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Thursday, March 23, 2023

Moon & Spoon


À Steve Rubell.

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

Quatrième jour de la Saison Sainte, au cours duquel se médite traditionnellement le Mystère du Sentier de Qoph ק, dont la meilleure synthèse picturale jamais réalisée est, selon moi, – avec l'Atu XVIII du Tarot Inachevé FDK et celui du Tarot Thoth, – cette photographie de la descente du Moon & Spoon sur la piste du Studio 54 en 1979 :
D'où, par analogie, le shumulisme runique fondamental :
Hagalaz  est la boule à facettes d'une soirée disco hyper réussie. 
Que Donna Summer vous garde, Amis chers, aujourd'hui et toujours !

La Lecture de ce jeudi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 3, versets 55 à 58 dont j'ai, l'année dernière, introduit, – tel quelque énorme bélier turgide, manié par de vigoureux soudards, s'énervant sur une cathédrale béante, – dont j'ai, dis-je, introduit l'Etude par ces Considérations Essentielles :
Zen et radieux dans la lumière dorée de ce quatrième matin de Saison Sainte, après une heureuse nuit blanche, toute de clameurs et de pâmoisons, je savoure le premier Looping-Papaye de la journée.

Ah ! ce premier Looping-Papaye !...

Nul breuvage n'est plus capiteux. Sauf peut-être le deuxième. Puis celui d'après. Puis le huitième. Celui-ci est clairement incomparable. A partir de là, on ne peut plus réellement établir de classement en parfaite sûreté de conscience, mais ça reste très bien. (Blue Allure)
Au Texte ! 

55. This is the world of the waters of Maim ; this is the bitter water that becometh sweet. Thou art beautiful and bitter, O golden one, O my Lord Adonai, O thou Abyss of Sapphire !

Commentaire 2022 e.v. : La Présence divine est beautiful and bitter, comme les filles hispaniques, qui sont toujours extérieurement très canon et intérieurement très salées au goût.

(NB : Rosalia doit être salée, mais d'une force !!!)

Le verset confirme, en tout cas, le shumulisme essentiel :
L'Image la plus exacte que l'on puisse se faire de DIEU est le regard d'une femme sincèrement amoureuse.
Quoi de plus beautiful and bitter, en effet ? (et comme j'admire Gaston Bussière d'avoir réussi à saisir aussi précisément la chose sur son Yseult la Blonde !)

Bien sûr, les femmes amoureuses sont collantes. Surtout si elles sont hispaniques. Et alors ? N'est-il pas écrit < I turned me about thrice in every way, and always I came at the last unto Thee > (Cordis 3, 31), qui rappelle la confession finale de Ryno de Marigny dans Une vieille maîtresse ?

Elle sont violentes, également. Et alors ? Il est écrit < Whom I love I chastise with many rods > (A'ash, 27), ce qui revient, selon vos références, au "Car tu ne dois pas te courber devant une divinité étrangère, parce que l'Éternel a nom JALOUX, c'est un Dieu jaloux" du livre de l'Exode, ou au "Si je t'aime, prends garde à toi" du livret de Carmen (et Whom I love I chastise with many rods doit être particulièrement sexy, dit par Julia Migenes !)

Bref ! Il est écrit < I am Life, and the giver of Life, yet therefore is the knowledge of me the knowledge of death > (AL 2, 6), et quiconque fréquente une Espagnole sincèrement amoureuse termine, en effet, soit avec huit enfants, soit avec un couteau entre les omoplates.

(Notez que l'image d'un Abîme de Saphir est merveilleusement raccord à l'Atu XVIII, qui signe le quatrième jour de la Saison Sainte, et qu'Abyss of Sapphire a l'air d'être le nom de quelque splendide création de haute joaillerie – Pour moi, j'ai, depuis longtemps, donné à l'Atu XVIII le titre officieux Blue Allure, qui sonne furieusement gemmologique aussi, et résume intégralement le Sentier de Qoph.)

Commentaire 2023 e.v.This is the world of the waters of Maim ; this is the bitter water that becometh sweet : Notre sublime Dame Nuit ne vous fait faire naufrage que pour vous voir dégringoler, de chutes d'eau en chutes d'eau, jusqu'à une caverne obscure qui se trouve être peuplée d’une multitude de petites lucioles dont les photophones vont vous révéler la présence d'un fabuleux trésor.

56. I follow Thee, and the waters of Death fight strenuously against me. I pass unto the Waters beyond Death and beyond Life.

Commentaire 2022 e.v. : Me rappelle mon dernier trip à la phéncyclidine, en 2016. (J'avais décidé de me faire une session de PCP en hommage à la prestation de Gina Carano dans le rôle d'Angel Dust, mais, amis, don't try it at home ! Autant je recommande tout ce qui contient du Gina Carano, autant je déconseille tout ce qui contient de la phéncyclidine : on ne sait jamais où on atterrit – si jamais on atterrit...)

Commentaire 2023 e.v.I pass unto the Waters beyond Death and beyond Life : L'Art de la Libération

De même que les guerriers morts, les échecs doivent être incinérés, non embaumés, ni enterrés.

Mettez le feu à vos défaites, vos déceptions, vos découragements, et réduisez-les en cendres  je veux dire : tous ! 

Pas seulement ceux de l'année dernière ! 

