

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Le matin de l'Imbolc, l'ours sort de sa caverne : s'il y retourne en se léchant la patte, l'hiver dure encore quarante jours ; s'il reste dehors, les grands froids sont passés. Du moins, quand il y avait des ours et des grands froids.
Perso, j'unleasherais volontiers mon grizzly interne, – puisque nous fêtons Gargantua, – mais je souffre aujourd'hui d'un odieux xylostome orchidoclaste.
Que faire ? comme disait Tchernychevski.
Le plus jeune de nos prêtres l'affirme, qui ne se trompe jamais : vingt minutes d'Etude néantisent irréversiblement n'importe quelle gueule de bois.
Je me plonge donc, dans la mesure de mes faibles forces et la Lecture du jour (mâtin ! quel périlleux zeugma !), – le LIBER XXX AERUM Vel Saecvli Svb Figvra CCCCXVIII, 3e Aethyr, – et je lis : < Moreover, there is Mary, a blasphemy against BABALON, for she hath shut herself up : De plus, il y a Marie, un blasphème contre BABALON, car elle s'est fermée. > (VV3, §13)
(Heureux que ce sexy synchronisme succède (mâtin ! quelle allitération !) au Spanish Butt Armageddon du dernier Superbowl, triomphe écarlate s'il en fut !)
J'ai toujours soupçonné l'affaire Vashti vs. Esther, dans la Meguilat, d'être une illustration de cet Arcane. (Je pourrais citer Hermangarde vs. Velini dans Une vieille maîtresse, mais c'est moins herméneutique et Asia Argento a démérité.)
L'étrange est qu'il existe des ménagères-de-moins-de-cinquante-ans, irréductiblement bonniches et vanilla, quand on sait les fortunes que les rois jettent aux pieds des courtisanes tigresques et dédaigneuses !!! Le findom est probablement la seule vraie religion. Et Diam's n'avait jamais été sexy de toute manière. Pour le reste, je me souviens d'avoir écrit :
Il faudrait vraiment... se décider à tordre le cou à cet « idéal » chrétien de la femme « chaste » – inventé par et pour des sous-humains ou des non-humains, qui débandent en présence d’une femme forte, et donc brûlent, torturent, terrorisent les femmes jusqu’à ce qu’elles renoncent à ce qui fait d’elles des femmes, principalement à toute exigence de satisfaction sexuelle.
« Vouloir être comblée », à tous les sens du terme, est, évidemment, la définition essentielle de la nature féminine : Natura abhorret a vacuo. Lorsqu’un « homme » est incapable de répondre à cette attente, il élucubre un « idéal » de « femme chaste » (du latin castus, littéralement : « que l’on garde fermé »), donc de femme « close », donc d’anti-femme. Puis il met au point des systèmes absurdes qui contraignent son épouse à se conformer à cet « idéal », ou du moins à l’accepter comme standard de conduite « irréprochable ».
Le christianisme est une exécrable perversion, qui autorise des « hommes » à qui, en temps normal, une jolie femme ne donnerait même pas l’heure – des hommes pour qui, s’ils osaient l’aborder dans un bar, elle ne gaspillerait pas l’oxygène nécessaire à les envoyer paître (et s’enculer entre eux s'ils manquent de tendresse) – une exécrable perversion, dis-je, qui permet à ces hommes-là de transformer cette femme-là en esclave et en vide-burnes, auxquels ils interdisent, par-dessus le marché, de laisser échapper la moindre parole qui ne soit pas ultra-valorisante pour leur égo, c’est-à-dire qui ne soit pas un mensonge – et ces mêmes « hommes » se plaignent ensuite qu'ils vivent avec une bonniche frigide et hypocrite !!!
Les Charybde et Scylla de la condition féminine sont la Bonniche (la « femme modeste » [Cf. AL 2, 52]) et la Roulure (la « femme déchue » [Cf. AL 3, 43]) : or, le christianisme exige ces écueils : l’épouse doit être « modeste » et la maîtresse « roulure » – jamais une femme n'a le droit de se conduire en femme.
