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Monday, April 4, 2022

Leptopoecile Sophiæ

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du Seizième jour de la Saison Sainte et je barbote dans la rémanence d'un rêve où, après toute une série d'aventures angoissantes, je me retrouvais à parler Doctrine avec Donald Trump à Mar-a-Lago. Très bel endroit, et Melania est cool.

Mais assez lambiné ! Au programme aujourd'hui : Petit-déj’, sexe, farniente, et dolce vita : j'ai du pain sur la planche !

Amis chers, la Lecture de ce lundi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 4, versets 22 à 25.

22. Yea, O my master, thou art the beloved of the Beloved One ; the Bennu Bird is set up in Philæ not in vain.

Commentaire : J'ai rêvé, samedi matin, d'une paruline à sourcils blancs (Leptopoecile sophiae), dont on sait l'heureux augure à tous les plans et l'importance dans mon imagerie personnelle.

Mais, l'année dernière, c'était très différent :
Ce verset me met a priori en joie, parce qu'en hébreu, beloved se dit דוד, David, et que j'ai dernièrement rêvé d'un héron cendré, volatile par lequel se représente, traditionnellement, l'oiseau Bénou.

Bien l'occasion de redire notre arbritude : l'homme n'est qu'intermédiaire, connexion, conduit : obéissez perinde ac cadaver aux Oracles et aux Songes.

Pour ce qui est, en revanche, des convictions de type "le doigt majestueux du destin s'est posé sur moi", etc. c'est l'inverse : toujours les rejeter par principe : s'il faut que vous deveniez maître du monde, mashia'h ou intergalactic overlord, la chose se fera, elle n'a pas besoin que vous "l'entreteniez" en surcompensant bruyamment vos blessures psycho-affectives personnelles.

La plupart des gens ratent lamentablement leur vie parce qu'ils font le contraire : il distordent, par ratiocination, l'Oracle qui exige d'eux un effort, afin d'être dispensés de ce dernier (et, du coup, loupent le coche), ou se cramponnent comme des noyés au personnage hystériquement virtuel que, pour mettre un baume sur leurs trauma d'enfance, ils se sont projeté d'eux-mêmes (cas des Marc Chapman, des Iznogoud et de tout homme de moins d'1m78 — qu'il ne sert à rien de sermonner sur l'air de "ton comportement crétin oblitère tes qualités réelles" puisque, ne supportant pas ce qu'ils sont, ils haïssent par dessus tout les qualités réelles en question.) (Intergalactic Overlord)
23. I who was the priestess of Ahathoor rejoice in your love. Arise, O Nile-God, and devour the holy place of the Cow of Heaven. Let the milk of the stars be drunk up by Sebek the dweller of Nile !

Commentaire : C'est très probablement dû au sens figuré du mot Cow, mais ce verset me rappelle systématiquement le lulzy fait divers du Thot-patrolling crocodile.

24. Arise, O serpent Apep, Thou art Adonai the beloved one ! Thou art my darling and my lord, and Thy poison is sweeter than the kisses of Isis the mother of the Gods !

Commentaire : Je me suis rendu compte, l'année dernière, que :
אדני nous dit : Le Héros (א), par l'Amour (ד), détruit son personnage hystérique (נ) et accède à son identité véritable (י). (Intergalactic Overlord)
Or l'identité véritable de tout homme est Hadit, comme il est écrit : < I am the flame that burns in every heart of man > (AL 2, 6), et Hadit nous met en garde : < me connaître, c'est connaître la mort. > (Id.)

Ce qui nous renvoie à certaine conversation eue par moi lors de la Synaxe.

Nous recevions, samedi, un garçon coiffé au carré avec une raie au milieu, — tout à fait du genre à aller s'asseoir, l'air pénétré, sous un arbre, pour y consigner des pensées philosophiques dans un cahier, dont on découvre ensuite qu'elles se résument à "j'aime bien les tortues", — et qui m'a interrogé sur les interdits relatifs à la mort dans Thelema (cf. AL 2, 73).

Je lui ai répondu : En présence d'un serial killer désireux de t'intégrer à son palmarès, ta Nephesh crie "Pitié, non, ne me tuez pas tout de suite !", alors que ta Ruach dit : "Allez-y, mon vieux, cette connerie d'existence n'a que trop duré..." — Mais, pendant ce temps, ta Neshamah ne cesse de répéter : "La vie est une rivière d'ambroisie que l'on descend à bord d'un bateau de nacre." (cf. Cor 1, 39, vide We may rejoice exceedingly) — C'est tout le drame de la condition humaine.

