Showing posts with label Ozzy Osbourne. Show all posts
Showing posts with label Ozzy Osbourne. Show all posts

Tuesday, January 24, 2023

Les Jardins de Babalon

A mon fils bien-aimé.

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

La Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 17 à 20.

Je notais, l'an passé, à l'occasion de ce péricope :

"La playlist de mon téléphone vient, pour son éclectisme (Led Zeppelin y succède à Ciara, qui succède à Killing Joke, qui succède à Jay-Z, qui succède à Graham Bond, qui succède aux Residents, qui succèdent à Coil, qui succède aux Mighty Lemon Drops, etc.), d'être officiellement rebaptisée Mix d'un Schizophrène par Soror Jezebel. (A chaque fois qu'elle se dispute avec sa copine, c'est sur moi que ça retombe !)

"Il me revient, par association, qu'on m'a posé, lors de la Nuit des Rois, la question rituelle : "un morceau qui symbolise ton passé, un morceau qui symbolise ton présent, un morceau qui symbolise ton futur", à laquelle j'ai répondu :

"Passé — The Velvet Underground, All Tomorrow's Parties
"Présent — Ciara, Love Sex Magic
"Futur — Led Zeppelin, Stairway to Heaven"

Évidemment, tout a changé depuis la Grande Persécution de l'An Vviii, et, si la question m'était posée aujourd'hui, je répondrais probablement quelque chose comme :


C'est une évolution assez tragique et grecque, mais une playlist excellente !!!

Au Texte : 

17. But the first kiss of love shall be radiant on your lips ; and all my darkness and terror shall turn to light and joy.

Commentaire 2021 e.v. : Ce verset a souvent entraîné la question : Comment, sur l'Arbre de Vie, la Sphère de Tipheret (soleil, i.e. < light and joy >) procède t-elle du Sentier de Gimel (lune, i.e.< darkness and terror >) ? Est-ce que le soleil vient de la lune ?

Feu mon Maître, le vicomte de C., avec qui je partage un thème de naissance où l'Atu II se trouve placé à droite, m'a, un jour, donné cette explication :

"Quiconque a Gimel à droite, tend, dès qu'il œuvre avec trop de rigueur, à devenir la Prêtresse virgo intacta qui se claquemure derrière le Voile du Temple et refuse de sortir, disant à la Congrégation : Ne me touchez pas, répugnantes créatures !

"Tant qu'elle ne sort pas, la Liturgie (= l'Œuvre de l'Assemblée) ne peut avoir lieu et le Prêtre du Soleil reste dans la Tombe...

"Dès qu'elle sort, en revanche, l' < essence de la vie du soleil > et < l'essence de la joie de la terre > sont amenées dans le monde." 

Commentaire 2022 e.v.Radiant parce que, dans l'ordre du rite érotique, le premier baiser correspond à Tipheret.

C'est un verset radicalement fin'amor : connaître le drutz, accéder à la dignité de baisar, transmute alchimiquement l'amoureux, illuminé par le Joï.

Pour moi, ma Dame est Nuit, et, puisque Nuit est < tout ce qui peut être et se révèle au moyen de quiconque existe > (DC/AL 1, 1), ce que vous appelez, selon le cas, ma "gynolâtrie masochiste", ma "sexualité compulsive dont [j'ai] un peu trop tendance à assouvir les impulsions avec les femmes des autres", ou ma "fixation de simp maniaque sur Gal Gadot", ne sont que différents aspects de mon Service divin.

Commentaire 2023 e.v. : Les ténèbres et la terreur ont pour fonction de créer et purifier des récipients aptes à accueillir la lumière et la joie.

C'est toute la Traversée de l'Abîme.

Et nous redisons : "Ra-hoor-khuit succède à Asar-Isa, le printemps succède à l'hiver. Que ce soit notre soutien : le printemps succède toujours à l'hiver. Jamais, depuis le Commencement des Temps, on n'a vu un hiver retourner à l'automne." (Sir Shumule aime Chloé, Chloé aime Sir Shumule — Quoi d'autre ? — Rien.)

18. Only those who fear shall fail. Those who have bent their backs to the yoke of slavery until they can no longer stand upright ; them will I despise.

Commentaire 2021 e.v. : Le thème de la peur a été admirablement traité par Sabazius au cours d'une allocution donnée lors de la douzième Conférence nationale de la Grande Loge OTO des États-Unis, où il déclara notamment :
Fear is in fact, our constant (and rather annoying) companion on this little voyage, and it will only go its own way once the boat has actually reached the other shore.

To deny this is not courage, but mere wishful thinking.

As we travel, we need to give our Wild-Eyed Stow-Away a comfortable place to sit, and listen politely and patiently to what it has to say. But we can never allow it to distract us; to manipulate us into rash reactions that will capsize our little boat, or into steering our craft into the doldrums of delusion. We have to keep our eye on the horizon and our hand steady on the tiller, despite the screaming.

This is courage.

Even so, I personally find a bit of comfort in being mindful that, even if our little boat does sink in the microcosmic sea, and we sink with it, the celestial gods will go about their slow and inscrutable business as ever; and all stories, great as well as small, are recorded beyond the grasp of time in their supreme, transcendent archive of Existence. Even in failure there is success, if the effort was made with courage, sincerity, and heart.

Commentaire 
2022 e.v. :
Have no fear. — Britney Spears, Boys, 2000
Savez-vous pourquoi Ra-hoor-khuit sera intraitable avec them (AL 3, 3), c'est-à-dire, ainsi que le précise ce verset, avec < ceux qui ont courbé le dos sous le joug de l'esclavage au point de ne plus pouvoir se tenir droit > ?

Parce que ces gens sont, comme tout ce qui rampe, hyper dangereux.

Le régime covidiste, par exemple, table désormais, pour se maintenir, exclusivement sur la haine écumante, frénétique, — dominicaine dirais-je, — que les vaccinés (qui ont, c'est un fait, volontairement renoncé à leurs libertés, à leur dignité, — et jusque à leur ADN ! — par peur de se voir exclus du troupeau) éprouvent envers les Purebloods.

C'est une vieille recette admirable : quiconque affiche, par hystérie personnelle, un zèle excessif dans ses concessions à la peer pressure, espère, à l'heure de la gueule de bois, exorciser sa honte en brûlant les hérétiques : la femme que couvre un migrant, ou le "trans" qui se fait eunuque, aiment mieux, ensuite, attribuer leurs remords au "racisme systémique" et à la "transphobie" que se suicider au gaz — Dès lors, Die cis scum ! et Kill all white babies ! deviennent une question de survie immédiate.

