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Thursday, January 19, 2023

Unutterable Joy (Whom the gods love die young)

À l'ensemble du Club 27.

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.


Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 1 à 4.

Et, dans le cadre de notre inlassable séquence nostalgie, je me rappelle avoir, il y a un an, dû répondre vertement, lors de ce péricope, à un furibond, teigneux, vindicatif lecteur de Bretagne — Souvenez-vous : 

Je reçois, à l'instant, le courrier d'un Breton, qui me reproche longuement d'avoir écrit Autopsie du Golem (texte où j'expliquais, dix ans avant tout le monde, que Jean-Marie Le Pen était un comédien cabot de basse extraction sociale, casté par Grossouvre et Attali pour le rôle d'Emmanuel Goldstein, et non un candidat réel), et conclut, avec, il me semble, un tantinet trop de dignité blessée :
"Je reproche à Zemmour ses propos sur les enfants handicapés ; que reprochez-vous à Jean-Marie Le Pen ?"
Facile : d'être breton — Il me semble que, quand on vient d'une région où même les filles s'appellent Yann et où les communes portent des noms tels que Pleumeur-Bodou, c'est précisément comme quand on a un enfant handicapé : la moindre des choses, c'est de se faire tout petit.

Je me hâte d'ajouter que j'ai ramené de mes (nombreux) séjours dans le massif armoricain, outre un léger ras-le-bol des cirés jaunes, une inexplicable passion pour la Bretagne — Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire :
Normalement, il faudrait détester la Bretagne.

Déjà, rien que le nom : breizh. Je suis infiniment sensible au langage et breizh, c’est comme le bortsch, tu ne m’en feras pas manger.

Dans le peuple, les Bretonnes sont comme des Irlandaises, en plus rosses. Les Bretons sont tous des skippers burinés par les embruns ; ils portent des marinières sans référence à Jean-Paul Gaultier, et n’ont que deux expressions : hostile (maxillaires tendus – c’est leur mode de veille, leur physionomie ordinaire) et fier (maxillaires toujours tendus, mais les sourcils remontent vers le front – cette expression s’emploie exclusivement dans le cas où Alan Stivell entonne Tri Martolod.)

Chez les seniors, on trouve l’inévitable pêcheur sans âge, infiniment ivrogne, qui parle le dialecte d’une peuplade dont il est le seul membre. Sa femme est invariablement un vieux polichinelle complètement voûté, qui marche sur sa coiffe bigouden en allant au village.

Et puis pour ce qui est de pleuvoir, il pleut.

Las ! expliquez ça comme vous pouvez : je raffole de la Bretagne. (Sir Shumule, 
Totalement à l'Ouest, 2009)
— The end of sorrow is come, 19 janvier 2021.

Mais le 19 janvier est un jour un peu spécial... Je notais, dans mon Registre Magique, il y a deux ans :

"Aube est une temurah de Beau et c'était particulièrement observable dans le parc, ce matin.

"J'ai donné le Signe du Silence, pour empêcher qu'une pensée intrusive ne trouble, si peu que ce soit, mon émerveillement.

"Tout est là.

"Au plan blanc, les ratiocinations parasites vous font perdre votre Voie.

"Au plan rouge, la laideur, en pensée ou en acte, crée une effroyable disharmonie entre œuvre humaine et œuvre divine.

"Au plan noir, le monde est dans l'état que l'on sait, parce que la corruption spirituelle, intellectuelle et politique a fini par permettre à de vagues peuplades d'opprimer de grands peuples.

"Comprenez que, comme disaient nos aïeux, « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a » et qu'il est idiot d'en vouloir au termite de faire crouler l'arbre séculaire — c'est une droite ligne de Paul de Tarse à Pfizer.

"Le christianisme est l'injection qui a tué vos Sages et vous a neutralisé au plan magique — la république est l'injection qui a tué vos seigneurs et vous a neutralisé au plan religieux — le communisme est l'injection qui a tué vos bourgeois et vous a neutralisé au plan culturel — le globalisme est l'injection qui a tué votre lignée et vous a neutralisé au plan ethnique — le mRNA est l'injection qui va tuer jusqu'à votre ADN et vous neutraliser au plan génique.

"Le point positif, — comme disait ce militant « refugees welcome », après que les subsahariens qu'il avait clandestinement fait entrer en France eurent forcé sa porte et violé sa femme, — c'est qu'a priori, ils n'iront pas plus loin..."

Mais baste ! — Au texte :

1. I fly and I alight as an hawk : of mother-of-emerald are my mighty-sweeping wings.

Commentaire 2021 e.v. : J'ai rêvé, cette nuit, qu'un milan d'or veillait sur moi, ce qui est merveilleusement synchrone, et j'en accepte l'augure, bien que l'or soit, évidemment, beaucoup moins rare que la mother-of-emerald (prasiolite).

Commentaire 2022 e.v. : Le mother-of-emerald s'appelle, en français, la prasiolite, ou le quartz prase, et tout le monde trouve ça moins chic, parce que prase dérive du grec πράσον, qui signifie "poireau".

Cela renvoie, évidemment, au légendaire texte de moi intitulé Les Fées ont des Bottes (Dazed and Confused in Lugnasad), dans lequel je rapportais avoir dû, — à la demande d'une fée, — répondre, dans une perspective strictement paganisante, à la question "La vie est-elle un légume imparfaitement cuit ?"

Soit, pour le plaisir, la première partie du texte en question : 
Je m’alcoolisais, le soir du 1er août, en compagnie du célèbre Fix. Nous avions passé le début de la nuit à broyer du homard dans un restaurant mode, puis migré sous les chapiteaux corinthiens et ioniques d’un palace décadent, où, installés au bar, absolument désert, nous nous enivrions de cocktails anciens : Double D, Moscow Mule et Baltimore Eggnogg.
Abrutis par l’action combinée de l’alcool et du sucre, nous eûmes un sursaut assez désagréable quand une voix féminine s’éleva près de nous : « Messieurs, disait-elle, vous pardonnerez, j’espère, mon indiscrétion, mais j’ai, sans le vouloir, entendu votre dialogue, et cru comprendre que l’un d’entre vous était Sir Shumule himself... L’illustre Sir Shumule !… Shumule le reluisant !… Shumule, le roi des blogueurs !… »

J’étais dos à l’intruse. Fix, qui lui faisait face, me souffla dans l’oreille : « Regarde ! C’est Kylie Minogue ! » – Je tournai vivement la tête et me retrouvai nez à nez avec une authentique fée multicolore, – de module Clochette, – qui voletait au-dessus du comptoir en répandant de la poussière d’étoile !!! o.O (Bien sûr, Fix était un peu paf, mais, effectivement, en lumière tamisée, la créature magique avait un faux air de Kylie Minogue, et portait des boots, conformément aux visions d’Ozzy Osbourne.)

