Monday, July 12, 2021

Season of Death

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le troisième lundi après les feux de Litha et nous faisons mémoire de Grady Louis McMurtry, le saint calife Hymenaeus Alpha 777.

On m'a fait remarquer ce matin que, de la défaillance de Saturnus à se désigner un successeur — n'est-il pas cohérent qu'une âme qui a fait de Saturne son parrain renâcle à l'idée d'avoir un héritier ? — étaient sorties trois communautés, et que chacune d'elles s'était enracinée dans un pays à l'imagerie porteuse de douceur de vivre : respectivement la Californie, la Suisse et le Brésil.

J'ai répondu : "Mais le pays de la douceur de vivre est la France, première destination touristique du globe et inlassable destination militaire de l'Histoire, là-où-tout-le-monde-voudrait-être et d'où procèdent tous les empires sérieux, c'est-à-dire occidentaux, parce que tout aspire à retourner dans le giron du centre du monde et tout rayonne de lui, qui est le nœud Hartmann au cœur de la forêt de Chinon, où François Rabelais, de sainte mémoire, situe précisément le Pays de Thélème — Or, la France a été un désert pour que nous puissions venir."

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 5, versets 1 à 4.

1. O my beautiful God ! I swim in Thy heart like a trout in the mountain torrent.

Commentaire : Par la voûte du corps de Nuit ! La truite des Agapes (voir notre commentaire sur le verset 57 du chapitre 4) était herméneutiquement oraculaire, en plus d'être succulente ! 

Bien l'occasion de rendre un hommage public à Soror Hypatie qui nous a servi hier :

- Un émincé de veau mariné sauce César, sur salade de salicorne, avec un Condrieu DePoncins blanc François Villard 2016

- Un filet de truite arc-en-ciel (donc) au basilic, tomates provençales et haricots plats, avec un Corton Charlemagne blanc Grand Cru 2015

- Un rôti de bœuf limousin et son jus à l'ail, pommes gaufrettes, avec un La Croix Mazarin Moulis en Médoc 2016

- Un clafoutis de cerises noires avec une blanquette de Limoux

< O dear my God ! what a feast Thou hast provided ! > (LLL 6, 42)

2. I leap from pool to pool in my joy; I am goodly with brown and gold and silver.

Commentaire : Sir Aleister dit que les pools en question sont les chakras. De quoi je déduis que, puisque Fontanelle -> Cœur -> Sexe, i.e. Kether -> Tipheret -> Yesod, correspond, dans l'ordre des feasts of the times, à Samhain -> Ostara -> Lugnasad, ma vie spirituelle doit être un festin obl(ig)atoire, ma vie sociale un spring break avec Selena Gomez en string, et ma vie active une perpétuelle orgie. 

Et le tout se cristallise dans mon pouvoir terrestre, i.e. en Malkuth, comme il est écrit <  I give you power earthly and joy earthly; wealth, and health, and length of days > (Tzaddi, 31), à quoi correspond Mabon, d'où le verset suivant:

3. Why, I am lovelier than the russet autumn woods at the first snowfall.

Commentaire : De ce verset, Frater Orpheus dit : < And this is the season of death 
— for to see God face to face, one must surely die. >


— L’épectase : celle du Régent, du président Félix Faure et du cardinal Daniélou. Ou la mort de vieillesse, à 165 ans, tendrement choyé par mes proches. Ou mourir d’épectase à 165 ans parce qu’une de mes proches m'a choyé un peu trop tendrement.

Ça me rappelle un texte admirable écrit par moi en 2010 e.v. :
Ma chère amie Prudence, reine du Questionnaire de Proust, me dit qu’aussi spirituelles que soient ses victimes, celles-ci donnent toujours des signes de malaise au moment de la question « Comment aimeriez-vous mourir ? »

« Généralement, le sujet s’en sort par un rire jaune, un mot d’esprit ou un lieu commun, sans cesser de gigoter… Marrant… »

Ne trouvez-vous pas étrange que la méditation de la mort nous soit aussi désagréable, alors que notre trépas final est la seule certitude absolue que nous ayons ici-bas ? (Raison pour laquelle je ne refuse jamais une aventure, si risquée soit-elle… je ne crains pas que cela finisse mal puisque, de toute façon, nous finirons mal…)

C’est actuellement, – comme vous le sauriez si vous lisiez ce blog avec un peu d’attention, – la période que les Anciens appellent « ménage de l’automne », c’est à dire le moment idéal pour les réflexions sinistres de ce genre et la confrontation au réel dans ce qu’il a de plus inexorablement funeste. Parlons mort.

Je n’arrive pas à prendre « la camarde » au sérieux. Elle n’a rien, selon moi, de la Treizième Lame du Tarot : elle n’est pas glauque – ni marécageuse – ni un squelette hyper mal fringué trimballant des outils agricoles. Dans notre religion, la mort est une fête (AL 2, 41). 

La seule chose qui m’intrigue, chez les morts célèbres, c’est leur « mot de la fin ».
  
Que Napoléon rende l’âme en disant : « Mon fils à la tête de l’armée », rien de plus naturel – mais où Piron est-il allé chercher son fameux : « Je m’en vais ou je m’en vas, l’un et l’autre se dit ou l’un et l’autre se disent » ?... Un tel hommage à notre grammaire, dans un moment pareil !... ça me rappelle Beauzée, le martyr de l’imparfait du subjonctif, qui, trouvant sa femme au lit avec un allemand, et entendant celui-ci balbutier : « Je vous l’avais bien dit, madame, qu’il fallait que je m’en aille… », répliqua sèchement : « Que je m’en allasse, monsieur ! »

Je soupçonne certains hommes de lettres d’avoir rédigé leurs dernières paroles à l’avance… du coup, je me suis attelé à trouver les miennes – en vain : je suis si peu funèbre que l’inspiration m’a déserté… j’ai bien pensé au jeu de mots vaseux « je ne fais que passer », mais on m’a affirmé que c’était déjà pris… sans compter qu’un « mot de la fin » nécessite une mort bourgeoise, popote… il est plus difficile d’obtenir l’attention de son entourage lors d'un crash en avion… tout au plus pourrai-je glisser à ma voisine, pendant que l’appareil plonge en piqué : « Vous devez salement regretter de n’avoir pas cédé à mes avances tout à l’heure… »
Parlant de Season of Death, je m'étais rendu compte, à l'époque, qu'aucun Trog du vieux pays gris n'avait la moindre idée de ce qu'était le Ménage d'Automne et avais cru devoir tenter, conformément au Serment Magique par lequel je me trouvais lié alors, de les éclairer, "comme on enseigne le calcul différentiel à un bushman" :  
Camus disait que, de toutes les questions philosophiques, le suicide était la seule qui présentât un intérêt; et je crois n’avoir jamais songé au suicide – il est très agaçant d’imaginer que Camus puisse, de sa demeure dernière, considérer ce que j’écris comme inintéressant, même si, en l’occurrence, c’est également ce que je pense de son œuvre – Traitons donc du suicide. Ça ne sera pas facile. Je suis peut-être la personne la moins funèbre du monde. Mais enfin, la vie est mortelle, et je ne veux pas croiser Camus dans l’au-delà sans pouvoir lui dire : « Alors Albert?... Avec ton prénom de chauffeur… Hein ?... Et là ?... Pas calmé ?... »
Notez que notre Loi interdit le suicide – le Liber Legis comporte trois interdits formels : un pour les seuls Thélémites (le suicide, AL 2, 73), un pour les Thélémites dans leur rapport aux Troglodytes (le débat, AL 3, 11), un pour les seuls Troglodytes (l'étude du Livre, Com l.2) – Mais je digresse.
Il se trouve que nous traversons, en ce moment, la saison où les suicides sont les plus fréquents. Les vingt-deux jours qui courent du 11 octobre à Samhain, et que nos ancêtres appelaient « Ménage de l’Automne » – non, certes ! par ironie envers les suicidés, mais par référence aux préparatifs domestiques traditionnels – sont, statistiquement, le temps par excellence de la mort volontaire.