Commentaire 2023 e.v. : Peut-être le malheur (dans le cas de la Traversée de l'Abîme : "perdre tout ce que l'on a et tout ce que l'on est") a t-il, en dernière analyse, pour fonction d'annihiler la peur... 

Ainsi, tout ce que je retiens de l'idée de Mort (peur essentielle), aujourd'hui qu'exclusivement voué à l'étude des sciences divines, à la douceur de vivre et à la gastronomie languedocienne, je me suis, en Des Esseintes, installé dans la somptueuse et magiquissime "Maison des Jardins" de Montolieu, — toute de beauté précieuse, de "bon vivre" cathare et d'unheimliche— c'est que le mystérieux paradis où je me trouve est, objectivement, le cadre idéal pour un épilogue bien shumulien à la Saga de Sir Shumule — Voyez ? Les frayeurs les plus profondément ancrées en l'homme ont été alchimiquement transmutées par la Formule < danger & tribulation > (AL 3, 11).

[Je m'aperçois à l'instant que le nom "Maison des Jardins" est assez synchrone, pour un 8°=3# juste revenu de l'Abîme. Je vais militer auprès de la très admirable (forcément !) propriétaire des lieux pour qu'elle rebaptise sa farabuleuse demeure Les Jardins de Babalon.]

19. But you who have defied the law ; you who have conquered by subtlety or force ; you will I take unto me, even I will take you unto me.

Commentaire 2021 e.v. : Ainsi que ne l'ignore pas quiconque a médité le Conte du pêcheur et du petit poisson, le propre des époques de grande descente, c'est-à-dire de prépondérance de l'horizontal-temporel-féminin sur le vertical-spirituel-masculin, est que l'autorité séculière cherche à y exiger de DIEU qu'Il change l'ordre de la nature pour elle. (Oh ! ces ratiocinations de Procustes sur "l'équité" préférable à "l'égalité" !...)

De là, nous déduisons qu'œuvrer selon la Loi de Thélème nous mène, tôt ou tard, à devoir défier, c'est-à-dire violer ou circonvenir (subtlety or force), les lois de la République.

Commentaire 
 2022 e.v. : J'écrivais, il y a un an :
De là, nous déduisons qu'œuvrer selon la Loi de Thélème nous mène, tôt ou tard, à devoir défier, c'est-à-dire violer ou circonvenir (subtlety or force), les lois de la République.
Défoncez la fenêtre d'Overton, violez Marianne et, dans les deux cas, appliquez le Principe de John Holmes : Si ça ne rentre pas, il faut pousser plus fort.

Commentaire 2023 e.v.But you who have defied the law ; you who have conquered by subtlety or force ; you will I take unto me : Je me sens, dans les présentes circonstances, si personnellement visé par ce verset, que ça confine à la private joke !

20. I ask you to sacrifice nothing at mine altar ; I am the God who giveth all.

Commentaire 2021 e.v. : Je ne comprenais pas que Ra-Hoor-Khuit demandât de ne rien sacrifier à son autel, alors qu'il nous est spécifiquement enjoint d'y verser, tous les soirs, notre sang lors de la Messe du Phénix.

J'ai donc décidé de solliciter une seconde fois l'Oracle, cette fois sur le sens de ce paradoxe.

Obtenu :


Li, le Soleil. Évidemment.

Hexagramme non-mutable dont le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) donne ce commentaire : < Attachment. Be thy way docile as well as firm — then see good fortune smile. >

L'idée semble être que le truchement de l'Offrande sanglante nous lie à Ra-Hoor-Khuit, le Seigneur-Soleil-de-l'Horizon, mais que, le sang nous étant fourni gratuitement via le cœur, nous ne nous privons personnellement de rien, ni ne renonçons "doloristement" à quoi que ce soit dans cet échange.

Commentaire 
2022 e.v. : Ra-hoor-khuit est l'autorité temporelle intégralement légitime — De ce verset, nous déduisons donc que tout sacrifice imposé atteste l'illégitimité (la tyrannie, au sens grec du terme) d'un pouvoir politique.

Exemple : Macron a pu faire danser des travelos sur le perron de l'Elysée, mutiler des Gilets Jaunes et brûler Notre-Dame-de-Paris en représailles de leur soulèvement, sans réellement perdre son mojo — lequel est, en revanche, instantanément sorti de sa personne aux premiers décrets covidistes — NB : Macron nommait justement ces décrets "restrictions", mot dont le Livre nous enseigne qu'il désigne la nature même d'une transgression de la Loi divine (AL 1, 41).

Commentaire 2023 e.v.I am the God who giveth all signifie que le Chesed est la définition de l'essence divine.

D'où l'or (ou son Pentacle, la monnaie) comme révélateur ultime et impitoyable de la nature d'un homme.

Souvenez-vous :

L'Hermite dit : Ce qui est à toi est à toi et ce qui est à moi est à toi aussi.
L'Amant dit : Ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi.
L'Homme de la Terre dit : Ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est à moi aussi.
Le Troglodyte dit : Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est à toi.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

D.


☉︎ in 4° ♒︎ : ☽︎ in 9° ♓︎ : ♂︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.


Précédents commentaires sur ce péricope :
. Radiant Kiss (2022)

Thursday, January 19, 2023

Unutterable Joy (Whom the gods love die young)

À l'ensemble du Club 27.

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.


Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 1 à 4.

Et, dans le cadre de notre inlassable séquence nostalgie, je me rappelle avoir, il y a un an, dû répondre vertement, lors de ce péricope, à un furibond, teigneux, vindicatif lecteur de Bretagne — Souvenez-vous : 

Je reçois, à l'instant, le courrier d'un Breton, qui me reproche longuement d'avoir écrit Autopsie du Golem (texte où j'expliquais, dix ans avant tout le monde, que Jean-Marie Le Pen était un comédien cabot de basse extraction sociale, casté par Grossouvre et Attali pour le rôle d'Emmanuel Goldstein, et non un candidat réel), et conclut, avec, il me semble, un tantinet trop de dignité blessée :
"Je reproche à Zemmour ses propos sur les enfants handicapés ; que reprochez-vous à Jean-Marie Le Pen ?"
Facile : d'être breton — Il me semble que, quand on vient d'une région où même les filles s'appellent Yann et où les communes portent des noms tels que Pleumeur-Bodou, c'est précisément comme quand on a un enfant handicapé : la moindre des choses, c'est de se faire tout petit.