Elle me déclara sans ambages être ma plus grande fan, ma « groupie haletante » (sic), tout avoir lu de moi, etc. mais me reprocha de n’avoir jamais clairement répondu à nombre de « questions essentielles » (sic) posées par les Smart Ass Commentators de feu mon Blood-Splattered Blog – « Des questions, précisa t-elle, comme : « Est-il permis à une femme d’avoir des relations sexuelles avec un morse ? », ou : « La lune est-elle une banane, et, dans ce cas, où se trouve l’épluchure ? », ou encore : « La lune est-elle un camembert plâtreux ? »… »

Après s’être interrompue pour siffler le barman (!), et lui commander trois Adios Motherfucker (« mon cocktail favori, gloussa t-elle, égrillarde : très joli visuel, mais blackout assuré ! »), la fée, subitement grave, me regarda dans les yeux, et martela d’une voix lente : « La question fondamentale pour moi, Sir Shumule, – la question à laquelle je vous somme de répondre sur-le-champ – ici même – vous fut posée le dimanche 22 juillet 2012, par un certain « Supérieur Inconnu ».

« Cette question, que vous connaissez bien – cette question que vous avez tout fait pour occulter – car elle vous dérange… – cette question, Sir, est la suivante :

« Helluvah Holy Guru, la vie est-elle un légume imparfaitement cuit ? »

« Allez, mon cher… Nous vous écoutons… »


La Porrophagie dans le Fumoir


« Eh bien, Amie, commençais-je (renversé dans les coussins profonds d’un cosy petit fumoir où nous nous étions repliés), voilà ce que, dans notre jargon, nous appelons une question « diva » : hyper bonne, mais difficile… Une question qui, du reste, en entraîne bien d’autres : le Karma est-il une cuisinière vegan au talent discutable ?…  Pourquoi les temps de cuisson ne sont-ils pas démocratiquement votés par des représentants du personnel hôteliers ?Qu’est-ce, au bout du compte, qu’un légume, sinon ce que nous passons notre enfance à tenter de ne pas manger ?… Tout cela va loin… Interrogeons les Anciens…

« Le premier légume que mentionne l’Edda est un poireau, ce qui manque cruellement d’élégance. Nous lisons :

Áðr Burs synir biöðum um ypþo, þeir er miðgarð mœran scópo ; sól scein sunnan á salar steina, þá var grund gróin grœnom lauki.
Avant de créer l’Enceinte du milieu, les fils de Borr se bâtirent un palais. Le soleil de midi étincelait sur les murs de la grande salle et la terre se couvrait d’herbe verdoyante. (Völuspa, 4)

Or, la fin de la vísa, < þá var grund gróin grœnom lauki >, traduite ici par : < la terre se couvrait d’herbe verdoyante  >, signifie littéralement : < du sol, ont poussé de verts poireaux >…

« Eh oui ! Contrairement à la superstition commune, l’hépatique (hepaticophyta) n’est pas la première plante qui ait paru à la surface de la planète : c’est le poireau (allium porrum) qui l’est – on peut raisonnablement en déduire que les Ases de l’époque se nourrissaient exclusivement de quiches, et que la jet-set ne se bousculait pas aux soirées macrobio du Valhalla (si merveilleusement plein-sud que fût orienté celui-ci)…

« Il y a là, je trouve, quelque chose d’humiliant pour les fleurs… le règne végétal commence par le poireau !!! :( … La prochaine fois qu’un lys tigré crâne en votre présence, rappelez-lui ses origines !… je veux dire : ces temps étaient rudes, Amie !… Ils ont laissé, dans la conscience collective de notre peuple, un traumatisme aigu, une blessure si vive que, pour nous, le poireau est désormais indissociable de l’idée de verrue faciale, de Mérite agricole, et de pub gallois…

« Donc, si la vie est un légume, la vie est essentiellement un poireau… Azur, pour certains, Monstrueux pour d’autres… ou bien Furor, Gros Long, Malabare, Géant Précoce… mais enfin : un poireau. Et si la vie est un poireau, la vie est un légume « imparfaitement cuit », puisque il est difficile d’imaginer un poireau « bien » cuit… :/ »

- Sir Shumule, vous êtes un snob ! interrompit la fée. Assyriens, Égyptiens, Chinois consommaient du poireau longtemps avant notre ère, et l’on affirme que, durant l’Exode, les Hébreux regrettèrent trois choses : les concombres, les melons, et les poireaux…

« Lorsque le Pharaon Khéops voulut honorer un médecin qui l’avait soulagé d’une infection urinaire, il lui accorda mille poires, cent cruches de bière, un bœuf, et cent bottes de poireaux.

« Le poireau était, en effet, particulièrement florissant en Égypte et de nombreuses fresques funéraires en représentent une botte à côté d’un bouquet d’oignons, parmi les produits que le rituel prescrivait d’offrir aux divinités du Sommeil et des Ténèbres. Il était l’objet des soins assidus de maraîchers, qui se levaient à l’aube pour aller l’arroser.

