes un sursaut assez désagréable quand une voix féminine s’éleva près de nous : « Messieurs, disait-elle, vous pardonnerez, j’espère, mon indiscrétion, mais j’ai, sans le vouloir, entendu votre dialogue, et cru comprendre que l’un d’entre vous était Sir Shumule himself... L’illustre Sir Shumule !… Shumule le reluisant !… Shumule, le roi des blogueurs !… »

J’étais dos à l’intruse. Fix, qui lui faisait face, me souffla dans l’oreille : « Regarde ! C’est Kylie Minogue ! » – Je tournai vivement la tête et me retrouvai nez à nez avec une authentique fée multicolore, – de module Clochette, – qui voletait au-dessus du comptoir en répandant de la poussière d’étoile !!! o.O (Bien sûr, Fix était un peu paf, mais, effectivement, en lumière tamisée, la créature magique avait un faux air de Kylie Minogue, et portait des boots, conformément aux visions d’Ozzy Osbourne.)

Elle me déclara sans ambages être ma plus grande fan, ma « groupie haletante » (sic), tout avoir lu de moi, etc. mais me reprocha de n’avoir jamais clairement répondu à nombre de « questions essentielles » (sic) posées par les Smart Ass Commentators de feu mon Blood-Splattered Blog – « Des questions, précisa t-elle, comme : « Est-il permis à une femme d’avoir des relations sexuelles avec un morse ? », ou : « La lune est-elle une banane, et, dans ce cas, où se trouve l’épluchure ? », ou encore : « La lune est-elle un camembert plâtreux ? »… »

Après s’être interrompue pour siffler le barman (!), et lui commander trois Adios Motherfucker (« mon cocktail favori, gloussa t-elle, égrillarde : très joli visuel, mais blackout assuré ! »), la fée, subitement grave, me regarda dans les yeux, et martela d’une voix lente : « La question fondamentale pour moi, Sir Shumule, – la question à laquelle je vous somme de répondre sur-le-champ – ici même – vous fut posée le dimanche 22 juillet 2012, par un certain « Supérieur Inconnu ».

« Cette question, que vous connaissez bien – cette question que vous avez tout fait pour occulter – car elle vous dérange… – cette question, Sir, est la suivante :

« Helluvah Holy Guru, la vie est-elle un légume imparfaitement cuit ? »

« Allez, mon cher… Nous vous écoutons… »


La Porrophagie dans le Fumoir


« Eh bien, Amie, commençais-je (renversé dans les coussins profonds d’un cosy petit fumoir où nous nous étions repliés), voilà ce que, dans notre jargon, nous appelons une question « diva » : hyper bonne, mais difficile… Une question qui, du reste, en entraîne bien d’autres : le Karma est-il une cuisinière vegan au talent discutable ?…  Pourquoi les temps de cuisson ne sont-ils pas démocratiquement votés par des représentants du personnel hôteliers ?Qu’est-ce, au bout du compte, qu’un légume, sinon ce que nous passons notre enfance à tenter de ne pas manger ?… Tout cela va loin… Interrogeons les Anciens…

« Le premier légume que mentionne l’Edda est un poireau, ce qui manque cruellement d’élégance. Nous lisons :

Áðr Burs synir biöðum um ypþo, þeir er miðgarð mœran scópo ; sól scein sunnan á salar steina, þá var grund gróin grœnom lauki.
Avant de créer l’Enceinte du milieu, les fils de Borr se bâtirent un palais. Le soleil de midi étincelait sur les murs de la grande salle et la terre se couvrait d’herbe verdoyante. (Völuspa, 4)

Or, la fin de la vísa, < þá var grund gróin grœnom lauki >, traduite ici par : < la terre se couvrait d’herbe verdoyante  >, signifie littéralement : < du sol, ont poussé de verts poireaux >…

« Eh oui ! Contrairement à la superstition commune, l’hépatique (hepaticophyta) n’est pas la première plante qui ait paru à la surface de la planète : c’est le poireau (allium porrum) qui l’est – on peut raisonnablement en déduire que les Ases de l’époque se nourrissaient exclusivement de quiches, et que la jet-set ne se bousculait pas aux soirées macrobio du Valhalla (si merveilleusement plein-sud que fût orienté celui-ci)…

« Il y a là, je trouve, quelque chose d’humiliant pour les fleurs… le règne végétal commence par le poireau !!! :( … La prochaine fois qu’un lys tigré crâne en votre présence, rappelez-lui ses origines !… je veux dire : ces temps étaient rudes, Amie !… Ils ont laissé, dans la conscience collective de notre peuple, un traumatisme aigu, une blessure si vive que, pour nous, le poireau est désormais indissociable de l’idée de verrue faciale, de Mérite agricole, et de pub gallois…

« Donc, si la vie est un légume, la vie est essentiellement un poireau… Azur, pour certains, Monstrueux pour d’autres… ou bien Furor, Gros Long, Malabare, Géant Précoce… mais enfin : un poireau. Et si la vie est un poireau, la vie est un légume « imparfaitement cuit », puisque il est difficile d’imaginer un poireau « bien » cuit… :/ »

- Sir Shumule, vous êtes un snob ! interrompit la fée. Assyriens, Égyptiens, Chinois consommaient du poireau longtemps avant notre ère, et l’on affirme que, durant l’Exode, les Hébreux regrettèrent trois choses : les concombres, les melons, et les poireaux…

« Lorsque le Pharaon Khéops voulut honorer un médecin qui l’avait soulagé d’une infection urinaire, il lui accorda mille poires, cent cruches de bière, un bœuf, et cent bottes de poireaux.

« Le poireau était, en effet, particulièrement florissant en Égypte et de nombreuses fresques funéraires en représentent une botte à côté d’un bouquet d’oignons, parmi les produits que le rituel prescrivait d’offrir aux divinités du Sommeil et des Ténèbres. Il était l’objet des soins assidus de maraîchers, qui se levaient à l’aube pour aller l’arroser.