Bien sûr, il n’existe pas de chrétien sincère. La morale chrétienne est un deal tacite entre curie homosexuelle et beta males. Le propre des petites bites est de condamner l’érotisme – le propre de l’incapable est de condamner l’accès de femmes à un poste de pouvoir direct – le propre du pauvre est de stigmatiser la vénalité féminine. Les chrétiens (et Alain Soral) n’ignorent pas comment se recrutent les losers. [...]
Les deux-tiers des problèmes « sociétaux » actuels viennent de l’insatisfaction sexuelle des femmes. Une femme insatisfaite est un poison... pour elle-même et pour tous ceux qui l’entourent. La frustration sexuelle mène à la névrose, et produit les troubles sociaux (mai 68 est le fruit d’avril 46 [fermeture des maisons closes NDA]).
C’est pourquoi la Tyrannie a toujours eu la proscription de l’érotisme et l’organisation de crises économiques comme armes favorites, et pourquoi le féminisme a pu être utilisé par elle pour tuer des enfants à grande échelle (un comble, puisque le féminisme était une réaction au christianisme – mais c’est la stratégie ordinaire du Tyran que de créer des virus pour pouvoir ensuite vendre un antidote, ou prétendu tel) : une femme sexuellement insatisfaite devient haineuse et destructrice – le Tyran canalise cette haine par la création de doctrines « féministes » – puis explique (n'en étant plus à une contradiction près) qu’être féministe, c’est avorter. (Helluvah Holy Guru, février 2012)
ΑΠΟ ΠΑΝΤΟΣ ΚΑΚΟΔΑΙΜΟΝΟΣ ! Contentons-nous de retenir :
But let her raise herself in pride ! Let her follow me in my way ! Let her work the work of wickedness ! Let her kill her heart ! Let her be loud and adulterous ! Let her be covered with jewels, and rich garments, and let her be shameless before all men ! (AL 3, 44)
Love is the law, love under will.
ϣ. — ☉︎ in 14° ♒︎ : ☽︎ in 29° ♉︎ : ☽︎ : Ⅴⅴ.
I came to the house of the Beloved and the wine was like fire that flieth with green wings through the world of waters. – Liber Cordis Cincti Serpente 4, 30
Chers beaux génies qui hantez ce blog,
Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
J’ai passé le week-end à relire Don Quichotte avec la frénésie que mettait Don Quichotte à lire Chrétien de Troyes. Édition de 1863, gravures de Gustave Doré. D’un point de vue magique, c’est très admirable.
J’aime que Cervantès ait absolument saisi, – comme en témoigne l’ultra-tantrique personnage de Dulcinée, servante d’auberge et fille de joie en qui le Chevalier voit sa Dame, au sens fin’amor du terme, – le principe féminin éternel, ou, – plus exactement, – le principe d’Éternel Féminin.
Théorème : Éternel Féminin = Aïn Soph x Terre-mère.
Notre Dame NUIT, l’Infini béni, < nous attire vers le haut > (Goethe, Faust) et il n’est pas de spiritualité possible sans contemplation régulière du ciel nocturne – perpendiculairement à quoi, l’Hétaïre BABALON nous entraîne à aimer, orner, embellir la vallée-de-larmes-de-joie où nous nous trouvons provisoirement incarnés: "Nous venons d’elle, tendons vers elle, et elle nous stimule en chemin ; Gustave Courbet a parfaitement résumé la chose dans son Origine du Monde ; il n’y a de Vrai, en définitive, que le butt de Shakira." (Sir Shumule, Butt)
Bien sûr, au bout du compte, NUIT et BABALON sont sœurs (AL 1, 53) – ou, selon ma scandaleuse paraphrase : « le bitoul et comme le findom et le findom est comme le bitoul, mais d’une autre manière. »*
[Notez qu’« Aïn Soph x Terre-Mère » n’est pas un mnémonique anodin : NUIT est ה, donc 5, BABALON est ט, donc 9. Or, 9 x 5 = 45, valeur numérique de ME, et < TO ME ! > est le leitmotiv et la Parole Ultime de la Déesse (AL 1, 65). Puissent vos heures nocturnes, – heures, par excellence, de Pénétration des Mystères, – se passer à faire Huð < sous les étoiles nocturnes dans le désert > (AL 1, 61), ou à boire au bordel, < caressés par de magnifiques femmes bestiales aux membres forts, qui ont du feu et de la lumière dans leurs yeux et des masses de cheveux flamboyants autour d'elles > (AL 2, 24) ! Amen. (Notez que, là encore, vous boirez du Dom-Pé ou du Cristal Roederer, et que les < vins qui moussent > sont sacrés à NUIT (AL 1, 51) : pas moyen d'en sortir...)