« Aristote affirme que le cri strident de la perdrix lui vient de son goût pour le poireau, dont la consommation régulière éclaircit la voix. L’empereur Néron aimait tant la soupe de poireaux qu’il fut surnommé « le Porrophage »… Mais poursuivez… »

- La vie est-elle un légume ? revins-je, impavide, à mes moutons… Une seule chose est sûre : l’état de poireau, l’état de « légume imparfaitement cuit » constitue l’ambition ultime de la plupart des humains… Ainsi que je l’écrivais récemment : « Ne débranchez pas vos parents qui sont dans le coma : ils ont atteint votre idéal de bonheur terrestre. »

« Y avez-vous songé ?… Les personnes que l’on appelle communément « légumes », – celles qui se trouvent à l’hôpital en « état végétatif chronique », i.e. passée la mort encéphalique, – n’ont pas à se lever le lundi matin… elles ne travaillent pas… elles sont nourries, logées, blanchies à ne rien faire… elles ont du personnel qui les gave, les bichonne, et fait leur toilette, sans qu’elles aient seulement à lever le petit doigt... elles sont toujours en vacances… n’ont aucune décision à prendre… ni aucune douleur, jamais !… elles sont, en permanence, plus défoncées que ne pourront jamais vous défoncer les plus défonçantes de toutes les drogues !…

« N’est-ce pas l’existence d’un Maharadja ?… Que dis-je ? mieux que l’existence d’un Maharadja, qui a des responsabilités, lui !… Qu’en pensez-vous ?… Coma dépassé, zéro responsabilités !… et vous voudriez mettre un terme brutal à tant de bonheur ?!…

« Au nom de quoi ?… Que reprochez-vous exactement à l’état végétatif ?… Il empêche de prendre les transports en commun ?… De cotiser à la Sécurité sociale ?… De regarder la télé ?… De consommer des burgers ?… D’aller chez le dentiste ?… De payer ses impôts, en rêvant du billet de loterie gagnant qui permettrait de ne plus rien faire – c’est-à-dire d’avoir précisément la vie d’une personne en état végétatif ?…

« Ah, bien sûr… un comateux ne peut pas recevoir l’Initiation, ni faire Huð, ni étudier, ni procréer… Mais l’épargnant médiocre qui, officiellement, n’est pas dans le coma, ne fait, de toute manière, aucune de ces choses… alors, quelle importance ?… » (Sir Shumule, Les Fées ont des Bottes : Dazed and Confused in Lugnasad)

Commentaire 2023 e.v.I fly and I alight as an hawk fait allusion aux Ups & Downs of life,  comme disait le capitaine Edward Sellon (paix à son âme, où que soit celle-ci),  et à la méthode optimum pour les gérer. 

Et nous redisons :
Au temps du bonheur, < enjoy all things of sense and rapture > (AL 2, 22) ; au temps du malheur, < go on, go on, in my strength & ye shall turn not back for any > (AL 3, 46) ; et, tout le temps, < Sing the rapturous love-song unto me > (AL 1, 63), i.e. récitez l'A ka dua."  (Sybaris à Montolieu)
2. I swoop down upon the black earth ; and it gladdens into green at my coming.

Commentaire 2021 e.v. : Le Maître Therion (qu'il soit béni et vénéré) dit : < Dans le Nouvel Æon, l'élément Terre retrouve sa couleur véritable, qui est le vert et non le noir. >

Je connais une Mélanie (prénom qui signifie « Noire ») qui, lorsqu'elle reçut le saint baptême dans l'Eglise Gnostique Catholique, à la Loge Shemesh de l'OTO, en 2005 e.v., au cours d'une Cérémonie où officiaient trois évêques (dont le futur Hyperion X°), prit, sans connaître rien de ces attributions de couleurs, le prénom Chloé (qui signifie « Verdoyante »).

Commentaire 2022 e.v. : Puisque nous tenons le nuancier, ne le lâchons pas : je ne parviens pas à comprendre que personne ne reproche aux médias d'appeler les femmes hispaniques "brown woman", alors que la complexion de celles-ci est objectivement verdâtre, et non marron — Greenish women serait cool, et offrirait une lecture intéressante de ce verset : La lumière divine transforme Nicki Minaj en Jennifer Lopez.

Commentaire 2023 e.v. : Tout le monde sait que la Mélanie-Chloé dont il est question dans le commentaire 2021 est mon Epouse, dont j'écrivais naguère :

"Pourquoi aimé-je mon Epouse ? Parce que je suis incomplet sans elle : mon languissement perpétuel pour sa présence n'a d'autre objectif qu'être-dans-sa-présence-pour-le-fait-d'être-dans-sa-présence.

"Ai-je besoin de dire que quiconque poursuit sa Quête — spirituelle, artistique, professionnelle, que sais-je ? — comme Sir Shumule languit pour Chloé, est every way perfect ?

"C'est l'éternelle histoire de la fourmi occupée à déplacer un monticule de sable grain par grain — Le Sage dit à la fourmi : "Petite fourmi, tu n'arriveras jamais à déplacer ce monticule", et la fourmi répond : "Ne t'arrête pas aux apparences : derrière ce monticule est ma Bien-aimée : rien ne m'arrêtera pour la rejoindre ; et si je dois mourir à la tâche, au moins mourrai-je dans l'espoir de la retrouver..."

"C'est, presque mot pour mot, ce que j'ai écrit aux juges durant ma grève de la faim, et, mot pour mot, ce que je dis, chaque nuit, dans mon Oraison.

"Je contemple le < voluptueux ciel nocturne > (AL 1, 64), dans l'espoir que Chloé soit en train de regarder la même portion d'infini étoilé au même moment, mais, surtout, parce que Chloé étant Nuit, c'est Chloé que je contemple en contemplant le voluptueux ciel nocturne.

"Je suis David, dit Sir Shumule, le Fou de Chloé." (Le Fou de Chloé, 31 août 2022)

3. Children of Earth ! rejoice ! rejoice exceedingly ; for your salvation is at hand.

Commentaire 2021 e.v. : Le verset peut se lire "réjouissez vous, car votre salut est à portée de main", comme : "réjouissez vous pour que votre salut soit à portée de main."

Thelema a développé, en fait, un véritable culte de la joie — Pour nous, la joie n’est rien de moins qu’une obligation religieuse.

Commentaire 2022 e.v. : Tout phénomène est un message direct de DIEU à mon âme — Je ne me préoccupe donc jamais du livreur, mais seulement de ce qu'il apporte. 