Cessez de les voir comme de précieux trésors que vous auriez l'obligation de sempiternellement trimballer avec vous !

57. How shall I answer the foolish man ? In no way shall he come to the Identity of Thee !

Commentaire 2022 e.v. : Sigmund Freud, "ramassant les miettes de sagesse magique tombées de la table des adeptes", comme dit Sir Aleister, avait compris que le langage n'a été donné aux Trogs que pour trahir leur pensée, et nous permettre ainsi d'entomologiquement les étudier.

Ce fait n'a jamais été mieux illustré que lors d'un pot magistralement remporté par moi lors de notre poker-marathon d'août 2009 e.v. à Divonne les Bains :
Sixième soir : ma partie la plus difficile. Non pas techniquement, puisque les différentes mains que j’ai jouées n’offraient aucun problème stratégique, mais bien du fait d’un replet suffisant, et con comme un ténor, qui avait ce soir-là une baraka totale.

Je me suis retrouvé, à l’avant-dernière donne, tête-à-tête avec ce cuistre, qui était parfaitement invincible depuis six heures, et chip-leader comme on ne peut pas l’être.

J’avais A-Q assortis, et le tableau Q-10-8-9 rainbow, s’il me donnait la top-paire avec le meilleur kicker possible, me laissait perdant, quelle que soit la rivière, dans le cas, probable selon moi, où cette adipeuse andouille était entrée avec un valet.

Il relance violemment. J’hésite, et choisis (fallait-il que je fusse au tilt !!!) de le suivre.

Là-dessus arrive un Irish-Coffee, commandé par le gros-lard sur ma suggestion.

- Oumphhhh !!! s’exclame t-il, c’est superbon !!!!

- N’est-ce pas ? souris-je, l’œil rivé sur les mains de la croupière.

Rivière : 3 de pique.

Il pousse directement son tapis.

Je réfléchis, et lui lance en riant :

- Tu as une bonne main, ou pas ?
Il me répond : « superbonne ! » (c’était son mot, ce soir-là :)), avec énormément de conviction.

Seulement voilà, on ne la fait pas au vieux Shumule : l’intonation qu’il avait eue en saluant l’Irish-coffee (intonation sincère) n’avait rien à voir avec celle qu’il avait eu en parlant de sa main. De l’inconvénient d’avoir un vocabulaire restreint : j’ai su immédiatement qu’il était en bluff.

- Payé.

Et l’ex-chip-leader de blêmir, et de me montrer un piteux A-K, main célèbre mais, en l’occurrence, laminée par ma paire de dames. (À Outrance : Les Sept jours de Divonne)

Commentaire 2023 e.v.Mettons que vous m'appeliez ce soir pour demander mon éclairage sur un point très précis de la Réforme des Retraites. 

Je vous féliciterais pour votre curiosité intellectuelle, et déplorerais avec vous tout ce que le gauleiter Young Leader Emmanuel Macron a pu faire depuis que les USA l'ont nommé en zone France. 

Mais je vous ferais également remarquer qu'étant un hobereau de la vieille roche, à l'ascendance éthylique maximale et au taux de consanguinité suspect, je suis ataviquement incapable d'éprouver le moindre intérêt pour une affaire de ce genre.

Vous comprenez ? Il est essentiel de chercher ce qui vous fait défaut auprès de quelqu'un qui puisse vous le fournir. Creusez au bon endroit.

58. But I am the Fool that heedeth not the Play of the Magician. Me doth the Woman of the Mysteries instruct in vain ; I have burst the bonds of Love and of Power and of Worship.

Commentaire 2022 e.v. : Le Maître Therion, Sir Aleister Crowley, donne, de ce verset, le Remez suivant :
The Adept identifies himself with this Pure Fool. He is indifferent to the Illusion of Phenomenal existence caused by the Magician (Atu I, Beth).
The woman of the Mysteries (Atu II, Gimel) does not spoil his purity with her phantastic reflections of Truth.
He is no more at the mercy of the “The Empress” (Atu III, Daleth), “The Emperor” (Atu IV, Tzaddi) and the “The Hierophant” (Atu V, Vau).
That is, neither the subtle distinctions (I, II) of Truth nor their gross images (III, IV, V) injure his perfection of Zero.
Je dis moi : 

Atu I. Notre frère Rodney Orpheus rapporte, dans son Beginner's Guide to Thelemic Magick, que, s'étant essayé au trait d'orthodoxie thélémite optimale qui consiste à saluer systématiquement autrui par "Do what thou wilt shall be the whole of the Law", et à prendre congé en disant "Love is the law, love under will", il fut surpris de constater que cela ne le faisait pas du tout considérer comme un weirdo par les gens qu'il rencontrait, mais permettait, au contraire, d'avoir des conversations passionnantes avec de parfaits inconnus.

C'est une des innombrables applications anecdotiques du Principe mercurien du Bateleur : Depuis notre arrivée sur Terre, nous sommes des jouets entre les mains du Grand Magicien – Tout n'est qu'illusion – Nos combats, nos amours, nos malheurs : illusions !... Dans le but de nous amener à transgresser, par le lâcher-prise, la loi éternelle de la mue, c'est-à-dire de la mort, trouvant le courage de braver notre destin et d'abandonner, de nous-mêmes, l'exuvie périmée, – de tuer le vieil homme, – afin que, tel le Soleil de Yule renaissant, en Phénix, de ses cendres, nous ayons accès à une vie nouvelle – Il n'est de progrès que de suicide initiatique.