A ce sujet, je reçois, relativement à mon Discours intitulé De l'Automne, la question lapidaire suivante :
« WTF est la Habibi ? »
Habibi est un mot arabe (حبيبي), signifiant « Bien-Aimée ». En Thelema, il désigne l’unité de division des Livres Saints en vue de l’Étude quotidienne et, par extension, cette Étude elle-même. (Il semble que le premier Cercle à avoir décerné à l’herméneutique ce titre amoureux soit celui des Heartflame Ministries, aux alentours de 2010 e.v.)
< L’oraison est l’union à NUIT, l’étude l’union à BABALON >, écrit Frater Drux sur AL 2, 26 : d’où (donc) la notion de Habibi – de Bien-Aimée – dans tous les sens. Il ne s’agit pas de stocker du savoir livresque mais de rejoindre quotidiennement le Divin, – en jonglant, paradoxe, avec les formules d’un Manuscrit dont il n’est même pas permis de modifier, si peu que ce soit, la calligraphie originale (AL 2, 54 ; 3, 47), – dans cette merveilleuse partie de cache-cache avec DIEU que constitue l’exégèse : < Le Livre de la Loi est écrit et caché > (AL 3, 75) = le Liber AL est l’écrit (līber en latin) où AL (DIEU en hébreu) Se cache.
Oui, l’exégèse est un jeu. Il ne s’agit pas d’y « croire », mais de s’en servir pour rentrer dans une pratique du questionnement qui est fondatrice de l’homme.
Du reste, si les quatre niveaux d’étude – attribués aux quatre éléments, aux quatre saisons, aux quatre points cardinaux, etc. bref : aux quatre lettres du Saint Tétragramme, et applicables aux Écritures sacrées (la Habibi proprement dite), comme aux Songes (pratique la plus importante selon moi et la plus redoutable selon Jung), comme à chaque occurrence de notre journée (c'est là que le Registre devient réellement Magique), – si les niveaux d’étude, dis-je, sont, à l’ère d’internet, généralement connus, c’est dans AL qu’ils sont consignés de la façon la plus pure.
Il est écrit :
Let him come through the first ordeal & it will be to him as silver : Qu'il passe à travers la première épreuve & ce sera pour lui comme de l'argent. (AL 3, 64)
C’est le sens simple, littéral. Il doit être < comme de l'argent >, c’est-à-dire taillé dans le métal lunaire, donc (en vertu de < he is ever a sun and she a moon > (AL 1, 16)) celui de Binah, donc celui de Saturne ♄, sinistre recteur des contingences temporelles. Or, Binah, la Mesure Fertile, est le Graal (Calc ᛣ) et la racine de la Rigueur - elle est donc BABALON : étudiez le verset comme une demi-mondaine étudie son Vanity Fair.
Note : l’argent est un métal peu coûteux (« non-noble », disent les joailliers) dont le nom est, pourtant, dans notre langue, devenu celui des biens financiers en général et du Pentacle le plus puissant de tous : le papier-monnaie. C’est que BABALON personnifie (entre autres) le Mystère du Nombre 86, qui est, en hébreu, à la fois la valeur numérique du premier Nom par lequel DIEU est désigné dans la Torah (אֱלֹהִים, littéralement « Elle-les-Dieux ») et celle de הטבע, « la Nature ». Il n’y a rien de profane dans l’univers : < All things are sacred to me, no thing is sacred from me >, comme il est écrit (A’ash, 28).
Through the second, gold : à travers la deuxième, de l'or. (AL 3, 65)
C’est le sens allusif, ou symbolique. Le métal spécifiquement saturnien, qui n’est pas l’argent, mais le plomb, a été alchimiquement transmuté en l’or phallique et solaire de la léonine Bête 666 couronnée : étudiez, non ce que dit le verset, mais ce qu’il veut dire.