C'est ainsi que, la dernière fois que j'ai abusé de la faiblesse psychologique d'un riche héritier pour le dépouiller de tous ses biens, et que l'épouse de celui-ci a cru devoir, — en plein tribunal, devant le juge qui venait de lui signifier qu'elle était, désormais, de mon fait, irréversiblement sur la paille, — me traiter de (je cite) "fils de pute" (sic), je me suis fait la réflexion suivante : 

"Nous sommes tous Children of Earth, Enfants de la Terre, ainsi que nous le proclamons, chaque dimanche, pendant le Crédo :
I believe in one Earth, the Mother of us all, and in one Womb wherein all men are begotten, and wherein they shall rest, Mystery of Mystery, in Her name BABALON.
Or, Babalon est une hétaïre sacrée : par conséquent, bien que je sois Hadit, Maître de la Connaissance et des Délices, grand dieu céleste, bien-aimé de Nuit, je suis aussi nécessairement, en tant qu'humain, un FDP, au sens absolument littéral du terme : toujours me rappeler le premier en période de descente, pour ne pas trop me décourager, et le second, en période de montée, pour ne pas trop m'emballer."

Commentaire 2023 e.v. :


4. The end of sorrow is come ; I will ravish you away into mine unutterable joy.

Commentaire 2021 e.v. : Comment, en pratique, éteint-on la souffrance ?

Facile : les comportements qui mènent à ladite souffrance sont :

- Désirer le succès, car cela fait craindre l’échec.
- Espérer, car cela fait craindre la désillusion, ou conduit à elle.
- Se préoccuper de soi, car cela mène à la peur de souffrir ou de mourir.
- Attendre d'autrui, car cela provoque le risque et la peur d’être insatisfait.
- Courir après l’argent, car cela conduit à éprouver le manque.
- Vouloir se préserver, car cela fait craindre sa propre perte.
- Tenter de contrôler l'avenir, car cela est (évidemment) illusoire.
- etc.

La end of sorrow est, très précisément, ce que j'ai décrit, en 2012, dans un texte intitulé Too Much :
La plupart du temps, je m’en tiens à des choses simples, telles que contempler mes très balladuriens ciseaux à cigares, comme s’ils étaient de fabuleux saphirs. Ils sont si propres, si lisses, si vierges de toute souillure, si parfaitement inutiles aux yeux du vulgaire… Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime...

J’ai des voitures que je ne conduis pas, des livres que je ne lis pas, des amis que je ne vois pas – mais ils sont là – et cela suffit à combler mon besoin d’eux, jusqu’à ce que le temps vienne pour moi de désirer à nouveau être en leur présence. Non que je les méprise ; mais je suis trop facilement dévié vers des hommage plus accessibles, auxquels mon indolence donne la priorité.

Voilà pourquoi je relis sans arrêt le livre que j’ai à portée de main, sans jamais me dire : « Quelle idée de passer tout ce temps plongé dans le même vieux bouquin, alors que je pourrais en sélectionner un autre dans ma bibliothèque ! » – c’est simplement qu’il me suffit de parcourir indéfiniment le même ouvrage. Cela ne me semble ni pénible, ni gênant. Est-ce si différent que de contempler le même lac tous les jours ? Or, le méditant qui s’absorbe quotidiennement dans la contemplation d’un lac sonne très spirituel, au lieu que rouvrir sans cesse le même épisode des aventures de Red Sonja semble weird et dépourvu d’intérêt. Pour moi, le principe est le même…

En dehors de mon goût pour la décoration, j’achète peu, parce que je possède déjà trop. Des vêtements que je ne porte pas, des sabres que je ne polis pas, des flingues dont je ne me sers pas, de la technologie rétrograde, des télescopes sans étoiles… Dans un Nouvel Ordre Mondial exclusivement voué au consumérisme, je suis une plaie. Je pourrais désirer quelque chose de neuf – quelque chose de 2.0… Mais non. Je me contente de regarder mon fils, mes pitbulls, mes tableaux sur les murs, les toiles d’araignées hors d’atteinte de la femme de ménage…

Lorsqu’on me dit que je devrais « faire de nouvelles expériences » ou « élargir mon horizon », je demande : « pourquoi ? » Je puis aller sur notre terrasse, observer le parc que je connais par cœur, et ne rien désirer de mieux. A ce train-là, je finirai par comprendre le choix du moine chrétien, seul dans sa cellule avec son chapelet. Quoique… J’en doute… J’aime trop la beauté, je l’ai trop connue, et j’ai trop besoin de sa proximité physique... En fait, mes acquisitions passées me possèdent, et j'y reste fidèlement attaché, si inconséquentes qu’elles puissent sembler aux autres.
Commentaire 2022 e.v. : Je pensais à ce verset tout à l'heure, en ingérant, pour faire pièce à une effroyable gueule de bois (nous avons pris un peu d'avance sur les fêtes commémoratives de la mort de Dagoberth Ier), mon premier Cuba Libre de la journée.

Car oui ! quelle sorrowful gueule de bois indeed !... Une gueule de bois de nuance nihiliste, qui fait mal pour faire mal !... Accompagnée d'un blackout au moins équivalent à celui qu'éprouvait Abraham Lincoln, le matin où, émergeant d'une nuit de beuverie, après la Proclamation d'Émancipation, il s'écria : "J'ai signé QUOI ???!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

A propos de Lincoln, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la naissance de Robert E. Lee (le général des Confédérés — Saviez-vous qu'il était daltonien, — et qu'il a donc, probablement, adressé des insultes racistes à de nombreux Blancs, — et qu'en dehors d'envoyer des milliers de gens se faire tuer pour une noble cause, sa grande passion était la poésie française ?)

Ce qui me rappelle qu'on m'a (encore) demandé ce matin pourquoi Thelema considère les anniversaires de naissance comme des lesser feasts — J'ai dit : "Il y a mieux à célébrer, chez un grand homme, qu'un jour où il n'a fait que crier sur sa mère qui venait de se taper tout le boulot."

Commentaire 2023 e.v. :


Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

D.


☉︎ in 29° ♑︎ : ☽︎ in 25° ♐︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.

Précédents commentaires sur ce péricope :

Monday, January 9, 2023

Semper Ebrius, Semper Erectus, Semper Felix (Dazed and Confused in Southern France)

À James Patrick Page.


Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

"I’m attracted by the unknown, but I take precautions." — Jimmy Page

"Shumule est un crétin." — Muku


5. Thou art tossed about in the grip of the storm for an aeon and an aeon and an aeon. But thou givest not thy sap ; thou fallest not.

Commentaire 2022 e.v. : Renvoie à notre chère vieille devise dilettanti : Semper Ebrius, Semper Erectus, Semper Felix.