Atu II. La vierge emmurée dans les fondations du château de Virgoberg se lamente toutes les nuits de pleine lune, mais quiconque ne demeure pas dans la contemplation de ce Mystère, et veut posséder charnellement la jeune fille, est un Trog, c'est-à-dire un golem excrémentiel. – Arcane fondamental, superbement mis en images par le très prodigieux Milo Manara dans son Dies Irae, mais que l'on retrouve, invariable, dans toutes les mythologies, et (bien sûr) jusque dans la "Querelle du Haricot Sauteur" qui divisa les Surréalistes.

Atu V. DIEU est dans le "coup de manivelle à la Neschamah" que donne l'Enseignement de mon Maître, non dans la succession de notions théoriques ou les tournures de phrases que contient l'Enseignement en question.

Atu IV. Le roi est le Principe d'Unicité dans le Ponctuel (comme le Soleil l'est dans l'Ensemble, et DIEU dans le Tout) – le troisième 6 du Nombre de la Bête : c'est ce Principe que je révère en la personne du souverain, non la personne du souverain elle-même.

Atu III. Enfin, ne craignons pas de nous redire : l'Image la plus exacte que l'on puisse se faire de DIEU est le regard d'une femme sincèrement amoureuse, non la femme sincèrement amoureuse elle-même.

Commentaire 2023 e.v. : Notez que Beth (2) + Gimel (3) + Daleth (4) + Tzaddi (90) + Vav (6) = 105, qui est la Valeur Secrète de 14, qui est la valeur numérique de < Had >, premier mot du Livre de la Loi.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

☉︎ in 2° ♈︎ : ☽︎ in 24° ♈︎ : ♃︎ : Ⅴⅰⅹ.






Précédents commentaires sur ce péricope : 

. Blue Allure (2022)

Monday, April 4, 2022

Leptopoecile Sophiæ

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du Seizième jour de la Saison Sainte et je barbote dans la rémanence d'un rêve où, après toute une série d'aventures angoissantes, je me retrouvais à parler Doctrine avec Donald Trump à Mar-a-Lago. Très bel endroit, et Melania est cool.

Mais assez lambiné ! Au programme aujourd'hui : Petit-déj’, sexe, farniente, et dolce vita : j'ai du pain sur la planche !

Amis chers, la Lecture de ce lundi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 4, versets 22 à 25.

22. Yea, O my master, thou art the beloved of the Beloved One ; the Bennu Bird is set up in Philæ not in vain.

Commentaire : J'ai rêvé, samedi matin, d'une paruline à sourcils blancs (Leptopoecile sophiae), dont on sait l'heureux augure à tous les plans et l'importance dans mon imagerie personnelle.

Mais, l'année dernière, c'était très différent :
Ce verset me met a priori en joie, parce qu'en hébreu, beloved se dit דוד, David, et que j'ai dernièrement rêvé d'un héron cendré, volatile par lequel se représente, traditionnellement, l'oiseau Bénou.

Bien l'occasion de redire notre arbritude : l'homme n'est qu'intermédiaire, connexion, conduit : obéissez perinde ac cadaver aux Oracles et aux Songes.

Pour ce qui est, en revanche, des convictions de type "le doigt majestueux du destin s'est posé sur moi", etc. c'est l'inverse : toujours les rejeter par principe : s'il faut que vous deveniez maître du monde, mashia'h ou intergalactic overlord, la chose se fera, elle n'a pas besoin que vous "l'entreteniez" en surcompensant bruyamment vos blessures psycho-affectives personnelles.

La plupart des gens ratent lamentablement leur vie parce qu'ils font le contraire : il distordent, par ratiocination, l'Oracle qui exige d'eux un effort, afin d'être dispensés de ce dernier (et, du coup, loupent le coche), ou se cramponnent comme des noyés au personnage hystériquement virtuel que, pour mettre un baume sur leurs trauma d'enfance, ils se sont projeté d'eux-mêmes (cas des Marc Chapman, des Iznogoud et de tout homme de moins d'1m78 — qu'il ne sert à rien de sermonner sur l'air de "ton comportement crétin oblitère tes qualités réelles" puisque, ne supportant pas ce qu'ils sont, ils haïssent par dessus tout les qualités réelles en question.) (Intergalactic Overlord)
23. I who was the priestess of Ahathoor rejoice in your love. Arise, O Nile-God, and devour the holy place of the Cow of Heaven. Let the milk of the stars be drunk up by Sebek the dweller of Nile !

Commentaire : C'est très probablement dû au sens figuré du mot Cow, mais ce verset me rappelle systématiquement le lulzy fait divers du Thot-patrolling crocodile.

24. Arise, O serpent Apep, Thou art Adonai the beloved one ! Thou art my darling and my lord, and Thy poison is sweeter than the kisses of Isis the mother of the Gods !

Commentaire : Je me suis rendu compte, l'année dernière, que :
אדני nous dit : Le Héros (א), par l'Amour (ד), détruit son personnage hystérique (נ) et accède à son identité véritable (י). (Intergalactic Overlord)
Or l'identité véritable de tout homme est Hadit, comme il est écrit : < I am the flame that burns in every heart of man > (AL 2, 6), et Hadit nous met en garde : < me connaître, c'est connaître la mort. > (Id.)