Je me hâte d'ajouter que j'ai ramené de mes (nombreux) séjours dans le massif armoricain, outre un léger ras-le-bol des cirés jaunes, une inexplicable passion pour la Bretagne — Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire :
Normalement, il faudrait détester la Bretagne.

Déjà, rien que le nom : breizh. Je suis infiniment sensible au langage et breizh, c’est comme le bortsch, tu ne m’en feras pas manger.

Dans le peuple, les Bretonnes sont comme des Irlandaises, en plus rosses. Les Bretons sont tous des skippers burinés par les embruns ; ils portent des marinières sans référence à Jean-Paul Gaultier, et n’ont que deux expressions : hostile (maxillaires tendus – c’est leur mode de veille, leur physionomie ordinaire) et fier (maxillaires toujours tendus, mais les sourcils remontent vers le front – cette expression s’emploie exclusivement dans le cas où Alan Stivell entonne Tri Martolod.)

Chez les seniors, on trouve l’inévitable pêcheur sans âge, infiniment ivrogne, qui parle le dialecte d’une peuplade dont il est le seul membre. Sa femme est invariablement un vieux polichinelle complètement voûté, qui marche sur sa coiffe bigouden en allant au village.

Et puis pour ce qui est de pleuvoir, il pleut.

Las ! expliquez ça comme vous pouvez : je raffole de la Bretagne. (Sir Shumule, 
Totalement à l'Ouest, 2009)
— The end of sorrow is come, 19 janvier 2021.

Mais le 19 janvier est un jour un peu spécial... Je notais, dans mon Registre Magique, il y a deux ans :

"Aube est une temurah de Beau et c'était particulièrement observable dans le parc, ce matin.

"J'ai donné le Signe du Silence, pour empêcher qu'une pensée intrusive ne trouble, si peu que ce soit, mon émerveillement.

"Tout est là.

"Au plan blanc, les ratiocinations parasites vous font perdre votre Voie.

"Au plan rouge, la laideur, en pensée ou en acte, crée une effroyable disharmonie entre œuvre humaine et œuvre divine.

"Au plan noir, le monde est dans l'état que l'on sait, parce que la corruption spirituelle, intellectuelle et politique a fini par permettre à de vagues peuplades d'opprimer de grands peuples.

"Comprenez que, comme disaient nos aïeux, « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a » et qu'il est idiot d'en vouloir au termite de faire crouler l'arbre séculaire — c'est une droite ligne de Paul de Tarse à Pfizer.

"Le christianisme est l'injection qui a tué vos Sages et vous a neutralisé au plan magique — la république est l'injection qui a tué vos seigneurs et vous a neutralisé au plan religieux — le communisme est l'injection qui a tué vos bourgeois et vous a neutralisé au plan culturel — le globalisme est l'injection qui a tué votre lignée et vous a neutralisé au plan ethnique — le mRNA est l'injection qui va tuer jusqu'à votre ADN et vous neutraliser au plan génique.

"Le point positif, — comme disait ce militant « refugees welcome », après que les subsahariens qu'il avait clandestinement fait entrer en France eurent forcé sa porte et violé sa femme, — c'est qu'a priori, ils n'iront pas plus loin..."

Mais baste ! — Au texte :

1. I fly and I alight as an hawk : of mother-of-emerald are my mighty-sweeping wings.

Commentaire 2021 e.v. : J'ai rêvé, cette nuit, qu'un milan d'or veillait sur moi, ce qui est merveilleusement synchrone, et j'en accepte l'augure, bien que l'or soit, évidemment, beaucoup moins rare que la mother-of-emerald (prasiolite).

Commentaire 2022 e.v. : Le mother-of-emerald s'appelle, en français, la prasiolite, ou le quartz prase, et tout le monde trouve ça moins chic, parce que prase dérive du grec πράσον, qui signifie "poireau".

Cela renvoie, évidemment, au légendaire texte de moi intitulé Les Fées ont des Bottes (Dazed and Confused in Lugnasad), dans lequel je rapportais avoir dû, — à la demande d'une fée, — répondre, dans une perspective strictement paganisante, à la question "La vie est-elle un légume imparfaitement cuit ?"

Soit, pour le plaisir, la première partie du texte en question : 
Je m’alcoolisais, le soir du 1er août, en compagnie du célèbre Fix. Nous avions passé le début de la nuit à broyer du homard dans un restaurant mode, puis migré sous les chapiteaux corinthiens et ioniques d’un palace décadent, où, installés au bar, absolument désert, nous nous enivrions de cocktails anciens : Double D, Moscow Mule et Baltimore Eggnogg.
Abrutis par l’action combinée de l’alcool et du sucre, nous eûmes un sursaut assez désagréable quand une voix féminine s’éleva près de nous : « Messieurs, disait-elle, vous pardonnerez, j’espère, mon indiscrétion, mais j’ai, sans le vouloir, entendu votre dialogue, et cru comprendre que l’un d’entre vous était Sir Shumule himself... L’illustre Sir Shumule !… Shumule le reluisant !… Shumule, le roi des blogueurs !… »

J’étais dos à l’intruse. Fix, qui lui faisait face, me souffla dans l’oreille : « Regarde ! C’est Kylie Minogue ! » – Je tournai vivement la tête et me retrouvai nez à nez avec une authentique fée multicolore, – de module Clochette, – qui voletait au-dessus du comptoir en répandant de la poussière d’étoile !!! o.O (Bien sûr, Fix était un peu paf, mais, effectivement, en lumière tamisée, la créature magique avait un faux air de Kylie Minogue, et portait des boots, conformément aux visions d’Ozzy Osbourne.)

Elle me déclara sans ambages être ma plus grande fan, ma « groupie haletante » (sic), tout avoir lu de moi, etc. mais me reprocha de n’avoir jamais clairement répondu à nombre de « questions essentielles » (sic) posées par les Smart Ass Commentators de feu mon Blood-Splattered Blog – « Des questions, précisa t-elle, comme : « Est-il permis à une femme d’avoir des relations sexuelles avec un morse ? », ou : « La lune est-elle une banane, et, dans ce cas, où se trouve l’épluchure ? », ou encore : « La lune est-elle un camembert plâtreux ? »… »

Après s’être interrompue pour siffler le barman (!), et lui commander trois Adios Motherfucker (« mon cocktail favori, gloussa t-elle, égrillarde : très joli visuel, mais blackout assuré ! »), la fée, subitement grave, me regarda dans les yeux, et martela d’une voix lente : « La question fondamentale pour moi, Sir Shumule, – la question à laquelle je vous somme de répondre sur-le-champ – ici même – vous fut posée le dimanche 22 juillet 2012, par un certain « Supérieur Inconnu ».