Plus récemment, le principe de Sex Magick auquel fait allusion ce verset 5 m'a inspiré la réflexion suivante, en forme de dialogue :

"– A l'heure où les subtils arcanes de l'eroto-comatose lucidity sont instinctivement, et par inadvertance, découverts par les « pornosexuels » qui s'exercent au gooning, il n'est pas forcément inutile de rappeler qu'il s'agit, avant tout, d'une discipline sacrée...

"– Pensez-vous ! Spontanément, les gooners appellent leurs pornstars favorites des « Goddesses »..." (Orphée aux Enfers)

Commentaire 2023 e.v. : En fait de thou givest not thy sap, je cite mon Registre Magique en date du 7 décembre 2020  : 

"Excellente question d'un correspondant ami sur l'interdiction, formulée dans le Livre des Morts, de "cesser d'être chaste dans la solitude" : Cela veut-il dire que toute pollution hors d'un vagin est porteuse d'impureté rituelle ?

"Réponse : Techniquement, toute "semence répandue en vain" produit des qlipoth, mais il n'y a impossibilité d'opérer magiquement que si la pollution a été produite volontairement et dans la solitude.

"Exemple 1 : La première fois que je suis tombé sur le clip vidéo Hopscotch de Tinashe, j'ai instantanément, — comme tout individu de sexe mâle sain de corps et d'esprit en de telles circonstances, — explosé dans mon pantalon. La deuxième fois aussi. Suis-je rituellement impur ? Non, car ces explosions étaient involontaires. Si, en revanche, désormais conscient du risque encouru résultat inévitable, je vais volontairement revisionner la chose, il y a impureté rituelle.

"Exemple 2 : J'ai raconté, autrefois, une mésaventure à moi advenue dans un cyber-café :

"Je déambulais sur You Tube... Je tombe sur un clip extraordinairement sexy... [Kylie Minogue : Can't get you out of my Head] ... 

"Ce clip détermine chez moi une érection immédiate, maximale, douloureuse... 

"Que faire ?... Impossible de marcher jusqu'à la sortie, ou alors au pas de l'oie, et même : on croira que je tente de voler un parapluie, ou quelque chose comme ça... 

"Or je raidis toujours, et me sens au bord de la nécrose des tissus... Une seule solution : un coup de poignet, ni vu, ni connu, dans la poche et, comme on dit, tout pour le pressing... 

"Bon. Je repasse le clip, et commence l'opération avec la discrétion qu'impose un cyber-café surbondé... 

"Seulement, voilà : l'orgasme qui monte s'annonce énorme... dévastateur... in-vrai-sem-blable... 

"Je m'apprête, en somme, toujours impassible, à prendre le pied de ma vie... tout en redoutant que la violence de la chose ne troue mon pantalon... puis balaie toute la clientèle du café, tel un karcher géant... puis couche les pylônes et les abribus dans la rue... 

"L'"apnée annonciatrice" s'enclenche... la pression monte... monte... prodigieuse... et, à l'instant précis du pic orgasmique — j'insiste : à l'instant précis où je touche au bonheur — le clip finit, la playlist enchaîne et Alain Souchon surgit sur mon écran." (Cour secrète des Roués)

"Ici, je suis fautif, bien qu'il n'y ait pas, à proprement parler, solitude.

"Exemple 3 : Cas plus litigieux : Un type que je déteste (je le hais, je le hais, mais qu'est-ce que je le hais !!!!!) me racontait, un soir, dans un bar à cocktails, l'intégralité de ses ébats avec une fille qui m'avait mis un râteau cuisant.

"Je soupçonnais, bien sûr, mon interlocuteur de forcer, à dessein, la note pittoresque de son récit, à la seule fin de me mortifier...

"Mais, hélas ! rien à faire : c'est l'effet Blac Chyna (mon cerveau dit "c'est monstrueux" mais ma queue dit " je suis une batte de base-ball louisville-slugger de 42 pouces en alliage, monstrueuse également") — Il a fallu, pour des raisons de décence évidentes, que je file aux toilettes faire (furieusement) passer le violent priapisme que les détails de sa narration avaient provoqué chez moi.

"Ici, nous mesurons l'amoralité des prescriptions magiques : j'ai été socialement contraint à la chose, par un incident indépendant de ma volonté, et c'est pourtant moi qui suis en faute — Very unfair, comme dirait Trump." (☉︎ in 15° ♐︎)

6. Only in the end shalt thou give up thy sap when the great God F.I.A.T. is enthroned on the day of Be-With-Us.

Commentaire 2022 e.v. : Si le prince est toujours futile et inconséquent pendant les fins du monde, c'est qu'il perçoit d'instinct la vertu que dissimule la frivolité — Elle est une manière de braver le destin et même de le conjurer.

J'écrivais, en 2011 e.v., dans un texte intitulé Des Civilisations :

"De même que l’automne a des couleurs exquises, les périodes de décadence ont des aspects rigolos ; car, dans l’espoir de raviver la flamme déclinante, on est capable d’à peu prés toutes les perversions, ce qui est très amusant… Voilà pourquoi Baudelaire saluait, dans le dandysme, un « soleil couchant » : le dandysme du XIXème siècle était, pour les âmes nobles, une tentative désespérée de faire revivre l’énergie, le panache, les couleurs barbares dans l’ennui mercantile et les valeurs homaisques de la société industrielle décadente. Mais pour chatoyant qu’il soit, l’éclat crépusculaire de l’automne mène droit au Scorpion, c'est-à-dire à la putréfaction, aux marécages et à la mort."

Commentaire 2023 e.v. : S'il y a bien une chose à déduire de la formule Be-With-Us, c'est que seul le secours que l'on reçoit au moment du malheur, et non les louanges que l'on reçoit au moment du bonheur, importe réellement.

Je dis ca parce qu'un résidu québécois de sous-humanité, — qui signe "Pagan Troop" et qui, après avoir largement, gratuitement, bénéficié, pendant dix années, de mes enseignements, a ignoblement trahi dès 2018 (i.e. dès que les services de renseignements ont commencé à m'agripper aux mollets), — vient de m'écrire qu'il aimerait bien que je recommence à donner des cours sur l'Edda...

Et étais-tu, immonde vermisseau suintant la peur, quand les enseignements que tu parasites depuis plus d'une décennie m'ont valu d'être privé de ma famille, de ma maison, de l'ensemble de mes biens, et enfermé, sans jugement, pendant quatre mois ? 