On ne passe pas impunément de la beauté sensuelle et colorée de la Balance à la désagrégation venimeuse du Scorpion – Inconsciemment, l’homme perçoit tout à coup que la claire splendeur du début de l’automne était due à un phénomène de putréfaction, et c’est très désagréable – L’explosion de vie était un symptôme de mort – De fait, le plus beau corps du monde recèle un squelette, et c’est un squelette que les Egyptiens exposaient à leurs banquets, pour n’être pas tenté de l’oublier…

L’influence du Scorpion est celle de la cruelle désillusion. Elle nous communique l’esprit de Des Esseintes, à qui les nervures d’une fleur évoquaient la syphilis… Tout va à vau l’eau… Tout décroît…

Les mythes sont pleins de princesses qui se révèlent brusquement des serpents, des dragons, des requins… Il ne s’agit pas de pointes envers l’Eternel Féminin, mais d’images de ce processus de génération par la destruction – et, en fin de compte, ça revient au même…

Durant cette période, l’homme est momentanément sujet à ce que les psychiatres appellent Melancholia [ = passée la destruction d’un certain nombre de molécules d’ADN dans certains chromosomes des neurones du cerveau (68 % exactement), l’impulsion suicidaire devient irrépressible chez l’homme : il enclenche, en quelque sorte, un programme d’autodestruction parce qu’il sait ne plus disposer du minimum de ressources neurologiques nécessaire à l’accomplissement de sa fonction individuelle] : les dégâts causés étant irréversibles, il faut dégringoler jusqu’au néant total pour que tout puisse renaître – C’est donc la vibration complètement idéale pour une autolyse : la nature s’y livre avec une joie sadique, il n’y a qu’à suivre le mouvement.
4. And the crystal cave of my thought is lovelier than I.

Commentaire : Il est amusant que l'association des idées de cristallisation finale et de caverne sonne aussi "la mort vient à bout de tout" en mode mère-des-Wendols, quand on sait que l'école jungienne de psychanalyse appelle "cristallisation" ce qui détermine le sex-appeal féminin (= ce n'est pas Selena Gomez en string qui vous triggers, c'est l'impact archétypal des symboles dont Selena-Gomez-en-string est porteuse qui éveille et fixe la fantasmatique stockée/refoulée dans votre subconscient = très exactement l'arcane représenté par la découverte d'une assemblée de lutins et de fées dans les bois la nuit de Lugnasad, etc.) 
– d'où < thy death shall be lovely > (AL 2, 66).

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.


- ☉︎ in 20° ♋︎ : ☽︎ in 17° ♌︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Sunday, July 11, 2021

Délassements de Raminagrobis

« Sir Shumule est un roi barbare mérovingien parachuté dans l’occident chrétien démocratique et décadent. » — Odilon, 2011.
Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du troisième dimanche après les feux de Litha et diriger une Abbaye de Thélème me fait, en réalité, me sentir alternativement, et parfois simultanément, comme Albus Dumbledore à Poudlard et comme le despote de quelque état voyou de type Transinistrie, Abkhazie ou Haut-Karabagh.

Nous célébrons la Messe Gnostique à onze heures et j'ai surpris, cette nuit, durant l'installation du Temple, ce dialogue entre le jeune Thomas, nouvel arrivant, et l'indispensable Soror J, qui sera notre Prêtresse :

Thomas : Je n'en reviens pas... Le Sir est monstrueusement gigantesque !... il "fait" combien ?!

Soror J : Un mètre quatre-vingt-seize et, à force de bombance, il passe largement les cent kilos...

Thomas : D'accord... Pas le chat de Chester, donc, mais Raminagrobis...

Je tiens à ce que cette Messe soit aussi somptueuse que possible — Je veux du trop — du trop comme dans too much — car nous faisons mémoire de Bardesane d'Edesse, dont il est dit :
Bardesane avait reçu une éducation aristocratique. Éphrem le Syrien rapporte qu'il vécut dans le luxe, s'habillant de caftans sertis d'émeraudes. L'évêque Abercius d'Hiérapolis, qui rencontra Bardesane, nota qu'il se distinguait par sa noblesse et sa richesse.
Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 4, versets 56 à 59.

56. Thou shalt be like a little red worm on a hook.

Commentaire : Principe même du Hameçon Hermétique : notre impulsion initiale vers le Grand Œuvre procède toujours d'une mauvaise raison — c'est le ver au moyen duquel les Chefs Secrets nous appâtent.

Qui, dans cette génération, n'a pas cherché à prendre part à sa première Messe Gnostique après avoir vu Eyes Wide Shut ? — mais c'est un principe général : à l'autre extrémité des préoccupations humaines, les entomologistes avouent n'avoir eu l'idée d'étudier les insectes qu'en apprenant que la femelle du scorpion dévore son partenaire pendant l'acte sexuel.

Enormément d'internautes ont accepté notre Loi sous l'influence de Georgina "Da'at Darling" Rose, qui s'est finalement avérée, en plus d'une fattie des Appalaches, un lamentable cas d'attention whoring ultrawoke.

Certains m'en veulent encore de m'être un peu emporté à l'arrivée de Georgina, et d'avoir imprudemment prophétisé qu'elle serait la Femme Ecarlate de la Génération Z : ils me relaient ses dernières déclarations :


Ma foi, n'est-il pas écrit de la Femme Ecarlate déchue qu'elle rampera (AL 3, 43) ?...

< Moi qui suis au-delà de la Sagesse et de la Folie > (Tzaddi, 38), je vous dis : il n'y a pas de "mauvaise" raison de se rapprocher du Temple — Voyez : je m'apprête, comme chaque année, à partir en villégiature dans l’agreste manoir déglingué d’un ami — J’affectionne tout particulièrement cet être, auquel certains milieux parisiens font la réputation d’avoir assassiné sa mère, son beau-père et son frère cadet (il y a aujourd’hui prescription), puis d’avoir enseveli leurs corps dans la forêt complexe qui borde le domaine (variante entendue : il les aurait tous trois découpés à l’office, et livrés en pâture à ses dogues Canario, qui sont réellement des animaux splendides).

De son côté, il dit abominer mon œuvre (« érotisme de vieillard libidineux et catéchèse initiatique », ptaz !), mais admirer « l’aura surréaliste » que me confère, selon lui, l’« inceste babylonien » de ma généalogie personnelle (ainsi qu’aucun de mes lecteurs OG ne l’ignore, Maman était aussi ma grand-tante. No, seriously.)

Vous comprenez ? Il n'y a pas de "mauvaises" raisons à une belle amitié définitive.

57. But thou and I will catch our fish alike.


Commentaire : Le Poisson résume toute la Doctrine Secrète parce qu'il est le seul être dont les Déluges ne perturbent en rien les habitudes — Je me suis laissé dire que Soror Hypatie préméditait de servir, cet après-midi, aux Agapes, des filets de truite arc-en-ciel au basilic avec tomates provençales et haricots plats, et c'est une façon plutôt indolore d'intégrer la Doctrine Secrète.

58. Then wilt thou be a shining fish with golden back and silver belly: I will be like a violent beautiful man, stronger than two score bulls, a man of the West bearing a great sack of precious jewels upon a staff that is greater than the axis of the all.

Commentaire : Récemment, de minables petits wannabe leaders sans envergure sont venus me trouver pour me dire : "Vous êtes l'auteur le plus révéré, le plus haï et le plus craint de tout internet, et vous restez underground : montons quelque chose ensemble, nous pouvons vous assurer des centaines de milliers de followers..." — Je les ai fait chasser de l'Abbaye et leur ai défendu de reparaître jamais en ma présence : Raminagrobis décide seul du lieu et du temps de son rayonnement ou de sa dissimulation 
 je ne partage pas ma légende : le phare, < unique et érigé > (Cordis 5, 26), a t-il un quelconque besoin des insectes nocturnes que sa lumière attire ?

59. And the fish shall be sacrificed to Thee and the strong man crucified for Me, and Thou and I will kiss, and atone for the wrong of the Beginning; yea, for the wrong of the beginning.

Commentaire : < L'erreur du commencement >, c'est-à-dire le Rosebud. J'écrivais à ce sujet, le 9 juillet 2012 e.v. :
Cette année encore, nous passons l’été à l’ombre de notre chère vieille baraque féodale, et c’est une excellente chose – même si l’idée de « château », qui, pour vous, évoque celle de confort, se trouve être, ici, depuis mon plus jeune âge, synonyme de « travaux permanents », de « chaudière en panne » et de « gouffre à finances ».

Parlant de finances, je me demande souvent si tous les gosses de riches se sentent comme moi, relativement aux biens de ce monde : lorsque je considère la parabole, le message du « Rosebud » de Citizen Kane, je m’y retrouve intégralement…

Il règne chez nous un luxe effréné – j’ai la manie, le toc, la rage du too much. Mais, en ce qui me concerne, c'est une question de cadre. Hormis la Chopard Ice Cube à mon poignet, souvenir du Seul Vrai Grand Amour de ma Vie (Ô perte irréparable ! Ô lifelong affliction Ô brain damage !), ma tenue n’a rien que de très classiquement élégant. Je ne suis ni un libanais tentant de rendre tolérable une apparence de gnome maléfique en brandissant son pouvoir d’achat, ni un blaireau très jus de raisin, avec son brushing, son 4X4 et son Bernard Tapie.