« Cette question, que vous connaissez bien – cette question que vous avez tout fait pour occulter – car elle vous dérange… – cette question, Sir, est la suivante :

« Helluvah Holy Guru, la vie est-elle un légume imparfaitement cuit ? »

« Allez, mon cher… Nous vous écoutons… »


La Porrophagie dans le Fumoir


« Eh bien, Amie, commençais-je (renversé dans les coussins profonds d’un cosy petit fumoir où nous nous étions repliés), voilà ce que, dans notre jargon, nous appelons une question « diva » : hyper bonne, mais difficile… Une question qui, du reste, en entraîne bien d’autres : le Karma est-il une cuisinière vegan au talent discutable ?…  Pourquoi les temps de cuisson ne sont-ils pas démocratiquement votés par des représentants du personnel hôteliers ?Qu’est-ce, au bout du compte, qu’un légume, sinon ce que nous passons notre enfance à tenter de ne pas manger ?… Tout cela va loin… Interrogeons les Anciens…

« Le premier légume que mentionne l’Edda est un poireau, ce qui manque cruellement d’élégance. Nous lisons :

Áðr Burs synir biöðum um ypþo, þeir er miðgarð mœran scópo ; sól scein sunnan á salar steina, þá var grund gróin grœnom lauki.
Avant de créer l’Enceinte du milieu, les fils de Borr se bâtirent un palais. Le soleil de midi étincelait sur les murs de la grande salle et la terre se couvrait d’herbe verdoyante. (Völuspa, 4)

Or, la fin de la vísa, < þá var grund gróin grœnom lauki >, traduite ici par : < la terre se couvrait d’herbe verdoyante  >, signifie littéralement : < du sol, ont poussé de verts poireaux >…

« Eh oui ! Contrairement à la superstition commune, l’hépatique (hepaticophyta) n’est pas la première plante qui ait paru à la surface de la planète : c’est le poireau (allium porrum) qui l’est – on peut raisonnablement en déduire que les Ases de l’époque se nourrissaient exclusivement de quiches, et que la jet-set ne se bousculait pas aux soirées macrobio du Valhalla (si merveilleusement plein-sud que fût orienté celui-ci)…

« Il y a là, je trouve, quelque chose d’humiliant pour les fleurs… le règne végétal commence par le poireau !!! :( … La prochaine fois qu’un lys tigré crâne en votre présence, rappelez-lui ses origines !… je veux dire : ces temps étaient rudes, Amie !… Ils ont laissé, dans la conscience collective de notre peuple, un traumatisme aigu, une blessure si vive que, pour nous, le poireau est désormais indissociable de l’idée de verrue faciale, de Mérite agricole, et de pub gallois…

« Donc, si la vie est un légume, la vie est essentiellement un poireau… Azur, pour certains, Monstrueux pour d’autres… ou bien Furor, Gros Long, Malabare, Géant Précoce… mais enfin : un poireau. Et si la vie est un poireau, la vie est un légume « imparfaitement cuit », puisque il est difficile d’imaginer un poireau « bien » cuit… :/ »

- Sir Shumule, vous êtes un snob ! interrompit la fée. Assyriens, Égyptiens, Chinois consommaient du poireau longtemps avant notre ère, et l’on affirme que, durant l’Exode, les Hébreux regrettèrent trois choses : les concombres, les melons, et les poireaux…

« Lorsque le Pharaon Khéops voulut honorer un médecin qui l’avait soulagé d’une infection urinaire, il lui accorda mille poires, cent cruches de bière, un bœuf, et cent bottes de poireaux.

« Le poireau était, en effet, particulièrement florissant en Égypte et de nombreuses fresques funéraires en représentent une botte à côté d’un bouquet d’oignons, parmi les produits que le rituel prescrivait d’offrir aux divinités du Sommeil et des Ténèbres. Il était l’objet des soins assidus de maraîchers, qui se levaient à l’aube pour aller l’arroser.

« Aristote affirme que le cri strident de la perdrix lui vient de son goût pour le poireau, dont la consommation régulière éclaircit la voix. L’empereur Néron aimait tant la soupe de poireaux qu’il fut surnommé « le Porrophage »… Mais poursuivez… »

- La vie est-elle un légume ? revins-je, impavide, à mes moutons… Une seule chose est sûre : l’état de poireau, l’état de « légume imparfaitement cuit » constitue l’ambition ultime de la plupart des humains… Ainsi que je l’écrivais récemment : « Ne débranchez pas vos parents qui sont dans le coma : ils ont atteint votre idéal de bonheur terrestre. »

« Y avez-vous songé ?… Les personnes que l’on appelle communément « légumes », – celles qui se trouvent à l’hôpital en « état végétatif chronique », i.e. passée la mort encéphalique, – n’ont pas à se lever le lundi matin… elles ne travaillent pas… elles sont nourries, logées, blanchies à ne rien faire… elles ont du personnel qui les gave, les bichonne, et fait leur toilette, sans qu’elles aient seulement à lever le petit doigt... elles sont toujours en vacances… n’ont aucune décision à prendre… ni aucune douleur, jamais !… elles sont, en permanence, plus défoncées que ne pourront jamais vous défoncer les plus défonçantes de toutes les drogues !…

« N’est-ce pas l’existence d’un Maharadja ?… Que dis-je ? mieux que l’existence d’un Maharadja, qui a des responsabilités, lui !… Qu’en pensez-vous ?… Coma dépassé, zéro responsabilités !… et vous voudriez mettre un terme brutal à tant de bonheur ?!…

« Au nom de quoi ?… Que reprochez-vous exactement à l’état végétatif ?… Il empêche de prendre les transports en commun ?… De cotiser à la Sécurité sociale ?… De regarder la télé ?… De consommer des burgers ?… D’aller chez le dentiste ?… De payer ses impôts, en rêvant du billet de loterie gagnant qui permettrait de ne plus rien faire – c’est-à-dire d’avoir précisément la vie d’une personne en état végétatif ?…

« Ah, bien sûr… un comateux ne peut pas recevoir l’Initiation, ni faire Huð, ni étudier, ni procréer… Mais l’épargnant médiocre qui, officiellement, n’est pas dans le coma, ne fait, de toute manière, aucune de ces choses… alors, quelle importance ?… » (Sir Shumule, Les Fées ont des Bottes : Dazed and Confused in Lugnasad)

Commentaire 2023 e.v.I fly and I alight as an hawk fait allusion aux Ups & Downs of life,  comme disait le capitaine Edward Sellon (paix à son âme, où que soit celle-ci),  et à la méthode optimum pour les gérer. 