Va donc te faire enculer par un caribou, dans du sirop d'érable, avec Isabelle Boulay en fond sonore : que soient détruits tous les traîtres (AL 3, 42) et méprisés tous les déserteurs (AL 3, 57)  mais que ceux qui ont été-avec-moi au temps de l'épreuve soient < gathered together into a glowing heart, as Ra that gathereth his clouds about Him at eventide into a molten sea of Joy > (Cordis 5, 64).

7. For two things are done and a third thing is begun. Isis and Osiris are given over to incest and adultery. Horus leaps up thrice armed from the womb of his mother. Harpocrates his twin is hidden within him. SET is his holy covenant, that he shall display in the great day of M.A.A.T., that is being interpreted the Master of the Temple of A.'. A.'., whose name is Truth.

Commentaire 2022 e.v. : L'arcane de l'alliance (covenant) entre le dieu borgne, porteur de sainteté, et l'élément perturbateur eunuque a été très diversement représenté dans le monde — C'est ainsi que les Prêtres du Nord transposent en vieillard sinistre ce qui est, à Héliopolis, un enfant joyeux, et que l'Edda fait un token gay guy, — genre larbin sournois, rouquin, visqueux, natif du Cancer, horripilant comme un frère cadet inverti collant, — de la force que l'Egypte symbolise par un oryctérope.

Commentaire 2023 e.v. : La M.A.A.T, l'Harmonie sur laquelle est établi l'Ordre divin des choses, et dont le reflet, dans la Cité, est la Justice !

Par exemple, l'organisation de la Grande Persécution de l'An Vviii eut, en guise de "juge d'instruction", l'avorton arabe antisémite en forme de sapajou nommé Anthony "Abu" Miraoui, ce qui confirme, à l'évidence, notre commentaire 2022 : l'élément perturbateur de la M.A.A.T est toujours un eunuque.

8. Now in this is the magical power known.

Commentaire 2022 e.v. : Frater IAO 131 écrit de ce verset :

In the conjunction of two (known as "Love" in Thelema) to make a third, so that "two things are done and a third thing is begun" is the formula — also known in Thelema as "love under will" (AL 1, 57).

Or, j'ai donné, de love under will, la définition suivante : "
Le principe de l'art pour l'art appliqué à l'amour : aimer pour le fait d'aimer, délibérément, volontairement et sans affect." (Parabole du Roi Atlante)

En clair, love ne suffit pas, il faut love under will — Je veux dire : nul besoin d'avoir recours à une ascèse ultra maximaliste pour parvenir à tomber amoureux de Zendaya Coleman (f*** you, Tom Holland), mais il faut, en revanche, une vraie vision d'artiste (œil droit), pour supporter, comme associé, un token gay guy, genre larbin sournois, rouquin, visqueux, natif du Cancer, horripilant comme un frère cadet inverti collant, et qui a l'âme d'un oryctérope.

Tel est le sort de l'homme ici-bas : son Puer Æternus a conclu un pacte faustien avec Choronzon, et il doit, malgré cela, maintenir la barque solaire à flot.

Commentaire 2023 e.v. : "I don't really want to go on about my personal beliefs or my involvement in magic. I'm not interested in turning anybody on to anybody that I'm turned on to. If people want to find things, they find them themselves.— Jimmy Page

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre et partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

D. 


☉︎ in 18° ♑︎ : ☽︎ in 16° ♌︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Tossed ! (2022)

Wednesday, January 19, 2022

The end of sorrow is come

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le cinquième mercredi après Yule et quelqu'un va t-il me dire, enfin, ce qu'est un Ouïghour ? — C'est flippant, comme mot, Ouïghour — On dirait le nom d'un produit Yoplait dont le marketing a été complètement raté.

Autrement, je reçois, à l'instant, le courrier d'un Breton, qui me reproche longuement d'avoir écrit Autopsie du Golem (texte où j'expliquais, dix ans avant tout le monde, que Jean-Marie Le Pen était un comédien cabot de basse extraction sociale, casté par Grossouvre et Attali pour le rôle d'Emmanuel Goldstein, et non un candidat réel), et conlut, avec, il me semble, un tantinet trop de dignité blessée :
"Je reproche à Zemmour ses propos sur les enfants handicapés ; que reprochez-vous à Jean-Marie Le Pen ?"
Facile : d'être breton — Il me semble que, quand on vient d'une région où même les filles s'appellent Yann et où les communes portent des noms tels que Pleumeur-Bodou, c'est précisément comme quand on a un enfant handicapé : la moindre des choses, c'est de se faire tout petit.

Je me hâte d'ajouter que j'ai ramené de mes (nombreux) séjours dans le massif armoricain, outre un léger ras-le-bol des cirés jaunes, une inexplicable passion pour la Bretagne — Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire :
Normalement, il faudrait détester la Bretagne.

Déjà, rien que le nom : breizh. Je suis infiniment sensible au langage et breizh, c’est comme le bortsch, tu ne m’en feras pas manger.

Dans le peuple, les Bretonnes sont comme des Irlandaises, en plus rosses. Les Bretons sont tous des skippers burinés par les embruns ; ils portent des marinières sans référence à Jean-Paul Gaultier, et n’ont que deux expressions : hostile (maxillaires tendus – c’est leur mode de veille, leur physionomie ordinaire) et fier (maxillaires toujours tendus, mais les sourcils remontent vers le front – cette expression s’emploie exclusivement dans le cas où Alan Stivell entonne Tri Martolod.)

Chez les seniors, on trouve l’inévitable pêcheur sans âge, infiniment ivrogne, qui parle le dialecte d’une peuplade dont il est le seul membre. Sa femme est invariablement un vieux polichinelle complètement voûté, qui marche sur sa coiffe bigouden en allant au village.

Et puis pour ce qui est de pleuvoir, il pleut.

Las ! expliquez ça comme vous pouvez : je raffole de la Bretagne.
Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Tzaddi vel Hamus Hermeticus sub figurâ XC, versets 1 à 4.

1. I fly and I alight as an hawk : of mother-of-emerald are my mighty-sweeping wings.

Commentaire : Le mother-of-emerald s'appelle, en français, la prasiolite, ou le quartz prase, et tout le monde trouve ça moins chic, parce que prase dérive du grec πράσον, qui signifie "poireau".