Through the third, stones of precious water : A travers la troisième, des pierres d'eau précieuse. (AL 3, 66)
C’est le sens révélé par l’exégèse. Aleister Crowley – le Maître Therion – dit, dans le Vieux Commentaire, que ces < pierres d’eau précieuse > sont des diamants, ce qui nous renvoie à < l’azur gemmé >, le ciel étoilé, qui est < la splendeur nue de Nuit > (AL 1, 14) : il s’agit de décoller du sens littéral, de < revêtir les ailes > (AL 1, 61) et de s'envoler vers NUIT : on use de paraboles, d'allégories, de métaphores, de jeux de mots à base de glissements phoniques, sémantiques, de concordances temuriques (permutation des lettres) et guématriques (valeur numérique des mots), ce qui finit par faire apparaître un sens fort éloigné du texte d'origine : on pêche, en somme, les diamants précieux que recèlent les eaux, parfois amères, de l’Étude : < C'est le monde des eaux de Maim, c'est l'eau amère qui devient douce. > (Cordis 3, 55)
Through the fourth, ultimate sparks of the intimate fire : A travers la quatrième, les étincelles ultimes du feu intime. (AL 3, 67)
NUIT manifeste HADIT (AL 1, 1) qui se dissimule en NUIT (AL 2, 1) : le quatrième niveau est celui du sens mystique, magique et secret. Celui que révèle l’< ultime étincelle du feu intime > du Magicien, soit HADIT, < la flamme qui brûle dans le cœur de tout homme > (AL 2, 6), < le Magicien et l’Exorciste > (AL 2, 7), le < Serpent secret > (AL 2, 26) < qui donne Connaissance et Délice > (AL 2, 22).
Voilà pour la Habibi, cher : la Loi est votre Beloved – votre Dulcinée.
Tous mes vœux de bonheur dans cette aventure !
Love is the law, love under will.
☉︎ in 21° ♎︎ : ☽︎ in 9° ♉︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ
* Le bitoul est le principe mystique d'annulation de soi dans l'Infini : c'est le but de la spiritualité, le but de l'Initiation. Le findom est une paraphilie masochiste dans laquelle l'homme fait des offrandes d'argent à une femme sans recevoir d'elle le moindre service sexuel, ni la moindre considération en retour.
Surtout, que notre ami GH n'aille pas prendre le mot "second" pour une invitation à ne plus nous écrire ! Ayant, avec cette chère vieille purée de langue française, le rapport d'un sub à sa moneydome, je sacrifie humblement au purisme, c'est tout, et serai heureux de ré-intituler ce billet Deuxième Épître au Maître de Zen dès que nous aurons eu un troisième échange ! [PS 18/3/2020 ev : C'est fait !]
Ainsi donc, je reçois ce matin :
"De GH le Zéniste à Sir Shumule le Thélémite, salut !
Cher Maître, vous citez la déesse Babalon dans votre Allocution d'automne. J'avoue peiner à saisir les subtilités du panthéon thélémite et, principalement, le rôle de cette déesse que je prenais jusqu'ici pour une simple divinité du Sexe.
J'ai lu "la Vision et la Voix" de Crowley, ainsi que "Mystery of Mystery" de T Apyrion et Soror Helena, ouvrages fort intéressants mais qui ne m'ont été d'aucun secours.
Puis-je, à nouveau, solliciter vos Éclaircissements ?
Bonheur et succès galants. Neuf prosternations."
Cher Ami Zen,
Do what thou wilt shall be the whole of the Law.
Comme toutes les règles du jeu, la théogonie thélémite devient très accessible dès que l’on vous en indique la structure essentielle.
En l’occurrence, il est dit que les Noms des différents dieux et déesses de Thelema désignent les degrés successifs de manifestation de l’Un dans le Multiple.
Mais soyons plus didactiques et tatillons.