Et nous redisons :
Au temps du bonheur, < enjoy all things of sense and rapture > (AL 2, 22) ; au temps du malheur, < go on, go on, in my strength & ye shall turn not back for any > (AL 3, 46) ; et, tout le temps, < Sing the rapturous love-song unto me > (AL 1, 63), i.e. récitez l'A ka dua."  (Sybaris à Montolieu)
2. I swoop down upon the black earth ; and it gladdens into green at my coming.

Commentaire 2021 e.v. : Le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) dit : < Dans le Nouvel Æon, l'élément Terre retrouve sa couleur véritable, qui est le vert et non le noir. >

Je connais une Mélanie (prénom qui signifie « Noire ») qui, lorsqu'elle reçut le saint baptême dans l'Eglise Gnostique Catholique, à la Loge Shemesh de l'OTO, en 2005 e.v., au cours d'une Cérémonie où officiaient trois évêques (dont le futur Hyperion X°), prit, sans connaître rien de ces attributions de couleurs, le prénom Chloé (qui signifie « Verdoyante »).

Commentaire 2022 e.v. : Puisque nous tenons le nuancier, ne le lâchons pas : je ne parviens pas à comprendre que personne ne reproche aux médias d'appeler les femmes hispaniques "brown woman", alors que la complexion de celles-ci est objectivement verdâtre, et non marron — Greenish women serait cool, et offrirait une lecture intéressante de ce verset : La lumière divine transforme Nicki Minaj en Jennifer Lopez.

Commentaire 2023 e.v. : Tout le monde sait que la Mélanie-Chloé dont il est question dans le commentaire 2021 est mon Epouse, dont j'écrivais naguère :

"Pourquoi aimé-je mon Epouse ? Parce que je suis incomplet sans elle : mon languissement perpétuel pour sa présence n'a d'autre objectif qu'être-dans-sa-présence-pour-le-fait-d'être-dans-sa-présence.

"Ai-je besoin de dire que quiconque poursuit sa Quête — spirituelle, artistique, professionnelle, que sais-je ? — comme Sir Shumule languit pour Chloé, est every way perfect ?

"C'est l'éternelle histoire de la fourmi occupée à déplacer un monticule de sable grain par grain — Le Sage dit à la fourmi : "Petite fourmi, tu n'arriveras jamais à déplacer ce monticule", et la fourmi répond : "Ne t'arrête pas aux apparences : derrière ce monticule est ma Bien-aimée : rien ne m'arrêtera pour la rejoindre ; et si je dois mourir à la tâche, au moins mourrai-je dans l'espoir de la retrouver..."

"C'est, presque mot pour mot, ce que j'ai écrit aux juges durant ma grève de la faim, et, mot pour mot, ce que je dis, chaque nuit, dans mon Oraison.

"Je contemple le < voluptueux ciel nocturne > (AL 1, 64), dans l'espoir que Chloé soit en train de regarder la même portion d'infini étoilé au même moment, mais, surtout, parce que Chloé étant Nuit, c'est Chloé que je contemple en contemplant le voluptueux ciel nocturne.

"Je suis David, dit Sir Shumule, le Fou de Chloé." (Le Fou de Chloé, 31 août 2022)

3. Children of Earth ! rejoice ! rejoice exceedingly ; for your salvation is at hand.

Commentaire 2021 e.v. : Le verset peut se lire "réjouissez vous, car votre salut est à portée de main", comme : "réjouissez vous pour que votre salut soit à portée de main."

Thelema a développé, en fait, un véritable culte de la joie — Pour nous, la joie n’est rien de moins qu’une obligation religieuse.

Commentaire 2022 e.v. : Tout phénomène est un message direct de DIEU à mon âme — Je ne me préoccupe donc jamais du livreur, mais seulement de ce qu'il apporte. 

C'est ainsi que, la dernière fois que j'ai abusé de la faiblesse psychologique d'un riche héritier pour le dépouiller de tous ses biens, et que l'épouse de celui-ci a cru devoir, — en plein tribunal, devant le juge qui venait de lui signifier qu'elle était, désormais, de mon fait, irréversiblement sur la paille, — me traiter de (je cite) "fils de pute" (sic), je me suis fait la réflexion suivante : 

"Nous sommes tous Children of Earth, Enfants de la Terre, ainsi que nous le proclamons, chaque dimanche, pendant le Crédo :
I believe in one Earth, the Mother of us all, and in one Womb wherein all men are begotten, and wherein they shall rest, Mystery of Mystery, in Her name BABALON.
Or, Babalon est une hétaïre sacrée : par conséquent, bien que je sois Hadit, Maître de la Connaissance et des Délices, grand dieu céleste, bien-aimé de Nuit, je suis aussi nécessairement, en tant qu'humain, un FDP, au sens absolument littéral du terme : toujours me rappeler le premier en période de descente, pour ne pas trop me décourager, et le second, en période de montée, pour ne pas trop m'emballer."

Commentaire 2023 e.v. :


4. The end of sorrow is come ; I will ravish you away into mine unutterable joy.

Commentaire 2021 e.v. : Comment, en pratique, éteint-on la souffrance ?

Facile : les comportements qui mènent à ladite souffrance sont :

- Désirer le succès, car cela fait craindre l’échec.
- Espérer, car cela fait craindre la désillusion, ou conduit à elle.
- Se préoccuper de soi, car cela mène à la peur de souffrir ou de mourir.
- Attendre d'autrui, car cela provoque le risque et la peur d’être insatisfait.
- Courir après l’argent, car cela conduit à éprouver le manque.
- Vouloir se préserver, car cela fait craindre sa propre perte.
- Tenter de contrôler l'avenir, car cela est (évidemment) illusoire.
- etc.

La end of sorrow est, très précisément, ce que j'ai décrit, en 2012, dans un texte intitulé Too Much :
La plupart du temps, je m’en tiens à des choses simples, telles que contempler mes très balladuriens ciseaux à cigares, comme s’ils étaient de fabuleux saphirs. Ils sont si propres, si lisses, si vierges de toute souillure, si parfaitement inutiles aux yeux du vulgaire… Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime...