Ce qui nous renvoie à certaine conversation eue par moi lors de la Synaxe.

Nous recevions, samedi, un garçon coiffé au carré avec une raie au milieu, — tout à fait du genre à aller s'asseoir, l'air pénétré, sous un arbre, pour y consigner des pensées philosophiques dans un cahier, dont on découvre ensuite qu'elles se résument à "j'aime bien les tortues", — et qui m'a interrogé sur les interdits relatifs à la mort dans Thelema (cf. AL 2, 73).

Je lui ai répondu : En présence d'un serial killer désireux de t'intégrer à son palmarès, ta Nephesh crie "Pitié, non, ne me tuez pas tout de suite !", alors que ta Ruach dit : "Allez-y, mon vieux, cette connerie d'existence n'a que trop duré..." — Mais, pendant ce temps, ta Neshamah ne cesse de répéter : "La vie est une rivière d'ambroisie que l'on descend à bord d'un bateau de nacre." (cf. Cor 1, 39, vide We may rejoice exceedingly) — C'est tout le drame de la condition humaine.

25. For Thou art He ! Yea, Thou shalt swallow up Asi and Asar, and the children of Ptah. Thou shalt pour forth a flood of poison to destroy the works of the Magician. Only the Destroyer shall devour Thee ; Thou shalt blacken his throat, wherein his spirit abideth. Ah, serpent Apep, but I love Thee !

Commentaire : Le premier texte que j'ai publié sur le Mystère d'Apophis remonte à octobre 2009 (J'étais si peu sérieux en ce temps-là !) — On y lisait notamment :
Camus disait que, de toutes les questions philosophiques, le suicide était la seule qui présentât un intérêt. Fourier disait la même chose de la question juive. Mais je traite assez souvent la question juive, et crois n’avoir jamais songé au suicide — il est très agaçant d’imaginer que Camus puisse, de sa demeure dernière, considérer ce que j’écris comme inintéressant, même si c'est, en l’occurrence, également ce que je pense de son œuvre — Traitons donc du suicide.

Ça ne sera pas facile. Je suis peut-être la personne la moins funèbre du monde. Mais enfin, la vie est mortelle, et je ne veux pas croiser Camus dans l’Au-delà sans pouvoir lui dire : "Alors Albert ?... Avec ton prénom de chauffeur… Hein ?... Et là ?... Pas calmé ?..." [...]

Le scorpion est le seul animal à se suicider lorsqu’il est entouré de flammes. C’est un assez bel enseignement. Que l’on soit monarque (Cléopâtre, Néron, Louis II de Bavière), écrivain (Pétrone, Sénèque, Lucain, Nerval, Chatterton, Drieu la Rochelle, Mishima, Hunter S. Thompson), artiste (Van Gogh, Patrick Dewaere, Ian Curtis), cuisinier (Vatel, Loiseau), voire aventurier (Edward Sellon), le suicide est toujours admirable, parce qu’il consiste à rester, envers et contre tout, maître de son destin.

Les Japonais, qui l’élevèrent au rang d’un art, répertorient une vingtaine de types de morts volontaires, et presque autant de façon honorables de se l’infliger. Car ce geste, qui se suffit à lui-même, tire son plus ou moins de grandeur de sa cause et de son mode d’exécution. Il y a un univers entre le suicide du général Nogi, vainqueur de Port-Arthur, qui voulut suivre son Empereur dans la mort, et ceux de grandes neurasthéniques telles que les filles de Freud — un univers entre les opérations kamikazes du Japon et l’autodestruction d’un zombie mélancolique dans sa cellule capitonnée.

Personnellement, je trouve la vie une chose beaucoup trop merveilleuse pour envisager d’y mettre un terme — mais je prétends préférer être écrasé par une Rolls que par un trente-six tonnes, et n’ai rien à redire au dandysme de certains suicides — Peut-être, au bout du compte, que les actrices X qui se tuèrent pour ne jamais vieillir (Karen Lancaume, Savannah — et je passe sur le cas de Laurence Ferrari, authentique descendante des Valois !) ont accompli la forme la plus élevée de mort volontaire… Mais bon : la vie est une fête, et les fêtes ne durent pas — raison de plus pour ne pas hâter le départ.
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 14° ♈︎ : ☽︎ in 19° ♉︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.





Précédents commentaires sur ce péricope :

. The Iceberg Lection (emerged part) (2020)
. Intergalactic Overlord (2021)

Wednesday, March 23, 2022

Blue Allure

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

Zen et radieux dans la lumière dorée de ce quatrième matin de Saison Sainte, après une heureuse nuit blanche, toute de clameurs et de pâmoisons, je savoure le premier Looping-Papaye de la journée.

Ah ! ce premier Looping-Papaye !...

Nul breuvage n'est plus capiteux. Sauf peut-être le deuxième. Puis celui d'après. Puis le huitième. Celui-ci est clairement incomparable. A partir de là, on ne peut plus réellement établir de classement en parfaite sûreté de conscience, mais ça reste très bien.

Amis chers, la Lecture de ce mercredi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 3, versets 55 à 58.