25. For Thou art He ! Yea, Thou shalt swallow up Asi and Asar, and the children of Ptah. Thou shalt pour forth a flood of poison to destroy the works of the Magician. Only the Destroyer shall devour Thee ; Thou shalt blacken his throat, wherein his spirit abideth. Ah, serpent Apep, but I love Thee !

Commentaire : Le premier texte que j'ai publié sur le Mystère d'Apophis remonte à octobre 2009 (J'étais si peu sérieux en ce temps-là !) — On y lisait notamment :
Camus disait que, de toutes les questions philosophiques, le suicide était la seule qui présentât un intérêt. Fourier disait la même chose de la question juive. Mais je traite assez souvent la question juive, et crois n’avoir jamais songé au suicide — il est très agaçant d’imaginer que Camus puisse, de sa demeure dernière, considérer ce que j’écris comme inintéressant, même si c'est, en l’occurrence, également ce que je pense de son œuvre — Traitons donc du suicide.

Ça ne sera pas facile. Je suis peut-être la personne la moins funèbre du monde. Mais enfin, la vie est mortelle, et je ne veux pas croiser Camus dans l’Au-delà sans pouvoir lui dire : "Alors Albert ?... Avec ton prénom de chauffeur… Hein ?... Et là ?... Pas calmé ?..." [...]

Le scorpion est le seul animal à se suicider lorsqu’il est entouré de flammes. C’est un assez bel enseignement. Que l’on soit monarque (Cléopâtre, Néron, Louis II de Bavière), écrivain (Pétrone, Sénèque, Lucain, Nerval, Chatterton, Drieu la Rochelle, Mishima, Hunter S. Thompson), artiste (Van Gogh, Patrick Dewaere, Ian Curtis), cuisinier (Vatel, Loiseau), voire aventurier (Edward Sellon), le suicide est toujours admirable, parce qu’il consiste à rester, envers et contre tout, maître de son destin.

Les Japonais, qui l’élevèrent au rang d’un art, répertorient une vingtaine de types de morts volontaires, et presque autant de façon honorables de se l’infliger. Car ce geste, qui se suffit à lui-même, tire son plus ou moins de grandeur de sa cause et de son mode d’exécution. Il y a un univers entre le suicide du général Nogi, vainqueur de Port-Arthur, qui voulut suivre son Empereur dans la mort, et ceux de grandes neurasthéniques telles que les filles de Freud — un univers entre les opérations kamikazes du Japon et l’autodestruction d’un zombie mélancolique dans sa cellule capitonnée.

Personnellement, je trouve la vie une chose beaucoup trop merveilleuse pour envisager d’y mettre un terme — mais je prétends préférer être écrasé par une Rolls que par un trente-six tonnes, et n’ai rien à redire au dandysme de certains suicides — Peut-être, au bout du compte, que les actrices X qui se tuèrent pour ne jamais vieillir (Karen Lancaume, Savannah — et je passe sur le cas de Laurence Ferrari, authentique descendante des Valois !) ont accompli la forme la plus élevée de mort volontaire… Mais bon : la vie est une fête, et les fêtes ne durent pas — raison de plus pour ne pas hâter le départ.
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 14° ♈︎ : ☽︎ in 19° ♉︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.





Précédents commentaires sur ce péricope :

. The Iceberg Lection (emerged part) (2020)
. Intergalactic Overlord (2021)

Tuesday, August 3, 2021

All is in vain

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le premier jour après Lugnasad, il pleut et je m'extrais doucement d'une grasse matinée sybaritique consécutive aux orgies d'hier.

Si dans une heure je suis encore à me prélasser en lisant le Satiricon, ou si je passe en mode Qohélet, typiquement post-Lugnasadien, et exige que quelqu'un me chante Les Deux Guitares de Charles Aznavour, glissez une jeune artiste de reggaeton (Mariah Angeliq serait bien) sous mes draps : nous autres David nous retapons traditionnellement au sunamitisme.

Enfin n'oubliez pas :


Amis chers, la Lecture de ce mardi est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 6, versets 33 à 36.