J’ai des voitures que je ne conduis pas, des livres que je ne lis pas, des amis que je ne vois pas – mais ils sont là – et cela suffit à combler mon besoin d’eux, jusqu’à ce que le temps vienne pour moi de désirer à nouveau être en leur présence. Non que je les méprise ; mais je suis trop facilement dévié vers des hommage plus accessibles, auxquels mon indolence donne la priorité.

Voilà pourquoi je relis sans arrêt le livre que j’ai à portée de main, sans jamais me dire : « Quelle idée de passer tout ce temps plongé dans le même vieux bouquin, alors que je pourrais en sélectionner un autre dans ma bibliothèque ! » – c’est simplement qu’il me suffit de parcourir indéfiniment le même ouvrage. Cela ne me semble ni pénible, ni gênant. Est-ce si différent que de contempler le même lac tous les jours ? Or, le méditant qui s’absorbe quotidiennement dans la contemplation d’un lac sonne très spirituel, au lieu que rouvrir sans cesse le même épisode des aventures de Red Sonja semble weird et dépourvu d’intérêt. Pour moi, le principe est le même…

En dehors de mon goût pour la décoration, j’achète peu, parce que je possède déjà trop. Des vêtements que je ne porte pas, des sabres que je ne polis pas, des flingues dont je ne me sers pas, de la technologie rétrograde, des télescopes sans étoiles… Dans un Nouvel Ordre Mondial exclusivement voué au consumérisme, je suis une plaie. Je pourrais désirer quelque chose de neuf – quelque chose de 2.0… Mais non. Je me contente de regarder mon fils, mes pitbulls, mes tableaux sur les murs, les toiles d’araignées hors d’atteinte de la femme de ménage…

Lorsqu’on me dit que je devrais « faire de nouvelles expériences » ou « élargir mon horizon », je demande : « pourquoi ? » Je puis aller sur notre terrasse, observer le parc que je connais par cœur, et ne rien désirer de mieux. A ce train-là, je finirai par comprendre le choix du moine chrétien, seul dans sa cellule avec son chapelet. Quoique… J’en doute… J’aime trop la beauté, je l’ai trop connue, et j’ai trop besoin de sa proximité physique... En fait, mes acquisitions passées me possèdent, et j'y reste fidèlement attaché, si inconséquentes qu’elles puissent sembler aux autres.
Commentaire 2022 e.v. : Je pensais à ce verset tout à l'heure, en ingérant, pour faire pièce à une effroyable gueule de bois (nous avons pris un peu d'avance sur les fêtes commémoratives de la mort de Dagoberth Ier), mon premier Cuba Libre de la journée.

Car oui ! quelle sorrowful gueule de bois indeed !... Une gueule de bois de nuance nihiliste, qui fait mal pour faire mal !... Accompagnée d'un blackout au moins équivalent à celui qu'éprouvait Abraham Lincoln, le matin où, émergeant d'une nuit de beuverie, après la Proclamation d'Émancipation, il s'écria : "J'ai signé QUOI ???!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

A propos de Lincoln, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la naissance de Robert E. Lee (le général des Confédérés — Saviez-vous qu'il était daltonien, — et qu'il a donc, probablement, adressé des insultes racistes à de nombreux Blancs, — et qu'en dehors d'envoyer des milliers de gens se faire tuer pour une noble cause, sa grande passion était la poésie française ?)

Ce qui me rappelle qu'on m'a (encore) demandé ce matin pourquoi Thelema considère les anniversaires de naissance comme des lesser feasts — J'ai dit : "Il y a mieux à célébrer, chez un grand homme, qu'un jour où il n'a fait que crier sur sa mère qui venait de se taper tout le boulot."

Commentaire 2023 e.v. :


Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

D.


☉︎ in 29° ♑︎ : ☽︎ in 25° ♐︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.

Précédents commentaires sur ce péricope :

Wednesday, January 19, 2022

The end of sorrow is come

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le cinquième mercredi après Yule et quelqu'un va t-il me dire, enfin, ce qu'est un Ouïghour ? — C'est flippant, comme mot, Ouïghour — On dirait le nom d'un produit Yoplait dont le marketing a été complètement raté.

Autrement, je reçois, à l'instant, le courrier d'un Breton, qui me reproche longuement d'avoir écrit Autopsie du Golem (texte où j'expliquais, dix ans avant tout le monde, que Jean-Marie Le Pen était un comédien cabot de basse extraction sociale, casté par Grossouvre et Attali pour le rôle d'Emmanuel Goldstein, et non un candidat réel), et conlut, avec, il me semble, un tantinet trop de dignité blessée :
"Je reproche à Zemmour ses propos sur les enfants handicapés ; que reprochez-vous à Jean-Marie Le Pen ?"
Facile : d'être breton — Il me semble que, quand on vient d'une région où même les filles s'appellent Yann et où les communes portent des noms tels que Pleumeur-Bodou, c'est précisément comme quand on a un enfant handicapé : la moindre des choses, c'est de se faire tout petit.

Je me hâte d'ajouter que j'ai ramené de mes (nombreux) séjours dans le massif armoricain, outre un léger ras-le-bol des cirés jaunes, une inexplicable passion pour la Bretagne — Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire :
Normalement, il faudrait détester la Bretagne.

Déjà, rien que le nom : breizh. Je suis infiniment sensible au langage et breizh, c’est comme le bortsch, tu ne m’en feras pas manger.

Dans le peuple, les Bretonnes sont comme des Irlandaises, en plus rosses. Les Bretons sont tous des skippers burinés par les embruns ; ils portent des marinières sans référence à Jean-Paul Gaultier, et n’ont que deux expressions : hostile (maxillaires tendus – c’est leur mode de veille, leur physionomie ordinaire) et fier (maxillaires toujours tendus, mais les sourcils remontent vers le front – cette expression s’emploie exclusivement dans le cas où Alan Stivell entonne Tri Martolod.)

Chez les seniors, on trouve l’inévitable pêcheur sans âge, infiniment ivrogne, qui parle le dialecte d’une peuplade dont il est le seul membre. Sa femme est invariablement un vieux polichinelle complètement voûté, qui marche sur sa coiffe bigouden en allant au village.

Et puis pour ce qui est de pleuvoir, il pleut.