55. This is the world of the waters of Maim ; this is the bitter water that becometh sweet. Thou art beautiful and bitter, O golden one, O my Lord Adonai, O thou Abyss of Sapphire !

Commentaire : La Présence divine est beautiful and bitter, comme les filles hispaniques, qui sont toujours extérieurement très canon et intérieurement très salées au goût.

(NB : Rosalia doit être salée, mais d'une force !!!)

Le verset confirme, en tout cas, le shumulisme essentiel :
L'Image la plus exacte que l'on puisse se faire de DIEU est le regard d'une femme sincèrement amoureuse.
Quoi de plus beautiful and bitter, en effet ? (et comme j'admire Gaston Bussière d'avoir réussi à saisir aussi précisément la chose sur son Yseult la Blonde !)

Bien sûr, les femmes amoureuses sont collantes. Surtout si elles sont hispaniques. Et alors ? N'est-il pas écrit < I turned me about thrice in every way, and always I came at the last unto Thee > (Cordis 3, 31), qui rappelle la confession finale de Ryno de Marigny dans Une vieille maîtresse ?

Elle sont violentes, également. Et alors ? Il est écrit < Whom I love I chastise with many rods > (A'ash, 27), ce qui revient, selon vos références, au "Car tu ne dois pas te courber devant une divinité étrangère, parce que l'Éternel a nom JALOUX, c'est un Dieu jaloux" du livre de l'Exode, ou au "Si je t'aime, prends garde à toi" du livret de Carmen (et Whom I love I chastise with many rods doit être particulièrement sexy, dit par Julia Migenes !)

Bref ! Il est écrit < I am Life, and the giver of Life, yet therefore is the knowledge of me the knowledge of death > (AL 2, 6), et quiconque fréquente une Espagnole sincèrement amoureuse termine, en effet, soit avec huit enfants, soit avec un couteau entre les omoplates.

(Notez que l'image d'un Abîme de Saphir est merveilleusement raccord à l'Atu XVIII, qui signe le quatrième jour de la Saison Sainte, et qu'Abyss of Sapphire a l'air d'être le nom de quelque splendide création de haute joaillerie – Pour moi, j'ai, depuis longtemps, donné à l'Atu XVIII le titre officieux Blue Allure, qui sonne furieusement gemmologique aussi, et résume intégralement le Sentier de Qoph.)

56. I follow Thee, and the waters of Death fight strenuously against me. I pass unto the Waters beyond Death and beyond Life.

Commentaire : Me rappelle mon dernier trip à la phéncyclidine, en 2016. (J'avais décidé de me faire une session de PCP en hommage à la prestation de Gina Carano dans le rôle d'Angel Dust, mais, amis, don't try it at home ! Autant je recommande tout ce qui contient du Gina Carano, autant je déconseille tout ce qui contient de la phéncyclidine : on ne sait jamais où on atterrit – si jamais on atterrit...)

57. How shall I answer the foolish man ? In no way shall he come to the Identity of Thee !

Commentaire : Sigmund Freud, "ramassant les miettes de sagesse magique tombées de la table des adeptes", comme dit Sir Aleister, avait compris que le langage n'a été donné aux Trogs que pour trahir leur pensée, et nous permettre ainsi d'entomologiquement les étudier.

Ce fait n'a jamais été mieux illustré que lors d'un pot magistralement remporté par moi lors de notre poker-marathon d'août 2009 e.v. à Divonne les Bains :
Sixième soir : ma partie la plus difficile. Non pas techniquement, puisque les différentes mains que j’ai jouées n’offraient aucun problème stratégique, mais bien du fait d’un replet suffisant, et con comme un ténor, qui avait ce soir-là une baraka totale.

Je me suis retrouvé, à l’avant-dernière donne, tête-à-tête avec ce cuistre, qui était parfaitement invincible depuis six heures, et chip-leader comme on ne peut pas l’être.

J’avais A-Q assortis, et le tableau Q-10-8-9 rainbow, s’il me donnait la top-paire avec le meilleur kicker possible, me laissait perdant, quelle que soit la rivière, dans le cas, probable selon moi, où cette adipeuse andouille était entrée avec un valet.

Il relance violemment. J’hésite, et choisis (fallait-il que je fusse au tilt !!!) de le suivre.

Là-dessus arrive un Irish-Coffee, commandé par le gros-lard sur ma suggestion.

- Oumphhhh !!! s’exclame t-il, c’est superbon !!!!

- N’est-ce pas ? souris-je, l’œil rivé sur les mains de la croupière.

Rivière : 3 de pique.

Il pousse directement son tapis.

Je réfléchis, et lui lance en riant :

- Tu as une bonne main, ou pas ?
Il me répond : « superbonne ! » (c’était son mot, ce soir-là :)), avec énormément de conviction.

Seulement voilà, on ne la fait pas au vieux Shumule : l’intonation qu’il avait eue en saluant l’Irish-coffee (intonation sincère) n’avait rien à voir avec celle qu’il avait eu en parlant de sa main. De l’inconvénient d’avoir un vocabulaire restreint : j’ai su immédiatement qu’il était en bluff.

- Payé.