33. By silence and by speech do I worship Thee.

Commentaire : Verset salutaire, à l'heure où la psychose de la cancel culture finit d'engloutir le monde — Incidemment, à propos de parler et de se taire, je ne veux plus entendre ni statistiques, ni prédictions, ni théories du complot — je ne veux entendre que : "Y eût-il réellement un virus mortel en train de rôder, aucun gouvernement n'a le droit de m'enfermer chez moi, ni de m'obliger à porter un bâillon, ni de m'inoculer un vaccin de force. Particulièrement un gouvernement représenté par un larbin sournois malingre en t-shirt qui fait des TikTok."

34. But all is in vain.

Commentaire : J'ai, l'année dernière, musant au sujet du 19ème Æthyr, écrit des trois versets 34 à 36  :
La fameuse "ironie dans les yeux" du crocodile, et son perpétuel "sourire diffus", viennent de ce que Sebek a, tôt ou tard, raison de toutes nos œuvres, bonnes ou mauvaises, grandes ou petites — simple question de Temps, c'est-à-dire de Tav : < tout le labeur de ma vie n'est qu'une petite souris blanche nageant dans une vaste mer de sang pourpre > (THI ♑︎ 10).

Il nous faudrait donc a priori revenir à Sardanapale et conclure à la manière de son épitaphe :
Sardanapale, fils d'Assarhadon, fit bâtir en un seul jour la ville d'Anchiale et celle de Tarsus. Passants, mangez, buvez, faites l'amour : tout le reste est vanité.
Mais le Livre de Lapis-Lazuli poursuit :
35. Only Thy silence and Thy speech that worship me avail.

Commentaire :
C'est-à-dire : la seule chose qui ne soit pas vanité, sont les Paroles que DIEU m'adresse.

Ne demeure, par conséquent, dans l’Éternité, — comme il est écrit : < toutes les douleurs ne sont que des ombres, elles passent & sont passées, mais il y a ce qui demeure > (AL 2, 9) — ne demeure, dis-je, dans l’Éternité, que mon Étude.
36. Wail, O ye folk of the grey land, for we have drunk your wine, and left ye but the bitter dregs.

Commentaire :
Or, la Nature est le Livre Saint ultime : à moins de < considérer tout phénomène comme un message direct de DIEU à mon âme > — à moins de regarder en face le crocodile dans le miroir — l'homme est Heathen (AL 3, 11), un < gens du pays gris > et , dès lors, < tout est en vain > : l'épitaphe de Sardanapale devient, effectivement, le meilleur conseil que l'on puisse lui donner.
— Là, je te soupçonne d'en rajouter délibérément dans la note grave pour qu'on appelle Mariah Angeliq.

— Oui... Mais que faire d'autre un jour de pluie ?...

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.


- ☉︎ in 11° ♌︎ : ☽︎ in 12° ♊︎ : ♂︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Monday, March 1, 2021

Farabuleux amoraliste

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

J'ai reçu, cette nuit, d'Antonin Emogoth, un mail qui comportait, entre une foultitude d'autres choses, la proustienne indiscrétion suivante :
Sire, au cours des dix dernières années, on vous a surnommé successivement "le Roi des blogueurs", "Saint-Simon sous acide", "le Shah de Chester", "Roi barbare mérovingien parachuté dans l'occident judéo-chrétien démocratique et décadent", "Théropode à Monocle", "le Grand Masturbateur", etc. Mais vous ne nous avez jamais dit qui étaient vos vrais modèles. Aleister Crowley ? Raspoutine ? Nietzsche ?
Ni l'un, ni l'autre, ni le troisième — Les seuls personnages de l'histoire humaine — ou, du moins, de sa littérature — avec lesquels je me sente une "amitié stellaire" sont Pétrone, Edward Sellon et le docteur Hunter Thompson.

Notez que les trois se sont suicidés.

(Hunter a, techniquement, été abattu par la CIA : il s'est donc bel et bien suicidé en annonçant, à la télévision, son ouvrage sur le 11-septembre.)

Autrement, c'est aujourd'hui que l'Eglise Gnostique Catholique célèbre Marcus Valerius Martialis, de sainte mémoire — farabuleux amoraliste, virtuoso de l'Epigramme, parfait magicien ès-Lettres latines et satire cruelle.