Las ! expliquez ça comme vous pouvez : je raffole de la Bretagne.
Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 1 à 4.

1. I fly and I alight as an hawk : of mother-of-emerald are my mighty-sweeping wings.

Commentaire : Le mother-of-emerald s'appelle, en français, la prasiolite, ou le quartz prase, et tout le monde trouve ça moins chic, parce que prase dérive du grec πράσον, qui signifie "poireau".

Cela renvoie, évidemment, au légendaire texte de moi intitulé Les Fées ont des Bottes (Dazed and Confused in Lugnasad), dans lequel je rapportais avoir dû, — à la demande d'une fée, — répondre, dans une perspective strictement paganisante, à la question "La vie est-elle un légume imparfaitement cuit ?"

Soit, pour le plaisir, la première partie du texte en question : 
Je m’alcoolisais, le soir du 1er août, en compagnie du célèbre Fix. Nous avions passé le début de la nuit à broyer du homard dans un restaurant mode, puis migré sous les chapiteaux corinthiens et ioniques d’un palace décadent, où, installés au bar, absolument désert, nous nous enivrions de cocktails anciens : Double D, Moscow Mule et Baltimore Eggnogg.
Abrutis par l’action combinée de l’alcool et du sucre, nous eûmes un sursaut assez désagréable quand une voix féminine s’éleva près de nous : « Messieurs, disait-elle, vous pardonnerez, j’espère, mon indiscrétion, mais j’ai, sans le vouloir, entendu votre dialogue, et cru comprendre que l’un d’entre vous était Sir Shumule himself... L’illustre Sir Shumule !… Shumule le reluisant !… Shumule, le roi des blogueurs !… »

J’étais dos à l’intruse. Fix, qui lui faisait face, me souffla dans l’oreille : « Regarde ! C’est Kylie Minogue ! » – Je tournai vivement la tête et me retrouvai nez à nez avec une authentique fée multicolore, – de module Clochette, – qui voletait au-dessus du comptoir en répandant de la poussière d’étoile !!! o.O (Bien sûr, Fix était un peu paf, mais, effectivement, en lumière tamisée, la créature magique avait un faux air de Kylie Minogue, et portait des boots, conformément aux visions d’Ozzy Osbourne.)

Elle me déclara sans ambages être ma plus grande fan, ma « groupie haletante » (sic), tout avoir lu de moi, etc. mais me reprocha de n’avoir jamais clairement répondu à nombre de « questions essentielles » (sic) posées par les Smart Ass Commentators de feu mon Blood-Splattered Blog – « Des questions, précisa t-elle, comme : « Est-il permis à une femme d’avoir des relations sexuelles avec un morse ? », ou : « La lune est-elle une banane, et, dans ce cas, où se trouve l’épluchure ? », ou encore : « La lune est-elle un camembert plâtreux ? »… »

Après s’être interrompue pour siffler le barman (!), et lui commander trois Adios Motherfucker (« mon cocktail favori, gloussa t-elle, égrillarde : très joli visuel, mais blackout assuré ! »), la fée, subitement grave, me regarda dans les yeux, et martela d’une voix lente : « La question fondamentale pour moi, Sir Shumule, – la question à laquelle je vous somme de répondre sur-le-champ – ici même – vous fut posée le dimanche 22 juillet 2012, par un certain « Supérieur Inconnu ».

« Cette question, que vous connaissez bien – cette question que vous avez tout fait pour occulter – car elle vous dérange… – cette question, Sir, est la suivante :

« Helluvah Holy Guru, la vie est-elle un légume imparfaitement cuit ? »

« Allez, mon cher… Nous vous écoutons… »


La Porrophagie dans le Fumoir


« Eh bien, Amie, commençais-je (renversé dans les coussins profonds d’un cosy petit fumoir où nous nous étions repliés), voilà ce que, dans notre jargon, nous appelons une question « diva » : hyper bonne, mais difficile… Une question qui, du reste, en entraîne bien d’autres : le Karma est-il une cuisinière vegan au talent discutable ?…  Pourquoi les temps de cuisson ne sont-ils pas démocratiquement votés par des représentants du personnel hôteliers ?Qu’est-ce, au bout du compte, qu’un légume, sinon ce que nous passons notre enfance à tenter de ne pas manger ?… Tout cela va loin… Interrogeons les Anciens…

« Le premier légume que mentionne l’Edda est un poireau, ce qui manque cruellement d’élégance. Nous lisons :

Áðr Burs synir biöðum um ypþo, þeir er miðgarð mœran scópo ; sól scein sunnan á salar steina, þá var grund gróin grœnom lauki.
Avant de créer l’Enceinte du milieu, les fils de Borr se bâtirent un palais. Le soleil de midi étincelait sur les murs de la grande salle et la terre se couvrait d’herbe verdoyante. (Völuspa, 4)

Or, la fin de la vísa, < þá var grund gróin grœnom lauki >, traduite ici par : < la terre se couvrait d’herbe verdoyante  >, signifie littéralement : < du sol, ont poussé de verts poireaux >…

« Eh oui ! Contrairement à la superstition commune, l’hépatique (hepaticophyta) n’est pas la première plante qui ait paru à la surface de la planète : c’est le poireau (allium porrum) qui l’est – on peut raisonnablement en déduire que les Ases de l’époque se nourrissaient exclusivement de quiches, et que la jet-set ne se bousculait pas aux soirées macrobio du Valhalla (si merveilleusement plein-sud que fût orienté celui-ci)…

« Il y a là, je trouve, quelque chose d’humiliant pour les fleurs… le règne végétal commence par le poireau !!! :( … La prochaine fois qu’un lys tigré crâne en votre présence, rappelez-lui ses origines !… je veux dire : ces temps étaient rudes, Amie !… Ils ont laissé, dans la conscience collective de notre peuple, un traumatisme aigu, une blessure si vive que, pour nous, le poireau est désormais indissociable de l’idée de verrue faciale, de Mérite agricole, et de pub gallois…

« Donc, si la vie est un légume, la vie est essentiellement un poireau… Azur, pour certains, Monstrueux pour d’autres… ou bien Furor, Gros Long, Malabare, Géant Précoce… mais enfin : un poireau. Et si la vie est un poireau, la vie est un légume « imparfaitement cuit », puisque il est difficile d’imaginer un poireau « bien » cuit… :/ »

- Sir Shumule, vous êtes un snob ! interrompit la fée. Assyriens, Égyptiens, Chinois consommaient du poireau longtemps avant notre ère, et l’on affirme que, durant l’Exode, les Hébreux regrettèrent trois choses : les concombres, les melons, et les poireaux…

« Lorsque le Pharaon Khéops voulut honorer un médecin qui l’avait soulagé d’une infection urinaire, il lui accorda mille poires, cent cruches de bière, un bœuf, et cent bottes de poireaux.