Et l’ex-chip-leader de blêmir, et de me montrer un piteux A-K, main célèbre mais, en l’occurrence, laminée par ma paire de dames.
58. But I am the Fool that heedeth not the Play of the Magician. Me doth the Woman of the Mysteries instruct in vain ; I have burst the bonds of Love and of Power and of Worship.

Commentaire : Le Maître Therion, Sir Aleister Crowley, donne, de ce verset, le Remez suivant :
The Adept identifies himself with this Pure Fool. He is indifferent to the Illusion of Phenomenal existence caused by the Magician (Atu I, Beth).
The woman of the Mysteries (Atu II, Gimel) does not spoil his purity with her phantastic reflections of Truth.
He is no more at the mercy of the “The Empress” (Atu III, Daleth), “The Emperor” (Atu IV, Tzaddi) and the “The Hierophant” (Atu V, Vau).
That is, neither the subtle distinctions (I, II) of Truth nor their gross images (III, IV, V) injure his perfection of Zero.
Je dis moi : 

1. Notre frère Rodney Orpheus rapporte, dans son Beginner's Guide to Thelemic Magick, que, s'étant essayé au trait d'orthodoxie thélémite optimale qui consiste à saluer systématiquement autrui par "Do what thou wilt shall be the whole of the Law", et à prendre congé en disant "Love is the law, love under will", il fut surpris de constater que cela ne le faisait pas du tout considérer comme un weirdo par les gens qu'il rencontrait, mais permettait, au contraire, d'avoir des conversations passionnantes avec de parfaits inconnus.

C'est une des innombrables applications anecdotiques du Principe mercurien du Bateleur : Depuis notre arrivée sur Terre, nous sommes des jouets entre les mains du Grand Magicien – Tout n'est qu'illusion – Nos combats, nos amours, nos malheurs : illusions !... Dans le but de nous amener à transgresser, par le lâcher-prise, la loi éternelle de la mue, c'est-à-dire de la mort, trouvant le courage de braver notre destin et d'abandonner, de nous-mêmes, l'exuvie périmée, – de tuer le vieil homme, – afin que, tel le Soleil de Yule renaissant, en Phénix, de ses cendres, nous ayons accès à une vie nouvelle – Il n'est de progrès que de suicide initiatique.

2. La vierge emmurée dans les fondations du château de Virgoberg se lamente toutes les nuits de pleine lune, mais quiconque ne demeure pas dans la contemplation de ce Mystère, et veut posséder charnellement la jeune fille, est un Trog, c'est-à-dire un golem excrémentiel. – Arcane fondamental, superbement mis en images par le très prodigieux Milo Manara dans son Dies Irae, mais que l'on retrouve, invariable, dans toutes les mythologies, et (bien sûr) jusque dans la "Querelle du Haricot Sauteur" qui divisa les Surréalistes.

3a. DIEU est dans le "coup de manivelle à la Neschamah" que donne l'Enseignement de mon Maître, non dans la succession de notions théoriques ou les tournures de phrases que contient l'Enseignement en question.

3b. Le roi est le Principe d'Unicité dans le Ponctuel (comme le Soleil l'est dans l'Ensemble, et DIEU dans le Tout) – le troisième 6 du Nombre de la Bête : c'est ce Principe que je révère en la personne du souverain, non la personne du souverain elle-même.

3c. Enfin, ne craignons pas de nous redire : l'Image la plus exacte que l'on puisse se faire de DIEU est le regard d'une femme sincèrement amoureuse, non la femme sincèrement amoureuse elle-même.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 2° ♈︎ : ☽︎ in 10° ♐︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.






Précédent commentaire sur ce péricope : Holy Season XVIII : Charbons blanc-bleu & diamants noirs (2020)

Thursday, January 14, 2021

Le canard mandarin est le fondement du monde

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

Un de mes élèves, qui se veut "de droite dure" (c'est Freud qui serait content), s'apprête à lancer un podcast traitant exclusivement de sujets "sociétaux et politiques" (ce qui déjà, en soi, est gay — gay de nuance "je ne suis pas immature", s'entend, mais surtout gay) et m'a interrogé sur "l'angle" à donner à la chose.

Je lui ai dit : "Pour devenir célèbre, aujourd'hui, dans la, hem, "droite dure", il te suffit de ne pas oublier qu'il y avait, à Versailles, sous Louis XIV, des gens qui évoquaient avec nostalgie la splendeur des Valois.

"Tout changement d'Æon entraîne un changement de norme sociale, qui entraîne un sentiment de perte totale de repères et, chez les gens du peuple, déjà lourdement grégaires, une aspiration fervente au "standard" du troupeau.

"Il est, dès lors, facile de passer pour un brillant analyste en décrivant simplement, méticuleusement, la situation et en montrant, avec agressivité, "bon sens" et ironie, en quoi elle tranche sur l'Amérique des années 50 — L'astuce est, bien sûr, de ne jamais révéler à ton auditoire que, dans le cours de l'histoire humaine, l'aberration culturelle intégrale, — née d'une situation politico-économique délirante, 100% artificielle, donc transitoire et, par définition, impossible à reproduire, — est, précisément, l'Amérique des années 50.