Cela renvoie, évidemment, au légendaire texte de moi intitulé Les Fées ont des Bottes (Dazed and Confused in Lugnasad), dans lequel je rapportais avoir dû, — à la demande d'une fée, — répondre, dans une perspective strictement paganisante, à la question "La vie est-elle un légume imparfaitement cuit ?"

Soit, pour le plaisir, la première partie du texte en question : 
Je m’alcoolisais, le soir du 1er août, en compagnie du célèbre Fix. Nous avions passé le début de la nuit à broyer du homard dans un restaurant mode, puis migré sous les chapiteaux corinthiens et ioniques d’un palace décadent, où, installés au bar, absolument désert, nous nous enivrions de cocktails anciens : Double D, Moscow Mule et Baltimore Eggnogg.
Abrutis par l’action combinée de l’alcool et du sucre, nous eûmes un sursaut assez désagréable quand une voix féminine s’éleva près de nous : « Messieurs, disait-elle, vous pardonnerez, j’espère, mon indiscrétion, mais j’ai, sans le vouloir, entendu votre dialogue, et cru comprendre que l’un d’entre vous était Sir Shumule himself... L’illustre Sir Shumule !… Shumule le reluisant !… Shumule, le roi des blogueurs !… »

J’étais dos à l’intruse. Fix, qui lui faisait face, me souffla dans l’oreille : « Regarde ! C’est Kylie Minogue ! » – Je tournai vivement la tête et me retrouvai nez à nez avec une authentique fée multicolore, – de module Clochette, – qui voletait au-dessus du comptoir en répandant de la poussière d’étoile !!! o.O (Bien sûr, Fix était un peu paf, mais, effectivement, en lumière tamisée, la créature magique avait un faux air de Kylie Minogue, et portait des boots, conformément aux visions d’Ozzy Osbourne.)

Elle me déclara sans ambages être ma plus grande fan, ma « groupie haletante » (sic), tout avoir lu de moi, etc. mais me reprocha de n’avoir jamais clairement répondu à nombre de « questions essentielles » (sic) posées par les Smart Ass Commentators de feu mon Blood-Splattered Blog – « Des questions, précisa t-elle, comme : « Est-il permis à une femme d’avoir des relations sexuelles avec un morse ? », ou : « La lune est-elle une banane, et, dans ce cas, où se trouve l’épluchure ? », ou encore : « La lune est-elle un camembert plâtreux ? »… »

Après s’être interrompue pour siffler le barman (!), et lui commander trois Adios Motherfucker (« mon cocktail favori, gloussa t-elle, égrillarde : très joli visuel, mais blackout assuré ! »), la fée, subitement grave, me regarda dans les yeux, et martela d’une voix lente : « La question fondamentale pour moi, Sir Shumule, – la question à laquelle je vous somme de répondre sur-le-champ – ici même – vous fut posée le dimanche 22 juillet 2012, par un certain « Supérieur Inconnu ».

« Cette question, que vous connaissez bien – cette question que vous avez tout fait pour occulter – car elle vous dérange… – cette question, Sir, est la suivante :

« Helluvah Holy Guru, la vie est-elle un légume imparfaitement cuit ? »

« Allez, mon cher… Nous vous écoutons… »


La Porrophagie dans le Fumoir


« Eh bien, Amie, commençais-je (renversé dans les coussins profonds d’un cosy petit fumoir où nous nous étions repliés), voilà ce que, dans notre jargon, nous appelons une question « diva » : hyper bonne, mais difficile… Une question qui, du reste, en entraîne bien d’autres : le Karma est-il une cuisinière vegan au talent discutable ?…  Pourquoi les temps de cuisson ne sont-ils pas démocratiquement votés par des représentants du personnel hôteliers ?Qu’est-ce, au bout du compte, qu’un légume, sinon ce que nous passons notre enfance à tenter de ne pas manger ?… Tout cela va loin… Interrogeons les Anciens…

« Le premier légume que mentionne l’Edda est un poireau, ce qui manque cruellement d’élégance. Nous lisons :

Áðr Burs synir biöðum um ypþo, þeir er miðgarð mœran scópo ; sól scein sunnan á salar steina, þá var grund gróin grœnom lauki.
Avant de créer l’Enceinte du milieu, les fils de Borr se bâtirent un palais. Le soleil de midi étincelait sur les murs de la grande salle et la terre se couvrait d’herbe verdoyante. (Völuspa, 4)

Or, la fin de la vísa, < þá var grund gróin grœnom lauki >, traduite ici par : < la terre se couvrait d’herbe verdoyante  >, signifie littéralement : < du sol, ont poussé de verts poireaux >…

« Eh oui ! Contrairement à la superstition commune, l’hépatique (hepaticophyta) n’est pas la première plante qui ait paru à la surface de la planète : c’est le poireau (allium porrum) qui l’est – on peut raisonnablement en déduire que les Ases de l’époque se nourrissaient exclusivement de quiches, et que la jet-set ne se bousculait pas aux soirées macrobio du Valhalla (si merveilleusement plein-sud que fût orienté celui-ci)…

« Il y a là, je trouve, quelque chose d’humiliant pour les fleurs… le règne végétal commence par le poireau !!! :( … La prochaine fois qu’un lys tigré crâne en votre présence, rappelez-lui ses origines !… je veux dire : ces temps étaient rudes, Amie !… Ils ont laissé, dans la conscience collective de notre peuple, un traumatisme aigu, une blessure si vive que, pour nous, le poireau est désormais indissociable de l’idée de verrue faciale, de Mérite agricole, et de pub gallois…

« Donc, si la vie est un légume, la vie est essentiellement un poireau… Azur, pour certains, Monstrueux pour d’autres… ou bien Furor, Gros Long, Malabare, Géant Précoce… mais enfin : un poireau. Et si la vie est un poireau, la vie est un légume « imparfaitement cuit », puisque il est difficile d’imaginer un poireau « bien » cuit… :/ »

- Sir Shumule, vous êtes un snob ! interrompit la fée. Assyriens, Égyptiens, Chinois consommaient du poireau longtemps avant notre ère, et l’on affirme que, durant l’Exode, les Hébreux regrettèrent trois choses : les concombres, les melons, et les poireaux…

« Lorsque le Pharaon Khéops voulut honorer un médecin qui l’avait soulagé d’une infection urinaire, il lui accorda mille poires, cent cruches de bière, un bœuf, et cent bottes de poireaux.