« Le poireau était, en effet, particulièrement florissant en Égypte et de nombreuses fresques funéraires en représentent une botte à côté d’un bouquet d’oignons, parmi les produits que le rituel prescrivait d’offrir aux divinités du Sommeil et des Ténèbres. Il était l’objet des soins assidus de maraîchers, qui se levaient à l’aube pour aller l’arroser.

« Aristote affirme que le cri strident de la perdrix lui vient de son goût pour le poireau, dont la consommation régulière éclaircit la voix. L’empereur Néron aimait tant la soupe de poireaux qu’il fut surnommé « le Porrophage »… Mais poursuivez… »

- La vie est-elle un légume ? revins-je, impavide, à mes moutons… Une seule chose est sûre : l’état de poireau, l’état de « légume imparfaitement cuit » constitue l’ambition ultime de la plupart des humains… Ainsi que je l’écrivais récemment : « Ne débranchez pas vos parents qui sont dans le coma : ils ont atteint votre idéal de bonheur terrestre. »

« Y avez-vous songé ?… Les personnes que l’on appelle communément « légumes », – celles qui se trouvent à l’hôpital en « état végétatif chronique », i.e. passée la mort encéphalique, – n’ont pas à se lever le lundi matin… elles ne travaillent pas… elles sont nourries, logées, blanchies à ne rien faire… elles ont du personnel qui les gave, les bichonne, et fait leur toilette, sans qu’elles aient seulement à lever le petit doigt... elles sont toujours en vacances… n’ont aucune décision à prendre… ni aucune douleur, jamais !… elles sont, en permanence, plus défoncées que ne pourront jamais vous défoncer les plus défonçantes de toutes les drogues !…

« N’est-ce pas l’existence d’un Maharadja ?… Que dis-je ? mieux que l’existence d’un Maharadja, qui a des responsabilités, lui !… Qu’en pensez-vous ?… Coma dépassé, zéro responsabilités !… et vous voudriez mettre un terme brutal à tant de bonheur ?!…

« Au nom de quoi ?… Que reprochez-vous exactement à l’état végétatif ?… Il empêche de prendre les transports en commun ?… De cotiser à la Sécurité sociale ?… De regarder la télé ?… De consommer des burgers ?… D’aller chez le dentiste ?… De payer ses impôts, en rêvant du billet de loterie gagnant qui permettrait de ne plus rien faire – c’est-à-dire d’avoir précisément la vie d’une personne en état végétatif ?…

« Ah, bien sûr… un comateux ne peut pas recevoir l’Initiation, ni faire Huð, ni étudier, ni procréer… Mais l’épargnant médiocre qui, officiellement, n’est pas dans le coma, ne fait, de toute manière, aucune de ces choses… alors, quelle importance ?… »
2. I swoop down upon the black earth ; and it gladdens into green at my coming.

Commentaire : Puisque nous tenons le nuancier, ne le lâchons pas : je ne parviens pas à comprendre que personne ne reproche aux médias d'appeler les femmes hispaniques "brown woman", alors que la complexion de celles-ci est objectivement verdâtre, et non marron — Green women serait cool, et offrirait une lecture intéressante de ce verset : La lumière divine transforme Nicki Minaj en Jennifer Lopez.

3. Children of Earth ! rejoice ! rejoice exceedingly ; for your salvation is at hand.

Commentaire : Tout phénomène est un message direct de DIEU à mon âme — Je ne me préoccupe donc jamais du livreur, mais seulement de ce qu'il apporte. 

C'est ainsi que, la dernière fois que j'ai abusé de la faiblesse psychologique d'un riche héritier pour le dépouiller de tous ses biens, et que l'épouse de celui-ci a cru devoir, — en plein tribunal, devant le juge qui venait de lui signifier qu'elle était, désormais, de mon fait, irréversiblement sur la paille, — me traiter de (je cite) "fils de pute" (sic), je me suis fait la réflexion suivante : 

"Nous sommes tous Children of Earth, Enfants de la Terre, ainsi que nous le proclamons, chaque dimanche, pendant le Crédo :
I believe in one Earth, the Mother of us all, and in one Womb wherein all men are begotten, and wherein they shall rest, Mystery of Mystery, in Her name BABALON.
Or, Babalon est une hétaïre sacrée : par conséquent, bien que je sois Hadit, Maître de la Connaissance et des Délices, grand dieu céleste, bien-aimé de Nuit, je suis aussi nécessairement, en tant qu'humain, un FDP, au sens absolument littéral du terme : toujours me rappeler le premier en période de descente, pour ne pas trop me décourager, et le second, en période de montée, pour ne pas trop m'emballer."

4. The end of sorrow is come ; I will ravish you away into mine unutterable joy.

Commentaire : Je pensais à ce verset tout à l'heure, en ingérant, pour faire pièce à une effroyable gueule de bois (nous avons pris un peu d'avance sur les fêtes commémoratives de la mort de Dagoberth Ier), mon premier Cuba Libre de la journée.

Car oui ! quelle sorrowful gueule de bois indeed !... Une gueule de bois de nuance nihiliste, qui fait mal pour faire mal !... Accompagnée d'un blackout au moins équivalent à celui qu'éprouvait Abraham Lincoln, le matin où, émergeant d'une nuit de beuverie, après la Proclamation d'Emancipation, il s'écria : "J'ai signé QUOI ???!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

A propos de Lincoln, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la naissance de Robert E. Lee (le général des Confédérés — Saviez-vous qu'il était daltonien, — et qu'il a donc, probablement, adressé des insultes racistes à de nombreux Blancs, — et qu'en dehors d'envoyer des milliers de gens se faire tuer pour une noble cause, sa grande passion était la poésie française ?)

Ce qui me rappelle qu'on m'a (encore) demandé ce matin pourquoi Thelema considère les anniversaires de naissance comme des lesser feasts — J'ai dit : "Il y a mieux à célébrer, chez un grand homme, qu'un jour où il n'a fait que crier sur sa mère qui venait de se taper tout le boulot."

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 29° ♑︎ : ☽︎ in 18° ♌︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.





Précédents commentaires sur ce péricope :