Du reste, l’acquisition en soi ne m’a jamais intéressé. J’ai toujours été unfashionable, et n’ai jamais cru devoir acheter quelque chose que je ne désirais pas à la seule fin de susciter l’envie de mes proches – peut-être est-ce aussi que, doté d’un membre de cheval, je n’ai pas eu besoin de ces substituts-là...

La plupart du temps, je m’en tiens à des choses simples, telles que contempler mes très balladuriens ciseaux à cigares, comme s’ils étaient de fabuleux saphirs. Ils sont si propres, si lisses, si vierges de toute souillure, si parfaitement inutiles aux yeux du vulgaire… Un verre d’eau minérale pure, claire, glacée, peut, même pour un ivrogne de mon calibre, devenir, par temps chaud, un nectar extatique, qu’il convient de savourer, de déguster, avec autant de soin qu’un immense millésime...

J’ai des voitures que je ne conduis pas, des livres que je ne lis pas, des amis que je ne vois pas – mais ils sont là – et cela suffit à combler mon besoin d’eux, jusqu’à ce que le temps vienne pour moi de désirer à nouveau être en leur présence. Non que je les méprise ; mais je suis trop facilement dévié vers des hommage plus accessibles, auxquels mon indolence donne la priorité.

Voilà pourquoi je relis sans arrêt le livre que j’ai à portée de main, sans jamais me dire : « Quelle idée de passer tout ce temps plongé dans le même vieux bouquin, alors que je pourrais en sélectionner un autre dans ma bibliothèque ! » –  c’est simplement qu’il me suffit de parcourir indéfiniment le même ouvrage. Cela ne me semble ni pénible, ni gênant. Est-ce si différent que de contempler le même lac tous les jours ? Or, le méditant qui s’absorbe quotidiennement dans la contemplation d’un lac sonne très spirituel, au lieu que rouvrir sans cesse le même épisode des aventures de Red Sonja semble weird et dépourvu d’intérêt. Pour moi, le principe est le même…

En dehors de mon goût pour la décoration, j’achète peu, parce que je possède déjà trop. Des vêtements que je ne porte pas, des sabres que je ne polis pas, des flingues dont je ne me sers pas, de la technologie rétrograde, des télescopes sans étoiles… Dans un Nouvel Ordre Mondial exclusivement voué au consumérisme, je suis une plaie. Je pourrais désirer quelque chose de neuf – quelque chose de 2.0… Mais non. Je me contente de regarder mon fils, mes pitbulls, mes tableaux sur les murs, les toiles d’araignées hors d’atteinte de la femme de ménage…

Lorsqu’on me dit que je devrais « faire de nouvelles expériences » ou « élargir mon horizon », je demande : « pourquoi ? » Je puis aller sur notre terrasse, observer le parc que je connais par cœur, et ne rien désirer de mieux. A ce train-là, je finirai par comprendre le choix du moine chrétien, seul dans sa cellule avec son chapelet. Quoique… J’en doute… J’aime trop la beauté, je l’ai trop connue, et j’ai trop besoin de sa proximité physique... En fait, mes acquisitions passées me possèdent, et j'y reste fidèlement attaché, si inconséquentes qu’elles puissent sembler aux autres.

Toutes mes possessions viennent, peu ou prou, des victoires de mes Ancêtres. Elles représentent leurs succès, et la perpétuité de notre lignage dans un monde condamné à l’abâtardissement, au split familial motivé par l’égoïsme hystérique et l’appât du gain. Ma chevalière à nos armes est l’antithèse exacte du cours des choses – mes ciseaux à cigares sont parfaitement oiseux – mais ils sont mon héritage et suffisent à ma satisfaction.
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Beau dimanche à tous.

Love is the law, love under will.


- ☉︎ in 19° ♋︎ : ☽︎ in 4° ♌︎ : ☉︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Il n'y a personne comme moi parmi les hommes ou parmi les dieux (2020)

Thursday, July 8, 2021

Le Palmier de Deborah

« Monsieur Chumule, c'est un très haut g et le tilt verbal d'une histoire de vit très, très rapide. La définition même du cool. » — Musette (@faiblebruit), 21 mars 2021.
Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le deuxième jeudi après les feux de Litha et je reçois, à l'instant, du légendaire Latude, 
— prince des OG Smart Ass Commentators— le mail suivant :
Sire, je viens de relire La liberté... de belle expression, l'article publié sur vous par Alain Gobla au terme des élections européennes 2009 (« Notre "shumule" (rebaptisé depuis sir shumule) est un être comme on n'en rencontre peu... la culture, la perfidie, la démesure, la puissance, l'humour destructeur, en un mot le génie ») et je tiens à vous remercier, du fond du cœur, de n'avoir jamais voulu devenir pro, d'être toujours resté dilettante...
Ma foi, on a sa dignité, et vous savez pertinemment, cher vieux compagnon, que j'ai pris une vie sabbatique ou, selon ma formule inlassable :
En ce qui me concerne, j’ai su que j’étais un Helluvah Holy Guru dès l'instant où j’ai reçu mes premiers hate mails. On m’a même recommandé de prendre des gardes du corps. Si un jour j'en prends, j'exige deux nains karatéka. Pour l’imagerie et la validation personnelle : quand tu viens d’accomplir un Rituel Majeur du Pentagramme et qu’encore paré de tes ornements magiques, tu aperçois par la fenêtre deux nains qui montent la garde devant les grilles de ton château, tu sais que tu ne travailles pas dans une compagnie d’assurance.
Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 4, versets 44 à 47.

44. Yea, and the writing, etc.

Commentaire : De ce verset, Frater Alion dit: < Some of these symbols look like "ordinary" letters; there are 16 of them, I do not understand this. >

Ça me rappelle une très belle soirée d'octobre où, dans son merveilleux loft boulonnais, j'expliquais à O., publicitaire de mes amis : "McDonald's doit son avance sur ses concurrents au fait d'avoir pour emblème la rune Ehwaz ᛖ, qui contracte l'arcane "picturalisé" sur l'Atu XIX, en hauteur et en jaune d'or ; Amazon doit son avance sur ses concurrents au fait d'avoir pour emblème le Phallus sacré ; Microsoft doit son avance sur ses concurrents au fait d'avoir pour emblème les Quatre Éléments à l'équilibre, c'est-à-dire le Saint Tétragramme."

Passé sa casquette Kangol et le fait qu'il écoute du Massive Attack, O. est un homme de talent et il a entièrement réévalué sa conception du logo.

45. Eight times he cried aloud, and by eight and by eight shall I count Thy favours, Oh Thou Elevenfold God 418 !

Commentaire : Sir Aleister redit, bien sûr, que 418 est, entre autres, la guématrie d'ABRAHADABRA, plus célèbre formule magique du monde.

Une des traductions possibles d'ABRAHADABRA est "Bénédiction de Déborah" et je trouve ça tout à fait très bien, parce que le Tomer Dvora est, selon moi, un des livres les plus totalement indispensables de toute la tradition qabalistique et parce que Debbie Harry hantait mes fantasmes prépubères. 

46. Yea, and by many more; by the ten in the twenty-two directions; even as the perpendicular of the Pyramid — so shall Thy favours be.

Commentaire : Pyramide ! Le grand mot est lâché ! Certains Juifs, ayant parfaitement intégré l'arcane exposé par nous au verset 44, exigeaient, il y a quelques années, que l'on plaçât une Etoile de David au sommet de la pyramide de Khéops, comme il s'en trouve une au sommet de la Tour Eiffel et désormais, dit-on, au sommet de Notre-Dame de Paris. J'imagine que c'est chose faite. Cela s'appelle avoir tout compris en fait d'accession à la suprématie mondiale.