< One > est le premier Mot des Livres Saints de Thelema (Magi, 1) : Tout commence donc avec l'Un. Ou, selon le premier mot, justement, de la religion : DIEU est l’Un, comme il est écrit : < O my God ! One is Thy Beginning ! One is Thy Spirit, and Thy Permutation One !> (Ararita 1, 0), et < Say thou that He God is one ; God is the Everlasting One > (Ararita 3, 0), et < There is One God alone > (Ararita 4, 1).
En tant qu’Un, DIEU est l'Absolu et demeure, par conséquent, éternellement inconcevable : toutes nos manières de penser et de parler sont inapplicables à l'Absolu ; toute phrase par quoi on essaie de Le qualifier, de Le faire connaître, se nie elle-même.
Pourquoi, dans ce cas, ne pas dire de DIEU qu'Il est le Zéro plutôt que l'Un ?
Parce que Son inconcevabilité, qui équivaut, pour notre intelligence, au Zéro, reste relative : il ne s'agit pas d'un néant d'être mais, au contraire, d'une plénitude d'être dont l'Infinité dépasse infiniment toute imagination et toute conception. Et, au bout du compte, ça revient au même : tel est le Mystère d'Aleph א , le Fou du Tarot : dire Un revient à dire Zéro (cf. AL 1, 48) puisque, à notre intellection humaine, les choses ne peuvent être que Zéro ou Deux. (Mnémonique : Tant que je n’ai pas vu la jeune fille, elle n’existe pas, elle est Zéro, dans mon esprit. Dès que je la vois, je souffre de ce que nous soyons séparés [de ce que nous soyons 2] et vais m’efforcer d’ajouter un lien social à ce 2, afin de formuler le 3, grâce auquel j’espère bien m’unir [formuler le 1] avec elle, c’est-à-dire parvenir à un orgasme synchrone qui me fera, un lumineux instant, perdre conscience de notre séparation, donc réintégrer le Zéro.)
Ainsi, DIEU, inconnaissable cause des causes, précède atemporellement tout le pensable, le concevable, l'imaginable. Les Qabalistes appellent ce principe Aïn (litt « rien », ou : « ne pas »), vous l’appelez Zen 禪, et la théologie des premiers chrétiens l’appelle « apophatique » : de DIEU, on ne peut rien dire ou, plutôt, on ne peut dire de Lui que ce qu’Il n’est pas : < Un nom qui peut être prononcé n'est pas le Nom éternel > dit Lao-Tseu, qu’en langage gnostique nous traduisons : DIEU est Celui-que-l’on-ne-peut-nommer-parce-qu’Il-n’a-pas-de-Nom.
Q : Mais Gnose (γνῶσις, gnôsis) veut dire Connaissance, pourtant : comment, dans ce cas, prétendre connaître DIEU ?
R : En procédant par étapes :
1. Au plan « blanc » (i.e. spirituel) : la définition hermétique de DIEU est < la Sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. >
a. Pour ce qui est de la Circonférence : La plus proche idée que nos capacités humaines puissent se faire du Divin est, bien entendu, celle de l’Infini – que notre cerveau traduit par "Espace Infini" : l’Aïn Soph des Qabalistes, dont l’empyrée est l’image évidente. Cet aspect du Divin est, lui, nommable : en Thelema, il est appelé NUIT.
b. Pour ce qui est du Centre, c’est-à-dire de l’indécelable point de départ du Cercle : nous concevons DIEU, non plus comme Rien, mais comme l’origine invisible de tout ce qui nous entoure : c’est l’Aïn Soph Aur des Qabalistes, DIEU en tant que Source secrète de toute vie. Cet aspect du Divin, dont il est écrit que sa demeure est l’ipséité de chaque être vivant (AL 2, 2), est appelé HADIT.
2. Au plan « rouge » (i.e. phénoménal) : DIEU étant l’Un dont procède la vie et le Centre autour duquel tout le système « picturable » est agencé, Il est à l’Absolu ce que le Soleil est au Relatif et le Roi à la Cité (principe qabalistique de base, dont le nombre 666 est le glyphe le plus fameux).
Le Soleil est donc l’image la plus impeccable que nous puissions nous faire de la nature de l’Être suprême. Ce troisième aspect (« l’astre solaire en tant qu’image visible de l’Un ») est appelé HERU-RA-HA.