« Aristote affirme que le cri strident de la perdrix lui vient de son goût pour le poireau, dont la consommation régulière éclaircit la voix. L’empereur Néron aimait tant la soupe de poireaux qu’il fut surnommé « le Porrophage »… Mais poursuivez… »

- La vie est-elle un légume ? revins-je, impavide, à mes moutons… Une seule chose est sûre : l’état de poireau, l’état de « légume imparfaitement cuit » constitue l’ambition ultime de la plupart des humains… Ainsi que je l’écrivais récemment : « Ne débranchez pas vos parents qui sont dans le coma : ils ont atteint votre idéal de bonheur terrestre. »

« Y avez-vous songé ?… Les personnes que l’on appelle communément « légumes », – celles qui se trouvent à l’hôpital en « état végétatif chronique », i.e. passée la mort encéphalique, – n’ont pas à se lever le lundi matin… elles ne travaillent pas… elles sont nourries, logées, blanchies à ne rien faire… elles ont du personnel qui les gave, les bichonne, et fait leur toilette, sans qu’elles aient seulement à lever le petit doigt... elles sont toujours en vacances… n’ont aucune décision à prendre… ni aucune douleur, jamais !… elles sont, en permanence, plus défoncées que ne pourront jamais vous défoncer les plus défonçantes de toutes les drogues !…

« N’est-ce pas l’existence d’un Maharadja ?… Que dis-je ? mieux que l’existence d’un Maharadja, qui a des responsabilités, lui !… Qu’en pensez-vous ?… Coma dépassé, zéro responsabilités !… et vous voudriez mettre un terme brutal à tant de bonheur ?!…

« Au nom de quoi ?… Que reprochez-vous exactement à l’état végétatif ?… Il empêche de prendre les transports en commun ?… De cotiser à la Sécurité sociale ?… De regarder la télé ?… De consommer des burgers ?… D’aller chez le dentiste ?… De payer ses impôts, en rêvant du billet de loterie gagnant qui permettrait de ne plus rien faire – c’est-à-dire d’avoir précisément la vie d’une personne en état végétatif ?…

« Ah, bien sûr… un comateux ne peut pas recevoir l’Initiation, ni faire Huð, ni étudier, ni procréer… Mais l’épargnant médiocre qui, officiellement, n’est pas dans le coma, ne fait, de toute manière, aucune de ces choses… alors, quelle importance ?… » (Sir Shumule, Les Fées ont des Bottes : Dazed and Confused in Lugnasad)

Commentaire 2023 e.v.I fly and I alight as an hawk fait allusion aux Ups & Downs of life,  comme disait le capitaine Edward Sellon (paix à son âme, où que soit celle-ci),  et à la méthode optimum pour les gérer. 

Et nous redisons :
Au temps du bonheur, < enjoy all things of sense and rapture > (AL 2, 22) ; au temps du malheur, < go on, go on, in my strength & ye shall turn not back for any > (AL 3, 46) ; et, tout le temps, < Sing the rapturous love-song unto me > (AL 1, 63), i.e. récitez l'A ka dua."  (Sybaris à Montolieu)
2. I swoop down upon the black earth ; and it gladdens into green at my coming.

Commentaire 2021 e.v. : Le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) dit : < Dans le Nouvel Æon, l'élément Terre retrouve sa couleur véritable, qui est le vert et non le noir. >

Je connais une Mélanie (prénom qui signifie « Noire ») qui, lorsqu'elle reçut le saint baptême dans l'Eglise Gnostique Catholique, à la Loge Shemesh de l'OTO, en 2005 e.v., au cours d'une Cérémonie où officiaient trois évêques (dont le futur Hyperion X°), prit, sans connaître rien de ces attributions de couleurs, le prénom Chloé (qui signifie « Verdoyante »).

Commentaire 2022 e.v. : Puisque nous tenons le nuancier, ne le lâchons pas : je ne parviens pas à comprendre que personne ne reproche aux médias d'appeler les femmes hispaniques "brown woman", alors que la complexion de celles-ci est objectivement verdâtre, et non marron — Greenish women serait cool, et offrirait une lecture intéressante de ce verset : La lumière divine transforme Nicki Minaj en Jennifer Lopez.

Commentaire 2023 e.v. : Tout le monde sait que la Mélanie-Chloé dont il est question dans le commentaire 2021 est mon Epouse, dont j'écrivais naguère :

"Pourquoi aimé-je mon Epouse ? Parce que je suis incomplet sans elle : mon languissement perpétuel pour sa présence n'a d'autre objectif qu'être-dans-sa-présence-pour-le-fait-d'être-dans-sa-présence.

"Ai-je besoin de dire que quiconque poursuit sa Quête — spirituelle, artistique, professionnelle, que sais-je ? — comme Sir Shumule languit pour Chloé, est every way perfect ?

"C'est l'éternelle histoire de la fourmi occupée à déplacer un monticule de sable grain par grain — Le Sage dit à la fourmi : "Petite fourmi, tu n'arriveras jamais à déplacer ce monticule", et la fourmi répond : "Ne t'arrête pas aux apparences : derrière ce monticule est ma Bien-aimée : rien ne m'arrêtera pour la rejoindre ; et si je dois mourir à la tâche, au moins mourrai-je dans l'espoir de la retrouver..."

"C'est, presque mot pour mot, ce que j'ai écrit aux juges durant ma grève de la faim, et, mot pour mot, ce que je dis, chaque nuit, dans mon Oraison.

"Je contemple le < voluptueux ciel nocturne > (AL 1, 64), dans l'espoir que Chloé soit en train de regarder la même portion d'infini étoilé au même moment, mais, surtout, parce que Chloé étant Nuit, c'est Chloé que je contemple en contemplant le voluptueux ciel nocturne.

"Je suis David, dit Sir Shumule, le Fou de Chloé." (Le Fou de Chloé, 31 août 2022)

3. Children of Earth ! rejoice ! rejoice exceedingly ; for your salvation is at hand.

Commentaire 2021 e.v. : Le verset peut se lire "réjouissez vous, car votre salut est à portée de main", comme : "réjouissez vous pour que votre salut soit à portée de main."

Thelema a développé, en fait, un véritable culte de la joie — Pour nous, la joie n’est rien de moins qu’une obligation religieuse.

Commentaire 2022 e.v. : Tout phénomène est un message direct de DIEU à mon âme — Je ne me préoccupe donc jamais du livreur, mais seulement de ce qu'il apporte. 

C'est ainsi que, la dernière fois que j'ai abusé de la faiblesse psychologique d'un riche héritier pour le dépouiller de tous ses biens, et que l'épouse de celui-ci a cru devoir, — en plein tribunal, devant le juge qui venait de lui signifier qu'elle était, désormais, de mon fait, irréversiblement sur la paille, — me traiter de (je cite) "fils de pute" (sic), je me suis fait la réflexion suivante : 

"Nous sommes tous Children of Earth, Enfants de la Terre, ainsi que nous le proclamons, chaque dimanche, pendant le Crédo :
I believe in one Earth, the Mother of us all, and in one Womb wherein all men are begotten, and wherein they shall rest, Mystery of Mystery, in Her name BABALON.
Or, Babalon est une hétaïre sacrée : par conséquent, bien que je sois Hadit, Maître de la Connaissance et des Délices, grand dieu céleste, bien-aimé de Nuit, je suis aussi nécessairement, en tant qu'humain, un FDP, au sens absolument littéral du terme : toujours me rappeler le premier en période de descente, pour ne pas trop me décourager, et le second, en période de montée, pour ne pas trop m'emballer."