47. If I number them, they are One.

Commentaire : Et nous redisons les fondamentaux : tant que je ne vois pas ma sexy voisine, elle est Zéro à ma conscience. Dès que je l'ai vue, le fait que nous soyons Deux produit une réaction violente et pénible dans mon organisme. Je vais donc lui parler, pour formuler le Trois (Elle + Moi + le lien parole), afin que cela nous ramène à l'Un (l'étreinte et l'orgasme synchrone) : le Ternaire, — pythagorisme de base, — est notre seul accès à l'Un. Autrement, tout est Zéro ou Deux, comme il est écrit : < None, breathed the light, faint & faery, of the stars, and two. For I am divided for love's sake, for the chance of union. > (AL 1, 28-29) 

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.
- ☉︎ in 16° ♋︎ : ☽︎ in 27° ♊︎ : ♃︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Dieu hendécuple (2020)

Wednesday, July 7, 2021

Baby I'm a Star

« Les écrits de Sir Shumule devraient être livrés avec un kit comprenant un bong, un thésaurus et un airbag latéral. » – Le Filou Scrupuleux, avril 2011
Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le deuxième mercredi après les feux de Litha et la nuit qui s'achève est la seule de l'année où la Voie lactée ne sépare pas Véga et Altaïr — d'où la thématique "retrouvailles utra-passionnelles d'amants séparés", la tradition de recueillir, au matin, la rosée "chargée" de l'ultra-passion desdites retrouvailles, et le nom de "fête des étoiles".

C'est une des plus belles allégories de Sex Magick que nous aient transmises les Anciens : deux amoureux, dont l'élan a été contrarié toute une année durant, se retrouvent, la nuit du 7 juillet, avec la fougue que l'on imagine, dans l'appartement juste au-dessus du vôtre — ils ne dorment pas beaucoup, vous non plus, et la vigueur de leurs étreintes fait dégringoler, en plus du lustre de votre salon, une régénérante pluie de bénédictions sur le monde !

Belle occasion de méditer le Premier Axiome de la Loi de Thélème :
Every man and every woman is a star (AL 1, 3)
... génialement mis, par notre frère Kenneth Anger (puisse t-il vivre de longs jours heureux, Amen), en épigraphe de son Hollywood Babylone.

Alors, vous pouvez citer Carl Sagan si vous êtes matheux :
We are made of star-stuff. Our bodies are made of star-stuff. There are pieces of star within us all.
Ou Moby, si vous êtes soyboy new-yorkais :
We Are All Made of Stars.
Moi, je préfère m'en tenir à Prince, c'est plus rigolo :
Baby I'm a star
Might not know it now
Baby but I are, I'm a star
Même si ces paroles — livrez-vous en donc à un examen pointilleux — résument tout le tragique de la condition incarnée.

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 4, versets 40 à 43.

40. Also I read in a great Book.

Commentaire : Frater Alion dit de ce < great Book > qu'il est < the Book > dont parle Nuit (AL 1, 48), c'est-à-dire le TARO.

A ce sujet, on m'a demandé hier quel Tarot utiliser, "pour varier un peu", en alternance avec le Tarot Thoth. Essayez le Dali ou le Manara. Ou le Shumule, si je l'achève un jour. Moi, quand c'est mercurien, je suis trop natif de la Vierge pour varier : j'ai acheté mon premier Tarot Thoth en 1995 e.v., et n'ai jamais tiré que celui-là : on distingue encore les images, mais il faut avoir la vue perçante... Je me rattrape dans le vénusien, où je varie infiniment ce que je tire.

41. On ancient skin was written in letters of gold : Verbum fit Verbum.

Commentaire : Pourquoi en latin ?

C'est un grand mystère que celui des langues liturgiques : la "culture latine" n'a produit que des pizzaïoli et des garçons de bains : les Romains étaient des bidasses invertis, dont l'accomplissement ultime a été de comprendre que le chemin le plus court d'un point à un autre est la ligne droite, et donc d'inventer la route. 
 
Autrement, rien de plus grossier que l'art romain. Une expo de tags à la MJC de Juvisy-sur-Bièvre est un prodige de raffinement comparé à l'art romain.

Or, le latin est bel et bien devenu la langue liturgique du Vieil
Æon !...

Vous me direz : la langue liturgique du Nouvel
Æon est l'anglais, et la culture anglo-saxonne se résume à burger (cheddar au viandox quand c'est britannique), rap et... bidasses combattant pour les droits LGBTQ+... C'est très précisément du kif.

La langue liturgique est toujours la langue la plus universelle, donc la moins sophistiquée. Voilà pourquoi la prière individuelle (Hud) doit être faite en langue vernaculaire. C'est le principe du Japonais post-45 qui, rentré chez lui, vire son costume trois-pièces de yuppie et se glisse dans un kimono. Ou celui du Reporter turns ghetto in 3 seconds.  
 
42. Also Vitriol and the hierophant’s name V.V.V.V.V.

Commentaire : Frater Alion rappelle que Sir Aleister a comparé l'hiéronyme V.V.V.V.V. aux empreintes de pas d'un chameau : footprints of a camel.

On ne médite pas assez la proximité phonétique de Camel et Gimel. Et que fumer des cigarettes de marque Camel avait, pour une fille, dans ma jeunesse, la réputation d'être signe de lesbianisme, ce qui est assez raccord avec la Prêtresse qui, toute amazone et complexe d'Electre, vit recluse dans le Saint des Saints, ou la montagne de Virgoberg, en mode "ne me touchez pas, répugnantes créatures !"

Moi, je fumais des Rothmans bleues, dont on disait qu'elles finançaient l'Apartheid sud-africain et accentuaient donc, chez le fumeur, une pente à l'ethno-séparatisme... curieux... mais mon rapport à "l'herbe à Nicot" a toujours été weird... Je ne fume plus aujourd'hui que
cubain pour les cigares et Isla OG pour l'herbe qui rend benêt, mais j'avais, en 2018, brièvement repris la consommation de cigarettes, et narré la chose ainsi : 
 
La Semaine de Sir Shumule
 
Cette semaine, farfouillant le grenier, j’ai trouvé un vieil exemplaire du Test d’Aptitude à devenir mon ami que je faisais passer, quand j'étais au lycée, à tous les garçons de ma classe.

Il comportait des questions sur le montant de leur argent de poche, sur la technologie dont ils disposaient, etc. ainsi qu’un Q.C.M. dont le barème invariable était : « A = 0 point ; B = 1 point ; C = 2 points », et où figuraient des questions telles que :

Mouloud et Rachid viennent nous racketter à la sortie des classes :

A. Tu te sauves en courant comme un dératé.

B. Tu t’interposes entre eux et moi en criant : « PRENEZ MOI ! FRAPPEZ MOI ! MAIS LAISSEZ LE, LUI ! IL N’A RIEN FAIT ! »

C. Tu exploses Mouloud et Rachid, car tu as plusieurs dan.

Good old days !... 🧐

***

Je vous ai déjà raconté comment j’étais, jadis, devenu fumeur, avant de m'interdire toute tabagie. Eh bien, cette semaine, j’ai recommencé à fumer.

Dans ma jeunesse, « non-fumeur » était synonyme de « con », et l’on désignait les endroits comme Guéret, le Goulag ou la Géhenne (Note : il semble que G ne soit pas une initiale très heureuse pour les lieux de villégiature…) par l’expression rigolote : « c’est plutôt non-fumeur, comme truc… »

Effectivement, 99,99999 % des non-fumeurs sont cons, et la progressive transformation du monde blanc en kolkhoze ougandais qui s’opère depuis 2007 a littéralement accompagné la proscription, sans cesse plus tatillonne, du tabac – comme de tous les adjuvants destinés à nous rendre la vie festive.

(Non que je compte forcément la burqa comme « un adjuvant qui rend la vie festive », mais le fait est que plus une société devient perverse, plus elle fabrique du verbotenisme : après l’interdiction du tabac dans les lieux publics, j’avais dit : « Il n’y a plus qu’à nous interdire de baiser », et c’est bien ce que #MeToo, Asia Argento, et toutes les hystéries post-Weinstein ont entrepris de faire... Les gens ne sont pas sérieux, aussi !… On leur invente un SIDA pour permettre au Gouvernement Mondial de devenir le Supreme Pimp Extraordinaire, via l’imposition du préservatif [= des trilliards de propagande, sur toutes les chaînes, dans tous les films, pendant des dizaines d’années !!!], et ils continuent à folâtrer bareback… « Tant pis pour ces vipères lubriques !... Time's Up ! », déclare Big Brother, obligé de se contenter d’une maigre « pénalisation du client » de petit maquereau régional – en plus, il est vrai, de ses jobs de dealer [via les salles de shoot] et de trafiquant d’organes [via la loi « Santé »]...)