Soit, en vrac, quelques traits du maître :
Le livre que tu lis en public est de moi, Fidentinus ; mais comme tu le lis mal, il commence à être de toi. (Epigrammes 1, 38)
Tu me demandes ce que me rapporte mon domaine de Nomentum, Linus ?
Il me rapporte ceci : je ne t’y vois pas, Linus.
(2, 38)
Tu ne donnes jamais lecture de tes vers et tu veux, Mamercus, passer pour poète.
Sois ce que tu veux, pourvu que tu ne donnes jamais lecture de tes vers.
(2, 88)
Tu ne te plains de personne, tu ne médis de personne, Apicius ;
la rumeur veut pourtant que ta langue soit malhonnête. [Apicius était un fellateur]
(3, 80)
Toutes les amies qu’a eues Lycoris, Fabianus,
elle les a mises au tombeau : puisse-t-elle devenir l’amie de ma femme !
(4, 24)
Pourquoi, Thaïs, dis-tu sans cesse que je suis trop vieux ?
Personne n’est vieux, Thaïs, pour se faire sucer.
(4, 50)
Tu n’as jamais rien vu, Matho, de plus pitoyable que le sodomite Sabellus,
alors qu’il n’y avait pas auparavant plus heureux que lui.
Vols, fuites et morts d’esclaves, incendies, deuils
l’accablent, et en plus le malheureux doit besogner des femmes.
(6, 33)
Pourquoi je ne t’envoie pas mes livres, Pontilianus ?
C’est pour que tu ne m’envoies pas les tiens, Pontilianus.
(7, 3)
Vous me demandez pourquoi je ne veux pas me marier
avec une femme riche ? Je ne veux pas être l’épouse de ma femme.
(8, 12)
Lesbia jure qu’on ne l’a jamais besognée gratuitement.
C’est vrai. Quand elle veut être besognée, elle paye.
(11, 62)
En une nuit je peux le faire quatre fois ; mais que je meure
si avec toi, Telesilla, je peux le faire une fois en quatre ans !
(11, 97)
Tu promets tout quand tu as passé la nuit à boire ;
mais le matin tu n’acquittes rien. Pollio, bois le matin !
(12, 2)

Amis chers, la Lecture de ce lundi est le Liber LXV : Liber Cordis Cincti Serpente sub figurâ אדני, chapitre 2, versets 40 à 43.

40. The harper also laid aside his harp, and played infinite tunes upon the Pan-pipe.

Commentaire : De ce verset, le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) dit : < Transform [your thought] by looking at it as a necessary and important fact in the framework of the Universe >, ce qui nous renvoie à certaine anecdote familliale, narrée par moi à l'occasion de Cordis 1, 33.

41. Then the bird desired exceedingly this bliss, and laying down its wings became a faun of the forest.

Commentaire : De ce verset, le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) tire cette injonction : < Having instructed [men] till they are really complete and ready for true initiation, tell them Truth. >

C'est en ce sens qu'il disait aussi : "Quand un élève me demande de lui enseigner la Vérité, je commence par aller enseigner le calcul différentiel à un Bushman."

42. The harper also laid down his Pan-pipe, and with the human voice sang his infinite tunes.

Commentaire : Le malheur, la souffrance, proviennent d'une incompréhension de la trame générale des événements, de même que les partitions de chaque instrument d'un orchestre peuvent sembler effroyablement disparates à qui n'a pas procédé au déchiffrage de l'ensemble de l'œuvre (cf. scène de la composition du Requiem dans le film Amadeus : le sufferer [AL 1, 49] est Salieri, "Je ne comprends pas, je ne comprends pas...", à quoi Mozart répond : "Tout cela est en harmonie !!!") — Si l'on a foi en le Compositeur, on ne tarde pas à comprendre que ce qui nous arrive est pour le bien de nos oreilles (i.e. de notre Esprit) : on ne souffre plus.

43. Then the faun was enraptured, and followed far; at last the harper was silent, and the faun became Pan in the midst of the primal forest of Eternity.

Commentaire : D'aucuns soutiennent qu'après celle décrite par François Rabelais, de sainte mémoire, la plus impeccable Abbaye de Thélème fut la réunion des Sept Sages de la forêt de bambous, qui n'étaient pourtant pas, à proprement parler, Thélémites et ne vivaient pas, à proprement parler, dans une Abbaye.

Qui sait ?

Puissiez-vous aller, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Bonne journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 11° ♓︎ : ☽︎ in 12° ♎︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰ.