« Le poireau était, en effet, particulièrement florissant en Égypte et de nombreuses fresques funéraires en représentent une botte à côté d’un bouquet d’oignons, parmi les produits que le rituel prescrivait d’offrir aux divinités du Sommeil et des Ténèbres. Il était l’objet des soins assidus de maraîchers, qui se levaient à l’aube pour aller l’arroser.

« Aristote affirme que le cri strident de la perdrix lui vient de son goût pour le poireau, dont la consommation régulière éclaircit la voix. L’empereur Néron aimait tant la soupe de poireaux qu’il fut surnommé « le Porrophage »… Mais poursuivez… »

- La vie est-elle un légume ? revins-je, impavide, à mes moutons… Une seule chose est sûre : l’état de poireau, l’état de « légume imparfaitement cuit » constitue l’ambition ultime de la plupart des humains… Ainsi que je l’écrivais récemment : « Ne débranchez pas vos parents qui sont dans le coma : ils ont atteint votre idéal de bonheur terrestre. »

« Y avez-vous songé ?… Les personnes que l’on appelle communément « légumes », – celles qui se trouvent à l’hôpital en « état végétatif chronique », i.e. passée la mort encéphalique, – n’ont pas à se lever le lundi matin… elles ne travaillent pas… elles sont nourries, logées, blanchies à ne rien faire… elles ont du personnel qui les gave, les bichonne, et fait leur toilette, sans qu’elles aient seulement à lever le petit doigt... elles sont toujours en vacances… n’ont aucune décision à prendre… ni aucune douleur, jamais !… elles sont, en permanence, plus défoncées que ne pourront jamais vous défoncer les plus défonçantes de toutes les drogues !…

« N’est-ce pas l’existence d’un Maharadja ?… Que dis-je ? mieux que l’existence d’un Maharadja, qui a des responsabilités, lui !… Qu’en pensez-vous ?… Coma dépassé, zéro responsabilités !… et vous voudriez mettre un terme brutal à tant de bonheur ?!…

« Au nom de quoi ?… Que reprochez-vous exactement à l’état végétatif ?… Il empêche de prendre les transports en commun ?… De cotiser à la Sécurité sociale ?… De regarder la télé ?… De consommer des burgers ?… D’aller chez le dentiste ?… De payer ses impôts, en rêvant du billet de loterie gagnant qui permettrait de ne plus rien faire – c’est-à-dire d’avoir précisément la vie d’une personne en état végétatif ?…

« Ah, bien sûr… un comateux ne peut pas recevoir l’Initiation, ni faire Huð, ni étudier, ni procréer… Mais l’épargnant médiocre qui, officiellement, n’est pas dans le coma, ne fait, de toute manière, aucune de ces choses… alors, quelle importance ?… »
2. I swoop down upon the black earth ; and it gladdens into green at my coming.

Commentaire : Puisque nous tenons le nuancier, ne le lâchons pas : je ne parviens pas à comprendre que personne ne reproche aux médias d'appeler les femmes hispaniques "brown woman", alors que la complexion de celles-ci est objectivement verdâtre, et non marron — Green women serait cool, et offrirait une lecture intéressante de ce verset : La lumière divine transforme Nicki Minaj en Jennifer Lopez.

3. Children of Earth ! rejoice ! rejoice exceedingly ; for your salvation is at hand.

Commentaire : Tout phénomène est un message direct de DIEU à mon âme — Je ne me préoccupe donc jamais du livreur, mais seulement de ce qu'il apporte. 

C'est ainsi que, la dernière fois que j'ai abusé de la faiblesse psychologique d'un riche héritier pour le dépouiller de tous ses biens, et que l'épouse de celui-ci a cru devoir, — en plein tribunal, devant le juge qui venait de lui signifier qu'elle était, désormais, de mon fait, irréversiblement sur la paille, — me traiter de (je cite) "fils de pute" (sic), je me suis fait la réflexion suivante : 

"Nous sommes tous Children of Earth, Enfants de la Terre, ainsi que nous le proclamons, chaque dimanche, pendant le Crédo :
I believe in one Earth, the Mother of us all, and in one Womb wherein all men are begotten, and wherein they shall rest, Mystery of Mystery, in Her name BABALON.
Or, Babalon est une hétaïre sacrée : par conséquent, bien que je sois Hadit, Maître de la Connaissance et des Délices, grand dieu céleste, bien-aimé de Nuit, je suis aussi nécessairement, en tant qu'humain, un FDP, au sens absolument littéral du terme : toujours me rappeler le premier en période de descente, pour ne pas trop me décourager, et le second, en période de montée, pour ne pas trop m'emballer."

4. The end of sorrow is come ; I will ravish you away into mine unutterable joy.

Commentaire : Je pensais à ce verset tout à l'heure, en ingérant, pour faire pièce à une effroyable gueule de bois (nous avons pris un peu d'avance sur les fêtes commémoratives de la mort de Dagoberth Ier), mon premier Cuba Libre de la journée.

Car oui ! quelle sorrowful gueule de bois indeed !... Une gueule de bois de nuance nihiliste, qui fait mal pour faire mal !... Accompagnée d'un blackout au moins équivalent à celui qu'éprouvait Abraham Lincoln, le matin où, émergeant d'une nuit de beuverie, après la Proclamation d'Emancipation, il s'écria : "J'ai signé QUOI ???!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

A propos de Lincoln, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la naissance de Robert E. Lee (le général des Confédérés — Saviez-vous qu'il était daltonien, — et qu'il a donc, probablement, adressé des insultes racistes à de nombreux Blancs, — et qu'en dehors d'envoyer des milliers de gens se faire tuer pour une noble cause, sa grande passion était la poésie française ?)

Ce qui me rappelle qu'on m'a (encore) demandé ce matin pourquoi Thelema considère les anniversaires de naissance comme des lesser feasts — J'ai dit : "Il y a mieux à célébrer, chez un grand homme, qu'un jour où il n'a fait que crier sur sa mère qui venait de se taper tout le boulot."

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.

- ☉︎ in 29° ♑︎ : ☽︎ in 18° ♌︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.





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