Je sais bien que, dans le cas du tabac, l’idée est de faire passer le plus obscène de tous les rackets fiscaux pour une mesure d’hygiène public et d’en diaboliser/culpabiliser les victimes afin qu’elles n’osent pas se plaindre : le tabac, marché élastique par excellence, n'est pas un Fléau, mais un Pactole…

Enfin ! je ne fume pas seulement parce que c'est insurrectionnel (ça, c’est quand je m’inscris au Registre National des Refus après avoir fait l’amour bareback à une escort en burqa que j’ai payée plus de mille euros en liquide), mais parce qu’une Rothmans bleue crânement plantée dans mon fume-cigarettes en corne va super bien avec ma tête de vieil oiseau de proie.
 
43. All this wheeled in fire, in star-fire, rare and far and utterly lonely — even as Thou and I, O desolate soul my God !

Commentaire : Examinant, ce matin, notre merveilleuse édition de 1929 du Spirit of Solitude (titre originel des Confessions, l'"autohagiographie" de Sir Aleister), Soror J a déclaré : "C'est drôle, le mot 'Solitude' m'évoque immanquablement, soit la chanson de Black Sabbath, soit l'image d'un gardien de phare, tout seul, en train de se br***er dans la nuit..."

J'ai ri, parce que sa remarque, et les concepts croisés de rogue et d'onanisme, m'ont immédiatement rappelé un paragraphe extraordinaire, posté, il y a bien longtemps, sur un de mes anciens blogs, où je venais de dire mon admiration pour le film Avatar de James Cameron, par un OG Smart Ass Commentator qui signait, à l'époque, "Für die Lulz" (et dont j'aimerais beaucoup avoir des nouvelles).

Voici le paragraphe en question :
« J'ai bien compris qu'à la vue de Michelle Rodriguez Sir Shumule ne sait plus rien faire d'autre que BANDER A MORT et se BRANLER. Si, néanmoins, Rodriguez n'était pas dans Avatar, SS réaliserait tout de suite que ce film n'est rien d'autre que la première pub de 3 heures et en 3-D pour Greenpeace, tournée par James Cameron (le mec qui a fait Titanic, Terminator et Piranha 2), un réalisateur si talentueux et visionnaire qu'il lui a fallu 500 000 000 d'EUROS pour produire un "test movie" pourri en "digital 3D" dont l'histoire se résume à un gigantesque remake de Pocahontas en plus niais. Tout ça pour qu'au final des milliers de boutonneux rêvent de devenir des Schtroumpfs bisexuels de cinq mètres de haut sans graisse abdominale et chevauchant des ptérodactyles. Mais il y a Michelle Rodriguez qui fait sa tête de bouledogue dans un hélicoptère et ça fausse le jugement de SS. »
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.
- ☉︎ in 15° ♋︎ : ☽︎ in 15° ♊︎ : ☿︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : La Solitude du Pentathlète (2020)

Tuesday, July 6, 2021

Dr Jekyll & Moi

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le deuxième mardi après les feux de Litha et, comme vous, je serais bien en peine de dire, sans consulter Wikipédia, si le young leader de la French-American Foundation Emmanuel Macron, représentant de l'autorité états-unienne en zone France, occupe notre Palais de l'Elysée depuis quatre ans, vingt ans ou un demi-siècle. Issu de la génération X, je me souviens que les quatorze ans de règne de François Mitterrand ont été beaucoup plus courts, mais c'est mon seul indice. 

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 4, versets 36 à 39.

36. So still we race !

Commentaire : Frater Orpheus dit de ce verset : < the journey is an illusion of movement in the stillness of that which is beyond time >, ce qui n'est pas évident sur un vol Paris-Auckland, particulièrement quand un bébé pleure — et inversement, lorsque je me crois immobile sur mon transat après le cinquième Champagne Flip, je tournoie, en réalité, à 107000 kilomètres/heure dans l'espace, comme il est écrit < I behold a small dark orb, wheeling in an abyss of infinite space > (Por 1), et ce n'est pas seulement dû à mon ivresse — Nous revenons au cœur du problème : la confusion des plans (voir commentaire sur le verset 32).

Tout dépend du niveau auquel tu étudies et, de fait, si conscient que soit le moine zen que le mouvement est illusoire, lorsque je mets un pétard allumé dans son slip, il commence à gigoter méchamment — La confusion des plans fait risquer le syndrome "Dr Jekyll & Moi" : je puis soutenir, en cours, que tout dans l'univers arrive par hasard, hormis mon petit-déjeuner dont je suis absolument certain que c'est ma femme qui me l'apporte — Ou que rien n'existe, que tout est projection, que la seule chose qui soit effectivement, indubitablement réelle est mon découvert de 20000 euros à la Barclays.

Au plan physique, est-ce moi qui descend à Ramatuelle ou Ramatuelle qui monte à moi ? — Il est facile de démontrer que chaque ville est ici et ailleurs, à droite et à gauche, un endroit précis et nulle part en particulier, tous les lieux du monde à la fois et aucun, et ça risque de créer une certaine confusion parmi les livreurs Amazon — Tout dépend du niveau auquel tu étudies : si, dans l'absolu, il n'y a aucune différence entre Emily Ratajkowski et Angela Merkel, tiens-t'en au relatif.

37. Thou wast like a flake of snow falling in the pine-clad woods.

Commentaire : Re-le Principe du Flocon de Neige, c'est-à-dire du Vrai Vouloir (cf. commentaire sur le verset 34) — Je vous parlerais bien de Takeda Shingen, — qui mieux que la génération snowflake peut saisir le concept "flaque de neige sur une pierre brûlante" ? — mais vous connaissez la règle : pas de sagas japonaises avant l'happy hour.

38. In a moment Thou wast lost in a wilderness of the like and the unlike.

Commentaire : Rappelez-vous que le nouveau-né, image du Divin, successivement confronté aux parfums respectifs d'un flacon de Chanel 5 et d'un pot d'échappement, ne trouve aucun des deux ni "bon", ni "mauvais" — Le discernement qui, selon la Genèse, nous vaut de perdre le Paradis, est bizarrement, cruellement indispensable (sans discernement, l'homme peut en venir à croire que le cycle absolument naturel du réchauffement climatique lui impose de renoncer à la civilisation et de se nourrir d'insectes parce qu'une version trisomique de Laura Ingalls prénommée Greta le lui dit à la télé) mais, comme les roues du tricycle et le stade sadique-anal, il doit être surmonté : < Let there be no difference made among you between any one thing & any other thing; for thereby there cometh hurt : But whoso availeth in this, let him be the chief of all ! > (AL 1, 22-23)

39. But I beheld the beautiful God at the back of the blizzard — and Thou wast He !

Commentaire : Ce qui fait un bon hardeur, ce n'est pas de s'auto-conditionner à voir Jenna Jameson à la place de la réfugiée bosniaque positive aux chlamydiae (on lui a bien demandé un certificat médical, mais il était en cyrillique et s'est avéré finalement une facture de pressing) avec laquelle il s'apprête à tourner un gonzo éclairé au néon, mais de trouver le petit détail stimulant dans la réfugiée bosniaque en question — < So with thy all; thou hast no right but to do thy will >, comme il est écrit (AL 1, 42).

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.
- ☉︎ in 14° ♋︎ : ☽︎ in 3° ♊︎ : ♂︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Le beau dieu derrière le blizzard (2020)

Monday, July 5, 2021

Bons Baisers de Thélème

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est le deuxième lundi après les feux de Litha et l'on vient de me demander :
Pourquoi avoir arrêté d'écrire sous l'abat-jour "wotaniste" ? Vous promulguiez tout aussi bien (Cf. Fais ce que voudras en 2009) et c'était plus AL I:10 dans l'esprit.
Ma foi, j'ai toujours considéré AL 1, 10 comme l'envoi en mission d'un agent secret, extrait de la collection Fleuve Noir...

Or un tel agent n'opère sous la fausse identité d'Igor Popov, Ukrainien parvenu, que le temps qu'il lui faut subir la proximité cheap de nos damnés amis d'Europe de l'Est (et séduire à tire-larigot leurs femmes aux regards d'épagneuls déçus) : son service accompli, il repasse l'Elbe, réintègre la civilisation et redevient, selon le cas, James Bond, Austin Powers ou Hubert Bonisseur de La Bath.

Vous me suivez ?...

NB : Il faut impérativement que quelqu'un se décide à écrire des romans d'espionnage thélémites : Bons Baisers de Boleskine, Céphalée à Cefalù – et, bien sûr, Le Caire, nid d'espions...

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 4, versets 32 à 35.

32. O white cat, the sparks fly from Thy fur! Thou dost crackle with splitting the worlds.

Commentaire : Frater Orpheus dit de verset : < The amusements and pastimes of the god-head. >

A quoi s'amusent les dieux et comment passent-ils le temps ?