Commentaire 2023 e.v. :


4. The end of sorrow is come ; I will ravish you away into mine unutterable joy.

Commentaire 2021 e.v. : Comment, en pratique, éteint-on la souffrance ?

Facile : les comportements qui mènent à ladite souffrance sont :

- Désirer le succès, car cela fait craindre l’échec.
- Espérer, car cela fait craindre la désillusion, ou conduit à elle.
- Se préoccuper de soi, car cela mène à la peur de souffrir ou de mourir.
- Attendre d'autrui, car cela provoque le risque et la peur d’être insatisfait.
- Courir après l’argent, car cela conduit à éprouver le manque.
- Vouloir se préserver, car cela fait craindre sa propre perte.
- Tenter de contrôler l'avenir, car cela est (évidemment) illusoire.
- etc.

La end of sorrow est, très précisément, ce que j'ai décrit, en 2012, dans un texte intitulé Too Much :
La plupart du temps, je m’en tiens à des choses simples, telles que contempler mes très balladuriens ciseaux à cigares, comme s’ils étaient de fabuleux saphirs. Ils sont si propres, si lisses, si vierges de toute souillure, si parfaitement inutiles aux yeux du vulgaire… Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime...

J’ai des voitures que je ne conduis pas, des livres que je ne lis pas, des amis que je ne vois pas – mais ils sont là – et cela suffit à combler mon besoin d’eux, jusqu’à ce que le temps vienne pour moi de désirer à nouveau être en leur présence. Non que je les méprise ; mais je suis trop facilement dévié vers des hommage plus accessibles, auxquels mon indolence donne la priorité.

Voilà pourquoi je relis sans arrêt le livre que j’ai à portée de main, sans jamais me dire : « Quelle idée de passer tout ce temps plongé dans le même vieux bouquin, alors que je pourrais en sélectionner un autre dans ma bibliothèque ! » – c’est simplement qu’il me suffit de parcourir indéfiniment le même ouvrage. Cela ne me semble ni pénible, ni gênant. Est-ce si différent que de contempler le même lac tous les jours ? Or, le méditant qui s’absorbe quotidiennement dans la contemplation d’un lac sonne très spirituel, au lieu que rouvrir sans cesse le même épisode des aventures de Red Sonja semble weird et dépourvu d’intérêt. Pour moi, le principe est le même…

En dehors de mon goût pour la décoration, j’achète peu, parce que je possède déjà trop. Des vêtements que je ne porte pas, des sabres que je ne polis pas, des flingues dont je ne me sers pas, de la technologie rétrograde, des télescopes sans étoiles… Dans un Nouvel Ordre Mondial exclusivement voué au consumérisme, je suis une plaie. Je pourrais désirer quelque chose de neuf – quelque chose de 2.0… Mais non. Je me contente de regarder mon fils, mes pitbulls, mes tableaux sur les murs, les toiles d’araignées hors d’atteinte de la femme de ménage…

Lorsqu’on me dit que je devrais « faire de nouvelles expériences » ou « élargir mon horizon », je demande : « pourquoi ? » Je puis aller sur notre terrasse, observer le parc que je connais par cœur, et ne rien désirer de mieux. A ce train-là, je finirai par comprendre le choix du moine chrétien, seul dans sa cellule avec son chapelet. Quoique… J’en doute… J’aime trop la beauté, je l’ai trop connue, et j’ai trop besoin de sa proximité physique... En fait, mes acquisitions passées me possèdent, et j'y reste fidèlement attaché, si inconséquentes qu’elles puissent sembler aux autres.
Commentaire 2022 e.v. : Je pensais à ce verset tout à l'heure, en ingérant, pour faire pièce à une effroyable gueule de bois (nous avons pris un peu d'avance sur les fêtes commémoratives de la mort de Dagoberth Ier), mon premier Cuba Libre de la journée.

Car oui ! quelle sorrowful gueule de bois indeed !... Une gueule de bois de nuance nihiliste, qui fait mal pour faire mal !... Accompagnée d'un blackout au moins équivalent à celui qu'éprouvait Abraham Lincoln, le matin où, émergeant d'une nuit de beuverie, après la Proclamation d'Émancipation, il s'écria : "J'ai signé QUOI ???!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

A propos de Lincoln, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la naissance de Robert E. Lee (le général des Confédérés — Saviez-vous qu'il était daltonien, — et qu'il a donc, probablement, adressé des insultes racistes à de nombreux Blancs, — et qu'en dehors d'envoyer des milliers de gens se faire tuer pour une noble cause, sa grande passion était la poésie française ?)

Ce qui me rappelle qu'on m'a (encore) demandé ce matin pourquoi Thelema considère les anniversaires de naissance comme des lesser feasts — J'ai dit : "Il y a mieux à célébrer, chez un grand homme, qu'un jour où il n'a fait que crier sur sa mère qui venait de se taper tout le boulot."

Commentaire 2023 e.v. :


Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

D.


☉︎ in 29° ♑︎ : ☽︎ in 25° ♐︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.

Précédents commentaires sur ce péricope :

Monday, April 4, 2022

Leptopoecile Sophiæ

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du Seizième jour de la Saison Sainte et je barbote dans la rémanence d'un rêve où, après toute une série d'aventures angoissantes, je me retrouvais à parler Doctrine avec Donald Trump à Mar-a-Lago. Très bel endroit, et Melania est cool.

Mais assez lambiné ! Au programme aujourd'hui : Petit-déj’, sexe, farniente, et dolce vita : j'ai du pain sur la planche !

Amis chers, la Lecture de ce lundi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 4, versets 22 à 25.

22. Yea, O my master, thou art the beloved of the Beloved One ; the Bennu Bird is set up in Philæ not in vain.

Commentaire : J'ai rêvé, samedi matin, d'une paruline à sourcils blancs (Leptopoecile sophiae), dont on sait l'heureux augure à tous les plans et l'importance dans mon imagerie personnelle.

Mais, l'année dernière, c'était très différent :
Ce verset me met a priori en joie, parce qu'en hébreu, beloved se dit דוד, David, et que j'ai dernièrement rêvé d'un héron cendré, volatile par lequel se représente, traditionnellement, l'oiseau Bénou.