Wednesday, March 18, 2020

Liber 418, 7ème Aethyr


Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Il est dit dans la Habibi de ce jour, soit LIBER XXX AERUM vel Saeculi sub figvra CCCCXVIII (7ème Aethyr) : < It is the Universal Peacock that I behold : C'est le Paon Universel que je contemple. > (VV 7, §9) Or, en vertu du divin principe d'exquise synchronicité (« Tout ce qui advient est un jeu de NUIT »), qui régente nos trajectoires en cette vallée de larmes de joie, GH le Zéniste demandait tout à l'heure :

« Pourquoi Sir Shumule, le Chāh de Chester, Théropode à Monocle et Roi des Lézards Tyrans, a t-il choisi le Paon comme symbole de sa doctrine ? »

Réponse :

L'orgueil du paon est la gloire de Dieu. – William Blake

Cher Ami Zen,

Il est écrit : < He that lives long & desires death much is ever the King among the Kings : Celui qui vit longtemps et désire beaucoup la mort est toujours le Roi parmi les Rois > (AL 2, 74), ce qui, en dernière analyse, implique, très bizarrement, non seulement que la puberté — le feu adolescent, la rage hormonale, quand on se br*** dix fois par jour, etc. — est le temps le plus propice à l'Initiation, mais que le seul moment qui présente un quelconque intérêt dans le cours de l'existence humaine est celui de la Jeunesse (i.e. avant trente-trois ans).

Ainsi que le disent mes role models fondamentaux :

« Nous mourons chaque jour : la fleur de la jeunesse compte peu de matins, comme la fleur des champs ; et les premiers à fuir sont nos premiers beaux ans. » — Pétrone
« Oh ! ces jours de jeunesse ! ces bien-aimés, ces chéris jours de jeunesse ! Gagnerais-je cent mille livres par an, je donnerais avec plaisir la moitié de mon revenu pour leur retour. » — Capitaine Edward Sellon

Pour moi, j'ai autrefois donné de ma jeunesse le résumé suivant :

Au cours des quinze dernières années, j’ai mené une existence d’aventurier dandy, impliquant une multitude de tampons sur mon passeport, de liaisons sans lendemain, de rixes sanglantes et de cellules de dégrisement. Il vous faudrait trois vies pour approcher ne serait-ce que le nombre de ragots qui me concernent... J’ai aussi contemplé un tas de choses bizarres, dans presque tous les cercles où se pratiquent les arts du mysticisme et de la magie – choses à la vue desquelles un bourgeois, un sceptique, un matérialiste, se fût instantanément réfugié dans la certitude qu’il était atteint d’aliénation mentale – Moi, simple hobereau glandeur, il ne m’est jamais venu à l’idée de douter de mes sens – résultat : j’ai pu m’édifier tout en m’émerveillant.

Pur produit de la Vieille France, c’est-à-dire jeune homme propre-sur-lui ayant appris très tôt que les enfants ne parlent pas à table, j’ai fréquenté plus de voleurs et d’assassins que si j’étais né cas social, et le lit de plus de femmes que si j’étais devenu hardeur – vocation que le cant familial contraria in extremis.

J’ai beaucoup voyagé. Les convictions religieuses, philosophiques ou politiques ne valent rien, qu’elles ne soient validées par l’expérience directe – sans compter qu’en fait de femmes, j’aime livrer étranger – Mais je me sens devenir sédentaire – A l’homme véritablement contemplatif, ne suffit-il pas de changer, de temps à autre, l’agencement de ses coussins ?

Or, c'est au cours des pérégrinations sus-décrites que j'ai fait, à Lalesh, dans le nord de l'Irak, la connaissance d'un vieux Cheikh Yézide qui m'a enseigné ce qui suit :

Lorsque, au sixième jour, DIEU a établi Adam maître du Jardin d'Eden, le paon a été le seul animal à refuser de se prosterner devant l'homme, arguant que l'« on n'adore que DIEU ». La proverbiale vanité du paon s'avère donc, en fait, marque d'une piété supérieure. Depuis, je ne me fie à l'attainment d'un homme que s'il est élégant, comme il est écrit : < Be goodly therefore, dress ye all in fine apparel : Donc soyez beaux, portez tous des tenues raffinées > (AL 1, 51).

Notez que le Yézidisme, plus ancienne religion du monde, affirme que le même paon est celui qui, sur l'Arbre, a enseigné la Magie à Eve – qu'il est donc HADIT, dont tous les Sages sont des avatars, ou des déguisements.