Le mot sparks nous renvoie à < ultimate sparks of the intimate fire > (AL 3, 67) : l'exégèse est le loisir des dieux.
                                                      
Comprenez : on distingue, dans l’étude des Livres Saints, le sens littéral (Pshat), le sens allusif ou symbolique (Remez), le sens herméneutique (Dirach) et le sens magique, mystique ou secret (Sod) – ces quatre parties formant, par acronyme, le mot Pardes פּרדס, « Paradis ».
                                               
Réintégrer le Paradis, c’est connaître les Quatre Sens.

Ra-hoor-khuit décrit cette méthode – ce système – ainsi : < Le sot lit ce Livre de la Loi et son commentaire, et n'y comprends rien. Qu'il subisse la première épreuve, et ce sera pour lui comme de l'argent. Puis la deuxième, et ce sera pour lui comme de l'or. Puis la troisième, et ce sera pour lui comme des pierres d'eau précieuse. Puis la quatrième, et ce sera pour lui comme les étincelles ultimes du feu intime. > (AL 3, 63-67)  
                                           
Bien sûr, le sens pur, le Cinquième Sens de la Parole Divine, n’est connu que de Hadit, l’Ancien Serpent, dieu de la Magie et de l’Extase, comme il est écrit : < ça, c'est pour les 4 : il y en a un cinquième qui est invisible, & et c'est là que je me trouve, comme un bébé dans un œuf  > (AL 2, 49).

L'exégèse consiste donc à décliner les Quatre Sens en tentant de s'approcher aussi près que possible du Cinquième, c'est-à-dire de l'Origine (bébé dans un œuf), c'est-à-dire de l'Un, c'est-à-dire de DIEU : < Dites que Lui DIEU est Un; DIEU est l’Éternel; Il n'a ni Égal, ni Fils, ni Compagnon; Rien ne tiendra devant Sa Face >, comme il est écrit (Ara 3, 0). L’exégète < traque [DIEU] à travers l'Univers avec l'appétit furieux d'une bête. > (LLL 1, 2)
                                                                                         
Or, si nous considérons que le Pshat concerne le Terrestre (man of Earth), que Remez concerne l’Amant, que Dirach et Sod concernent l’Hermite (AL 1, 40) – bref, qu’il s’agit, en commentant les Livres Saints, de faire en sorte que < le grossier passe à travers le feu, que le subtil soit éprouvé par l'intellect, et les superbes élus par le sommet >, comme il est écrit (AL 1, 49), nous pouvons même parler d’un « sens fumier » préalable, réservé au Trog, le < sot [qui] lit ce Livre de la Loi et son commentaire, et n'y comprends rien. > (AL 3, 63)
                                                                       
La célèbre parodie appelée « Livre des Beaux-Parents » (Book of the In-Laws) semble avoir été, au-delà du sarcasme, conçue pour « extraire », ou plutôt expulser, ce sens dernier, ou sens excrémentiel.
                                                                   
E.G : Lorsque le Trog lit : < Had ! la manifestation de Nuit > (AL 1, 1), il traduit : « Hi ! the manipulation of a Nut » (« Salut ! la manipulation d'un Cinglé ») , c’est-à-dire : « toute cette histoire de Cairo Working n’est qu’une escroquerie du  gourou psychopathe Aleister Crowley. »
               
Lorsque le Terrestre lit le même Verset, il déclare (Pshat) : « Il s'agit de la présentation des divinités principales du panthéon thélémite, i.e. Nuit, qui est une femme à la peau si noire qu’elle semble bleue, immense de taille et couverte d’une sublime parure de diamants que nous, humains, appelons «  les étoiles » – et Hadit, c'est-à-dire Horus en mode Soleil-de-Midi à feu vif : à moins que le réchauffement climatique ne soit votre marotte, restez sous la clim... » — C'est < l'argent > du sens littéral (AL 3, 64).
                           
Lorsque l’Amant lit le même Verset, il en épluche les symboles, les valeurs numériques, les double-sens, et en déduit tout un tas d'analogies religieuses, philosophiques, éthiques, politiques, etc. (Remez) – c'est < l'or > du sens symbolique (AL 3, 65). 
 
Lorsque l’Hermite lit le même Verset, il commence par se plonger dans ce qu'en dit le Prophète (Dirach) – tant il sait de nature que < toute question relative à la Loi doit être décidée en regard de mes écrits, chacun pour soi-même >, comme il est écrit (Comment l.5) –, en l'occurrence :
« Nu étant 56 et Had 9, leur conjonction résulte en 65, Adonai, le Saint Ange Gardien. Adonai est en premier lieu solaire. Notez d'autre part que le manuscrit du Liber Legis a soixante-cinq pages. Ou, si nous comptons NV 56, Had 10, nous obtenons 66, qui est [la valeur mystique de 11]. Plus encore, Had est le centre du Mot-clé ABRAHADABRA. » (Ancien Commentaire)
Ou :
[Nuit et Hadit] sont le Tao et le Teh de la philosophie chinoise : ou, très simplement, le nom et le verbe en grammaire. Notre vérité centrale (au-delà de toutes philosophies) est que ces deux infinités ne peuvent exister séparément. Samuel bar Aiwaz les identifie à ANU et ADAD, les déités père et mère suprêmes des Sumériens. » (Nouveau Commentaire)
Ou encore:
« AL 1, 1 = Nuit définie. Nuit est tout ce qui peut être, et se montre au moyen de quiconque existe. » (Commentaire Djeridensis).
Ce sont < les pierres d'eau précieuse > de la Sagesse léguée par les Anciens   (AL 3, 66) .

Enfin, Sod: l'Hermite fait jaillir l’Arcane caché dans les profondeurs de la Parole – les < étincelles ultimes du feu intime > (AL 3, 67) par ex: « Nu = Nun-Vau, l'axe Scorpion-Taureau ; Had = He-Teth, l'axe Verseau-Lion: Ainsi, les Époux divins sont-ils constamment l'un-dans-l'autre et l'autre-dans-l'un: la nature de Hadit – Serpent qui dit < Me connaitre, c'est connaitre la mort > (AL 2, 6) (ATU XIII) et Sage entre les Sages (ATU V) – est résumée par le nom NU, et la nature de Nuit – Femme Idéale (ATU XVII), Saint Graal (ATU XI) qui dit  < Je suis le Ciel (Heaven) > (AL 1, 21) (on ne médite jamais assez le fait que quiconque soupire « I'm in Heaven », c'est-à-dire « J'ai réintégré le Paradis », proclame littéralement: « Je suis dans Nuit ») – la nature de Nuit, dis-je, est résumée par le Nom HaD. »

Il nous faut constamment garder à l’esprit que les Quatre Sens sont, à leurs plans respectifs, tout aussi vrais, justes, rigoureusement exacts, les uns que les autres, même, que dis-je ? surtout lorsqu’ils semblent antithétiques.

                                                                
Pour < ses amis restés dans la vallée >, le livre dont l’Adepte se < délecte > est réellement < inintelligible >, comme il est écrit (Por 15, 16).

Cela dit, en aucun cas la perspective inférieure ne peut atteindre à la Vérité, encore moins la compromettre, que les Heathen troglodytes nous soient hostiles (< Pourquoi ? Pourquoi ? babillent subitement un million de diablotins de l'enfer. Et leur fou-rire se communique à tous. Mais il ne contamine pas l'Univers ; mais il n’ébranle pas les étoiles > (LLL 2, 24-26)) ou qu'ils soient nos fans (< Accepte que te vénèrent les gens stupides, que tu détestes. Le feu n'est pas souillé par les autels des Guèbres, ni la lune contaminée par l'encens de ceux qui adorent la Reine de la Nuit. > (Cordis 5, 19))
                                                                                              
L’art consiste donc a éviter la « confusion des plans », i.e. l’application à un plan donné des considérations propres à un autre. C’est, du reste, l’art de la vie elle-même et la raison pour laquelle le Saint Tétragramme a Quatre Lettres.

33. I have seen more of Thee in the white cat than I saw in the Vision of Æons.

Commentaire : En fait de white cat, j'allais partir sur une étude exhaustive du symbole de la panthère des neiges.

Puis, je me suis rappelé que le cher Hunter Thompson, paix à son âme, en avait déjà tout dit lorsqu'il a déclaré :
Au sommet de la montagne, nous sommes tous des panthères des neiges.
34. In the boat of Ra did I travel, but I never found upon the visible Universe any being like unto Thee !


Commentaire : S'il y a une chose que < I am alone : there is no God where I am > (AL 2, 23) signifie, c'est que ce qui s'applique à la nature divine s'applique à mon ipséité.