Bien l'occasion de redire notre arbritude : l'homme n'est qu'intermédiaire, connexion, conduit : obéissez perinde ac cadaver aux Oracles et aux Songes.

Pour ce qui est, en revanche, des convictions de type "le doigt majestueux du destin s'est posé sur moi", etc. c'est l'inverse : toujours les rejeter par principe : s'il faut que vous deveniez maître du monde, mashia'h ou intergalactic overlord, la chose se fera, elle n'a pas besoin que vous "l'entreteniez" en surcompensant bruyamment vos blessures psycho-affectives personnelles.

La plupart des gens ratent lamentablement leur vie parce qu'ils font le contraire : il distordent, par ratiocination, l'Oracle qui exige d'eux un effort, afin d'être dispensés de ce dernier (et, du coup, loupent le coche), ou se cramponnent comme des noyés au personnage hystériquement virtuel que, pour mettre un baume sur leurs trauma d'enfance, ils se sont projeté d'eux-mêmes (cas des Marc Chapman, des Iznogoud et de tout homme de moins d'1m78 — qu'il ne sert à rien de sermonner sur l'air de "ton comportement crétin oblitère tes qualités réelles" puisque, ne supportant pas ce qu'ils sont, ils haïssent par dessus tout les qualités réelles en question.) (Intergalactic Overlord)
23. I who was the priestess of Ahathoor rejoice in your love. Arise, O Nile-God, and devour the holy place of the Cow of Heaven. Let the milk of the stars be drunk up by Sebek the dweller of Nile !

Commentaire : C'est très probablement dû au sens figuré du mot Cow, mais ce verset me rappelle systématiquement le lulzy fait divers du Thot-patrolling crocodile.

24. Arise, O serpent Apep, Thou art Adonai the beloved one ! Thou art my darling and my lord, and Thy poison is sweeter than the kisses of Isis the mother of the Gods !

Commentaire : Je me suis rendu compte, l'année dernière, que :
אדני nous dit : Le Héros (א), par l'Amour (ד), détruit son personnage hystérique (נ) et accède à son identité véritable (י). (Intergalactic Overlord)
Or l'identité véritable de tout homme est Hadit, comme il est écrit : < I am the flame that burns in every heart of man > (AL 2, 6), et Hadit nous met en garde : < me connaître, c'est connaître la mort. > (Id.)

Ce qui nous renvoie à certaine conversation eue par moi lors de la Synaxe.

Nous recevions, samedi, un garçon coiffé au carré avec une raie au milieu, — tout à fait du genre à aller s'asseoir, l'air pénétré, sous un arbre, pour y consigner des pensées philosophiques dans un cahier, dont on découvre ensuite qu'elles se résument à "j'aime bien les tortues", — et qui m'a interrogé sur les interdits relatifs à la mort dans Thelema (cf. AL 2, 73).

Je lui ai répondu : En présence d'un serial killer désireux de t'intégrer à son palmarès, ta Nephesh crie "Pitié, non, ne me tuez pas tout de suite !", alors que ta Ruach dit : "Allez-y, mon vieux, cette connerie d'existence n'a que trop duré..." — Mais, pendant ce temps, ta Neshamah ne cesse de répéter : "La vie est une rivière d'ambroisie que l'on descend à bord d'un bateau de nacre." (cf. Cor 1, 39, vide We may rejoice exceedingly) — C'est tout le drame de la condition humaine.

25. For Thou art He ! Yea, Thou shalt swallow up Asi and Asar, and the children of Ptah. Thou shalt pour forth a flood of poison to destroy the works of the Magician. Only the Destroyer shall devour Thee ; Thou shalt blacken his throat, wherein his spirit abideth. Ah, serpent Apep, but I love Thee !

Commentaire : Le premier texte que j'ai publié sur le Mystère d'Apophis remonte à octobre 2009 (J'étais si peu sérieux en ce temps-là !) — On y lisait notamment :
Camus disait que, de toutes les questions philosophiques, le suicide était la seule qui présentât un intérêt. Fourier disait la même chose de la question juive. Mais je traite assez souvent la question juive, et crois n’avoir jamais songé au suicide — il est très agaçant d’imaginer que Camus puisse, de sa demeure dernière, considérer ce que j’écris comme inintéressant, même si c'est, en l’occurrence, également ce que je pense de son œuvre — Traitons donc du suicide.

Ça ne sera pas facile. Je suis peut-être la personne la moins funèbre du monde. Mais enfin, la vie est mortelle, et je ne veux pas croiser Camus dans l’Au-delà sans pouvoir lui dire : "Alors Albert ?... Avec ton prénom de chauffeur… Hein ?... Et là ?... Pas calmé ?..." [...]

Le scorpion est le seul animal à se suicider lorsqu’il est entouré de flammes. C’est un assez bel enseignement. Que l’on soit monarque (Cléopâtre, Néron, Louis II de Bavière), écrivain (Pétrone, Sénèque, Lucain, Nerval, Chatterton, Drieu la Rochelle, Mishima, Hunter S. Thompson), artiste (Van Gogh, Patrick Dewaere, Ian Curtis), cuisinier (Vatel, Loiseau), voire aventurier (Edward Sellon), le suicide est toujours admirable, parce qu’il consiste à rester, envers et contre tout, maître de son destin.

Les Japonais, qui l’élevèrent au rang d’un art, répertorient une vingtaine de types de morts volontaires, et presque autant de façon honorables de se l’infliger. Car ce geste, qui se suffit à lui-même, tire son plus ou moins de grandeur de sa cause et de son mode d’exécution. Il y a un univers entre le suicide du général Nogi, vainqueur de Port-Arthur, qui voulut suivre son Empereur dans la mort, et ceux de grandes neurasthéniques telles que les filles de Freud — un univers entre les opérations kamikazes du Japon et l’autodestruction d’un zombie mélancolique dans sa cellule capitonnée.

Personnellement, je trouve la vie une chose beaucoup trop merveilleuse pour envisager d’y mettre un terme — mais je prétends préférer être écrasé par une Rolls que par un trente-six tonnes, et n’ai rien à redire au dandysme de certains suicides — Peut-être, au bout du compte, que les actrices X qui se tuèrent pour ne jamais vieillir (Karen Lancaume, Savannah — et je passe sur le cas de Laurence Ferrari, authentique descendante des Valois !) ont accompli la forme la plus élevée de mort volontaire… Mais bon : la vie est une fête, et les fêtes ne durent pas — raison de plus pour ne pas hâter le départ.
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

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Précédents commentaires sur ce péricope :

. The Iceberg Lection (emerged part) (2020)
. Intergalactic Overlord (2021)

Tuesday, December 14, 2021

Rituale Sigillum

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du septième mardi après Samhain et je rentre, en chantant, d'une Hud farabuleuse !