Notez aussi qu'en hébreu, paon se dit טווס, qui peut cabalistiquement se lire : « le Serpent (Teth ט veut dire Serpent) de la Sagesse (ו signe l'Atu V) et des Délices (ו signe le Taureau ♉️) qui confère l'Art Royal (ס signe l'Atu XIV)

Notez encore que טווס a pour valeur numérique 81, celle de אלים (« les dieux », cf. "avatars et déguisements" supra) et de אנכי, terme par lequel DIEU Se désigne Lui-même dans le Livre de l'Exode (23, 20) lorsque Il promet d'envoyer des Mages sur Terre.

Notez enfin que טווס est le notarikon de טית ושמים ונץ ספּר, "le livre du serpent et du ciel et du faucon" i.e. le Liber CCXX.

J'ai toujours considéré que le seul verset de la Torah où il soit question de paons < כִּי אֳנִי תַרְשִׁישׁ לַמֶּלֶךְ בַּיָּם, עִם אֳנִי חִירָם; אַחַת לְשָׁלֹשׁ שָׁנִים תָּבוֹא אֳנִי תַרְשִׁישׁ, נֹשְׂאֵת זָהָב וָכֶסֶף : De fait, le roi avait une flotte à destination de Tarsis, naviguant avec la flotte de Hiram, et qui revenait tous les trois ans avec une cargaison d'or et d'argent, d'ivoire, de singes et de paons > (Rois 1, 10, 22, repris dans Chroniques 2, 9, 21) impliquait, par le nom d'Hiram, – celui de l'Architecte du Temple, assassiné à Midi, c'est-à-dire à trente-trois ans, – un Enseignement secret relatif à l'Homme, et que cet Enseignement était que l'homme est nécessairement soit un singe, soit un avatar de l'ange-paon, comme il est écrit : < He that is righteous shall be righteous still; he that is filthy shall be filthy still. Yea! deem not of change: ye shall be as ye are, & not other. Therefore the kings of the earth shall be Kings for ever; the slaves shall serve. There is none that shall be cast down or lifted up: all is ever as it was : Celui qui est juste sera encore juste, celui qui est immonde sera encore immonde. Oui ! ne croyez pas changer: vous serez tels que vous êtes & non autrement. Par conséquent, les rois de la terre seront Rois pour toujours; les esclaves serviront. Nul ne sera déchu, ni élevé: tout est toujours ce qu'il fut. > (AL 2, 57-58)


Voilà, Ami cher. Je vous souhaite un heureux confinement, mais suis bien tranquille à votre sujet : nulle réclusion n'est assez claustrale pour un Maître de Zen !

Bénédictions endiablées.

Love is the law, love under will. 


ϣ. ☉︎ in 28° ♓︎ : ☽︎ in 25° ♑︎ : ☿︎ : Ⅴⅴ. Grande Fête de Jacobus Burgundus Molensis le Martyr, H' venge son sang.


Illustrations : Taus Melek, l'Ange Paon ; Jeune fille au Paon par Edmond Aman-Jean (image qu'"en vertu du divin principe d'exquise synchronicité", AJ nous a envoyé aujourd'hui, qu'il en soit remercié).

Tuesday, October 1, 2019

Deuxième Epître au Maître de Zen

Surtout, que notre ami GH n'aille pas prendre le mot "second" pour une invitation à ne plus nous écrire ! Ayant, avec cette chère vieille purée de langue française, le rapport d'un sub à sa moneydome, je sacrifie humblement au purisme, c'est tout, et serai heureux de ré-intituler ce billet Deuxième Épître au Maître de Zen dès que nous aurons eu un troisième échange ! [PS 18/3/2020 ev : C'est fait !]

Ainsi donc, je reçois ce matin :

"De GH le Zéniste à Sir Shumule le Thélémite, salut !
Cher Maître, vous citez la déesse Babalon dans votre Allocution d'automne. J'avoue peiner à saisir les subtilités du panthéon thélémite et, principalement, le rôle de cette déesse que je prenais jusqu'ici pour une simple divinité du Sexe.
J'ai lu "la Vision et la Voix" de Crowley, ainsi que "Mystery of Mystery" de T Apyrion et Soror Helena, ouvrages fort intéressants mais qui ne m'ont été d'aucun secours.
Puis-je, à nouveau, solliciter vos Éclaircissements ?
Bonheur et succès galants. Neuf prosternations."