C'est le thème inlassable du flocon de neige, de l'empreinte digitale et du synchronisme.

A ce sujet, j'écrivais autrefois :
« Principe de synchronisme », dis-je – or il me revient d'avoir découvert, au fil de correspondances récentes, que ce concept échappait encore à nombre de mes lecteurs – ce qui, au passage, me rend assez perplexe… Je veux dire : si vous n’avez pas totalement intégré les notions de Thélème et de « synchronisme », qui reviennent tous les deux paragraphes sur ce blog, qu’avez-vous bien pu imaginer que je racontais tout ce temps ??? 0_°
Il est aujourd'hui clairement établi que les lecteurs de Sir Shumule sont tous des génies et des canons – mais sans doute m’arrive-t-il d’être un peu obscur… Revoyons les fondamentaux.
Cher génie canon, c’est patriarcalement simple. « Thélème » (du grec θέλημα, « volonté irrépressible », « vrai vouloir ») signifie que vous possédez d’exceptionnelles capacités, qui sont absolument uniques. Vous êtes un chef-d’œuvre – et un chef d’œuvre différent de tout ce qui a jamais vécu dans l’histoire du monde.
Plus encore, les instructions précises dont vous avez besoin pour que votre génie se révèle existent de toute éternité – elles étaient déjà avec vous lorsque vous n'étiez pas une pensée coupable – en d’autres termes, vous avez un « code animique » – un code de l’âme – aussi rigoureusement personnel que votre code génétique. Vous pouvez l’appeler : la mission spéciale que vous êtes venu accomplir sur terre ; le blueprint divin qui contient le secret de la méthode pour être parfaitement vous-même ; le plan d’ensemble de ce que votre cœur désire par-dessus tout.
Il y a une énergie, une force vitale, une impulsion qui est, à travers vous, transformée en action. Et parce qu’il n’y a qu’un seul exemplaire de vous dans les siècles des siècles, cette expression est unique. Si vous la réprimez (ou laissez Choronzon – vos blessures d'égo – la réprimer), elle n’existera jamais plus par quelque autre médium que ce soit. Elle sera perdue pour le monde.
Tout l’art consiste, en quelque sorte, à traduire le message codé dans le génome de votre âme, et c’est ici que la notion de « synchronisme » intervient – le mystère des évènements « raccord » dans l’existence, de la perfection de l’univers, de la place de chaque être vivant comme partie intégrante et légitime de celui-ci – mystère sur lequel se base la divination, et qui faisait dire à Goethe: « tout est présage, tout est signe ».
Je connais un magicien qui peut trouver n’importe qui, dans une région qu’il n’a jamais visitée, en se guidant au vol et au chant des oiseaux. Tout ce qui vit est synchrone. En termes religieux, le seul Commandement de DIEU est que chacun d'entre nous accomplisse son Thélème – c’est votre inaliénable privilège de naissance que de pouvoir poser à DIEU la seule question qui importe, l’Énigme suprême, la grande QDSR cosmique, soit : « Que dois-je faire pour accomplir ma fonction universelle ? – A quelle fin me suis-je incarné ? – Quel est mon vrai vouloir ? » C’est aussi votre inaliénable privilège de naissance que de recevoir une réponse.
35. Thou wast like a winged white horse, and I raced Thee through eternity against the Lord of the Gods.


Commentaire : Frater Alion dit de ce verset : < Winged white horse – Pegasus >

Or Pégase, étant fils de Poséidon et de la Méduse, représente, selon le cas, l'imagination créatrice de l'entrepreneur qui, les pieds au niveau zéro de l'altitude, élabore son projet de conquète du monde (genre Bill Gates quand le siège social de Microsoft était une chambre de motel et Jeff Bezos quand le siège social d'Amazon était une petite chambre de motel), ou, inversement, l'égo qui s'emballe par surcompensation.

Ce que dit Pégase-fils-des-fureurs-de-Poséidon, c’est qu’il y a une étincelle divine, une sorte de folle énergie primale en nous. L’énergie est tout ce qui importe. Lorsque vous festoyez, vous produisez de l’énergie. Lorsque vous réfléchissez, vous produisez de l’énergie. Lorsque vous faites l’amour, vous produisez un énorme paquet d’énergie. Et la chose la plus triste de l’existence est la perte de cette énergie. Quelqu’un ou quelque chose meurt – c’est une perte d’énergie. Quelque chose s’arrête – votre voiture cale, et vous l’abandonnez sur une ère de repos de l’autoroute A8 – c’est une perte d’énergie – c’est Ragnarök.

Ce que dit Pégase-fils-de-la-pétrifiante-Méduse, c'est ce qu'un correspondant anonyme et compulsif shumulomane me demandait autrefois:
« Quel est ton but, à part te pignoler sur ton égo ? »
La réponse allait pourtant de soi : me pignoler sur Michelle Rodriguez !!! – Je note, de plus en plus, que les gens qui souffrent d’un manque de reconnaissance et d’attention, comme cet « anonyme » (qui n’avait pas signé ainsi par hasard : tout son problème est résumé dans sa signature), abusent du terme « ego », lequel est simplement, dans leur esprit, une façon de dire du mal de quelqu’un dont ils jalousent la personnalité (et la taille de [hum !] son « ego ») sans avoir l’air de ce qu’ils sont vraiment : des teckels pleurards en présence du Lion.


Pour ma part, je suis un monstre d'égotisme, mais n'ai jamais été égoïste.

Curieusement, si l’on prend le terme dans son sens spirituel, le sens que lui donnent les disciplines initiatiques, ce sont mes teckels anonymes qui sont rongés d’ego, c'est-à-dire d’hystérie personnelle se nourrissant de la conscience douloureuse de leur totale absence d’aucun talent, d’aucun charisme, d’aucun intérêt que ce soit – l’ego est bel et bien la chose du monde la mieux partagée – l’ego est le lot des « anonymes » – Psychologiquement, il se définit comme une structure érigée par un individu névrosé, issu d’une culture névrosée, contre la Loi de Thélème – Collectivement, la « culture occidentale » dont la « civilisation gréco-latine » pare le névrosé, afin de lui donner une contenance, est un accord tacite qui détermine quelles névroses sont socialement admissibles – Résultat : être « civilisé », être « romain », c’est avant tout accepter un certain degré d’aliénation.

Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Belle journée à tous.

Love is the law, love under will.
 

- ☉︎ in 13° ♋︎ : ☽︎ in 22° ♉︎ : ☽︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Sunday, July 4, 2021

Morning Wood du Shah de Chester

Amis chers, gens beaux et heureux,

Do what thou wilt shall be the whole of the Law.

C'est l'aube du deuxième dimanche après les feux de Litha et très franchement, je hais les aubes.

L'aube, — heure des exécutions capitales, où l'exquise rémanence de mon rêve très passionnel avec Kim Kardashian commence à s'estomper insensiblement, — correspond, sur la rota de la journée (j'avais dit pas de Doctrine avant l'happy hour et j'ai menti), à la première pulsation cardiaque (= vous venez d'en prendre pour soixante-quinze ans chez les cons) sur la rota de l'existence humaine; à l'Imbolc (= sortie des hibernants, fin des frimas, ce qui, dans toute société normale, signifie back to work) sur la rota de l'année; et à Geburah (le principe de Rigueur soi-même) dans l'ordre des feasts of the times — elle est donc toujours une mauvaise nouvelle — DIEU nous a donné le Morning Wood pour que nous Lui pardonnions l'aube.

Amis chers, la Lecture de ce jour est le Liber Liberi vel Lapidis Lazuli Adumbratio Kabbalæ Ægyptorium sub figurâ VII, chapitre 4, versets 28 à 31.

28. This was the cry of Him: IIIOOShBTh-IO-IIIIAMAMThIBI-II.

Commentaire : Frater Alion dit de cette Formule que sa guématrie est 734, qui est la valeur numérique de שתלד, "donner naissance".

Ce qui me rappelle qu'on m'a demandé hier quel intérêt il y avait à faire des enfants. J'ai dit : justement, aucun intérêt — soucis, dépenses considérables, une chance sur dix milliards de n'être pas horriblement déçu par ce qu'ils deviennent, etc. — c'est le seul domaine où l'homme, du plus grand roi au plus épais trog, est contraint d'œuvrer ars gratis artis, "pour l'amour de DIEU" ou, de façon plus correctement thélémite, sans < lust of result > (AL 1, 44).