Il m'est revenu, tout à l'heure, < under the night-stars in the desert > (AL 1, 61), l'existence du mot "rambleur" — lequel désigne, en français, une lueur blanche dans le ciel nocturne.

Or, la Hud étant le plus élevé des rites, — < better than all things >, comme il est écrit (AL 1, 61), — et se pratiquant au milieu de la nuit, j'ai instantanément fait l'amalgame bouffon : 

"Midnight Rambleur !!!"

J'ai, par conséquent, regagné l'Abbaye en vociférant à tue-tête : 
Well, you heard about the Boston [Shlack !]
Honey, it's not one of those [Schlack !]
I'm talkin' 'bout the midnight [Schlack !]
The one that closed the bedroom door

I'm called the hit-and-run rape-her in anger
The knife-sharpened tippie-toe
Or just the shoot'em dead, brain bell jangler
The one you've never seen before
et prie qu'aucun des honnêtes Ramatuellois qui m'ont (nécessairement) entendu ne soit anglophone...

(NB : Je trouve génialement IRL troll que les Rolling Stones aient accepté de ne plus jouer Brown Sugar, — taxé de "racisme", alors que c'est une ode d'adoration éperdue à la beauté de la femme noire, — et jouent toujours Midnight Rambler, qui est une dandyfication, très Lacenaire, très Thomas de Quincey, du viol, du meurtre en série, et du fait de systématiquement troncher l'épouse de tout homme de loi ayant arrêté un criminel qui vous est sympathique.)

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Stellæ Rubæ sub figurâ LXVI, versets 13 à 16.

13. Next, the ritual of the Seal.

Commentaire : J'ai, l'année dernière, fait de ce verset une exégèse impeccablement orthodoxe, qui, dans le Sod, le sens secret, dont il est écrit qu'il fait jaillir les < ultimate sparks of the intimate fire > (AL 3, 67), a révélé ceci :
La marque de l'intelligence (intus legere : lire à l'intérieur) est la capacité à s'enrichir et s'émerveiller en contemplant < les choses à la vue desquelles un bobo, un sceptique, un matérialiste, se réfugie instantanément dans la certitude qu’il est atteint d’aliénation mentale > (je m'auto-paraphrase).

Ton degré de matérialisme est ton degré de stupidité.

Voilà pourquoi le rapport d'un homme à l'argent [qui est un Pentacle (un sceau) contractant (commandant à) la puissance de l'or, lequel est la Lumière Infinie (le Vide, Aïn) descendu jusque au stade minéral (le Tout, Pan)] révèle [réalise] tout du voltage d'âme de l'homme en question.

Vous voulez contrôler la Temporalité du Zéro, i.e. contrôler l'Unicité Incarnée, i.e. contrôler Pan, i.e. tout contrôler ? — Contrôlez l'or et la monnaie, son Pentacle.

Vous voulez contrôler l'or et son Pentacle ? — Contrôlez l'Hexagramme.

Theodor Herzl, au XIXème siècle, exposant son projet de confisquer (à la manière du Shabbat, ou de Noël par les chrétiens) le symbole de la Maguen David au seul profit du Judaïsme, n'a peut-être pas dit : < Next, the Ritual of the Seal >, mais il aurait dû.
Ne déduisez, de ces considérations, rien qui puisse compromettre votre santé physique, votre santé mentale ou votre compte Facebook — à moins que ce ne soit vraiment spectaculaire !

14. Next, the infernal adorations of OAI

Mu pa telai,
Tu wa melai
a, a, a.
Tu fu tulu !
Tu fu tulu
Pa, Sa, Ga.
Qwi Mu telai
Ya Pu melai;
u, u, u.
'Se gu malai;
Pe fu telai,
Fu tu lu.
O chi balae
Wa pa malae : —
Ut ! Ut ! Ut !
Ge ; fu latrai,
Le fu malai
Kut ! Hut ! Nut !
Al OAI
Rel moai
Ti—Ti—Ti !
Wa la pelai
Tu fu latai
Wi, Ni, Bi.


Commentaire : J'écrivais, de ce verset, il y a deux ans :
J'ai toujours trouvé aux Adorations infernales d'OAI (Stel, 14) quelque chose de brésilien. Il me prend, à les étudier, l'envie de boire une Caïpirinha et de sacrifier un coq noir.

Du coup, elles me renvoient à mes années quimbanda, et c'est délicieux. Elles sont pour moi porteuses de douce et lumineuse nostalgie, authentiquement automnale, sur fond de sourde et lente percussion rituelle d'un atabaque rum.

« Oh ! ces jours de jeunesse ! ces bien-aimés, ces chéris jours de jeunesse ! Gagnerais-je cent mille livres par an, je donnerais avec plaisir la moitié de mon revenu pour leur retour. » — Capitaine Edward Sellon (1818-1866)

Voyez ? C'est ça, l'Alchimie Permanente et la Malédiction du roi Midas : l'Incantation qui livre le vulgaire au plus traumatisant de ses cauchemars, cerné de créatures immondes, rend le prince aux rêves dorés de ses plus beaux jours, une Carioca sublime sur chaque genoux. Enfer adorable indeed.

Laroiê Exu !
De l'étude de ces Adorations, j'ai conclu, l'année dernière :
Le chrétien est invariablement une de < ces détestables parodies d’humanités, dont la définition de l’enfer est de se trouver seules avec elles-mêmes >, ai-je admirablement écrit jadis — Tout chrétien est un Mark Chapman, tout Mark Chapman est un chrétien.
(Je ne me rappelle jamais sans rire d'un untermensch ridicule, surnommé par moi "Coincoin" ou Walking Blowjob, qui, formé dans le sédévacantisme, avait imaginé devenir mon élève et avait, naturellement, été rejeté par moi, et qui, la première fois qu'il prit un psilo, fondit en larmes et s'écria : "Je veux être Sir Shumule !!!")

Eric Zemmour peut, à la rigueur, défendre le christianisme, parce qu'il n'est pas chrétien et ne risque donc, spirituellement, rien — mais il ne devrait pas s'encombrer de Philippe de Villiers, dont le fils Guillaume n'avait, en 1996, lorsqu'il étudiait à l'Institut Albert le Grand, en Anjou, pas d'autres sujets de conversation, une fois ivre, que les différentes manières dont il sodomisait son petit frère Laurent.