Cher Ami Zen,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

Comme toutes les règles du jeu, la théogonie thélémite devient très accessible dès que l’on vous en indique la structure essentielle.

En l’occurrence, il est dit que les Noms des différents dieux et déesses de Thelema désignent les degrés successifs de manifestation de l’Un dans le Multiple.

Mais soyons plus didactiques et tatillons.

< One > est le premier Mot des Livres Saints de Thelema (Magi, 1) : Tout commence donc avec l'Un. Ou, selon le premier mot, justement, de la religion : DIEU est l’Un, comme il est écrit : < O my God ! One is Thy Beginning ! One is Thy Spirit, and Thy Permutation One !> (Ararita 1, 0), et < Say thou that He God is one ; God is the Everlasting One > (Ararita 3, 0), et < There is One God alone > (Ararita 4, 1).

En tant qu’Un, DIEU est l'Absolu et demeure, par conséquent, éternellement inconcevable : toutes nos manières de penser et de parler sont inapplicables à l'Absolu ; toute phrase par quoi on essaie de Le qualifier, de Le faire connaître, se nie elle-même.

Pourquoi, dans ce cas, ne pas dire de DIEU qu'Il est le Zéro plutôt que l'Un ?

Parce que Son inconcevabilité, qui équivaut, pour notre intelligence, au Zéro, reste relative : il ne s'agit pas d'un néant d'être mais, au contraire, d'une plénitude d'être dont l'Infinité dépasse infiniment toute imagination et toute conception. Et, au bout du compte, ça revient au même : tel est le Mystère d'Aleph א , le Fou du Tarot : dire Un revient à dire Zéro (cf. AL 1, 48) puisque, à notre intellection humaine, les choses ne peuvent être que Zéro ou Deux. (Mnémonique : Tant que je n’ai pas vu la jeune fille, elle n’existe pas, elle est Zéro, dans mon esprit. Dès que je la vois, je souffre de ce que nous soyons séparés [de ce que nous soyons 2] et vais m’efforcer d’ajouter un lien social à ce 2, afin de formuler le 3, grâce auquel j’espère bien m’unir [formuler le 1] avec elle, c’est-à-dire parvenir à un orgasme synchrone qui me fera, un lumineux instant, perdre conscience de notre séparation, donc réintégrer le Zéro.)

Ainsi, DIEU, inconnaissable cause des causes, précède atemporellement tout le pensable, le concevable, l'imaginable. Les Qabalistes appellent ce principe Aïn (litt « rien », ou : « ne pas »), vous l’appelez Zen 禪, et la théologie des premiers chrétiens l’appelle « apophatique » : de DIEU, on ne peut rien dire ou, plutôt, on ne peut dire de Lui que ce qu’Il n’est pas : < Un nom qui peut être prononcé n'est pas le Nom éternel > dit Lao-Tseu, qu’en langage gnostique nous traduisons : DIEU est Celui-que-l’on-ne-peut-nommer-parce-qu’Il-n’a-pas-de-Nom.

Q : Mais Gnose (γνῶσις, gnôsis) veut dire Connaissance, pourtant : comment, dans ce cas, prétendre connaître DIEU ?

R : En procédant par étapes :

1. Au plan « blanc » (i.e. spirituel) : la définition hermétique de DIEU est < la Sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. >

a. Pour ce qui est de la Circonférence : La plus proche idée que nos capacités humaines puissent se faire du Divin est, bien entendu, celle de l’Infini – que notre cerveau traduit par "Espace Infini" : l’Aïn Soph des Qabalistes, dont l’empyrée est l’image évidente. Cet aspect du Divin est, lui, nommable : en Thelema, il est appelé NUIT.

b. Pour ce qui est du Centre, c’est-à-dire de l’indécelable point de départ du Cercle : nous concevons DIEU, non plus comme Rien, mais comme l’origine invisible de tout ce qui nous entoure : c’est l’Aïn Soph Aur des Qabalistes, DIEU en tant que Source secrète de toute vie. Cet aspect du Divin, dont il est écrit que sa demeure est l’ipséité de chaque être vivant (AL 2, 2), est appelé HADIT.

2. Au plan « rouge » (i.e. phénoménal) : DIEU étant l’Un dont procède la vie et le Centre autour duquel tout le système « picturable » est agencé, Il est à l’Absolu ce que le Soleil est au Relatif et le Roi à la Cité (principe qabalistique de base, dont le nombre 666 est le glyphe le plus fameux).