Il s’agit, comme tout ce qui est intellectuellement saisissable, d’un principe binaire, c’est-à-dire double : spirituellement, le Soleil est silence et pureté (< Sol lucet omnibus > a dit Pétrone ; le Soleil est pureté parce que le feu est incorruptible, et il est silence parce qu'il demeure radieusement indifférent aux horreurs qu’il éclaire) : cet aspect du Divin est appelé HOOR-PAAR-KRAAT.
Temporellement, le Soleil dirige nos vies et nos activités : il est, littéralement, l’autorité politique suprême, inexorable dans ses horaires qui dictent les siens à l’humanité. Il est l’autocrate qui, astrologiquement, détermine nos victoires et nos échecs. Impitoyable, il illumine ou brûle selon la manière dont on s’expose à lui. Cet aspect du Divin est appelé RA-HOOR-KHUIT.
3. Au plan « noir » (i.e. matériel), enfin : qui dit Soleil dit Lion : DIEU est à l’ordre physique ce que le Roi est à la Cité, c’est-à-dire le Principe d’Unicité, très difficilement accessible, caché derrière la multiplicité affolante des choses, mais dirigeant celle-ci : c’est la notion de l'Arcane, du Surnaturel-en-tant-que-naturel-non-encore-compris-ou-révélé : cet aspect du Divin, l’aspect « suprême prince-prêtre de la nature », est appelé CHAOS (ou THERION).
Suit, logiquement, l'aspect le plus sensiblement évident du Divin : la Nature elle-même, selon le principe « Intention Divine et loi naturelle sont une » ou, pour citer Wodenson : < Les lois de la Nature sont une "bible" que les hommes ne peuvent inventer, falsifier, ni pervertir de quelque manière que ce soit > (Autobiography, cap.7). Cet aspect est appelé BABALON – nom qui signifie « Porte de Dieu », la Nature étant le Déguisement dont l’Un Se pare afin de permettre que Nous puissions L’approcher, Le connaître et communier à Lui sans être instantanément brûlés.
Or, en fait de déguisement, la représentation traditionnelle de BABALON – la Femme Écarlate, Fille de la Fortitude et Mère des Abominations – est une Prostituée Sacrée rousse à l’énergie sexuelle dévorante, qui s’enivre perpétuellement du sang des grands hommes conservé dans le Saint Graal qu’elle a dérobé.
La Nature est, en effet, le Divin accessible – consommable, si je puis dire – à celui qui peut payer.
La Nature est merveilleusement belle, entièrement régie par l’impulsion sexuelle, et ne se maintient en vie (c’est-à-dire connectée au divin – symboliquement : « ivre ») que par les mérites des hommes hors du commun (les saints et les héros dont la Qabale enseigne que le sang qu’ils versent durant l’épreuve préserve, de génération en génération, le monde de l'anéantissement).
La Nature est inflexible dans ses lois comme une escorte avec un mauvais payeur, qu’elle jette dehors même s’il est quelqu’un de « bien ».
Elle est séduisante, trompeuse et dangereuse dans les tentations qu’elle offre comme une escorte avec un bon payeur, qu’elle flatte même s’il est quelqu’un de « mal ».
Elle obéit au Magicien (cf. THERION supra) comme une escorte obéit à son pimp.
Elle est cruelle comme une femme ardente que ses appétits taraudent et elle est intégralement amorale.
C’est donc bien ça ! L'allégorie la plus exacte par laquelle nous pouvons résumer l’aspect sous lequel le Divin Lui-même Se révèle de façon absolument évidente et incontestable (loi naturelle et intention divine étant une et DIEU étant Un avec Son intention) est, effectivement : une Prostituée Sacrée rousse à l’énergie sexuelle dévorante, qui s’enivre du sang des grands hommes conservé dans le Saint Graal qu’elle a dérobé.
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| Babalon, par CultOfTheKu |
Life is not just a « bitch », Ami Zen – life is a Great Whore !
Love is the law, love under will.
Bénédictions endiablées.
- Sir Shumule, ☉︎ in 8° ♎︎ : ☽︎ in 17° ♏︎ : ♂︎ : Ⅴⅴ