15. Also thou shalt excite the wheels with the five wounds and the five wounds.

Commentaire : J'écrivais, de ce verset, l'année dernière :
De manière générale : à quoi bon vivre avec tous les centres d'énergie en sommeil, i.e. sans la croix de l'hiérophante ? A quoi bon exister, si ce n'est pour faire un trou dans l'Univers (ou épouser la fille vierge du Vieux Roi Sinistre, si vous aimez mieux rester dans l'imagerie Atu XXI) ?
Nous avons vu récemment comme la croix hiérophanique symbolisait à la fois le processus initiatique et la hiérarchie, paradoxalement concentrique, du genre humain : le prince-prêtre, autour de qui est sa clerk-house (AL 3, 41), à l'extérieur de laquelle est la communauté thélémite, à l'extérieur de laquelle est la vieille lande grise, territoire des Trogs (LLL 3, 15 ; 17 ; 20 ; 45 ; LLL 5, 37 ; LLL 6, 9 ; 29 ; 36 ; Cordis 5, 61).

16. Then thou shalt excite the wheels with the two and the third in the midst ; even Saturn and Jupiter, Sun and Moon, Mars and Venus, and Mercury.

Commentaire : Ne parviennent au Salut que le yogi, le moine, ou celui qui a pris la bonne pilule.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

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Tuesday, October 26, 2021

Anaconda

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du cinquième mardi après l'équinoxe d'automne et j'ai eu, de nouveau, hier soir, l'occasion de mesurer à quel point le champagne me rend fleur bleue, au lieu que le Chivas me transforme en satyre écumant au dernier degré du rut et de la luxure. Peut-être a t-on eu raison de faire du champagne la boisson diplomatique.

Autrement, on m'a recommandé de visionner l'émission Face à la Rue, consacrée à Eric Zemmour.

J'ai tout d'abord été rebuté par les décors : comment prétendre à la magistrature suprême, après avoir été filmé dans un kolkhoze ukrainien appelé Drancy (!), historiquement et visuellement indissociable des idées de départ pour Auschwitz et d'horreur de l'Epuration ? 

Pourtant, j'ai été conquis : non seulement Eric a été très bon, — en mode diablotin, — genre djinn du désert surgi d'une lampe, — mais Jean-Marc Morandini ressemble chaque jour davantage à Paul Stanley (je guettais le moment de le voir brusquement sucrer le micro à ses invités pour entonner I Was Made For Loving You), ce qui conférait à l'ensemble une patine disco furieusement wizz — Or, à Drancy (!), il faut le faire !

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Trigrammaton sub figurâ XXVII, verset 2 à 5.



Now cometh the glory of the Single One, as an imperfection and stain. 

Commentaire : J'écrivais, l'an passé :
Quiconque tente de définir DIEU dit nécessairement : "L'origine invisible de tout ce qui est"  il dit donc : Hadit.

Au Commencement était le membre viril érigé. On pourrait aisément en conclure à la phallocratie et au patriarcat, s'il ne fallait que quelqu'un mette le membre viril dans cet état (est-ce à dire qu'au Commencement était Sofia Vergara ??? — mais je digresse.)
Evidemment, quiconque n'a pas vingt kilos de m... dans chaque œil a fait le lien entre le Trigramme qui est l'objet de ce verset et le Marteau des Dieux — mais pourquoi < like an imperfection and stain >, puisque Hadit affirme, précisément, I am perfect >, comme il est écrit (AL 2, 15) ?

Ma foi, Hadit est un serpent, — le serpent qui offre le fruit de la Connaissance, mais pour nous redonner le goût du Paradis,  et vous savez la charge freudienne des Ophidiens...

NB : Ça me rappelle certaine charmante "aventure d'un soir" — Je notais, dans mon Journal, en mai 2010 e.v. : 
Je me replie sur un bar qui semble être le haut-lieu de la bohème bordelaise, et j’y fais la connaissance d’une jolie rockeuse appelée Sylvie. Nous buvons des tequilas-paf, et je rougis d’apprendre que celle que je croyais une fan standard de Manu Chao est herpétologiste au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. Nous passons donc le reste de la soirée à parler mambas noirs, crotales, najas, vipères du Gabon, jusqu’à ce qu’ivre, je lui propose d’étudier mon anaconda… 
Je ne me rappelle plus le retour à l’hôtel. En revanche, ce qu’on dit des femmes spécialistes des reptiles est très juste, et la fixation phallique de Sylvie fait plaisir à voir.
Songez que c'était quatre ans avant le son le plus célèbre de Nicki Minaj ! J'étais si peu sérieux, en ce temps-là !

Quoi qu'il en soit, retenons que Stateira m'a dit : "Tu es 'un chat de Chester sadomasochiste', donc un fou (imperfection) et un kink (stain)", et que my anaconda don't want none unless you got buns, hun.



But by the Weak One the Mother was it equilibrated.

Commentaire : Cf. < If I droop down mine head, and shoot forth venom, then is rapture of the earth, and I and the earth are one > (AL 2, 26).



Also the purity was divided by Strength, the force of the Demiurge. 

Commentaire : J'écrivais, l'an passé
Le Quêteur ne comprend pas qu'il lui faille régulièrement ingérer de la nourriture solide en dépit de l'ardeur qu'il met au Grand Œuvre ; le Profane ne comprend pas que trois copieux repas par jour, un écran plat et deux voitures ne guérissent pas sa dépression: l'un nie que Hadit soit un serpent, l'autre nie que ce serpent ait des ailes.  
Application pratique : ayez des Ups-and-Downs, comme dirait le role model de ma jeunesse, Edward Sellon, mais ne soyez jamais peigne-zizi tiède genre millénial : < exceed, exceed >, en toute chose (AL 2, 71) : pour ce qui est de la beauté, du luxe, du calme et de la volupté, mieux vaut les avoir un moment que pas du tout : ça fait des souvenirs.



And the Cross was formulated in the Universe that as yet was not. 