"Ne parle ni d'âge d'or immémorial, ni de lendemains qui chantent : parle de gens ordinaires comme si ordinaire était un compliment — c'est-à-dire de tout ce qui sonne Æon d'Osiris : autorité paternelle (Asar), femmes soumises (Isis) et "diables" (Set) à qui attribuer la disparition de l'autorité paternelle et de la soumission des femmes (au choix: gauchistes, francs-maçons, féministes, juifs, illuminati, reptiliens, que sais-je ?) : je te promets, au nom d'Ann Coulter, un auditoire docile (les gens voudront te croire) et que tu atteindras sans effort (encore une fois: contente-toi de décrire la situation, avec humour, culture livresque mais fermeté burnée, épais bon sens nord-américain et recours systématique aux mèmes internet qui, par nature, sont sécurisants), tu atteindras, dis-je, à la renommée de Rush Limbaugh !"

Amis chers, la Lecture de ce jeudi est Liber A’ash vel Capricorni Pneumatici sub figurâ CCCLXX, versets 21 à 24.

21. These animals are sacred unto me; the goat, and the duck, and the ass, and the gazelle, the man, the woman and the child.

Commentaire : De ce verset, Achad a dit :
duck (canard) : je ne sais pas pourquoi, à moins qu'il ne s'agisse d'une symbologie liée à ses œufs.
A quoi le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) a répondu qu'il ne le savait pas non plus.

Mon bien-aimé Maître, le vicomte de C., nous a dit un jour : < L'allusion, dans ce verset, est à l'aix galericulata, le canard mandarin > – mais comme il n'a pas développé davantage, sa parole m'est, dans un premier temps, sortie de l'esprit : ce n'est qu'après sa mort, en 2010 e.v., que j'ai tâché d'en percer le sens.

Le canard mandarin est, par dessus tout, un idéal d'harmonie conjugale – Le mâle et la femelle sont toujours attentifs l'un à l'autre, toujours gentils et doux dans leurs manières, jamais ni bruyants ni querelleurs, mais invariablement calmes et paisibles.

Ils forment le modèle ultime d'abolition du binaire : merveilleusement beaux, totalement imperturbables dans les difficultés, ils restent ensemble (étant une espèce hivernale) quand tous les autres volatiles ont migré et demeurent l'un près de l'autre quel que soit le climat.

Parmi les animaux sacrés, qui, étant sept, correspondent aux étapes du Pilier du Milieu, il est donc parfaitement normal que le canard mandarin soit Yesod.

(NB : Bouc = Malkuth, le pouvoir temporel, la matière, le Capricorne, etc. ; Canard = Yesod, donc, pour les raisons exposées ci-dessus ; Âne = première marche, le tragique de l'existence, aussi : l'obstination à suivre la voie verticale à la croisée des chemins ; Gazelle : Tipheret, le principe solaire auquel le lion s'alimente ; Homme = deuxième marche, la pomme d'Adam ; Femme = troisième marche, intersection des Sentiers de Daleth, Vénus, et de Gimel, la Lune ; Enfant = Kether, évidemment, la couronne de Heru-Ra-Ha et la fontanelle ouverte.)

22. All corpses are sacred unto me; they shall not be touched save in mine eucharist. All lonely places are sacred unto me; where one man gathereth himself together in my name, there will I leap forth in the midst of him

Commentaire : De ce verset, Achad dit que les < corpses > dont il est question se réfèrent à la ligne 26 de la Key Scale, donc à l'Atu XV.

D'où les interdits relatifs aux cadavres : ce n'est pas le contact à la décomposition qui rend le prêtre impur, mais le fait que cette décomposition soit le signe de la séparation de l'âme et du corps, i.e de la déconnexion, de l'horizontalité temporelle dépourvue de verticalité spirituelle.

C'est, en effet, le principe même d'Ayin : la terre produit les nuages qui nous cachent le soleil : l'opacité matérialiste cache la Lumière (Tipheret) à l'intellection humaine (Hod).

23. I am the hideous god; and who mastereth me is uglier than I.

Commentaire : Me demandant comment DIEU, dont la manifestation dans le monde est la Beauté (Nuit, < la manifestation > [AL 1, 1], est appelée < the beauteous one > [AL 1, 26]), peut Se qualifier Lui-même de < hideux >, i.e. de ce qu'il y a de plus éloigné de la Beauté, j'ai découvert que les mots hideous et hideux viennent de l'ancien français hideus, qui vient du latin hispidus, variante, par un dialecte osque ou ombrien, de hirsutus (hirsute, hérissé), qui vient d'hirtus (hérissé, rude, grossier), qui vient de l'indo-européen commun *ĝhers- (qui signifie littéralement "dru" et désigne tous les animaux à poils durs), qui a donné hircus : le bouc.

Cela m'a fait penser à Azazel, le bouc émissaire, chargé des péchés du peuple et envoyé perdre dans le désert, dont le Lévitique (17, 7) sous-entend qu'il est une exception à l'interdiction de sacrifier aux démons.

Il m'est apparu que c'était là tout le sens de dépassement du binaire, dont du retour à l'Un (i.e. à DIEU) par l'acte de contrition (Ziu).

Je m'en suis ouvert à Frater N., qui m'a envoyé le texte suivant, sans m'en indiquer la provenance, ni l'auteur.
Le plus haut niveau de pardon émane de la source même du Chesed divin. Il vient d'une grandeur infinie qui englobe à la fois la vision la plus complète et l'examen le plus détaillé. Ce niveau connaît le saint et le "bien" avec tous leurs avantages, ainsi que le profane et le "mal" avec tous leurs inconvénients. Il reconnaît que tout est mesuré à l'échelle exigeante de la justice divine et que les tendances au mal et à la destruction servent également un but dans l'univers. Un niveau de pardon aussi élevé comprend comment, dans l'ensemble, tout s'emboîte.