Et tout ça, à quel fin ? — Afin de perpétuer l'existence humaine, c'est-à-dire soixante-quinze années de tiraillement continuel entre השתחויה, "prosternation (dans l'oraison)", guématrie 734, et ערלת לבב, "prépuce du cœur (i.e. insensibilité morale)", guématrie 734 — entre, donc, désir de reconnexion (religere) au Divin, et désir de dégringolade dans la caverne des épargnants médiocres.

DIEU a donné l'orgasme à l'homme pour l'aider à passer la Valda, puis la dysphorie post-coïtale pour lui dire "YHBT lol".

29. Nor did I sing this for a thousand times a night for a thousand nights before Thou camest, O my flaming God, and pierced me with Thy spear. Thy scarlet robe unfolded the whole heavens, so that the Gods said: All is burning: it is the end.

Commentaire : J'ai essayé, autrefois, pendant quelques semaines, de travailler IIIOOShBTh-IO-IIIIAMAMThIBI-II en mantra. Je le répétais non-stop à voix haute. Mes proches ont eu exactement la même réaction que les dieux.

30. Also Thou didst set Thy lips to the wound and suck out a million eggs. And Thy mother sat upon them, and lo! stars and stars and ultimate Things whereof stars are the atoms.

Commentaire : Frater Orpheus voit dans ce verset la création de l'univers.

Bien l'occasion pour nous de ricaner à nouveau de la théorie du Big Bang !

La science, — i.e. la religion qui prescrit le "vaccin" mRNA, la religion des fans de Joe Robinette Biden, qui veut que les garçons deviennent des filles et que les filles jouent dans Mignonnes, — la science, dis-je, vous demande de croire que tout l'univers est sorti du néant, de façon ponctuelle (= à un endroit précis) et sans raison connue.

C'est, bien entendu, tout à fait absurde, mais très important : un tas de déclarations "rationnelles" sont quotidiennement déduites de cette prémisse impossible — Le Big Bang est, à votre esprit, ce que les séances préliminaires d'abattage sont aux prostituées d'Europe de l'Est que forment les réseaux albanais : une fois gobé le Big Bang, gober le coronavirus ne pose aucun problème.

31. Then I perceived Thee, O my God, sitting like a white cat upon the trellis-work of the arbour; and the hum of the spinning worlds was but Thy pleasure.

Commentaire : Le Cheshire Cat étant, comme chacun sait, mon spirit animal (enfin, un Cheshire Cat de nuance sadomasochiste, qui m'a valu le titre de Shah de Chester), je prends ce verset de façon très personnelle.

A ce sujet, Cathy prétend que mon identification à cette créature vient d'un "complexe de Protée" 
— Je lui ai répondu : 

— Mon ami Charles-André affirme que s'il avait les pouvoirs de Protée, il se donnerait l'apparence d'un lambda, à la manière de Picabia disant : "Moi, monsieur, je me déguise en homme pour n'être rien"... C'est ce qu'il appelle le Principe de la Traînée de Morve... 

Cathy : *facepalm* 

Moi : J'ai, en 2012 e.v., raconté la chose ainsi : 
J'aime à prendre mon petit-déjeuner avec Charlot. Il n’est pas du genre à vous juger si le Tequila Sunrise précède les croissants. Ce matin – ce matin midi – il m’a brusquement déclaré : 

« A propos ! J’ai relu ton Éloge du Laudateur
 
– Tu as bien fait. C’est un texte admirable.

– Je ne sais pas… Je ne crois pas… En fait, je dirais que tu as deux problèmes, selon moi tout à fait insolubles. D’abord, tu souffres indiscutablement du Syndrome de Beaumarchais – c’est-à-dire que ta vie t’amuse beaucoup plus que ton œuvre, et que ça finit par se voir. Ensuite, tu ignores tout du Principe de la Trainée de Morve.

– Plaît-il ?…

– Le Principe de la Trainée de Morve ! L’appellation est de notre ami Johannes. En deux mots : ton lectorat se compose, à parts égales, d’adulateurs frénétiques et de détracteurs acharnés – les premiers changeant, du reste, en vertu du Complexe de Chapman, souvent de camp sans crier gare. Le Principe de la TDM (j’abrège) postule que tu ne peux connaître autre chose que ces rapports œdipiens, tant que tu ne te décides pas à montrer des faiblesses.

– Mais… c’est contraire à ma religion !

– Hélas ! que veux-tu ? Aux heures de décadence, l’esprit, – ou ce qui, dans le peuple, en tient lieu, – se doit de faire chorus à l’ethnomasochisme, et, par conséquent, de devenir self-deprecating. C’est une question d’harmonie…

« Lis ce que tweetent aujourd’hui, d’instinct, les « spécimens intellectuels blancs » en quête d’amitié online : « Je suis un sociopathe au RSA qui n’a personne à baiser » (authentique !)… « J’ai pas d’amis, j’ai 32 ans et un vieux fond de jalousie haineuse envers le autres » (authentique !)… « Tout ce qui me dépasse est fake ou juif, sinon ce serait trop cruel » (authentique !)… 

– Eh bien ?… Le dernier est assez drôle, non ?

– Hyper ! Sais-tu, parlant de drôlerie, que même les « comiques » (genre Bref, etc.) s’en tiennent désormais scrupuleusement à la mise en scène de la lose ordinaire ?… La plus ordinaire possible !… Car ils le connaissent, eux ! le Principe de la Trainée de Morve… Toi, tu arrives en proclamant : « je suis grand, beau, riche, heureux, monté comme un cheval, j’écris merveilleusement bien et je vous emmerde tous ! »… Non !

« Axiome : si tu veux être aimé de gens dont, par ailleurs, le respect t’indiffère, invente-toi des failles. Orne ton visage de verrues, répand des pellicules dans tes cheveux. Les médiocres aiment se sentir supérieurs. Cela les repose d’eux-mêmes.

« Johannes en avait ras le bol des regards hostiles que lui valait sa Rolls, sa prestance, sa culture, son succès auprès des femmes… Il résolut de faire en sorte, chaque fois qu’il devrait se rendre à une soirée un peu démocratique, – genre cocktail de sous-préfecture, – qu’une longue traînée de morve luisante s’écoulât de sa narine droite. 

« Son apparition créait un certain malaise. Johannes, le plus innocemment du monde, feignait alors de se moucher, en ayant garde d’étaler davantage la morve au bas de sa figure – puis il faisait assaut d’amabilité envers tout le monde. 

« Les convives étaient totalement dégoûtés, mais éprouvaient de la sympathie pour Johannes, qui leur avait donné la sensation de valoir mieux que lui… dès le lendemain, ils se répandaient en anecdotes sur « l’affaire de la traînée de morve», en précisant bien qu’ils avaient assisté à la scène pour de vrai… »

 – Honnêtement, j’aimerais mieux passer sur le corps d’une sous-préfète au volant de la Rolls de papa, que me présenter chez elle avec un nez douteux – que me présenter chez elle tout court, d’ailleurs...

– Tu as tort. Le Principe de la Traînée de Morve est connu, et scientifiquement appliqué, jusque dans les sphères ultimes du pouvoir ! 

« Songe à Hollande ! Sa photographie officielle dont tout le monde se gausse… On veut nous faire croire que le meilleur photographe de France n’a pas fait exprès de rater le portrait d’un membre du G8, et que les conseillers en communication les plus pointus du pays ont sélectionné cette pose ridicule par erreur !… Ben voyons !… La vérité, c’est qu’ils connaissent à fond le Principe de la Traînée de Morve ! 

« Hollande a beau se conduire aussi mal que son prédécesseur et mettre le royaume à l’encan (aux Noirs les quartiers populaires ! aux Chinois le patrimoine ! aux Qataris l’hôtellerie de luxe de la première destination touristique du monde !), nul ne parvient vraiment à le haïr… il est si gauche, si pataud, si mal fichu sur cette image… Le « spécimen intellectuel blanc », depuis sa cité U, peut laisser libre cours à ses railleries de pauvre : Hollande, qui offre à cet esclave l’idée que celui-ci se fait de la volupté suprême – l’occasion de regarder son maître de haut –, dort à l’Elysée…  » 
Ce que méditant, allez, amis chers, sous la protection de cette sphère spirituelle dont le centre est partout et la circonférence nulle part et que nous appelons DIEU.

Beau dimanche à tous.

Love is the law, love under will.
- ☉︎ in 12° ♋︎ : ☽︎ in 10° ♉︎ : ☉︎ : Ⅴⅴⅰⅰ.

Précédent commentaire sur ce péricope : Le Monde selon Hoor-paar-kraat (2020)