Commentaire : Et nous redisonsZemmour s'est un peu péremptoirement associé à l'image de Croisée des Chemins. Mais ça shumulise son discours, et c'est donc sexy.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

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Précédent commentaire sur ce péricope : Notes sur le Liber Trigrammaton (2020)

Monday, March 1, 2021

Farabuleux amoraliste

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

J'ai reçu, cette nuit, d'Antonin Emogoth, un mail qui comportait, entre une foultitude d'autres choses, la proustienne indiscrétion suivante :
Sire, au cours des dix dernières années, on vous a surnommé successivement "le Roi des blogueurs", "Saint-Simon sous acide", "le Shah de Chester", "Roi barbare mérovingien parachuté dans l'occident judéo-chrétien démocratique et décadent", "Théropode à Monocle", "le Grand Masturbateur", etc. Mais vous ne nous avez jamais dit qui étaient vos vrais modèles. Aleister Crowley ? Raspoutine ? Nietzsche ?
Ni l'un, ni l'autre, ni le troisième — Les seuls personnages de l'histoire humaine — ou, du moins, de sa littérature — avec lesquels je me sente une "amitié stellaire" sont Pétrone, Edward Sellon et le docteur Hunter Thompson.

Notez que les trois se sont suicidés.

(Hunter a, techniquement, été abattu par la CIA : il s'est donc bel et bien suicidé en annonçant, à la télévision, son ouvrage sur le 11-septembre.)

Autrement, c'est aujourd'hui que l'Eglise Gnostique Catholique célèbre Marcus Valerius Martialis, de sainte mémoire — farabuleux amoraliste, virtuoso de l'Epigramme, parfait magicien ès-Lettres latines et satire cruelle.


Soit, en vrac, quelques traits du maître :
Le livre que tu lis en public est de moi, Fidentinus ; mais comme tu le lis mal, il commence à être de toi. (Epigrammes 1, 38)
Tu me demandes ce que me rapporte mon domaine de Nomentum, Linus ?
Il me rapporte ceci : je ne t’y vois pas, Linus.
(2, 38)
Tu ne donnes jamais lecture de tes vers et tu veux, Mamercus, passer pour poète.
Sois ce que tu veux, pourvu que tu ne donnes jamais lecture de tes vers.
(2, 88)
Tu ne te plains de personne, tu ne médis de personne, Apicius ;
la rumeur veut pourtant que ta langue soit malhonnête. [Apicius était un fellateur]
(3, 80)
Toutes les amies qu’a eues Lycoris, Fabianus,
elle les a mises au tombeau : puisse-t-elle devenir l’amie de ma femme !
(4, 24)
Pourquoi, Thaïs, dis-tu sans cesse que je suis trop vieux ?
Personne n’est vieux, Thaïs, pour se faire sucer.
(4, 50)
Tu n’as jamais rien vu, Matho, de plus pitoyable que le sodomite Sabellus,
alors qu’il n’y avait pas auparavant plus heureux que lui.
Vols, fuites et morts d’esclaves, incendies, deuils
l’accablent, et en plus le malheureux doit besogner des femmes.
(6, 33)
Pourquoi je ne t’envoie pas mes livres, Pontilianus ?
C’est pour que tu ne m’envoies pas les tiens, Pontilianus.
(7, 3)
Vous me demandez pourquoi je ne veux pas me marier
avec une femme riche ? Je ne veux pas être l’épouse de ma femme.
(8, 12)
Lesbia jure qu’on ne l’a jamais besognée gratuitement.
C’est vrai. Quand elle veut être besognée, elle paye.
(11, 62)
En une nuit je peux le faire quatre fois ; mais que je meure
si avec toi, Telesilla, je peux le faire une fois en quatre ans !
(11, 97)
Tu promets tout quand tu as passé la nuit à boire ;
mais le matin tu n’acquittes rien. Pollio, bois le matin !
(12, 2)

Amis chers, la Lecture de ce lundi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 2, versets 40 à 43.

40. The harper also laid aside his harp, and played infinite tunes upon the Pan-pipe.

Commentaire : De ce verset, le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) dit : < Transform [your thought] by looking at it as a necessary and important fact in the framework of the Universe >, ce qui nous renvoie à certaine anecdote familliale, narrée par moi à l'occasion de Cordis 1, 33.

41. Then the bird desired exceedingly this bliss, and laying down its wings became a faun of the forest.

Commentaire : De ce verset, le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) tire cette injonction : < Having instructed [men] till they are really complete and ready for true initiation, tell them Truth. >

C'est en ce sens qu'il disait aussi : "Quand un élève me demande de lui enseigner la Vérité, je commence par aller enseigner le calcul différentiel à un Bushman."

42. The harper also laid down his Pan-pipe, and with the human voice sang his infinite tunes.

Commentaire : Le malheur, la souffrance, proviennent d'une incompréhension de la trame générale des événements, de même que les partitions de chaque instrument d'un orchestre peuvent sembler effroyablement disparates à qui n'a pas procédé au déchiffrage de l'ensemble de l'œuvre (cf. scène de la composition du Requiem dans le film Amadeus : le sufferer [AL 1, 49] est Salieri, "Je ne comprends pas, je ne comprends pas...", à quoi Mozart répond : "Tout cela est en harmonie !!!") — Si l'on a foi en le Compositeur, on ne tarde pas à comprendre que ce qui nous arrive est pour le bien de nos oreilles (i.e. de notre Esprit) : on ne souffre plus.

43. Then the faun was enraptured, and followed far; at last the harper was silent, and the faun became Pan in the midst of the primal forest of Eternity.

Commentaire : D'aucuns soutiennent qu'après celle décrite par François Rabelais, de sainte mémoire, la plus impeccable Abbaye de Thélème fut la réunion des Sept Sages de la forêt de bambous, qui n'étaient pourtant pas, à proprement parler, Thélémites et ne vivaient pas, à proprement parler, dans une Abbaye.

Qui sait ?

Puissiez-vous aller, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Bonne journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 11° ♓︎ : ☽︎ in 12° ♎︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰ.

Wednesday, March 18, 2020

Liber 418, 7ème Aethyr


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Il est dit dans la Habibi de ce jour, soit LIBER XXX AERUM vel Saeculi sub figvra CCCCXVIII (7ème Aethyr) : < It is the Universal Peacock that I behold : C'est le Paon Universel que je contemple. > (VV 7, §9) Or, en vertu du divin principe d'exquise synchronicité (« Tout ce qui advient est un jeu de NUIT »), qui régente nos trajectoires en cette vallée de larmes de joie, GH le Zéniste demandait tout à l'heure :

« Pourquoi Sir Shumule, le Chāh de Chester, Théropode à Monocle et Roi des Lézards Tyrans, a t-il choisi le Paon comme symbole de sa doctrine ? »

Réponse :

L'orgueil du paon est la gloire de Dieu. – William Blake

Cher Ami Zen,

Il est écrit : < He that lives long & desires death much is ever the King among the Kings : Celui qui vit longtemps et désire beaucoup la mort est toujours le Roi parmi les Rois > (AL 2, 74), ce qui, en dernière analyse, implique, très bizarrement, non seulement que la puberté — le feu adolescent, la rage hormonale, quand on se br*** dix fois par jour, etc. — est le temps le plus propice à l'Initiation, mais que le seul moment qui présente un quelconque intérêt dans le cours de l'existence humaine est celui de la Jeunesse (i.e. avant trente-trois ans).