Le Soleil est donc l’image la plus impeccable que nous puissions nous faire de la nature de l’Être suprême. Ce troisième aspect (« l’astre solaire en tant qu’image visible de l’Un ») est appelé HERU-RA-HA.

Il s’agit, comme tout ce qui est intellectuellement saisissable, d’un principe binaire, c’est-à-dire double : spirituellement, le Soleil est silence et pureté (< Sol lucet omnibus > a dit Pétrone ; le Soleil est pureté parce que le feu est incorruptible, et il est silence parce qu'il demeure radieusement indifférent aux horreurs qu’il éclaire) : cet aspect du Divin est appelé HOOR-PAAR-KRAAT.

Temporellement, le Soleil dirige nos vies et nos activités : il est, littéralement, l’autorité politique suprême, inexorable dans ses horaires qui dictent les siens à l’humanité. Il est l’autocrate qui, astrologiquement, détermine nos victoires et nos échecs. Impitoyable, il illumine ou brûle selon la manière dont on s’expose à lui. Cet aspect du Divin est appelé RA-HOOR-KHUIT.

3. Au plan « noir » (i.e. matériel), enfin : qui dit Soleil dit Lion : DIEU est à l’ordre physique ce que le Roi est à la Cité, c’est-à-dire le Principe d’Unicité, très difficilement accessible, caché derrière la multiplicité affolante des choses, mais dirigeant celle-ci : c’est la notion de l'Arcane, du Surnaturel-en-tant-que-naturel-non-encore-compris-ou-révélé : cet aspect du Divin, l’aspect « suprême prince-prêtre de la nature », est appelé CHAOS (ou THERION).

Suit, logiquement, l'aspect le plus sensiblement évident du Divin : la Nature elle-même, selon le principe « Intention Divine et loi naturelle sont une » ou, pour citer Wodenson : < Les lois de la Nature sont une "bible" que les hommes ne peuvent inventer, falsifier, ni pervertir de quelque manière que ce soit > (Autobiography, cap.7). Cet aspect est appelé BABALON – nom qui signifie « Porte de Dieu », la Nature étant le Déguisement dont l’Un Se pare afin de permettre que Nous puissions L’approcher, Le connaître et communier à Lui sans être instantanément brûlés.

Or, en fait de déguisement, la représentation traditionnelle de BABALON – la Femme Écarlate, Fille de la Fortitude et Mère des Abominations – est une Prostituée Sacrée rousse à l’énergie sexuelle dévorante, qui s’enivre perpétuellement du sang des grands hommes conservé dans le Saint Graal qu’elle a dérobé.

La Nature est, en effet, le Divin accessible – consommable, si je puis dire – à celui qui peut payer.

La Nature est merveilleusement belle, entièrement régie par l’impulsion sexuelle, et ne se maintient en vie (c’est-à-dire connectée au divin – symboliquement : « ivre ») que par les mérites des hommes hors du commun (les saints et les héros dont la Qabale enseigne que le sang qu’ils versent durant l’épreuve préserve, de génération en génération, le monde de l'anéantissement).

La Nature est inflexible dans ses lois comme une escorte avec un mauvais payeur, qu’elle jette dehors même s’il est quelqu’un de « bien ».

Elle est séduisante, trompeuse et dangereuse dans les tentations qu’elle offre comme une escorte avec un bon payeur, qu’elle flatte même s’il est quelqu’un de « mal ».

Elle obéit au Magicien (cf. THERION supra) comme une escorte obéit à son pimp.

Elle est cruelle comme une femme ardente que ses appétits taraudent et elle est intégralement amorale.

C’est donc bien ça ! L'allégorie la plus exacte par laquelle nous pouvons résumer l’aspect sous lequel le Divin Lui-même Se révèle de façon absolument évidente et incontestable (loi naturelle et intention divine étant une et DIEU étant Un avec Son intention) est, effectivement : une Prostituée Sacrée rousse à l’énergie sexuelle dévorante, qui s’enivre du sang des grands hommes conservé dans le Saint Graal qu’elle a dérobé.


Babalon, par CultOfTheKu

Life is not just a « bitch », Ami Zen – life is a Great Whore !

Love is the law, love under will.

Bénédictions endiablées.

- Sir Shumule, ☉︎ in 8° ♎︎ : ☽︎ in 17° ♏︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