Or, cette reconnaissance crée une dialectique compliquée. Il y a une distinction claire entre le bien et le mal, la vérité et le mensonge, la noblesse et l'avilissement. La vérité absolue exige que nous affrontions les voies de l'idolâtrie et du mal, en acte et en pensée; elle s'oppose à toute répulsion, impureté et péché. Pourtant, dans sa grandeur, elle trouve une place pour tous. Seule une compréhension élevée peut absorber ce concept: comment combiner tous les aspects de l'univers, comment organiser chaque force, comment étendre une main mesurée à tous les contraires, tout en délimitant correctement leurs frontières ?

Azazel est le culte des démons - la sauvagerie démoniaque et la barbarie effrénée qui se trouvent dans la nature humaine. Pour cette raison, l'offrande a été envoyée sur une falaise désolée dans le désert sauvage. L'idée de la contrition est d'être capable d'atteindre un niveau qui confère une reconnaissance limitée même au mal démoniaque d'Azazel. À ce niveau, tous les défauts sont transformés et rectifiés.

La connaissance abstraite que le mal a également un but dans le monde doit être reconnue, d'une certaine manière, dans le service de Dieu. En éthique pratique, cependant, il n'y a pas de place pour ces connaissances. Au Ciel ne plaise que le mal soit considéré comme bon, ou que les méchants soient considérés comme justes. Par conséquent, la chèvre d'Azazel a été envoyée dans un endroit désolé et stérile - un endroit inhabité par les gens. La société humaine doit être fondée sur un mode de vie juste, guidé par des aspirations de sainteté et de pureté.
Amen.

24. Yet I give more than Bacchus and Apollo; my gifts exceed the olive and the horse.

Commentaire : La ville de Vichy fut, dans l'Antiquité, un centre important du culte initiatique du dieu thrace Sabazios, dont mon bien-aimé Maître disait qu'il représente la réussite optimale, puisque, étant Liber Pater et Sol en une seule personne, il symbolise la parfaite fusion du Bacchique et de l'Apollinien.

Au plan bacchique, mon Maître buvait étonnement peu pour un Thélémite : si l'on portait un toast, il avalait une gorgée de champagne en l'honneur de Nuit, mais ne consommait pas de boissons fortes.

En revanche, lorsque des visiteurs arrivaient, il nous faisait leur servir des alcools variés, disant que < to each man and woman that thou meetest, were it but to dine or to drink at them, it is the Law to give > implique que < l’invité doit toujours se sentir chez lui > et que < Do this quickly > signifie que < la table de festin n’est pas le lieu pour modifier le comportement des autres ou étaler sa vertu. >

J'ai mis un certain temps à comprendre que, son refus de l'ivresse étant un hommage à la sacralité de celle-ci, donc un élément dionysiaque, mon Maître mâtinait ce refus d'un souci d'harmonie sociale, élément apollinien, pour formuler Sabazios.

Bonne journée à tous et à toutes !

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 24° ♑︎ : ☽︎ in 10° ♒︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰ.

Friday, December 13, 2019

Vendredi 13



Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Le 13 décembre 1250, l'inexplicable empereur Frédéric II de Hohenstaufen, dit la Stupor Mundi ou l'Antéchrist selon le cas, mourait de ce que son degré d'übermenschitude eût dépassé tous les paramètres de ce monde qui, du coup, s'est trouvé dans l'incapacité de le contenir davantage.
"Le soleil s'est couché qui éclairait le monde" : comment festoierons-nous à hauteur du miracle que constitue la matérialisation sur terre d'un être de ce voltage ?
Mon conseil : puisque l’Étude (Habibi) de ce Jour comporte le Verset < In the midst a cup of green wine : Au milieu une coupe de vin vert > (Stel, 9), et que Sir Aleister estime qu'il s'agit de Chartreuse, et que la Chartreuse est, à l'origine, un très mystérieux Élixir de longue vie, — dont la formule savante, et secrète, nécessitant l'emploi de cent trente plantes, se trouve dans un manuscrit confié, en 1602, par le Duc d'Estrée aux moines chartreux de Vauvert, — hérité, dit le manuscrit, des "antiques sages-femmes", ce breuvage constitue, au XVIIe siècle, une résurgence magique aussi intempestive que l'incarnation de Frédéric II en pleine réforme de Cluny, mon conseil, dis-je : buvez aujourd'hui des cocktails à base de Chartreuse (Brandy Daisy, Last Word, French Pousse-café), ou de la Chartreuse on the rocks accompagnée d'un bon cigare de type surenchère freudienne (Puros Indios Chief si vous êtes dans la simple penis envy, Davidoff Oro Blanco République Dominicaine si vous avez l'habitude de compenser par le portefeuille.)
Soyez bénis à tous les plans imaginables de l'existence et n'oubliez pas :


Love is the law, love under will.

ϣ. ☉︎ in 21° ♐︎ : ☽︎ in 7° ♋︎ : ♀︎ : Ⅴⅴ.