Ainsi que le disent mes role models fondamentaux :

« Nous mourons chaque jour : la fleur de la jeunesse compte peu de matins, comme la fleur des champs ; et les premiers à fuir sont nos premiers beaux ans. » — Pétrone
« Oh ! ces jours de jeunesse ! ces bien-aimés, ces chéris jours de jeunesse ! Gagnerais-je cent mille livres par an, je donnerais avec plaisir la moitié de mon revenu pour leur retour. » — Capitaine Edward Sellon

Pour moi, j'ai autrefois donné de ma jeunesse le résumé suivant :

Au cours des quinze dernières années, j’ai mené une existence d’aventurier dandy, impliquant une multitude de tampons sur mon passeport, de liaisons sans lendemain, de rixes sanglantes et de cellules de dégrisement. Il vous faudrait trois vies pour approcher ne serait-ce que le nombre de ragots qui me concernent... J’ai aussi contemplé un tas de choses bizarres, dans presque tous les cercles où se pratiquent les arts du mysticisme et de la magie – choses à la vue desquelles un bourgeois, un sceptique, un matérialiste, se fût instantanément réfugié dans la certitude qu’il était atteint d’aliénation mentale – Moi, simple hobereau glandeur, il ne m’est jamais venu à l’idée de douter de mes sens – résultat : j’ai pu m’édifier tout en m’émerveillant.

Pur produit de la Vieille France, c’est-à-dire jeune homme propre-sur-lui ayant appris très tôt que les enfants ne parlent pas à table, j’ai fréquenté plus de voleurs et d’assassins que si j’étais né cas social, et le lit de plus de femmes que si j’étais devenu hardeur – vocation que le cant familial contraria in extremis.

J’ai beaucoup voyagé. Les convictions religieuses, philosophiques ou politiques ne valent rien, qu’elles ne soient validées par l’expérience directe – sans compter qu’en fait de femmes, j’aime livrer étranger – Mais je me sens devenir sédentaire – A l’homme véritablement contemplatif, ne suffit-il pas de changer, de temps à autre, l’agencement de ses coussins ?

Or, c'est au cours des pérégrinations sus-décrites que j'ai fait, à Lalesh, dans le nord de l'Irak, la connaissance d'un vieux Cheikh Yézide qui m'a enseigné ce qui suit :

Lorsque, au sixième jour, DIEU a établi Adam maître du Jardin d'Eden, le paon a été le seul animal à refuser de se prosterner devant l'homme, arguant que l'« on n'adore que DIEU ». La proverbiale vanité du paon s'avère donc, en fait, marque d'une piété supérieure. Depuis, je ne me fie à l'attainment d'un homme que s'il est élégant, comme il est écrit : < Be goodly therefore, dress ye all in fine apparel : Donc soyez beaux, portez tous des tenues raffinées > (AL 1, 51).

Notez que le Yézidisme, plus ancienne religion du monde, affirme que le même paon est celui qui, sur l'Arbre, a enseigné la Magie à Eve – qu'il est donc HADIT, dont tous les Sages sont des avatars, ou des déguisements.

Notez aussi qu'en hébreu, paon se dit טווס, qui peut cabalistiquement se lire : « le Serpent (Teth ט veut dire Serpent) de la Sagesse (ו signe l'Atu V) et des Délices (ו signe le Taureau ♉️) qui confère l'Art Royal (ס signe l'Atu XIV)

Notez encore que טווס a pour valeur numérique 81, celle de אלים (« les dieux », cf. "avatars et déguisements" supra) et de אנכי, terme par lequel DIEU Se désigne Lui-même dans le Livre de l'Exode (23, 20) lorsque Il promet d'envoyer des Mages sur Terre.

Notez enfin que טווס est le notarikon de טית ושמים ונץ ספּר, "le livre du serpent et du ciel et du faucon" i.e. le Liber CCXX.

J'ai toujours considéré que le seul verset de la Torah où il soit question de paons < כִּי אֳנִי תַרְשִׁישׁ לַמֶּלֶךְ בַּיָּם, עִם אֳנִי חִירָם; אַחַת לְשָׁלֹשׁ שָׁנִים תָּבוֹא אֳנִי תַרְשִׁישׁ, נֹשְׂאֵת זָהָב וָכֶסֶף : De fait, le roi avait une flotte à destination de Tarsis, naviguant avec la flotte de Hiram, et qui revenait tous les trois ans avec une cargaison d'or et d'argent, d'ivoire, de singes et de paons > (Rois 1, 10, 22, repris dans Chroniques 2, 9, 21) impliquait, par le nom d'Hiram, – celui de l'Architecte du Temple, assassiné à Midi, c'est-à-dire à trente-trois ans, – un Enseignement secret relatif à l'Homme, et que cet Enseignement était que l'homme est nécessairement soit un singe, soit un avatar de l'ange-paon, comme il est écrit : < He that is righteous shall be righteous still; he that is filthy shall be filthy still. Yea! deem not of change: ye shall be as ye are, & not other. Therefore the kings of the earth shall be Kings for ever; the slaves shall serve. There is none that shall be cast down or lifted up: all is ever as it was : Celui qui est juste sera encore juste, celui qui est immonde sera encore immonde. Oui ! ne croyez pas changer: vous serez tels que vous êtes & non autrement. Par conséquent, les rois de la terre seront Rois pour toujours; les esclaves serviront. Nul ne sera déchu, ni élevé: tout est toujours ce qu'il fut. > (AL 2, 57-58)


Voilà, Ami cher. Je vous souhaite un heureux confinement, mais suis bien tranquille à votre sujet : nulle réclusion n'est assez claustrale pour un Maître de Zen !

Bénédictions endiablées.

Love is the law, love under will. 


ϣ. ☉︎ in 28° ♓︎ : ☽︎ in 25° ♑︎ : ☿︎ : Ⅴⅴ. Grande Fête de Jacobus Burgundus Molensis le Martyr, H' venge son sang.


Illustrations : Taus Melek, l'Ange Paon ; Jeune fille au Paon par Edmond Aman-Jean (image qu'"en vertu du divin principe d'exquise synchronicité", AJ nous a envoyé aujourd'hui, qu'il en soit remercié).